haut, aute

HAUT, AUTE

(hô, hô-t') adj.

Résumé

Qui a une étendue considérable depuis un point inférieur jusqu'à un point supérieur.
Qui est situé au-dessus, en parlant de choses les unes par rapport aux autres.
Qui s'élève haut.
Qui est à un niveau supérieur, en parlant des cours d'eau ou des régions.
Qui est relevé, dressé.
Profond.
Terme de musique. Aigu, élevé.
Retentissant, qui s'entend au loin, en parlant de la voix.
Qui a de l'éclat, en parlant des couleurs.
10° Éloigné dans le temps.
11° Il se dit des personnes qui occupent les premiers rangs dans la société.
12° Grand, excellent, distingué dans son genre.
13° Ardu à comprendre, à saisir.
14° Qui a de l'élévation morale et de la fierté.
15° En mauvaise part, excessif en son genre.
16° Il se dit des cartes qui ont le plus de valeur.
17° Il se dit des prix.
18° S. m. Élévation, hauteur.
19° Montagne, éminence.
20° Le faîte, le sommet, la partie supérieure.
21° Le haut du jour.
22° Le haut, la partie supérieure de la ville.
23° Le haut et le bas.
24° Dans la musique, les notes élevées.
25° Adv. Dans la partie la plus haute.
26° Haut, en termes de manége.
27° Haut le pied.
28° À un rang élevé, à un point élevé.
29° Dans les temps passés.
30° En termes de musique, dans un ton haut.
31° À haute voix.
32° Terme de jeux. Couper haut.
33° Monter haut, s'élever à une dépense considérable.
34° En haut.
35° D'en haut.
36° En haut de.
37° Là-haut.
38° Ici-haut.
39° Par en haut.
40° Par haut.
41° Par haut et par bas.
Qui a une étendue considérable depuis un point inférieur jusqu'à un point supérieur. Un haut clocher. Cet homme est haut de six pieds.
J'espère que vous mettrez notre taille [Voiture était très petit] en honneur ; ce sera elle désormais qui sera estimée la riche, et vous nous relèverez par-dessus ceux qui se croient plus hauts que nous [VOIT., Lett. 52]
Le cheval étant aussi haut de jambes qu'il [Ragotin] en était court [SCARR., Rom. com. I, 19]
Ces hautes montagnes dont la cime, au-dessus des nues et des tempêtes, trouve la sérénité dans sa hauteur et ne perd aucun rayon de la lumière qui l'environne [BOSSUET, Henri de Bourbon.]
Un fourbe cependant, assez haut de corsage [BOILEAU, Sat. X]
La ville de Syracuse était devenue un désert, où l'herbe était crue si haute que les chevaux y paissaient [ROLLIN, Hist. anc. Œuv. t. V, p. 329, dans POUGENS]
On voit ces hauts remparts élevés par Cyrus [VOLT., Scythes, IV, 2]
Il croyait de sa cime [d'une montagne] observer la campagne Et voir flotter aux vents les drapeaux bourguignons ; Mais en vain il franchit une immense étendue, toujours un mont plus haut vient arrêter sa vue [MASSON, Helv. II]
Haut dais, voy. DAIS. Haute futaie, voy. FUTAIE. Arbres à haute tige, voy. TIGE. Haute bruyère, espèce de bruyère à haute tige dont on fait des balais. Haut cru, expression employée anciennement dans le sens de haut lieu, haut pâturage. Bœufs de haut cru, se disait des bœufs destinés au travail ou manifestant peu d'aptitude à un engraissement précoce, parce qu'ils étaient supposés devoir se trouver exclusivement dans les contrées élevées ou montueuses. Terme de l'Écriture sainte. Les hauts lieux, montagnes ou collines où l'on sacrifiait à Baal.
Jéhu sur les hauts lieux enfin osant offrir Un téméraire encens que Dieu ne peut souffrir [RAC., Athal. III, 6]
Terme de marine. Ce bâtiment est haut de bord, son bord est fort élevé au-dessus de l'eau. Bâtiment de haut bord, anciennement tout bâtiment qui naviguait au long cours, aujourd'hui les vaisseaux de ligne seulement, par opposition à bâtiments de bas bord (locution qui n'est pas usitée), les galères, galiotes, brigantins, frégates et tous les navires latins.
Qui est situé au-dessus, en parlant de choses les unes par rapport aux autres. Le plus haut étage d'une maison. Les hautes voiles d'un vaisseau. Les hautes régions de l'air. Au plus haut degré.
Le cavalier monta avec la dame par un grand escalier dans une salle haute [SCARRON, Rom. com. I, 9]
Le temps est haut, les nuages sont élevés, de sorte qu'il n'y a pas à craindre la pluie. Le haut bout d'une chambre, d'une table, la place la plus honorable, parce qu'autrefois ce bout était en effet plus élevé que l'autre et le plus éloigné de la porte.
Le czar s'assit dans le fauteuil du haut bout, le régent dans l'autre [SAINT-SIMON, 487, 140]
Les hautes latitudes, les latitudes qui s'avancent vers le pôle, s'éloignent de l'équateur, ainsi dites à cause de l'opinion ancienne qui représentait le nord comme plus élevé que le midi. Haut, se dit aussi de la différence de niveau entre des lieux qui dominent et une partie plus basse, plaine ou autre. La ville haute.
Là ils s'arrêtent et se resserrent ; Français et Italiens, tous défendent avec acharnement les issues hautes de la ville, et les Russes, enfin rebutés, reculent et se concentrent sur la route de Kalougha [SÉGUR, Hist. de Nap. IX, 2]
Qui s'élève haut. Oiseaux de haut vol. L'aigle a le vol très haut. Fig. Prendre un vol trop haut, s'élever plus haut qu'on ne doit, faire plus de dépense qu'on ne peut. Terme de fauconnerie. Haut vol ou haute volerie, chasse du faucon sur les hérons, les grues, etc.
Qui est à un niveau supérieur, en parlant des cours d'eau ou des régions considérées par rapport au niveau de la mer. La haute Allemagne. La haute Égypte.
Il part tous les ans de la ville de Maroc, capitale de l'État, une caravane, qui va chercher de l'or dans la haute Guinée [RAYNAL, Hist. phil. XI, 8]
Le haut-allemand, dialecte allemand parlé originairement dans le sud de l'Allemagne et devenu la langue littéraire de ce pays. Haut-allemand, se dit quelquefois comme allemand pour chose inintelligible.
