halener

(Mot repris de halènent)

HALENER

(a-le-né. L'Académie prétend que l'h est aspirée ; cependant haleine n'a point l'h aspirée : bien plus à halenée, l'Académie, ne disant rien, paraît ne pas aspirer l'h ; il n'y a donc aucune raison de l'aspirer dans halener ; on verra par un exemple que Régnier ne l'aspirait pas. La syllabe le prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : halène, halènerai) v. n.
Pousser son haleine. Une grande difficulté d'halener. Activement. Exhaler (emploi qui a vieilli).
Or moi, qui suis tout flamme et de nuit et de jour, Qui n'halène que feu, ne respire qu'amour [RÉGNIER, Sat. VII]
V. a. Sentir l'haleine de quelqu'un. En les halenant, je reconnus qu'ils avaient bu de l'eau-de-vie (vieilli en cet emploi).
Terme de chasse. En parlant des chiens de chasse, prendre l'odeur d'une bête.
Fig. Découvrir comme en halenant (emploi qui vieillit ; on dit plutôt flairer).
Te garder des flatteurs, qui ne t'abandonneront point depuis qu'ils auront halené une fois ton trésor [D'ABLANCOURT, Lucien, Timon.]
Découvrir ce qu'une personne a dans l'âme, reconnaître son faible. Dès que ces fripons eurent halené ce jeune homme, ils dressèrent leurs piéges.

HISTORIQUE

  • XVe s.
    Ils perdoient le temps pour neant, et alenoient à demeurer là, et ne veoient ni tour ni voie par quoi ils pussent rien conquester [FROISS., I, I, 178]
  • XVIe s.
    ....et prochain il est De ses talons, que jà de son alaine Ses beaux cheveux tous espars il aleine [MAROT, IV, 41]
    Et lors [ce vent] halena souefvement tout le long du jour refreschissant les barbares et leur bestail aussi [AMYOT, Sertor. 23]
    Le fleuve estoit bien près de là, ce qu'il conjecturoit par un doulx vent humide qui les halenoit [ID., Anton. 62]
    Le prince accusé d'avoir halené [flairé] les filles de la roine, comme il parut depuis [D'AUB., Hist. I, 191]
    Le conseil de France n'eut pas plus tost halené ce prince, qu'il lui osta tous ses desirs pacifiques [ID., ib. II, 133]
    ....Mais en aians veu cinq ou six par terre, ils n'hallenerent point les picques, et se sauverent comme ils purent [ID., ib. II, 170]
    Grande difficulté d'halener [PARÉ, VIII, 32]
    Je ne vy jamais grand seigneur accompagné de plus grande prud' hommie que luy, et en ay halené plusieurs [PASQUIER, Recherches, liv. VI, p. 485]
    Nous asseura que pour descouvrir le fard, qu'il ne falloit que tenir en sa bouche du saffran, et que veniez à halener une femme fardée, son fard n'aura pas si tost senty ce saffran qu'il tombera de luy mesme [BOUCHET, Serées, liv. I, p. 151, dans LACURNE]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. et catal. alenar ; ital. alenare. D'après Diez, il vient du lat. anhelare, par métathèse, alener pour aneler. Mais, les métathèses n'étant pas communes, on peut voir dans ce mot le lat. halare, souffler, avec le suffixe ena, ina, qui n'est pas aussi rare que Diez le croit ; c'est cette rareté prétendue qui l'avait conduit à proposer la métathèse.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

  • HALENER. - HIST. Ajoutez :
  • XIIe s.
    Si com il [un guerrier blessé à mort] pot parler à peine, Car il sent la mort et l'aleine, A Achille mis à raison [BENOIT DE SAINTE-MORE, Roman de Troie, V. 19203]

halener

HALENER. v. tr. Sentir l'haleine de quelqu'un. Je ne l'eus pas plutôt halené que je vis bien qu'il avait bu du vin.

Il se dit aussi des Chiens de chasse qui prennent l'odeur d'une bête. Dès que ses chiens eurent halené la bête. Dans ces deux acceptions, il est vieux.

halener

Halener, Halare, Exhalare, Spirare.

Halener quelque chose, Adhalare.

Halener contre aucun, Inhalare.

Qui halene, Spiritualis.