gué

(Mot repris de gués)

1. gué

[ ge] n.m. [ du frq. wad ]
Endroit peu profond d'une rivière où l'on peut traverser à pied : Traverser le ruisseau à gué.
Au milieu du gué,
dans un moment difficile ; en pleine action : On ne change pas de tactique au milieu du gué.

2. gué

[ ge] interj. [ var. de gai ]
Mot exprimant la joie dans des vieilles chansons : Oh ! gué, vive la rose !

gué

(ge)
nom masculin
endroit d'une rivière où l'on peut passer à pied passer le gué

GUÉ1

(ghé) s. m.
Endroit d'une rivière où l'eau est si basse qu'on peut la passer en marchant.
On passe tous les jours à gué notre rivière de Seine [SÉV., 297]
Il [Théodose] faisait chercher des gués et faire des ponts avec une diligence incroyable [FLÉCH., Hist. de Théodose, III, 94]
On traversait les cours d'eau à des gués bientôt gâtés ; les régiments qui venaient ensuite passaient où ils pouvaient ; on s'en inquiétait peu ; l'état-major général négligeait ces détails [SÉGUR, Hist. de Nap. VI, 2]
Ce n'était qu'un gros ruisseau ; deux arbres, autant de chevalets, et quelques planches suffisaient pour en assurer le passage ; mais le désordre était tel, et l'incurie si grande, que l'empereur y fut arrêté ; on y noya plusieurs canons qu'on voulut faire passer au gué [ID., ib. IX, 7]
Fig. Sonder le gué, voir, avant de s'engager dans une affaire, s'il n'y a point de risque, pressentir les dispositions des personnes.
M. le maréchal de Schomberg, ayant voulu sonder le gué, n'y trouva aucun jour [RETZ, I, 57]
Gué de Jacob, endroit où, suivant la tradition, Jacob passa le Jourdain à gué en revenant de la Mésopotamie.
Il [Jacob] prit ses deux femmes et leurs deux servantes avec ses onze fils, et passa le gué de Jacob [SACI, Bible, Genèse, XXXII, 22]
Forteresse du gué de Jacob, château que Baudoin fit bâtir en 1178 pour maintenir les Arabes ; il fut détruit par Saladin.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Il le conquist es guez desous Marsune [, Ch. de Rol. CCXIII]
  • XIIe s.
    E entrerent el flum e passerent à gué devant le rei [, Rois, p. 192]
  • XIIIe s.
    Et je chemine, je le boute [le bourdon] Es fosses où je ne voi goute, Ausinc cum pour les guez tenter [, la Rose, 21669]
    Si comme de lor moustiers refere et de lor caucies [chaussées] ramender de lor puis et de lor gués maintenir [BEAUMANOIR, XXI, 27]
    Un beduyn estoit venu, qui li avoit dit que il enseigneroit un bon gué, mes que [pourvu que] l'en li donnast cinq cens besans [JOINV., 223]
  • XIVe s.
    Il ont l'eaue passée, petis estoit li guez [, Guesclin. 5928]
  • XVIe s.
    Il se resolut de n'opiniastrer point le bourg, si les refformez osoient enfoncer le gué [le forcer] [D'AUB., Hist. III, 48]
    À grand cheval grand gué [COTGRAVE, ]

ÉTYMOLOGIE

  • Norm. vé ou vey, nom des estuaires ; wallon, wé ; provenç. ga, gah, gua ; anc. catal. guau ; catal. mod. gual ; espagn. vado ; portug. vão ; ital. guado ; du lat. vadum, avec influence du germanique wat, gué ; vadum ( a avec un accent bref) se rattache à vadere ( a avec un accent long) comme ducem ( u avec un accent bref) à ducere ( u avec un accent long) ; c'est le sanscrit gadha ( 1er a avec un accent long), de ga ( a avec un accent long), aller.

gué

GUÉ. n. m. Endroit d'une rivière où l'eau est si basse et le fond si ferme qu'on y peut passer sans nager et sans s'embourber. Chercher un gué pour faire traverser une rivière à une troupe. Passer la rivière à gué. Abreuver un cheval au gué. Sonder le gué.

gué

Un Gué, Vadum.

Passer à gué, Vadare.

Guez retirans sur la couleur d'une chair meurtrie, Vada liuida.

gué


GUÉ, s. m. GUÉABLE, adj. GUÉER, v. act. [Ghé, ghéable, ghé-é: 1re é fer. l'u est muet: il ne se prononce pas: il n'est là que pour doner au g un son fort qu'il n'a pas devant l'e.] Gué, l'endroit d'une rivière où l'on peut pâsser sans nager et sans s'embourber. Guéable, où l'on peut pâsser à gué. Chercher le gué. "Le gué est bon. "Passer une rivière à gué. "La rivière est guéable en cet endroit. = On dit, figurément, dans le discours familier, sonder le gué, tâcher de reconaître les dipositions des persones, avant de leur faire des propositions.
   GUÉER, baigner, laver dans l'eau: guéer un cheval, guéer du linge. — On dit aussi aigayer. Voy. ce mot. Quelques-uns disent gayer, mais mal.

Traductions

gué

ford

gué

Furt

gué

vado

gué

voorde

gué

vau

gué

福特

gué

Ford

gué

Ford

gué

פורד

gué

포드

gué

Ford

gué

[ge] nmford
passer à gué → to ford