Mes heurés Qui, depuis cinquante ans dites journellement, Ne sont encor pour moi que du haut-allemand [MOL., le Dép. II, 7]
Les hautes Pyrénées, les hautes Alpes, partie centrale de la chaîne, celle qui est la plus éloignée de la mer. Quand ces expressions deviennent un nom de département, on met une majuscule à haut et un trait d'union. Les Hautes-Pyrénées, les Hautes-Alpes. Le haut Rhin, la haute Garonne, la haute Loire, la haute Marne, etc. la partie de ces cours d'eau qui est du côté de la source. Quand ces expressions deviennent un nom de département, on met une majuscule à haut et un trait d'union. La Haute-Marne. Le préfet du Haut-Rhin, etc. La haute Seine, toute la partie de la Seine qui est au-dessus de Paris jusqu'à la source, par opposition à basse Seine, qui désigne le cours de la Seine depuis Paris jusqu'à la mer.
Qui est relevé, dressé. Marcher la tête haute. Courir sur son adversaire l'épée haute. Ce cheval porte la tête haute.
Ils s'avancent au son des trompettes altières, Ils portent l'arme haute, ils baissent les bannières, Et passent sous les yeux de leur fier souverain [MASSON, Helvét. VIII]
Et de ses escadrons la formidable masse S'ébranle l'arme haute et vole sur sa trace [ID., ib.]
Fig. Il peut aller partout la tête haute, le front haut, se montrer partout sans rien craindre. Haut à la main, qui lève la main, qui frappe pour se faire obéir ; et fig. Être haut à la main, être arrogant, hautain.
....Que leur autorité démesurée les avait rendus si hauts à la main et si présomptueux, qu'il n'y avait loi ni magistrat qu'ils n'eussent la hardiesse de fouler aux pieds [MALH., le XXXIIIe liv. de Tite Live, ch. 46]
Terme de manége. Tenir la bride haute, la tenir courte. Fig. Tenir la bride haute à un jeune homme, lui laisser peu de liberté. On dit dans le même sens : Tenir la main haute à quelqu'un, ne lui rien passer.
Je tiens qu'il faut un peu lui tenir la main haute, Afin que son esprit reconnaisse sa faute [TRISTAN, M. de Chrispe, IV, 1]
La grammaire qui sait régenter jusqu'aux rois, Et les fait, la main haute, obéir à ses lois [MOL., Fem. sav. II, 6]
Tenir la main haute dans une affaire, se rendre difficile sur les conditions. Avoir la haute main dans une affaire, dans une société, y dominer. Le sens est différent suivant que haute est devant ou après main. Terme de blason. Épée haute, épée droite. Terme de botanique. Radicule haute, radicule tournée vers le sommet du fruit. Terme de chasse. Hautes erres, voies du relevé du cerf. Un cerf va de hautes erres quand il y a plusieurs heures qu'il est passé.
Profond. L'eau est fort haute en tel endroit. Dont l'eau est plus élevée, qui a plus d'eau qu'à l'ordinaire. Les eaux sont hautes. La rivière est haute. La marée, la mer est haute, se dit de la marée quand elle est à son plus haut point. Hautes marées, se dit de marées plus fortes que les autres. Nous sommes à l'époque des hautes marées. La haute mer, la pleine mer, la mer loin du rivage. La mer est haute, signifie aussi la mer est agitée, c'est-à-dire que les vagues y ont beaucoup de hauteur.
Alors, la tempête était haute, Nous combattîmes côte à côte, Tous deux, moi barque, toi vaisseau [V. HUGO, Feuilles d'aut. 9]
Terme de musique. Élevé, aigu. Ton haut. Sons hauts. Haut, se dit des instruments dans le même sens. Cette flûte est trop haute, elle est plus haute que l'instrument qui donne le la ou que le diapason ; on l'accorde en allongeant ou raccourcissant le corps de pompe. On dit de même : La chanterelle de votre violon est trop haute, trop haute d'un quart de ton. Fig. et familièrement. Prendre le haut ton, le prendre d'un ton haut, sur un ton haut, sur le haut ton, prendre un ton fier, menaçant, arrogant.
Quoi ! fallait-il fulminer et le prendre d'un ton si haut pour abattre si peu de chose ? [BOSSUET, la Vallière.]
etentissant, qui s'entend au loin, en parlant de la voix. Avoir la voix haute, la parole trop haute. De hauts cris. Réciter à haute voix.
Une montagne en mal d'enfant Jetait une clameur si haute.... [LA FONT., Fabl. V, 10]
L'armée à haute voix se déclare contre elle [RAC., Iphig. V, 6]
Fig. et familièrement. Jeter, pousser les hauts cris, se récrier, se plaindre hautement. Cette mesure fit jeter les hauts cris. On dit aussi : Crier les hauts cris.
Je le trouvai criant les hauts cris [SÉV., 32]
Familièrement. Nous n'avons jamais eu ensemble une parole plus haute que l'autre, nous n'avons jamais eu de querelle ensemble.
Nous n'avons jamais eu une parole plus haute que l'autre au sujet de Mahomet [VOLT., Bababec.]
Avoir la parole haute, parler fièrement.
Si nous avions l'esprit de nous faire valoir, Les femmes n'auraient point la parole si haute [MOL., le Dép. IV, 2]
Mon maître a très souvent la parole si haute, Il est si suffisant.... [DESTOUCH., Glor. IV, 4]
On dit dans le même sens : être haut en parole ; Avoir le verbe haut. Faire haute profession de, avoir publiquement la prétention de.
Ils ont trouvé le moyen de surprendre des esprits qui, dans toute autre matière, font une haute profession de ne se point laisser surprendre [MOL., Tart. 2e placet au roi.]
Messe haute, par opposition à messe basse. On dit plutôt : messe chantée ou grande messe.
Terme de peinture et de teinture. Couleurs hautes, celles qui ont de l'éclat, de la vivacité, comme le rouge, le vermillon, le bleu, etc. Dans le langage général. Être haut en couleur, avoir le teint très coloré.
Sa fille Cunégonde, âgée de dix-sept ans, était haute en couleur, fraîche, grasse [VOLT., Cand. I]
10° Éloigné dans le temps. Une haute antiquité, une antiquité fort reculée. Le haut moyen âge, la partie du moyen âge la plus rapprochée de l'invasion des barbares. Le haut empire, voy. EMPIRE 3. Carême haut, carême tardif, qui ne commence qu'au mois de mars.
Vous ne ferez autre chose tous ces jours gras, et vous avez beau vous dépêcher de vous divertir, vous n'en trouverez pas sitôt la fin ; nous avons le carême bien haut [SÉV., 407]
Fig. Mettre le carême bien haut, exiger des choses difficiles. Mettre le carême bien haut, signifie aussi promettre des choses qui n'arriveront pas de longtemps. Il nous donne le carême bien haut, il prend un long terme, il veut nous faire bien attendre.
