gourd, ourde

GOURD, OURDE

(gour, gour-d') adj.
Perclus par le froid.
J'ai les mains si gourdes et si pesantes, qu'il m'est impossible d'en écrire [, Portrait d'un inconnu, en 1661, dans FR. MICHEL, Argot]
...outre l'air méchant, elle a l'air aussi gourde ; Connaissez-vous ce mot ? on l'a depuis un jour, Car il est très nouveau, mis en vogue à la cour, Il veut dire pesant [HAUTEROCHE, Bourg. de qualité, III, 6]
Fig. N'avoir pas les bras gourds, être prêt à frapper.
Il s'en allait.... battre sa femme.... Et témoigner qu'il n'avait les bras gourds [LA FONT., Rémois.]
Fig. N'avoir pas les mains gourdes, se dit d'un filou adroit, et aussi d'un homme âpre au gain. Blé gourd, celui qui est gonflé par l'humidité.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Mains a beles, plaines, non gordes [, Nouv. rec. Fabl. et contes, t. I, p. 62]
  • XVe s.
    Vieulx barbiers, vieulx phisiciens, Vieulx menestrels qui estes gourt, Vieulx queulx [cuisiniers], vous ne valez plus riens [EUST. DESCH., Poésies mss. f° 449]
  • XVIe s.
    Celui qui a des crevasses aux doigts, ou qui les a gourds [MONT., II, 319]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. gord, gras, succulent ; espagn. et portug. gordo ; du latin gurdus, qui, d'après Quintilien, était un mot espagnol ; bourguign. avoir les doigts gôles ; picard, avoir les mains gourmes ou gouges.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

  • GOURD. Ajoutez :
    Le bras dont elle embrasse sa maîtresse est gourd [DIDER., Œuv. compl. 1821, t. IX, p. 274]