guinder

(Mot repris de guindas)

guinder


Participe passé: guindé
Gérondif: guindant

Indicatif présent
je guinde
tu guindes
il/elle guinde
nous guindons
vous guindez
ils/elles guindent
Passé simple
je guindai
tu guindas
il/elle guinda
nous guindâmes
vous guindâtes
ils/elles guindèrent
Imparfait
je guindais
tu guindais
il/elle guindait
nous guindions
vous guindiez
ils/elles guindaient
Futur
je guinderai
tu guinderas
il/elle guindera
nous guinderons
vous guinderez
ils/elles guinderont
Conditionnel présent
je guinderais
tu guinderais
il/elle guinderait
nous guinderions
vous guinderiez
ils/elles guinderaient
Subjonctif imparfait
je guindasse
tu guindasses
il/elle guindât
nous guindassions
vous guindassiez
ils/elles guindassent
Subjonctif présent
je guinde
tu guindes
il/elle guinde
nous guindions
vous guindiez
ils/elles guindent
Impératif
guinde (tu)
guindons (nous)
guindez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais guindé
tu avais guindé
il/elle avait guindé
nous avions guindé
vous aviez guindé
ils/elles avaient guindé
Futur antérieur
j'aurai guindé
tu auras guindé
il/elle aura guindé
nous aurons guindé
vous aurez guindé
ils/elles auront guindé
Passé composé
j'ai guindé
tu as guindé
il/elle a guindé
nous avons guindé
vous avez guindé
ils/elles ont guindé
Conditionnel passé
j'aurais guindé
tu aurais guindé
il/elle aurait guindé
nous aurions guindé
vous auriez guindé
ils/elles auraient guindé
Passé antérieur
j'eus guindé
tu eus guindé
il/elle eut guindé
nous eûmes guindé
vous eûtes guindé
ils/elles eurent guindé
Subjonctif passé
j'aie guindé
tu aies guindé
il/elle ait guindé
nous ayons guindé
vous ayez guindé
ils/elles aient guindé
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse guindé
tu eusses guindé
il/elle eût guindé
nous eussions guindé
vous eussiez guindé
ils/elles eussent guindé