11° Haut, se dit des personnes qui occupent les premiers rangs de la société. Très haut et très puissant prince, Très haute et très puissante princesse, titres donnés dans les actes et dans les monuments publics aux princes et aux princesses. Haut et puissant seigneur, Haute et puissante dame ; Très haut et très puissant seigneur, Très haute et très puissante dame, titres donnés aux grands seigneurs, aux personnes d'une qualité relevée.
J'étais donc encore destiné à rendre ce devoir funèbre à très haute et très puissante princesse Henriette-Anne d'Angleterre, princesse d'Orléans [BOSSUET, Duch. d'Orl.]
L'éloge que je fais aujourd'hui de très haut et très puissant seigneur messire le Tellier.... [ID., le Tellier.]
Il se dit en parlant des bontés, de la bienveillance, de la protection qui émanent des princes, des souverains. Une haute protection.
L'hommage particulier que je mets à ses pieds [de Sa Majesté] pour les hautes bontés dont elle m'honore [BUFF., Min. t. VI, p. 168]
Le Dieu très haut, ou, substantivement, le Très Haut (avec deux majuscules), Dieu.
Melchisédech, roi de Salem, offrant du pain et du vin, parce qu'il était prêtre du Dieu très haut [SACI, Bible, Genèse, XIV, 18]
Comment est-il possible que Dieu connaisse ce qui se passe, et le Très Haut a-t-il véritablement la connaissance de toutes choses ? [ID., ib. Ps. LXXII, 11]
Le Très Haut vous a vus d'un regard d'indulgence [C. DELAV., Paria, II, 5]
En diplomatie. Les hautes puissances contractantes, se dit des princes souverains entre lesquels un traité se conclut. Absolument. Hautes puissances, titre que prenaient les états généraux des Provinces-Unies. Les hautes classes, les classes de la société qui tiennent le premier rang par leurs fonctions, par leurs richesses, par leur naissance. La haute magistrature. Le haut commerce. La haute bourgeoisie. La haute administration, les ministres et les hommes qui dirigent l'administration. Haute police, voy. POLICE. La chambre haute, la chambre des lords dans le parlement anglais, et la chambre des pairs en France, sous le gouvernement de la restauration et de Louis-Philippe. Haute cour s'est dit, sous la monarchie de Louis-Philippe, de la chambre des pairs érigée en tribunal ; il s'est dit aussi d'un tribunal institué en 1848 pour juger les ministres et les complots contre l'État. Anciennement. Haute justice, la juridiction d'un seigneur dont le juge pouvait connaître de toutes causes, tant civiles que criminelles, excepté des cas royaux. Seigneur haut justicier, seigneur auquel appartenait cette juridiction.
Tout seigneur de fief haut justicier pouvait avoir dans son château plein exercice de la religion réformée [VOLT., Louis XIV, 36]
L'exécuteur de la haute justice, ou le maître des hautes œuvres, le bourreau Haut se dit aussi de la naissance, en parlant de la noblesse. Une personne de haut parage.
À des partis plus hauts ce beau fils doit prétendre [CORN., Cid, I, 6]
Vanter le faux éclat de sa haute naissance [BOILEAU, Sat. V]
Tout annonce à mes yeux votre haute naissance [VOLT., Tancr. III, 4]
Haut lieu, se dit aussi pour haut rang, haute noblesse.
Aimer en trop haut lieu une dame hautaine [RÉGNIER, Ép. II]
En haut lieu, à la cour, chez le souverain. Cela a été dit en haut lieu.
12° Grand, excellent, distingué dans son genre. De hautes fonctions. Parvenir aux plus hautes dignités. Haute fortune. Haute estime. Haute réputation.
Quoique je ne trouve pas dans mon esprit d'assez haute place pour elle [une dame], je la puis assurer que je l'y ai tenue toujours présente dans tout ce qui m'est arrivé [VOIT., Lett. 25]
Don Rodrigue surtout n'a trait en son visage Qui d'un homme de cœur ne soit la haute image [CORN., Cid, I, 1]
Cette haute vertu qui règne dans votre âme.... [ID., ib. II, 5]
Mais parmi tes hauts faits sois-lui toujours fidèle [ID., ib. V, 7]
Je veux une vengeance et plus haute et plus prompte [ID., Méd. IV, 5]
Les bons esprits trouveront que vous avez fait un haut chef-d'œuvre de doctrine et de raisonnement en vos observations [ID., Lett. apolog.]
Et je me rends, seigneur, à ces hautes bontés [ID., Cinna, V, 3]
Rome vous permet cette haute alliance [ID., Nicom. I, 2]
Prenez-en aujourd'hui la marque la plus haute [ID., ib. II, 2]
Seigneur, c'est remporter une haute victoire Que de rendre un amant capable de me croire [ID., ib. V, 2]
Pour voir votre vertu dans son plus haut éclat [ID., ib. V, 10]
Sous un si haut appui [celui de Rome], nos rois humiliés N'ont été que sujets sous le nom d'alliés [ID., Sertor. II, 1]
Et c'est ce que vient rendre à la haute vaillance Dont je ne fais ici que trop d'expérience, L'ardeur de voir.... [ID., ib. III, 2]
Ce généreux exploit, ces nobles sentiments, Méritent de ma part de hauts remercîments [ID., ib. V, 4]
Elle a le cœur trop bas pour un si haut dessein [ROTR., Antig. IV, 4]
Haut crédit [ID., Bélis. V, 2]
Il n'est pas toujours bon d'avoir un haut emploi [LA FONT., Fabl. I, 4]
L'un [Turenne], dès qu'il parut dans les armées, donna une haute idée de sa valeur [BOSSUET, Louis de Bourbon.]
Cette élection divine [de David] avait un objet plus haut que celui qui paraît d'abord [ID., Hist. II, 4]
Dieu a mis quelque chose en nous.... qui peut se soumettre à sa souveraine puissance, s'abandonner à sa haute et incompréhensible sagesse, se confier en sa bonté, craindre sa justice, espérer son éternité [ID., Duch. d'Orl.]
Oui, sans doute, une ardeur si haute et si constante Vous promet dans l'histoire une place éclatante [RAC., Alex. I, 2]
Les feux de ses regards, sa haute majesté Font connaître Alexandre [ID., ib. III, 3]
Souvent avec prudence un outrage enduré Aux honneurs les plus hauts a servi de degré [ID., Esth. III, 1]
Le bonheur de le servir était, selon lui, une assez haute récompense pour ceux qui le servaient [FÉN., Tél. XVI]
Pour les faibles humains quelles hautes leçons ! [VOLT., Sémiram. I, 1]
Dès lors cette entreprise où il s'était si témérairement engagé [l'expédition de Moscou], terminée heureusement et à force d'audace, sera le fruit d'une haute combinaison ; son imprudence sera sa grandeur [SÉGUR, Hist. de Nap. VIII, 4]
Haut appareil, grande magnificence. Terme de chirurgie. Haut appareil, une des manières de faire l'opération de la taille, dans laquelle on ouvre la paroi abdominale au-dessus du pubis ; ainsi dit parce qu'il exige plusieurs instruments. De haut goût, très épicé. Ce mets est de haut goût.
