grègue

GRÈGUE

(grè-gh') s. f.
Haut-de-chausses, culotte ; on ne le dit plus qu'au pluriel.
Dont le rabat est sale et la chausse rompue, Ses grègues aux genoux, au coude son pourpoint [RÉGNIER, Sat. II]
Tirer ses grègues, s'enfuir.
.... Le galant aussitôt Tire ses grègues, gagne au haut [LA FONT., Fabl. II, 25]
Populairement. Laisser ses grègues, mourir. Il a bien mis de l'argent dans ses grègues, il s'est enrichi. Avoir de l'argent en grègue, avoir de l'argent en poche, n'être jamais sans beaucoup d'argent. Il en a dans ses grègues, se dit d'un homme à qui il est arrivé quelque accident fâcheux.

REMARQUE

  • Aujourd'hui que le mot grègue est peu connu, bien des gens y substituent le mot guêtre ; ce qui fait presque partout un contre-sens.

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    À la fin on s'est mis à en faire [des chausses] sans brayette, que les uns ont appelé chausses à la gregesque ou à la guarguesque, les autres, tout en un mot, gregesque ou gargesque, ou garguesque [H. EST., Lang. fr. ital. p. 212, dans MÉNAGE, au mot grègues.]

ÉTYMOLOGIE

  • Normand, gargache, culotte ; de l'ital. grechesco (en provençal grezesc, en catalan greguesc), à la grecque ; des gregues ou greguesques étaient proprement des chausses à la grecque, comme il y en avait alors à l'italienne, à la napolitaine, etc. Grechesco est dérivé de greco, grec.