gonflé, ée

GONFLÉ, ÉE

(gon-flé, flée) part. passé de gonfler
Devenu plus ample par une distension intérieure. Ventre gonflé. Un ballon gonflé de vent.
Le cœur plein de sanglots, les yeux gonflés de pleurs [DUCIS, Oscar, I, 2]
Par extension. Un torrent gonflé par la fonte des neiges.
Fig. Il se dit de ce qui semble faire à l'âme ce qu'un gonflement fait au corps.
L'un est plein de respect, l'autre est gonflé d'audace [CORN., Attila, IV, 3]
L'un fier et tout gonflé d'un vieux mépris des rois Semblait pour compliment nous apporter des lois [ID., Suréna, I, 1]
....Oh ! quel orgueil extrême ! C'est un homme gonflé de l'amour de soi-même [MOL., Mis. II, 5]
Mais dès qu'il fut monsieur le président, Il fut, ma foi, gonflé d'impertinence [VOLT., Enf. prod. I, 1]
Tout homme qui est gonflé de cette fausse science.... trouble le monde [VAUVENARGUES, 20, Pasc. expliqué.]
Ce cœur chargé d'ennuis et gonflé d'amertume [C. DELAV., Vêp. sicil. III, 2]
Nous avons tout perdu, tout, jusqu'à ce gros rire, Gonflé de gaîté franche et de bonne satire, Ce rire d'autrefois, ce rire des aïeux, Qui jaillissait du cœur comme un flot de vin vieux [BARBIER, Iambes, le Rire.]