guérir

guérir

v.t. [ du frq. warjan, protéger ]
1. Délivrer d'un mal physique ou mental, d'une maladie : La dermatologue m'a guéri d'un eczéma soigner rétablir, sauver
2. Faire cesser une maladie : Ces pastilles guérissent le rhume traiter
3. Fig. Débarrasser d'un défaut, d'une douleur morale : Elle l'a guéri de ses manies corriger apaiser, calmer
v.i. ou

se guérir

v.pr.
1. Recouvrer la santé : Il a guéri grâce à ce nouveau traitement se remettre, se rétablir
2. Disparaître, en parlant d'une maladie : Sa bronchite a guéri. La plaie s'est guérie cicatriser, se refermer
3. Fig. Se débarrasser d'un défaut, d'une faiblesse : Guérir ou se guérir de l'envie de fumer se corriger

GUÉRIR

(ghé-rir. La Mothe le Vayer assurait que guarir est aussi bon que guérir, qu'il appelle efféminé et d'enfant de Paris qui change l'a en e ; mais Vaugelas constatait que guérir avait pris le dessus. Au XVIe siècle, Bèze disait : La plupart prononcent guarir et garison, mais la vieille prononciation guairir et guairison me paraît préférable. Au XVIIe siècle garir, forme ancienne, était encore usitée :
Et toutes, pour garir, se reforçaient de boire [RÉGNIER, Sat. X]
)
v. a.
Délivrer de maladie, faire revenir en santé.
Pour tout l'or du monde, il ne voudrait pas avoir guéri une personne avec d'autres remèdes que ceux que la faculté permet [MOL., Pourc. I, 7]
Je ne vois rien de plus ridicule qu'un homme qui se veut mêler d'en guérir un autre [ID., Mal. im. III, 3]
Ami, depuis trois jours tu n'es d'aucune fête, Dit-elle, que fais-tu ? pourquoi veux-tu mourir ? Tu souffres ; l'on me dit que je peux te guérir ; Vis et formons ensemble une seule famille : Que mon père ait un fils, et ta mère une fille [A. CHÉNIER, Idylles, le Malade]
Par extension. Guérir un rhume. Le quinquina guérit la fièvre d'accès. Absolument.
Tu frappes et guéris, tu perds et ressuscites [RAC., Athalie, III, 7]
[Sydenham] guérissait parce qu'il avait de l'expérience et qu'il savait attendre [VOLT., Dict. phil. Fièvre.]
L'art de guérir, la médecine.
S'ils [les magistrats] avaient la véritable justice, si les médecins avaient le vrai art de guérir, ils n'auraient que faire de bonnets carrés : la majesté de ces sciences serait assez vénérable d'elle-même [PASC., Pensées, art. V, 9, édit. LAHURE, 1860]
Fig. et familièrement. Cela ne guérit de rien, cela ne sert à rien. On dit de même :
De quoi guérira, de quoi me guérira cela ? De quoi est-ce que tout cela guérit ? [MOL., Bourg. gent. III, 3]
Fig. Guérir quelqu'un, faire disparaître en lui ce qui est comparé à une maladie.
La mail qui me blessait a daigné me guérir [CORN., Rodog. IV, 3]
Je vais vous l'expliquer et veux bien vous guérir D'une erreur dangereuse où vous semblez courir [ID., Nicom. IV, 5]
Si l'aveuglement des peuples n'eût pas éte incurable, elle [la reine] aurait guéri les esprits, et le parti le plus juste aurait été le plus fort [BOSSUET, Reine d'Anglet.]
J'attends avec ardeur Cette eau sainte, cette eau qui peut guérir mon cœur [VOLT., Zaïre, III, 4]
Guérir quelqu'un de quelque chose, lui ôter quelque inclination, quelque habitude qui n'est pas bonne.
Le plaisir que je prenais à le relire sans cesse me guérit un peu des romans [J. J. ROUSS., Confess. I]
Guérir de, se dit avec un infinitif.
