goignade

GOIGNADE

(go-gna-d') s. f.
Ancienne sorte de danse d'Auvergne.
On ne laisse pas de danser encore quelques bourrées et quelques goignades ; ce sont deux danses qui sont d'une même cadence, et qui ne sont différentes qu'en figures : la bourrée d'Auvergne est une danse gaie, figurée, agréable, où les départs, les rencontres et les mouvements font un très bel effet et divertissent fort les spectateurs ; mais la goignade, sur le fond de gaieté de la bourrée, ajoute une broderie d'impudence, et l'on peut dire que c'est la danse du monde la plus dissolue ; elle se soutient par des pas qui paraissent fort déréglés, et qui ne laissent pas d'être mesurés et justes, et par des figures qui sont très hardies et qui font une agitation universelle de tout le corps ; vous voyez partir la dame et le cavalier avec un mouvement de tête qui accompagne celui des pieds, et qui est suivi de celui des épaules et de toutes les autres parties du corps, qui se démontent d'une manière très indécente ; ils tournent sur un pied, sur les genoux, fort agilement ; ils s'approchent, se rencontrent, se joignent l'un l'autre si immodestement, que je ne doute point que ce ne soit une imitation des bacchantes dont on parle tant dans les livres anciens [FLÉCHIER, Grands jours d'Auvergne, en 1665, p. 257]

ÉTYMOLOGIE

  • L'origine de cette goignade serait-elle coignade, les deux danseurs se rapprochant dans les figures jusqu'à se coigner ?