habit


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habit

n.m. [ du lat. habitus, manière d'être ]
1. Costume masculin noir de cérémonie dont la veste a un dos divisé en deux pans des hanches aux genoux.
2. Tenue particulière à une fonction, à une activité : Un habit de serveur
3. Vêtement de religieux ou de religieuse : Prendre l'habit
entrer en religion
Habit de lumière,
habit brodé de fils brillants que porte le matador.
Habit vert,
habit de cérémonie des membres de l'Académie française.
L'habit ne fait pas le moine,
proverbe signifiant qu'il ne faut pas juger les gens sur l'apparence.
Prise d'habit,
cérémonie qui marque l'entrée en religion.

habits

n.m. pl.
Ensemble des pièces de l'habillement : Laver ses habits

HABIT

(a-bi ; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire ; au pluriel, l's se lie : des a-bi-z étroits) s. m.
Ce qui se met par-dessus la chemise et le gilet pour couvrir le corps, chez l'homme, et, chez la femme, ce qui se met par-dessus le jupon. Un habit bourgeois, ecclésiastique, militaire.
Ma foi, les beaux habits servent bien à la mine [RÉGNIER, Macette.]
Sous l'habit de Didyme elle-même est sortie [CORN., Théod. IV, 5]
Une femme ne prendra point un habit d'homme, et un homme ne prendra point un habit de femme [SACI, Bible, Deutéron. XXII, 5]
Quoique son habit [de Psyché] fût de deuil, c'était aussi un habit de noces, chargé de diamants en beaucoup d'endroits, et qui avait consumé deux années du revenu de son père [LA FONT., Psyché, II, p. 141]
Le deuil n'est bien souvent que changement d'habits [ID., Coupe.]
Je tâte votre habit [l'habit d'Elmire], l'étoffe en est moelleuse [MOL., Tart. III, 3]
L'habit qu'il eut sur lui fut son seul héritage [BOILEAU, Sat. I]
Quelles traces de sang vois-je sur vos habits ? [RAC., Théb. I, 3]
Et lui-même marchant en habits magnifiques [ID., Esth. II, 5]
Je l'ai vu : son même air, son même habit de lin, Sa démarche, ses yeux, et tous ses traits enfin [ID., Athal. II, 5]
Laissez là cet habit, quittez ce vil métier [ID., ib. II, 7]
Vous savez que l'habit ne fait pas la science [REGNARD, Folies am. I, 5]
Chez de certaines gens, un habit neuf, c'est presque un beau visage [MARIVAUX, Marianne, 1re part.]
L'or et les diamants brillent sur ses habits [VOLT., Scythes, I, 1]
Les autres sont armés sous un habit de paix [ID., Irène, II, 1]
Elle avait un habit de cheval qui dessinait à ravir l'élégance de sa taille [STAËL, Corinne, XVII, 6]
L'hiver moscovite les attaque de toutes parts : il pénètre au travers de leurs légers vêtements et de leur chaussure déchirée ; leurs habits mouillés se gèlent sur eux ; cette enveloppe de glace saisit leurs corps et roidit tous leurs membres [SÉGUR, Hist. de Nap. IX, 11]
Habits de chœur, habits que les chanoines, les ecclésiastiques et les religieux portent durant l'assistance aux offices de l'église. Terme de religieuses bénédictines. Habit de chœur, grande robe noire plissée, avec des manches longues, qu'on porte aux cérémonies. Mettre habit bas, quitter son habit pour se livrer à quelque travail manuel. Fig. Mettre habit bas pour jamais, mourir.
