gober

(Mot repris de gobée)

gober

v.t. [ du gaul. gobbo, bouche ]
1. Avaler en aspirant et sans mâcher : Gober un œuf, une huître.
2. Fam. Croire facilement, naïvement ce que l'on entend raconter : Il gobe tout ce qu'on lui dit.
Gober les mouches,
Fam. perdre du temps à rêvasser.
Ne pas gober ou ne pas pouvoir gober qqn,
Fam., vieilli ne pas pouvoir le supporter.

gober


Participe passé: gobé
Gérondif: gobant

Indicatif présent
je gobe
tu gobes
il/elle gobe
nous gobons
vous gobez
ils/elles gobent
Passé simple
je gobai
tu gobas
il/elle goba
nous gobâmes
vous gobâtes
ils/elles gobèrent
Imparfait
je gobais
tu gobais
il/elle gobait
nous gobions
vous gobiez
ils/elles gobaient
Futur
je goberai
tu goberas
il/elle gobera
nous goberons
vous goberez
ils/elles goberont
Conditionnel présent
je goberais
tu goberais
il/elle goberait
nous goberions
vous goberiez
ils/elles goberaient
Subjonctif imparfait
je gobasse
tu gobasses
il/elle gobât
nous gobassions
vous gobassiez
ils/elles gobassent
Subjonctif présent
je gobe
tu gobes
il/elle gobe
nous gobions
vous gobiez
ils/elles gobent
Impératif
gobe (tu)
gobons (nous)
gobez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais gobé
tu avais gobé
il/elle avait gobé
nous avions gobé
vous aviez gobé
ils/elles avaient gobé
Futur antérieur
j'aurai gobé
tu auras gobé
il/elle aura gobé
nous aurons gobé
vous aurez gobé
ils/elles auront gobé
Passé composé
j'ai gobé
tu as gobé
il/elle a gobé
nous avons gobé
vous avez gobé
ils/elles ont gobé
Conditionnel passé
j'aurais gobé
tu aurais gobé
il/elle aurait gobé
nous aurions gobé
vous auriez gobé
ils/elles auraient gobé
Passé antérieur
j'eus gobé
tu eus gobé
il/elle eut gobé
nous eûmes gobé
vous eûtes gobé
ils/elles eurent gobé
Subjonctif passé
j'aie gobé
tu aies gobé
il/elle ait gobé
nous ayons gobé
vous ayez gobé
ils/elles aient gobé
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse gobé
tu eusses gobé
il/elle eût gobé
nous eussions gobé
vous eussiez gobé
ils/elles eussent gobé

GOBER

(go-bé) v. a.
Terme familier. Avaler sans savourer, sans mâcher.
Le gober en huître à l'écaille [SCARRON, Virg. III]
Saisir et avaler.
Une grue Qui les croque, qui les tue, Qui les gobe à son plaisir [LA FONT., Fabl. III, 4]
Nous en savons plus d'un, dit-il en les gobant ; C'est tour de vieille guerre.... [ID., ib. III, 18]
L'un jure foi de roi, l'autre foi de hibou, Qu'ils ne se goberaient leurs petits, peu ni prou [ID., ib. V, 18]
Quoi ! toujours il me manquera Quelqu'un de ce peuple imbécile ! Toujours le loup m'en gobera [ID., ib. IX, 19]
Le brochet gobe assez souvent les oiseaux qui plongent ou frisent en volant la surface de l'eau [BUFF., Ois. t. XIII, p. 352]
Fig. Gober des mouches, du vent, perdre du temps à niaiser, à attendre. On a laissé cet homme à gober les mouches, se dit de quelqu'un qu'on a laissé longtemps attendre en un lieu. Populairement. Tu la gobes, tu es attrapé, puni, malmené. Fig. Gober le morceau, gober l'hameçon, se laisser facilement tromper.
Mais je ne suis pas homme à gober le morceau [MOL., Éc. des femmes, II, 1]
Tous deux également sont propres à gober les hameçons qu'on leur veut tendre [ID., Pourc. II, 3]
Fig. Un gobe-affront, un homme qui supporte lâchement les affronts.
Un courtisan, un gobe-affront Aura l'âme assez mercenaire.... [SCARR., Virg. VII]
Populairement Faire prisonnier quelqu'un que l'on guette. On l'a gobé au sortir de chez lui.
Fig. Croire légèrement et sottement.
Amusez les rois par des songes.... Ils goberont l'appât, vous serez leur ami [LA FONT., Fabl. VIII, 14]
[Monseigneur] prince incapable de ne pas gober les absurdités les plus grossières et les plus palpables [SAINT-SIMON, 285, 123]
Vieux-Port goba aisément ce prestige de noblesse, et crut figurer [ID., 464, 42]
Cette belle lettre parvint à M. le duc de Choiseul, qui d'abord goba cette sottise, mais qui bientôt après me rendit justice [VOLT., Lett. d'Argental, 16 oct. 1767]
Terme de fauconnerie. Chasser les perdrix avec l'autour et l'épervier.
Se gober, v. réfl. Être avalé en gobant. L'huître ne se mâche pas, elle se gobe.