GUINDER

(ghin-dé) v. a.
Lever en haut par le moyen d'une machine.
Nous admirâmes les peines qu'ils [les ennemis] eurent à guinder leur canon si haut [SAINT-SIMON, 40, 220]
Il [le roi d'Eldorado] donna l'ordre sur-le-champ à ses ingénieurs de faire une machine pour guinder ces deux hommes extraordinaires hors du royaume [il s'agit de franchir des montagnes droites comme des murailles qui entourent Eldorado] [VOLT., Candide, 18]
Vous avez beau dire et beau faire, Charles Quint n'a jamais brûlé de Luthériens à petit feu ; on ne les a pas guindés au haut d'une perche en sa présence, pour les descendre à plusieurs reprises dans le bûcher [ID., Lett. Gaillard, 28 avril 1769]
Terme de marine. Synonyme de hisser, en parlant d'un mât. Par extension.
Nous le [Condillac] mènerions aux Délices, et de là nous le guinderions par le mont Cenis à Turin [VOLT., Lett. Mme de Fontaine, 26 janv. 1758]
Fig.
Il est quelques esprits dont l'orgueil curieux Jusques à mes secrets les plus mystérieux Tâche à guinder l'essor de leur intelligence [CORN., Imit. III, 4]
Les machines qui l'avaient guindé si haut par l'applaudissement et les éloges, sont encore toutes dressées pour le faire tomber dans le dernier mépris [LA BRUY., VIII]
Les échasses de l'étiquette Guindent bien haut des cœurs bien bas [BÉRANG., Vertu de Lis.]
Fig. Donner une élévation factice. Guinder son style. Se guinder l'esprit.
Il ne faut pas guinder l'esprit ; les manières tendues et pénibles le remplissent d'une sotte présomption [PASC., Géométr. II]
Ils font voir par là que la vertu ne leur est guère naturelle, et qu'il leur a fallu de grands efforts pour guinder leurs âmes jusques à l'état où ils sont si fiers de se faire voir [NICOLE, Essais, t. III, p. 140, dans POUGENS]
Vous avez guindé la sculpture [BÉRANG., Pauvres amours.]
Se guinder, v. réfl. Se hisser soi-même, se porter à un lieu plus élevé.
Les uns se soulevaient eux-mêmes, les autres se guindaient avec des cordes [VAUGEL., Q. C. VII, 11]
Par extension.
Et se guinda, quittant la terre, Vers la région du tonnerre [SCARR., Gigantom. II]
Nous grimpons à son cinquième étage et par une échelle nous nous guindons à un sixième qui était un cabinet ouvert à tous les vents [MONTESQ., Lett. pers. 45]
Terme de fauconnerie. Se guinder, se dit d'un oiseau qui s'élève à perte de vue.
Fig. Prendre des airs de grandeur.
C'est vraiment une plaisante chose à voir que cette cour [de Bonaparte] et comme tout cela se guinde peu à peu [P. L. COUR., Lett. I, 125]
Affecter trop d'élévation dans les choses morales, dans les choses d'esprit.
Je trouve qu'il est bien plus aisé de se guinder sur de grands sentiments, de braver en vers la fortune, accuser les destins et dire des injures aux hommes, que d'entrer comme il faut dans le ridicule des hommes [MOL., Critique, 7]
Toutes les fois qu'on se veut guinder au-dessus des nues, on s'y perd, ou, pour parler plus simplement, on manque de précision et de justesse [BOSSUET, Ét. d'orais. II, 14]
On n'a pas été plus indulgent pour Callisthène, qui, en certains endroits de ses écrits, ne s'élève pas proprement, mais se guinde si haut qu'on le perd de vue [BOILEAU, Longin, Sublime, chap. 2]
Il n'était pas comme les rois de l'Inde, Qu'on ne voit point, qui craignent le grand jour, Et dont la majesté sur la terreur se guinde [LAMOTTE, dans DESFONTAINES]
Il est plus facile de prendre l'essor et de se guinder sur de grands sentiments, que d'attraper une plaisanterie fine et délicate [LESAGE, Diable boit. 14]
Il vaut mieux écrire froidement que de se guinder [VAUVENARGUES, Dial. Isocrate, Démosth.]
Ceux qui pensent peu, s'occupant beaucoup des mots et cherchant des expressions extraordinaires, sont sujets à se guinder au delà du naturel, et donnent dans le ridicule et dans le phébus [LA HARPE, Corresp. t. II, p. 308, dans POUGENS]

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Le prince despité.... encores qu'il vist ses navires desguarnis d'hommes, fit guinder, se met aux trousses de Lansac.... [D'AUB., Hist. II, 300]
    Pour faire un corps bien espagnolé, quelle gehenne ne souffrent-elles [les femmes], guindées et cenglées, à tout de grosses coches sur les costez, jusques à la chair vifve ? [MONT., I, 308]

ÉTYMOLOGIE

  • Wallon, wainî, guinder, monter un cric ; espagn. et portug. guindare ; ital. ghindare ; de l'anc. h. allem. windan ; angl. to wind, hisser.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    GUINDER. Ajoutez :
    Terme de pontonnier. Faire le guindage (voy. GUINDAGE au Supplément).

guinder

GUINDER. v. tr. Hisser, lever en haut par le moyen d'une machine. Guinder un fardeau. Guinder des pierres avec une poulie, avec une grue. Il se fit guinder avec une corde au haut de la tour. En termes de Marine, Guinder un mât de hune, de perroquet, etc.

Il se dit figurément en parlant de l'Esprit et des choses d'esprit où une certaine recherche d'élévation s'accompagne de raideur. Guinder son style. Se guinder à de grands sentiments. Se guinder à l'éloquence, au beau langage. Discours guindé.

Le participe passé GUINDÉ, ÉE, signifie spécialement, employé comme adjectif, Qui a l'air contraint, qui veut paraître toujours grave. Cet homme est toujours guindé. Il s'applique surtout aux Choses. Air guindé, attitudes, manières guindées.

guinder

Guinder, act. acut. Est lever amont, Sursum tollere, Tirer en haut, comme on fait les grosses pierres avec engins à cela propres. Et les chevaux et fardeaux dans les navires, et les voiles d'iceux navires qu'on dit aussi ysser, voyez Ysser. Guinder aussi est par effort d'agilité se lancer en haut, comme il se guinda sur le rempar, Sursum se in propugnaculum vel aggerem extulit.