Je dois bientôt, il me semble, Mettre pour jamais habit bas ; Attends un peu, nous finirons ensemble, Mon vieil ami, ne nous séparons pas [BÉRANG., Mon habit.]
Vieux habits, vieux galons ! cri des fripiers ambulants qui demandent à acheter de vieilles défroques.
Gens vêtus d'or et d'écarlate, Pendant un mois chacun vous flatte ; Puis à vos portes nous allons : Vieux habits, vieux galons [BÉRANG., Vieux habits.]
Un habit qui montre la corde, un habit tout à fait usé.
Cet habit fait bien dire aux gausseurs qu'il fait peur aux larrons, en leur montrant la corde [CYRANO DE BERG., le Pédant joué, III, 2]
Grand habit, s'est dit pour habit de cérémonie.
Sans prendre le temps d'aller à la maison qu'elle occupait à Paris, pour y quitter son grand habit et son éclatante parure [GENLIS, Mlle de la Fayette, p. 21, dans POUGENS]
Particulièrement. Partie de l'habillement de l'homme ouverte par devant, et à basques plus ou moins larges.
C'est un chef-d'œuvre que d'avoir inventé un habit sérieux qui ne fût pas noir [MOL., Bourg. gent. II, 8]
Vous avez tout à fait bon air avec cet habit [ID., ib. III, 4]
L'ignorance et l'erreur à ses naissantes pièces [de Molière], En habit de marquis, en robes de comtesses, Venaient pour diffamer son chef-d'œuvre nouveau [BOILEAU, Ép. VII]
J'ai à présent sous mes yeux un paysage que Vernet fit à Rome pour un habit, veste et culotte, et qui vient d'être acheté mille écus [DIDEROT, Salon de 1767, Œuv. t. XIV, p. 7, dans POUGENS]
Sois-moi fidèle, ô pauvre habit que j'aime ; Ensemble nous devenons vieux ; Depuis dix ans je te brosse moi-même, Et Socrate n'eût pas fait mieux [BÉRANG., Mon habit.]
Par antonomase, celui des vêtements du haut du corps que l'usage fait choisir comme seul convenable dans les réunions un peu cérémonieuses ; c'est aujourd'hui le frac. - Irez-vous là en redingote ? - Non, je serai en habit. - Et que mettrez-vous sur votre habit ? - Mon paletot. Habit veste, habit à basques très courtes.
Habit long, la soutane, habit des ecclésiastiques, et aussi autrefois de quelques professions.
Le roi me demanda hier si vous ne seriez pas toujours en habit long [MAINTENON, Lett. au card. de Noailles, 6 nov. 1695]
Habit court, l'habit que les ecclésiastiques portent quelquefois au lieu de leur soutane. Habit court, s'est dit aussi pour certaines gens qui, dans leurs fonctions, portaient l'habit long.
Lorsque, ayant quitté la robe consulaire, vous êtes à Saint-Mandé ou à Paris, dans votre chambre, en habit court, et à peu près dans l'équipage et dans l'humeur où se trouvait Scipion quand il ramassait des coquilles au bord de la mer avec son ami Lélius [SCARRON, Lett. Œuv. t. I, p. 230]
Tel rit d'un juge en habit court, qui tremble au seul aspect d'un procureur en robe [BEAUMARCH., Mar. de Fig. III, 4]
Habit se dit du vêtement des religieux et des religieuses.
De retour dans sa patrie il [Roger Bacon] prit l'habit de franciscain [DIDEROT, Opin. des anc. phil. (scholastiques), Œuv. t. VII, p. 276]
Absolument. Prendre l'habit, se faire religieux, religieuse.
Votre cousine a pris l'habit à Montmartre [SÉV., 300]
Prise d'habit, entrée en religion.