Qu'il [l'enfant] ne mange rien de haut goût qui l'excite à manger au delà de son besoin, et qui le dégoûte des aliments plus convenables à sa santé [FÉN., Éduc. filles, ch. 3]
C'est un cadet de haut appétit, voy. CADET. Terme de chasse. Chien de haut nez, chien dont l'odorat est excellent. Le haut mal, l'épilepsie, ainsi dit à cause de la gravité de cette affection.
Fagon, sujet aux atteintes du haut mal, était un méchant sujet en termes de chirurgie [SAINT-SIMON, 99, 57]
Haute pression, voy. PRESSION. Une haute température, une grande chaleur. Le fer ne fond qu'à une haute température. Familièrement. Emporter quelque chose de haute lutte, voy. LUTTE.
13° Ardu à comprendre, à saisir.
Ils répugnent à notre doctrine, parce qu'elle leur semble trop haute [BOSSUET, 1er sermon, Dim. de la passion, préambule.]
Rendez-vous attentifs ; voici le nœud ; la matière est haute, et, quelque ordre qu'on y apporte, elle échappe si on ne la suit [ID., 6e avert. 3]
Les hautes sciences, la théologie, la philosophie et les mathématiques. La haute géométrie, celle où les démonstrations exigent l'emploi du calcul infinitésimal.
Ce qu'est Newton à la haute géométrie, Montesquieu l'est à la haute politique [BONNET, Ess. analyt. âme, ch. 19]
Dans les colléges et lycées. Les hautes classes, celles où l'on enseigne la rhétorique, la philosophie et les mathématiques spéciales. Le haut enseignement ou enseignement supérieur, l'enseignement des facultés et du Collége de France. Haut style, langage rempli de termes nobles et d'expressions riches et magnifiques. Ouvrage écrit dans le haut style. Ironiquement. Haut style, langage ampoulé, guindé.
Quel diable de jargon entends-je ici ? voici bien du haut style [MOL., Préc. 5]
Haut comique, voy. COMIQUE.
Tout cela est à la fois noble, intéressant et du haut comique [VOLT., Comm. Corn. Suite du Menteur, I, 2]
Haut comique se prend aussi, dans le langage familier, pour dire très ridicule. De telles prétentions, avec si peu de mérite réel, c'était du haut comique.
14° Qui a de l'élévation morale et de la fierté.
Achille à qui la Grèce a donné cette marque D'avoir eu le courage aussi haut que les cieux [MALH., V, 2]
Loin d'en être abattu, son cœur en est plus haut [CORN., Poly. III, 5]
Sur leurs hauts sentiments réglons plutôt les nôtres [ID., Hor. III, 1]
Il a le bras fort, le cœur haut [MOL., Amph. II, 1]
Cet homme [le cardinal de Retz] si fidèle aux particuliers, si redoutable à l'État, d'un caractère si haut qu'on ne pouvait ni l'estimer, ni le craindre, ni l'aimer, ni le haïr à demi [BOSSUET, le Tellier.]
César avait le courage trop haut pour se laisser éblouir par un vil intérêt [VERTOT, Révol. rom. XIII, p. 225]
Ce langage était trop haut, pour être entendu par les politiques ordinaires [ST-FOIX, Ess. Paris, Œuv. t. III, p. 367, dans POUGENS]
Non pas dans le fond que je craigne qu'elle t'aime ; elle me paraît avoir le cœur trop haut pour cela [MARIVAUX, Jeux de l'am. et du has. III, 2]
Le mensonge n'a point de si hauts sentiments [VOLT., Œdipe, II, 5]
Qui annonce de l'élévation morale.
Puis c'était une repartie haute et convenable qu'elle avait faite la veille à cette madame une telle, qui s'oubliait de temps en temps à cause qu'elle était riche [MARIVAUX, Marianne, 7e part.]
Un mot : que dites-vous de notre nouvel hôte ? - Eh ! mais.... - Il a vraiment la mine fière et haute [COLLIN D'HARLEVILLE, Malice pour malice, II, 16]
Il a le cœur haut et la fortune basse, se dit d'un homme pauvre mais fier. Orgueilleux, impérieux, qui a de la hauteur. C'est une femme haute.
Libre dans mes discours, peut-être un peu trop haut [CHAUL., à Lafare.]
M. de Noailles et M. de Barbézieux étaient fort mal ensemble : tous deux bien avec le roi, tous deux hauts, tous deux gâtés [SAINT-SIMON, 25, 35]
Vous avez l'humeur haute, et c'est cette humeur-là dont il serait à propos que monsieur s'alarmât pour vous [MARIVAUX, Pays. parv. 2e part.]
15° En mauvaise part, excessif en son genre. Il a fait une haute sottise. Haute effronterie.
Ce combat pour votre âme est un nouveau supplice, S'il vous laisse obligée à demander justice, à témoigner toujours ce haut ressentiment [CORN., Cid, V, 4]
Par lui j'ai jeté Rome en haute jalousie [ID., Nicom. I, 5]
Haute trahison, se dit des crimes qui intéressent la sûreté de l'État.
16° En parlant des cartes. Les hautes cartes, celles qui ont le plus de valeur, surtout les as et les figures.
17° Haut prix, valeur très élevée. Les denrées sont à très haut prix. Fig. Il met ses services à très haut prix. Terme de commerce. Les cafés, les blés, les vins etc. sont hauts, ils sont à haut prix. L'argent est haut, c'est-à-dire on n'en trouve à emprunter qu'à un gros intérêt. Haute paye, voy. PAYE.
18° S. m. Haut, élévation, hauteur. Cette maison a quinze mètres de haut. Tomber du haut du toit. Tomber de son haut, tomber de toute sa hauteur.
Si l'enfant tombe de son haut, il ne se cassera pas la jambe [J. J. ROUSS., Ém. II]
Fig. et familièrement. Tomber de son haut, être extrêmement surpris d'une chose.
Et ce qui m'a vingt fois fait tomber de mon haut, C'est de vous voir au ciel élever des sornettes Que vous désavoueriez si vous les aviez faites [MOL., Femmes sav. IV, 2]
Mme Denis jouait Zaïre ! Mme Denis comparée à Clairon ! je tombai de mon haut [MARMONTEL, Mém. VII]
On dit dans le même sens : Il a failli, il a pensé tomber de son haut.
Je faillis tomber de mon haut à un compliment de cette nature [RETZ, III, 76]
Il pensa tomber de son haut de voir.... [HAMILT., Gramm. 11]
Du haut en bas, de l'extrémité supérieure à l'extrémité inférieure.