Un soupir, une larme à regret épandue M'aurait déjà guéri de vous avoir perdue [CORN., Poly. II, 2]
Il se dit aussi des choses qu'on guérit.
J'ai peur que je ne vous épouvante trop, et que le remède dont je veux guérir votre ennui [chagrin] ne soit plus violent que le mal [VOIT., Lett. 14]
Le temps, qui guérit tout, guérira tes douleurs [GODEAU, Poésies, 2e part. 2e églogue.]
Aussitôt qu'un État devient un peu trop grand, Sa chute doit guérir l'ombrage qu'elle [Rome] en prend [CORN., Nicom. V, 1]
Du prince la raison a guéri le caprice [ROTR., Vencesl. III, 6]
Le trépas vient tout guérir ; Mais ne bougeons d'où nous sommes ; Plutôt souffrir que mourir, C'est la devise des hommes [LA FONT., Fabl. I, 16]
Les hommes, n'ayant pu guérir la mort, la misère, l'ignorance, se sont avisés, pour se rendre heureux, de ne point y penser [PASC., Pensées, IV, 2, édit. LAHURE, 1860]
Par le travail, on charmait l'ennui, on guérissait la langueur de la paresse et les premières rêveries de l'oisiveté [BOSSUET, Anne de Gonz.]
Le monde endort les chagrins, mais il ne les guérit pas [MASS., Avent, Afflict.]
J'ai révélé mon cœur au Dieu de l'innocence ; Il a vu mes pleurs pénitents ; Il guérit mes remords, il m'arme de constance ; Les malheureux sont ses enfants [GILBERT, Ode imitée de plusieurs psaumes]
V. n. Recouvrer la santé.
Il [le médecin] m'ordonne des remèdes, je ne les fais pas et je guéris [MOL., Mot cité en note au troisième placet au roi sur le Tartuffe, Œuv. compl. édit. variorum de 1862]
C'était demander à un mourant s'il voulait guérir [VOLT., Louis XIV, 22]
Fig.
L'auditeur peut avoir de la commisération pour Antiochus, pour Nicomède, pour Héraclius ; mais, s'il en demeure là, et qu'il ne puisse craindre de tomber dans un pareil malheur, il ne guérira d'aucune passion [CORN., 2e disc.]
Je guéris, et mon cœur, en secret mutiné, S'imposa cet exil dans un séjour champêtre [ID., Œdipe, IV, 4]
Le sage guérit de l'ambition par l'ambition même [LA BRUY, II]
Les femmes guérissent de leur paresse par la vanité ou par l'amour [ID., III]
Athènes tomba, parce que ses erreurs lui parurent si douces qu'elle ne voulut pas en guérir [MONTESQ., Rom. 8]
Il est des blessures Dont un cœur généreux peut rarement guérir [VOLT., Tancr. V, 3]
Familièrement. On ne guérit point de la peur, de l'ivrognerie, de la passion du jeu, etc. c'est-à-dire être peureux, ivrogne, joueur, sont des défauts qui ne se corrigent pas. Et activement : On ne guérit point la peur, l'ivrognerie, etc.
Il se dit des maladies qui s'en vont. Cette blessure est légère et guérira bientôt.
Se guérir, v. réfl. Être guéri. Il est des maladies dont on ne peut se guérir.
Nous guérissons infailliblement tous ceux qui se guérissent d'eux-mêmes [VOLT., Dict. phil. Maladie.]
Fig.
Par le commerce ils se seraient éclairés à la Chine, humanisés dans l'Inde, guéris de tous leurs préjugés avec les Européens [RAYNAL, Hist. phil. II, 7]
Recevoir guérison, en parlant de la maladie, de la lésion. Son mal se guérit. Ces fièvres se guérissent par le quinquina.
Se procurer la guérison à soi-même. Il s'est guéri par sa persévérance à suivre le régime qui lui avait été recommandé. Fig.
Sitôt que sur un vice ils pensent me confondre, C'est en me guérissant que je sais leur répondre [BOILEAU, Épît. VII]