PROVERBE

  • L'habit ne fait pas le moine, on ne doit pas juger des personnes par l'apparence. Cela se dit aussi des personnes dont la conduite n'est pas conforme à leur état.
    Cette façon de parler est prise des auteurs du droit canon, traitant de la capacité ou incapacité de posséder des bénéfices ; elle veut dire au propre : Il faut être profès et non simple novice pour posséder un bénéfice régulier, par opposition aux bénéfices séculiers [DE BRIEUX, ]

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Faites roi del moine Costant ; Drois oirs [légitime héritier] est, tolons li l'abit [WACE, Brut, V. 6642]
  • XIIIe s.
    Li mesdisans ont parlé Seur aucuns amis, Que, s'il se fussent mené En simples habis, Jà n'en fust issuz mesdiz [sortie médisance] [, Mss. de poés. fr. avant 1300, t. IV, p. 1418, dans LACURNE]
    Note que habit fet moine ; et qui est profès ne se pot marier [, Liv. de just. 193]
    Moult volentiers [je] quesisse une religion Où je m'ame salvaisse en bonne entention ; Mais tant voi en pluseurs envie, elation, Qu'il ne tiennent de l'ordre fors l'abit et le nom [RUTEB., 238]
  • XIVe s.
    Les habis [habitudes] naturels sont en enfans et en bestes [ORESME, Eth. 189]
    Bien semble à leur abit une poure maisnie [, Guesclin. 3780]
  • XVe s.
    Et là seoit le jeune roi en habit royal [FROISS., II, II, 74]
    Ils [les Gantois] mirent tout hors, femmes et enfans, et les envoyerent toutes nues en leurs chemises ou es plus povres et petits habits qu'elles eussent [ID., II, II, 213]
    Trop de gens sont qui honourent l'habit, Et au corps font pour robe reverence, Et ne tiennent compte de l'esperit [E. DESCH., Ball.]
    L'habit ne fait pas l'homme. Et entre tous ceulx que j'ay jamais congneus [Louis XI] le plus humble en parolles et en habitz [COMM., I, 10]
  • XVIe s.
    Il n'est pas si fol qu'il en porte l'habit [COTGRAVE, ]
    D'habits d'autrui mal on s'honore [LEROUX DE LINCY, Prov. t. II, p. 168]
    Perdre son habit en un jour de froid [ID., ib. p. 370]
    Tout habit au pauvre duit [ID., ib. p. 427]

ÉTYMOLOGIE

  • Bourg. haibi ; provenç. habit, abit ; cat. habit ; esp. habito ; ital. ábito ; du latin hábitus, qui veut dire proprement manière d'être, venant de habere, avoir, mais qui signifie aussi dans la meilleure latinité vêtement ; on comprend comment, de manière d'être, le passage s'est fait à vêtement ; ce passage appartient non au moyen âge scolastique, mais à l'antiquité latine. Habit, bien qu'il remonte au XIIIe siècle, est fait sur le latin ; habitus, ayant l'accent sur ha, aurait donné hate.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    HABIT. Ajoutez :
    Se disait, dans l'ordre de Fontevrault, du logement des religieux de l'ordre qui servaient de chapelains et de confesseurs, par opposition au monastère, qui se disait de l'édifice occupé par les religieuses.

habit

HABIT. n. m. Les différentes parties des vêtements de dessus des hommes. Habit de rechange. Habit de travail. Changer d'habit. Mettre habit bas. On l'emploie peu au singulier, on dit plutôt COSTUME. On s'en sert souvent au pluriel. Mettre ses habits du dimanche. Habits sacerdotaux. Habits pontificaux. Marchand d'habits. Vieux habits. Habits de deuil.

Au singulier, il se dit spécialement de cette Partie de l'habillement de cérémonie qui est ouverte par-devant et qui a des pans par- derrière. Habit noir. On sera en habit. L'habit est de rigueur. On disait autrefois FRAC.

Habit vert, L'habit noir brodé de vert qui est le costume officiel des membres de l'Institut.

Il se dit aussi du Costume des religieux et des religieuses. Habit long, La soutane. Habit court, L'habit noir que portent les ecclésiastiques quand ils ne sont pas en soutane.

Absolument, Prendre l'habit, Prendre l'habit de religieux ou de religieuse. On dit en des sens analogues : Porter l'habit. Quitter l'habit. Donner l'habit. Recevoir l'habit. Prise d'habit. En parlant des Religieuses, on dit plutôt aujourd'hui Prendre le voile.

Prov. et fig., L'habit ne fait pas le moine, On ne doit pas juger des personnes par les apparences, par les dehors. Il se dit aussi en parlant de Quelqu'un dont la conduite, les discours ne sont pas conformes à son état.

habit

Un Habit, Il vient de Habitus, Vestis, Vestimentum, Indumentum.

Cet habit a beaucoup de plis, Rugat haec vestis.

Habit appartenant à une femme, Vestimentum muliebre.

Une sorte d'habit ancien de quoy usoient les augures, et pareillement les gens de guerre, Laena laenae.

Une sorte d'habit blanc duquel usoient les gens delicats, Galbanum.