Madame, et quelques-uns vous diront, au besoin, Quels dieux du haut en bas renversent les profanes [CORN., Nicom. III, 2]
Il [Razias] courut avec une fermeté extraordinaire à la muraille, et il se précipita lui-même courageusement du haut en bas [SACI, Bible, Machab. II, XIV, 43]
Et je vous verrais nu du haut jusques en bas, Que toute votre peau ne me tenterait pas [MOL., Tart. III, 2]
On dit aussi de haut en bas.
[Galères pourvues] De neufs avirons et de mâts, Bref, refaites de haut en bas [SCARRON, Virg. V]
Le voile fut déchiré de haut en bas [BOSSUET, Hist II, 6]
Fig. et familièrement. Regarder quelqu'un de haut en bas, le regarder avec un air de mépris. On dit dans le même sens : Regarder quelqu'un du haut de sa grandeur. Fig. Traiter quelqu'un du haut en bas, de haut en bas (locution dérivée de la locution : regarder de haut en bas), le traiter avec mépris, arrogance.
Ces dragons de vertu, ces honnêtes diablesses.... Qui, pour un petit tort qu'elles ne nous font pas, Prennent droit de traiter les gens du haut en bas [MOL., Éc. des femmes, IV, 8]
S'il est permis de traiter du haut en bas les incrédules [VOLT., Colim. 3]
Fig. Voir les choses de haut, embrasser les choses dans toute leur étendue, saisir les rapports et leurs conséquences.
Yorck [général prussien] voyait de plus haut [que le reste des Prussiens] ; il était de cette société des Amis de la Vertu, dont le principe était la haine des Français, et le but, leur entière expulsion de l'Allemagne [SÉGUR, Hist. de Nap. XII, 6]
Voir les choses de haut, signifie aussi n'en avoir que des idées générales. Le prince ne peut entrer dans ces détails, il voit les choses de haut. Terme de charbonnier. Grand haut, le troisième lit d'un fourneau. Petit haut, le quatrième et quelquefois le dernier lit. Au plur.Terme de marine. Les hauts du navire, ce qui, du navire, est au-dessus de la flottaison.
19° Montagne, éminence.
Sur un haut vers cet endroit Était leur infanterie [MOL., Amph. I, 1]
Le roi fit monter l'électeur de Bavière seul avec lui dans son chariot, ils se promenèrent fort dans les hauts de Marly [SAINT-SIMON, 303, 200]
Paul-Louis sur les hauts de Veretz fait des choses admirables [P. L. COUR., Gazette du village, n° 4]
Gagner au haut, gagner le haut, s'enfuir, se mettre en sûreté.
Le galant aussitôt Tire ses grègues, gagne au haut [LA FONT., Fabl. II, 15]
20° Le faîte, le sommet, la partie supérieure. Le haut d'une tour, d'une montagne. Le haut du corps. Le haut d'un tableau.
C'est quitter, c'est trahir les droits du diadème Que sur le haut d'un trône être esclave moi-même [CORN., Perth. I, 4]
Votre protecteur est celui qui monte au plus haut des cieux [SACI, Bible, Deutér. XXXIII, 26]
Pendant qu'il [Charles Gustave de Suède] rassemble de nouvelles forces et médite de nouveaux carnages, Dieu tonne du plus haut des cieux ; le redouté capitaine tombe au plus beau temps de sa vie, et la Pologne est délivrée [BOSSUET, Anne de Gonz.]
Il entend les soupirs de l'humble qu'on outrage, Juge tous les mortels avec d'égales lois, Et du haut de son trône interroge les rois [RAC., Esther, III, 4]
Prends soin, du haut des cieux, d'une tête si chère [VOLT., Zaïre, V, 3]
Tel qu'un roc suspendu menace, au haut d'un mont, La terre de sa chute et le ciel de son front [MASSON, Helvét. III]
Fig.
...vous mettre en pleine liberté De monter au plus haut de la félicité [CORN., Perth. IV, 5]
Ils allaient au plus haut de la perfection [ID., Imit. I, 11]
Fig. Du haut de son esprit, c'est-à-dire en s'attribuant un esprit supérieur.
Et les deux bras croisés, du haut de son esprit, Il regarde en pitié tout ce que chacun dit [MOL., Mis. II, 5]
Arsène, du plus haut de son esprit, contemple les hommes [LA BRUY., I]
Crier du haut de sa tête, crier aussi fort que l'on peut.
Et cette autre personne honnête Crierait tout du haut de sa tête [LA FONT., Fabl. VIII, 12]
Terme d'imprimerie. Haut de casse, voy. CASSE. Le haut du pavé, la partie la plus haute du pavé. Fig. Tenir le haut du pavé, être au premier rang.
21° Le haut du jour, le temps où le soleil est le plus haut, midi.
....Vous ne saurez pas qu'avec magnificence Le roi vient honorer Tempé de sa présence, Qu'il entra dans Larisse hier sur le haut du jour, Qu'à l'aise je le vis avec toute sa cour [MOL., Mélic. I, 3]
22° Le haut, la partie supérieure de la ville à Genève où habitent les gens riches.
Il était, lui, un garçon du haut [J. J. ROUSS., Conf. I]
23° Fig Le haut et le bas, ce qu'il y a d'élevé et ce qu'il y a d'infime.
Le christianisme a fait voir le haut et le bas de notre cœur [CHATEAUB., Génie, II, III, 1]
Par analogie. Le jeu a ses hauts et ses bas.
Il faut du haut et du bas dans la vie [MOL., Fourb. Scap III, 1]
N'admirez-vous pas comme cette vie est mêlée de haut et de bas, de blanc et de noir ? [VOLT., Lett. Damilaville, 17 fév. 1767]
Il y a du haut et du bas, des hauts et des bas dans l'humeur, dans l'esprit, dans la conduite, dans les ouvrages de cet homme, c'est-à-dire on y remarque de grandes inégalités. On dit dans le même sens : Avoir du haut et du bas, des hauts et des bas dans l'humeur, dans sa vie, dans sa fortune.
24° Terme de musique. Le haut, les notes élevées. La voix de ce chanteur est belle dans le haut.
25° Adv. Haut, dans la partie la plus haute. Monter haut. Être haut perché. Il demeure deux étages plus haut.
À tous coups ils [ceux qui me bernaient] me perdaient de vue, et m'envoyaient plus haut que les aigles ne peuvent monter [VOIT., Lett. IX]
Il a été pendu haut et court, se disait d'un homme jugé et exécuté en peu de temps par une justice expéditive.
...Sous peine D'être pendu, d'être mis haut et court En un gibet... [LA FONT., Belph.]