PROVERBES

  • C'est un saint qui ne guérit de rien, se dit d'un homme qui a peu de crédit.
  • Médecin, guéris-toi toi-même, c'est-à-dire gardez pour vous-même les avis que vous donnez aux autres.
  • Quand on est mort, c'est pour longtemps ; On est guéri du mal de dents, De la potence et du carcan, Anc. chanson.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Charles respond : Encor porrat garir [se sauver, se garantir] [, Ch. de Rol. X]
    [Toi] Qui Daniel des lions guaresis [, ib. CLXXIII]
    Assoudrai vous pur vos ames guarir [, ib. LXXXVII]
    Deus le guarit qu'al cors [l'épieu] ne l'a toché [, ib. CI]
    Nel puet guarir ses escuz ne sa broine [cuirasse] [, ib. CXV]
  • XIIe s.
    Garisez s'ame de peine et de torment [, Ronc. p. 103]
    Car nus [nul] n'ert [ne sera] jà de ces douz maus garis, Se il n'est touz de fine amor espris [, Couci, p. 125]
    Mult malades [il] guari de sun relief demaine [par son secours souverain] ; La fille à un riche humme en devint tute saine, Qui out esté fievrose mainte lunge semaine [, Th. le mart. 95]
    Abisaï le fiz Sarvie guarid [garantit] le rei e ferid cel vassal. si l'ocist, Rois, p, 203. Ysaias cumandad que l'um figes li portast, si en fist un emplastre, e fist la mettre sur un clou que li reis out ù il se doleit, si en guarrid [, ib. 417]
  • XIIIe s.
    Ne te gariroit pas tout li ors de Baviere, Que cest bois ne te soit à tousjours mais litiere [, Berte, X]
    De prester à usure mout bien nous guerirons [nous nous soutiendrons bien en prêtant] [, ib. LXXVII]
    D'une pierre fu li mordens [agrafe] Qui garissoit du mal des dens [, la Rose, 1084]
  • XIVe s.
    À Nicaise de Boussut, qui fut navré de mons. Willaume de Masteng, pour li faire warir.... [CAFFIAUX, Abattis de maisons, p. 9]
  • XVIe s.
    La chaussure patricienne ne guarit pas de la goutte aux pieds [AMYOT, Morales, t. I, p. 106, dans RAYNOUARD, Lexique. Je le pansay, Dieu le guarit, Mot d'Ambroise Paré.]

ÉTYMOLOGIE

  • Picard, garir ; Berry, garir, guarir ; provenç. garir, guarir, guerir ; ital. guarire ; du germanique : goth. warjan ; anc. h. allem. werjan ; allem. mod. wehren, défendre, protéger, ce qui est aussi le sens propre et primitif de guérir.

guérir

GUÉRIR. v. tr. Délivrer d'un mal physique. Ce médecin l'a guéri d'une pneumonie qu'on croyait incurable. Guérir quelqu'un de la fièvre. Par extension, Guérir la fièvre. Guérir une plaie. Cette pommade guérit les engelures. Absolument, L'art de guérir.

Il signifie figurément Délivrer d'un mal moral, de mauvaises habitudes, travers, passions, vices, etc. Cela le guérira peut-être de son indiscrétion. Cet enfant est parvenu à se guérir de la peur. Il est guéri de son ambition. Guérissez-vous de ce vilain défaut.

GUÉRIR, intransitif, ou SE GUÉRIR signifie Se délivrer d'un mal physique. Il est dans les meilleures conditions pour guérir. Il se guérira peu à peu. Par extension, Sa blessure ne guérit, ne se guérit guère. Fig., On guérit difficilement de la peur. Son coeur a trop souffert pour guérir, pour se guérir jamais.

guerir

Guerir, Cerchez Guarir.