Une sorte d'habit ancien servant à hommes et femmes, povres et riches, Lacerna.

Habit d'hommes de ville, Toga ciuilis. Bud.

Un habit tissu de fils de diverses couleurs, Vestis polymita.

Habit triomphant et de quoy usoient ceux qui triomphoient, Habitus triumphalis.

Une sorte d'habit, comme un manteau, Amiculum.

Une sorte d'habit sans manches, dequoy usoient les Romains, Colobium.

Habit de fin lin servant aux filles, Amictorium.

L'habit d'un pasteur, Pastoralis habitus.

Ornement d'habit, Vestitus, huius vestitus.

Les habits et autres menuës choses qu'a un prisonnier quand il est mis en prison, Pannicularia.

En habit d'estudiant, In habitu studentis.

Changer l'habit de paix en celuy de guerre, Mutare praetextam paludamento.

Prendre l'habit d'aucun, Imaginem alicuius sumere.

Reprendre ses premiers habits, Ad suum vestitum redire.

habit


HABIT, s. m. [l'h est muette; abi.] Ce qui est fait pour couvrir le corps. Au singulier, il se dit ordinairement des hommes: au pluriel, il se dit aussi des femmes. "Habit décent, modeste, tout uni, riche, magnifique. "Le luxe des habits, etc.
   Habit, habillement, vêtement, hardes (Synon.) Les trois premiers mots signifient à peu près la même chôse; cependant ils ne se disent pas indiféremment. Habit est le terme ordinaire: habillement va un peu à la manière dont l'habit est fait: "Voilà un plaisant habillement, c. à. d. Un habit fait d'une plaisante manière. Vêtement se prend pour tout ce qui sert à couvrir le corps. "Son vêtement étoit une peau de lion. Hardes comprend les habits, le linge et tout ce qui sert au vêtement. Ce mot n'a point de singulier.
   Habit n'est pas un terme noble; et la Langue n'avait pas encôre aquis tant de délicatesse, quand Racine a dit dans les Frères Énemis.
   Quelles traces de sang vois-je sur vos habits?
   Habit, pris absolument, l'habit de Religieux, ou de Religieûse. "Prendre l'habit; prise d'habit. Doner, recevoir l'habit. Porter, quiter l'habit. = Le Proverbe dit: "L'habit ne fait pas le Moine. Au Propre, le sens est que la prise d'habit n'est pas ce qui constitûe le Religieux, mais seulement la Profession. Au figuré, on veut dire que les marques extérieures d'une profession quelconque ne sufisent pas, et qu'il faut en remplir les devoirs.

Synonymes et Contraires

habit

nom masculin habit
1.  Tenue propre à une activité.
costume, habillement, mise, tenue, vêtement -familier: nippe -populaire: fringue, frusque, sape.
2.  Costume de cérémonie.
-familier: queue-de-pie -vieux: frac.
Traductions

habit

Anzug, Bekleidung, Frack, Gewand, Kleidung, Rock, Kleidungsstückgarment, article of dress, evening dress, tails, dress‐coat, habit, habitable, morning dress, dress-coat, full dressgewaad, kledingstuk, rok, habijt, kostuum, priesterkleedאפוד (ז), בגד (ז), ביגוד (ז), הלבשה (נ), כותונת (נ), כסות (נ), לבוש (ז), מלבוש (ז), תלבושת (נ), בֶּגֶד, בִּגּוּד, כְּסוּת, כֻּתֹּנֶת, לָבוּשׁ, מַלְבּוּשׁ, תִּלְבֹּשֶׁתbeklædning, beklædningsstykkefrako, vestaĵofrac, ropa, prendabajuabito, miseodzież, strój, ubranie, część garderobycasaca, fraque, peça de roupaρούχοثَوْبčást oděvuvaateodjevni predmet衣服의복klesplaggпредмет одеждыplaggเสื้อผ้าgiysiquần áo外衣 (abi)
nom masculin
vêtement mettre ses habits

habit

[abi]
nm
(= tenue) → outfit
habit de soirée → evening dress
(RELIGION) prendre l'habit (= entrer en religion) → to take the cloth habits
nmpl (= vêtements) → clothes