Cheval monté haut ou haut monté, cheval dont le tronc est supporté par des membres longs et grêles. Cheval haut chaussé, cheval chez qui la balzane s'étend jusqu'au genou ou au jarret, ou au-dessus de ces régions. Terme de manége. Haut, haut, haut ! Expression dont le maître se sert lorsque l'élève fait des courbettes, pour l'avertir que son cheval ne lève pas assez le devant. Terme de fauconnerie. Voler haut et gros, voler de bon gré et avec adresse. Haut en bas ! cri des ramoneurs, qui rappelle leur métier de ramoner les cheminées du haut en bas. Ancien terme d'artillerie. Haut le bras ! mettez le feu au canon. Haut le bois ! ancien commandement militaire pour faire lever les piques. En termes d'arithmétique, haut et bas se dit des deux termes d'une fraction. Divisant par 2 haut et bas, c'est-à-dire divisant par 2 le numérateur et le dénominateur. Terme de marine. Haut et bas, sert à exprimer qu'on travaille partout à la fois. Haut la barre ! commandement qu'on faisait autrefois au timonier quand on voulait qu'il tînt la barre du gouvernail dans le plan de la quille du navire ; locution qui provient d'une ancienne disposition de la barre dans les vaisseaux.
26° Terme de manége. Mener un cheval haut la main, tenir haut les rênes. Fig. et familièrement. Haut la main, avec autorité, sans difficulté. Il mène ses gens haut la main.
Vous l'auriez guéri haut la main [MOL., Pourc. II, 1]
Vous gagneriez votre procès haut la main [VOLT., Dial. II]
Porter haut la tête, se dit du cheval qui porte bien sa tête. Porter haut la tête, être fier. Fig. et familièrement. Cet homme le porte haut, il se prétend de grande qualité, et aussi il se prévaut de l'avantage qu'il doit à sa naissance, à son rang, etc.
Cela fut cause qu'il commença de se relever plus que de coutume, de le porter plus haut qu'il ne soulait, abusé des vaines espérances qu'il se donnait [D'URFÉ, Astrée, II, 6]
Détrompez-vous, de grâce, et portez-le moins haut ; Ce ne sont pas des gens comme moi qu'il vous faut [MOL., Mis. V, 6]
Mais il fait le marquis et le porte fort haut [POISSON, l'Après-soupé des auberges, dans LE ROUX, Dict. comique.]
Le porter trop haut, prendre un ton de supériorité, avoir des prétentions trop hautes.
Je l'avoue entre nous, mon sang un peu trop chaud S'est trop ému d'un mot, et l'a porté trop haut [CORN., Cid, II, 1]
27° Haut le pied, en levant le pied.
Haut le pied, belle Alison, Pour gambader, rire et boire [DANCOURT, Foire de Besons, divert.]
Par extension, haut le pied, sans être chargé. Renvoyer des chevaux haut le pied, les renvoyer sans être attelés ni montés. Terme de chemin de fer et de messagerie. Train haut le pied, train vide de voyageurs.
L'indemnité de 1, 875,000 francs allouée à la compagnie des services maritimes des messageries impériales pour frais de transport, en haut le pied, des navires affectés au service postal de l'Indo-Chine, [, Rapport du baron de Veauce au Corps législatif, séance du 17 avril 1863]
Elliptiquement. Haut le pied ! marchez, décampez. Faire haut le pied, disparaître tout d'un coup, s'enfuir. Ce banqueroutier a fait haut le pied.
Mme Patin : Qu'est devenu le chevalier ? - Lisette : Il a fait haut le pied, dès que vous avez eu le dos tourné [DANCOURT, Chev. à la mode, III, 2]
S. m. Un haut-le-pied, en termes familiers, homme qui ne tient à rien, qui lève facilement le pied, qui n'a point d'établissement. Ne lui prêtez point d'argent ; c'est un haut-le-pied. Ancien nom de certains officiers ambulants des vivres et des équipages militaires, qui n'avaient que la commission d'observer, sans être attachés à un emploi fixe. Capitaine, ou commis haut-le-pied.
Un duc et pair de ma naissance n'allait point servir comme un haut-le-pied dans les armées [SAINT-SIMON, 102, 89]
Au plur. Des haut-le-pied. Il a fait haut-le-corps, se disait d'un banqueroutier qui s'enfuyait. Substantivement. Un haut-le-corps, voy. HAUT-LE-CORPS, à son rang.
28° Adv. Fig. Haut, à un rang élevé, à un point élevé. Des personnes haut placées.
Je te donne Émilie.... qu'ont mise si haut mon amour et mes soins Qu'en te couronnant roi je t'aurais donné moins [CORN., Cinna, V, 1]
Ta fortune est bien haut, tu peux ce que tu veux [ID., ib.]
Mon nom dans nos succès s'était mis assez haut Pour faire quelque bruit, sans beaucoup d'injustice [ID., le Ment. I, 3]
Élevez peu de gens si haut qu'ils puissent nuire [ROTR., Vencesl. I, 1]
Ceux qui mettent la vertu trop haut, à qui toutes les faiblesses paraissent des crimes horribles ou qui, des conseils de perfection, font la loi commune de tous les fidèles [BOSSUET, Cornet.]
Que s'il [le pape saint Grégoire] a parlé en ces termes du temps du roi Childebert, et s'il a élevé si haut la race de Mérovée [ID., Reine d'Anglet.]
Ce poëte orgueilleux [Ronsard] trébuché de si haut [BOILEAU, Art p. I]
Nul n'éleva si haut la grandeur ottomane [RAC., Baj. II, 1]
On met bien haut les obligations de l'Évangile [MASS., Panég. J. Bapt.]
Prétendre trop haut, avoir des prétentions trop élevées.
Et s'il prétend trop haut, je dois désespérer [CORN., Suiv. I, 2]
29° Dans les temps passés.
Quelque haut qu'on puisse remonter, pour rechercher dans les histoires.... [BOSSUET, Reine d'Anglet.]
Reprendre une chose de plus haut, la raconter en la reprenant d'un temps plus éloigné.
Cet engagement, qui devait lui tenir lieu de la vente exclusive du tabac, est un point si important dans son histoire, qu'on ne le trouverait pas assez éclairci, si nous ne reprenions les choses de plus haut [RAYNAL, Hist. phil. IV, 26]
On dit quelquefois dans le même sens : remonter plus haut. Reprendre les choses de plus haut, remonter à des vérités antérieures, à des principes généraux. Plus haut, ci-dessus, dans ce qui précède. Ainsi qu'il a été dit plus haut.
30° Terme de musique. Dans un ton haut. Sa voix ne peut pas monter plus haut. Vous l'avez pris trop haut en commençant. Fig. Le prendre haut, très haut, montrer de l'arrogance, de la présomption.