HISTORIQUE

  • XVe s.
    Au moins, donnez-nous une pesche, Pour faire ung peu gobe quinault [, Rec. de farces, etc. p. 302]

ÉTYMOLOGIE

  • Le radical gob paraît appartenir au celtique : gaélique, gob, gab, bouche, irl. gob, bouche, bec ; kimry, gwp, bec. Gob dans un patois anglais a le sens de mâchoire et y vient probablement du celtique. L'anglais gob, bouchée, vient du français.

gober

GOBER. v. tr. Avaler vivement sans se donner le temps de mâcher. Gober une huître. Gober un oeuf frais. Il est familier.

Fig. et fam., Gober des mouches, Perdre le temps à attendre, à ne rien faire, à niaiser.

Il signifie figurément et familièrement Croire légèrement, sans examen. C'est un homme qui gobe tout ce qu'on lui dit. Gober quelqu'un, L'estimer, en faire cas, parfois au-dessus de ses mérites, En être dupe.

Fam., Se gober, S'en faire accroire, s'exagérer son importance et ses mérites.

gober

Gober, Glutire, Vorare.

gober


GOBER, v. act. GOBET, s. m. *GOBEUR, s. m. [Gobé, , beur: 2e é fer. au 1er, è moy. au 2d.] Gober, 1°. avaler avec avidité, et sans savourer ce qu'on avale. "Gober un oeuf frais. = 2°. Fig. famil. croire légèrement. "Il gobe tout ce qu'on lui dit de plus absurde. = 3°. Saisir quelqu'un dans le tems qu'il s'y attend le moins. "On l'a gobé au sortir de la Comédie, pour le mener en prison. = On dit, proverbialement, d'un homme qui perd le tems à des bagatelles, qu'il gobe des mouches. Gober du vent, fainéanter, niaiser. = Gober le morceau, mordre à l'hameçon, se laisser duper.
   GOBET, morceau que l'on gobe. St. fam. = Prendre un homme au gobet, le saisir lorsqu'il y pense le moins. Voy. GOBER, n°. 3°.
   *GOBEUR, celui qui gobe. Je crois ce mot de l'invention de La Fontaine. Il s'en est servi dans la Fâble de l'Huitre et des Plaideurs.
   Celui qui le premier a pu l'appercevoir
   En sera le gobeur: l'autre le verra faire.

Synonymes et Contraires

gober

verbe gober
Familier. Croire naïvement.
Traductions

gober

אכל (פ'), בלע את הלוקשabnehmen (gɔbe)
verbe transitif
avaler sans mâcher gober des huîtres

gober

[gɔbe] vt → to swallow [gɔbɛʀʒe] vpr/vi → to cosset o.s.