habitant, ante

HABITANT, ANTE

(a-bi-tan, tan-t') s. m. et f.
Celui, celle qui habite, qui fait sa demeure fixe en un lieu.
Le sommes-nous [touchés] des maux de la Hongrie et de l'Autriche ravagées ? leurs habitants passés au fil de l'épée.... [BOSSUET, Mar.-Thér.]
Au premier bruit de ce funeste accident [la mort de Machabée], toutes les villes de Judée furent émues ; des ruisseaux de larmes coulèrent des yeux de tous leurs habitants [FLÉCH., Turenne.]
Les dieux mêmes, les dieux, de l'Olympe habitants.... Ont brûlé quelquefois de feux illégitimes [RAC., Phèd. IV, 6]
Je n'ai rien voulu imaginer sur les habitants des mondes qui fût entièrement impossible et chimérique [FONTEN., Mondes, Préface]
Paul Jove, dans son Histoire de Léon X, rapporte que du temps de Clément VII, Rome ne possédait que 32 000 habitants ; quelle différence de ces temps avec ceux des Trajan et des Antonin ! [VOLT., Mœurs, 185]
Elles [les voitures] portent aussi des femmes françaises avec leurs enfants ; jadis ces femmes furent d'heureuses habitantes de Moscou ; elles fuient aujourd'hui la haine des Moscovites que l'invasion a appelée sur leurs têtes ; l'armée est leur seul asile [SÉGUR, Hist. de Nap. IX, 1]
Poétiquement. Les habitants des forêts, les animaux sauvages. Les habitants de l'air, les oiseaux. Les habitants des eaux, les poissons.
Que peuvent tes amis et leurs armes fragiles, Des habitants des eaux dépouilles inutiles ? [VOLT., Alz. II, 4]
Il se dit de celui qui possède un domaine, une habitation dans une colonie. Un habitant de la Martinique, de la Guadeloupe.
Adj.En termes de pratique, domicilié. Elle a établi sa demeure en tel endroit, où elle est encore habitante.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    En tous tex cas ne doit nus [nul] estre espargniés des abitants [BEAUMANOIR, XLIX, 5]