Mais, mon petit monsieur, prenez-le un peu moins haut [MOL., Mis. I, 3]
Elle le prit si haut qu'il parut confus [HAMILT., Gramm. 8]
Vous le prenez bien haut, monsieur ! sachez que, quand je dispute avec un fat, je ne lui cède jamais [BEAUMARCHAIS, Barb. de Sév. III, 5]
Le prendre haut, signifie aussi rechercher quelque chose de trop difficile.
Lorsque nous vous proposons d'imiter l'exemple de ceux qui, après avoir mené une vie semblable à la vôtre, en ont connu le danger, se sont retirés des plaisirs et des dissipations du monde, et leur ont fait succéder la prière, la retraite, la mortification, la pratique des œuvres saintes, vous répondez qu'il est dangereux de le prendre si haut [MASS., Carême, Riche.]
Il ne faut pas le prendre si haut [ID., Carême, Tiéd.]
31° À haute voix. Parlez haut. Vous ne parlez pas assez haut. Crier très haut.
Elle en parle tout haut, elle s'en vante à nous [CORN., Théod. II, 2]
Je le dis donc tout haut afin que l'on m'entende [ID., Sertor. II, 2]
Chantez ce que vous voudrez, répondit à demi haut le même personnage [SCARR., Rom. com. I, 15]
Nous avons ri aux larmes de cette fille qui chanta tout haut dans l'église cette chanson gaillarde dont elle se confessait ; rien au monde n'est plus nouveau ni plus plaisant [SÉV., Lett. 12 janv. 1676]
Mayenne, qui de loin voit leur folle entreprise, La méprise en secret et tout haut l'autorise [VOLT., Henr. IV]
Elliptiquement. Plus haut ! c'est-à-dire parlez plus haut. Par extension. Avec un bruit comparé à la parole haute.
Il mange haut et avec grand bruit, il roule les yeux en mangeant, la table est pour lui un râtelier [LA BRUY., XI]
Fig. Parler haut, parler ouvertement, sans réticence ni ambages.
Vous qui parliez tantôt, et si haut, contre lui [CORN., Tois. d'or, II, 2]
Je l'ai dit, et trop haut, pour m'en pouvoir dédire [ID., Othon, IV, 5]
Des gens qui disent tout haut qu'ils ne la croient pas [BOSSUET, Lett. 137]
La honte d'être si peu conséquent à moi-même, de démentir sitôt et si haut mes propres maximes, l'emporta sur la volupté [J. J. ROUSS., Confess. VI]
Parler haut, s'exprimer d'un ton décidé et même arrogant.
Ne parlez pas si haut ; s'il est roi, je suis reine [CORN., Nicom. I, 2]
Comment vous nommez-vous, monsieur, qui parlez si haut ? [VOLT., l'Ingénu, ch. 9]
Parler haut, parler librement contre les abus des gouvernements ou des institutions.
Il est très vrai qu'on commence à parler bien haut en Italie, et surtout à Venise [VOLT., Lett. la Tourette, 6 janv. 1770]
Penser tout haut, faire connaître avec franchise ses pensées, ce qu'on a dans l'esprit.
Une société peu nombreuse, et qui s'aime, Où vous pensez tout haut, où vous êtes vous-même [GRESSET, Méchant, IV, 4]
Fig. et familièrement. Il faut chanter plus haut, se dit à une personne qui mésoffre d'un objet qu'elle marchande. Fig. Haut et clair, franchement, sans ambiguïté, sans chercher des adoucissements. Fig. et familièrement. On ne lui a pas dit plus haut que son nom, voy. NOM.
32° Terme de jeux. Couper haut, couper avec un fort atout.
33° Monter haut, s'élever à une somme considérable.
Le beau pays, et la jolie petite terre ! elle n'est pourtant plus affermée que vingt mille écus depuis la misère du temps ; elle allait autrefois plus haut [SÉV., 349]
J'en mettrai haut le prix ; c'est à lui d'y penser [TH. CORN., Ariane, IV, 3]
La dépense monte haut, elle est considérable. Il ne croyait pas que le compte montât si haut.
34° En haut, loc. adv. Dans le lieu qui est le plus haut. Allez, montez en haut. Du côté supérieur, du côté le plus élevé.
Je sens que je puis vouloir, ou tenir ma main immobile, ou lui donner du mouvement ; et cela en haut ou en bas, à droite ou à gauche, avec une égale facilité [BOSSUET, Connaiss. III, 15]
Quoi ! jamais vous n'écouterez l'Église, qui vous dit et crie de toute sa force, à chaque sacrifice qu'elle offre : sursum corda, le cœur en haut ! [ID., Concupisc. 31]
Tirer en haut, pousser en haut, tirer, pousser vers le haut. Regarder en haut, regarder en l'air.
De sorte qu'ils [des gens qui me bernaient] demeurèrent longtemps en bas tendant la couverture, et regardant en haut sans se pouvoir imaginer ce que j'étais devenu [VOIT., Lett. 9]
Terme de marine. Il est en haut, il est en vigie sur les barres de perroquet, etc. L'ancre est en haut, elle est en bossoir. L'équipage est en haut, il est sur le pont.
35° D'en haut, d'un lieu supérieur. La lumière vient d'en haut dans l'atelier. Du ciel même, par la vertu céleste.
Mes prières n'ont pas le mérite qu'il faut Pour avoir attiré cette grâce d'en haut [MOL., Tart. III, 3]
Il a connu la sagesse que le monde ne connaît pas, cette sagesse qui vient d'en haut, qui descend du père des lumières, et qui fait marcher les hommes dans les sentiers de la justice [BOSSUET, le Tellier.]
Ceux qui combattaient auprès de lui nous ont dit souvent que, si l'on avait à traiter quelque grande affaire avec ce prince, on eût pu choisir de ces moments où tout était en feu autour de lui ; tant son esprit s'élevait alors, tant son âme leur paraissait éclairée comme d'en haut dans ces terribles rencontres [ID., Louis de Bourbon.]
Jusqu'à ce que vous soyez revêtus de la force d'en haut [ID., Hist. II, 7]
De siècle en siècle paraissaient des hommes justes suscités d'en haut [MASS., Mystères, Passion.]
Un auteur inspiré d'en haut [ID., Or. fun. Villeroy.]
L'on était regardé comme le ministre d'en haut, et l'interprète de la volonté du ciel [DIDER., Opin. des anc. philos. (Égyptiens).]
Peut-être que ton cœur, ému de saints transports, S'apaisera soi-même à tes propres accords, Et qu'un éclair d'en haut perçant ta nuit profonde, Tu verseras sur nous la clarté qui t'inonde [LAMART., Méd. I, 2]
D'en haut, se dit aussi pour signifier la cour, le conseil, et autres autorités supérieures. Un ordre d'en haut.
