grièveté

GRIÈVETÉ

(gri-è-ve-té) s. f.
Énormité.
Le P. Bouhours a affecté une certaine prédilection pour grièveté, qui ne plaît pas à bien des gens [VAUGEL., Nouv. Rem. Observ. de M***, p. 384, dans POUGENS]
Le confesseur, pour peu qu'il manque de pénétration et de vigilance, ne le connaît qu'à demi [le péché] et n'en peut discerner toute la grièveté [BOURD., Pensées, t. I, p. 322]
Les pontifes mettaient à l'amende selon la grièveté des cas ceux qui contrevenaient à leurs ordonnances [, Exil de Cicéron, dans DESFONTAINES]

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Et plus lui sembloit que toute la grieté [souffrance] que il avoit el chief et el cuer de la tristesce que il avoit devant s'en fut alée desdiz membres [DU CANGE, gravedo.]
  • XIVe s.
    Quant il apperceurent la grieté de sa maladie [ID., gravatum]
    Pour relever les supplians des molestacions, griestez et oppressions [, Ordonn. des rois, t. VI, p. 79]
  • XVe s.
    Le peuple de Calais qui a souffert moult de grievetés [FROISS., I, I, 321]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. greugetat, gravitat ; espagn. gravedad ; portug. gravidade ; ital. gravità ; du latin gravitatem, de gravis, pesant, pénible (voy. GRAVE 1).

grièveté

GRIÈVETÉ. n. f. Énormité, gravité. La grièveté du fait. La grièveté de son crime. Selon la grièveté du péché. Il est vieux.