guérir


GUÉRIR, v. act. et n. GUÉRISON, s. f. GUÉRISSABLE, adj. [Ghéri, rizon, ri-sable: 1re é fer.] Guérir, c'est délivrer de maladie, redoner la santé. Il se dit du malade et de la maladie. "Ce Médecin l'a guéri de la fièvre. "Ce remede guérit la fièvre. Il s'emploie quelquefois neutralement, le régime étant sous-entendu.
   J'ôte et je rends le jour, je frape et je guéris.
       Le Franc.
= V. n. En parlant du malade. Recouvrer la santé. = V. réc. en parlant de la maladie. "Votre mal comence à se guérir. = Fig. en parlant des passions, des maux de l'esprit. "On l' a guéri de cette erreur; il est guéri de son ambition. Se guérir de ses préventions, etc.
   Rem. 1°. Le réciproque se guérir, quand on parle des persones, convient mieux pour le figuré que pour le propre. Cependant, quand on veut exprimer les soins qu'on prend soi-même pour guérir, le réciproque fait fort bien au propre. "Mon visage n'est quasi pas changé... c'est que je n'ai pas été saignée et que je n'ai qu'à me guérir de mon mal, et non pas des remèdes. Sév. "Mme de... vient aux eaux: elle cherche à se guérir de soixante ans dont elle est incomodée. La Même.
   2°. Guérir, régit l'accusatif de la persone, et l'ablatif de la chôse. Voy. le 1er. Ex. Madame de Sévigné lui done le datif pour régime de la persone, et l'acusatif pour celui de la chôse. "Son Anglois lui guérit encôre son rhume, en mettant je ne sais quoi dans son quinquina. — Dans un aûtre endroit elle aplique fort mal le régime de l'ablatif. "M. de St. Omer est guéri de l'Anglois. Est-ce que ce Médecin Anglais était une maladie? Il falait, a été guéri par l'Anglois, et c'est ainsi que Madame de Sévigné le dit âilleurs. "Le Chevalier m'écrit qu'il a été guéri par notre Anglois.
   GUÉRISON. Recouvrement de la santé. Ce mot a un sens passif: il se dit de celui, qui est guéri, et non pas du Médecin qui guérit. "Il doit sa guérison à un tel remède. "La guérison de ces maladies est dificile, etc. Voy. CûRE.
   Rem. * On disait autrefois avoir guérison, pour guérir.
   Des maladies
   Qui n'auroient jamais guérison.
       Malherbe.
Le même dit, en parlant de la France.
  Tout ce qui la travaille aura sa guérison.
Il dit âilleurs rendre la guerison; mais on ne le dit point, et l'on n'a jamais dû le dire; car on n'avait pas la guérison; on avait la santé, avant que d'être malade. On ne peut rendre à quelqu'un que ce qu'il avait, et qu'il a perdu. Il faut donc dire, rendre la santé; et non pas la guérison.
   GUÉRISSABLE, qu'on peut guérir, dont on peut guérir. "Ce mal n'est pas guérissable.

Synonymes et Contraires

guérir

verbe intransitif guérir
2.  Se débarrasser d'un défaut.
3.  Disparaître (mal).

guérir

verbe transitif guérir
2.  Débarrasser d'un défaut.
Traductions

guérir

(geʀiʀ)
verbe transitif
1. délivrer qqn d'une maladie Ce médecin l'a guéri.
2. figuré débarrasser qqn de qqch Il a réussi à la guérir de ses angoisses.

guérir

heilen, genesen, behandeln, kurieren, wiederherstellencure, heal, recover, care for, remedy, treatgenezen, helen, behandelen, cureren, betermaken, beterworden, beter maken, beter wordenגהה (פ'), הבריא (הפעיל), החלים (הפעיל), השתפה (התפעל), התרפא (התפעל), ריפא (פיעל), רפא (פ'), גָּהָה, רָפָא, הִבְרִיא, הֶחְלִים, הִתְרַפֵּאbehandelcurarbehandle, komme sig, helbrede, helekuraci, resaniĝicurar, medicar, sanarparantaa, parantuaguarire, risolvere, sanare, curareleczyć, wyzdrowieć, zagoić, zaradzićcurar, medicar, cicatrizarvindecahela, bota, läkaγιατρεύω, θεραπεύωيَشْفِي, يُعالِجُhojit se, léčitizliječiti, zacijeliti治す, 治る(상처 등이) 낫다, (...을)치료하다helbrede, kurereвылечивать, лечитьรักษาiyileşmek, tedavi etmekchữa bệnh, hàn gắn愈合, 治愈лечение
verbe intransitif
1. sortir de la maladie Elle va guérir.
2. figuré être débarrassé de qqch Il n'arrive pas à guérir de sa peur.

guérir

[geʀiʀ]
vt [+ personne, maladie] → to cure
guérir qn de → to cure sb of
[+ membre, plaie] → to heal
vi
[personne] → to recover
Il est maintenant complètement guéri → He's now completely recovered.
guérir de → to recover from
[plaie, chagrin] → to heal