36° En haut de, loc. prép. Dans la partie supérieure. Il est tout en haut de la maison. Écrivez ceci en haut de la page.
37° Là-haut, dans le lieu qui est là au-dessus. Ils sont là-haut.
Peut-on vivre, direz-vous, de cette sorte ? peut-on renoncer à ce qui plaît ? on vous dira de là-haut [la grille où était Mme de la Vallière devenue religieuse] qu'on peut quelque chose de plus difficile, puisqu'on peut embrasser tout ce qui choque [BOSSUET, la Vallière.]
Je vous quitte un moment, et je monte là-haut [REGNARD, Distrait, III, 14]
Arrangez tout, je vais faire ma cour là-haut [GRESSET, Méchant, III, 9]
Dans le ciel, par opposition à ici-bas. Là-haut réside un juge incorruptible.
38° Ici-haut, dit plaisamment, par imitation d'ici-bas, dans les dialogues des morts, des lieux habités par les vivants.
Les morts.... raisonnent mieux que nous des choses d'ici-haut [FONTEN., à Lucien.]
39° Par en haut, loc. adv. Par le haut. Passez par en haut.
40° Par haut, en termes de manége. Ce cheval va par haut, il fait un manége élevé.
41° Aller par haut et par bas, vomir et aller à la selle.

REMARQUE

  • Il ne faut pas confondre haut à la main et haut la main : haut à la main est un adjectif qui signifie impérieux ; haut la main est une locution adverbiale qui signifie d'emblée, sans résistance.

SYNONYME

  • HAUT, HAUTAIN, ALTIER. Ces trois mots ont le même radical, le latin altus, haut, et ne diffèrent que par le suffixe. Haut n'a point de suffixe et exprime l'idée simple de l'élévation morale ; ce n'est que par abus que ce mot arrive à y mêler quelque idée de blâme. Il n'en est pas de même de hautain et d'altier, qui sont toujours un excès, au moins dans le langage moderne. Hautain désigne un excès de hauteur d'âme qui se manifeste par les manières, par le langage ; et c'est par là surtout qu'est blessant l'homme hautain. Au contraire, altier désigne un excès de hauteur d'âme qui se manifeste surtout dans les sentiments, les passions, les volontés.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    À saint Michel [il] tiendra mult halte feste [, Ch. de Rol. IV]
    Bon sont li comte, et lor paroles haltes [, ib. LXXXV]
    Soixante mille [trompettes] en i cornent si halt [, ib. CLIV]
    Puis si s'escrie [Charlemagne] à sa vois grant et halte [, ib. CCXII]
    Halz est li jurs, mult par est granz la feste [, ib. CCLXXIII]
  • XIIe s.
    Haut sont li pui [montagnes], et li val tenebror [, Ronc. p. 37]
    Li douze per qui sont de haut parage [, ib. p. 65]
    Et le cors en alt pendre [, ib. p. 200]
    Sire clerz, tout en haut [à haute voix] nous dites la leçon [, Sax. XX]
    Mielz vient de basse gent estre bon e munter, Que de halte gent estre e en enfer aler [, Th. le mart. 88]
    Devant le halt altel fu li cors sainz portez, E de moines et d'altres fu tute nuit guardez [, ib. 153]
    Tant esturent ensemble li reis e saint Thomas, Parlerent d'un e d'el [autre], ore halt, ore bas..... [, ib. 114]
    Et la reine de si haut Comme ele estoit as piez lui chiet [, la Charrette, 148]
    De si haut, com il pot crier, Me comanca à desfier [CRESTIEN DE TROIES, Chev. au lyon, V. 487]
    Et la dame fu en la tor De son castel montée halt [ID., dans Hist. litt. de la Fr. t. XV, p. 241]
    Devant l'arche à l'alt Deu.... et sur els tuz plus halt parut de l'espalde en amunt [, Anc. trad. des livres des rois, f° 6 et 12, dans RAYNOUARD, Gloss.]
    E la malvese gent e les fil de Belial ourent la plus halte main envers Roboam [, Rois, p. 137]
    Et j'ai plus haute pensée Que tuit li autre ameor [amants] [, Couci, I]
    Que li faus enfes [enfant] qui crie Pour la bele estoile avoir Qu'il voit haut et clair seoir [, ib. III]
    Mais fol desir fait souvent cuer penser En si haut lieu qu'il n'i puet avenir [, ib. X]
  • XIIIe s.
    Bele Amelot seule en chambre filoit, En halt chantoit, et son ami [elle] nommoit [, Romancero, p. 72]
    Nostre sires est jà vengiés Des haus barons qui or lui sont failli [QUESNES, Romanc. p. 98]
    Se j'avoie mon jouvent [jeunesse] tout usé, Si sui-je riche et de moult haut parage, Qu'on m'aimeroit à petit de biauté [, ib. p. 109]
    À vous me renc, s'en est li drois, Si haus com prendre le volrois [vous le voudrez] [, Partonop. V. 3611]
    N'i a celui qui tant haut ceigne espée, Qui ne soit ars [brûlé] et la poudre ventée [, Agolant, V. 800]
    Moult estoit haus homs et redoutés et pleins de grant pooir [VILLEH., XXX.]
    Que Aleman estoient chevalier de haut prix [, Berte, V]
    Tant qu'en un bois [ils] s'en vindrent haut et grant et plenier [, ib. XI]
    Cil dame Diex, fait-elle, qui haut siet et loin voit [, ib. XXVIII]
    Quant li très hauz departoit les gens.... [, Psautier, f° 186]
    Cum venimes en halte mer [GAIMAR, Haveloc, V. 582]
    Il est ordené que nus ne pourra ouvrer à jour de dyemanche, ne à jour de feste que commun de la ville doie foirier, se ce n'est contre les hautes festes, comme Pasques, Penthecoste.... [, Liv. des mét. 414]
    Lais d'amors et sonnés cortois Chantoit chascun en son patois, Li uns en haut, li autre en bas [, la Rose, 709]
    Si ot [Raison] ou chief une coronne, Bien resembloit haute personne [, ib. 2992]
    Le [la] seconde maniere, si est quant on se met du haut et du bas el dit en l'ordenance de cix [ceux] qui sunt esleu arbitre [BEAUMANOIR, XLI, 34]
    De ce tertre cheoit le flum, et leur sembloit que il y eust grant foison d'arbres en la montaigne en haut [JOINV., 220]
  • XIVe s.
    Quant le faulcon qui vole est enmy son hault [, Modus, f° LXXXV, verso]
    Se misrent hault et bas [entièrement] à sa merci [, Chron. de St Denis, t. I, f° 162, dans LACURNE]
    Comme il fust si grant philosophe et si merveilleux maistre en toute escripture, si estoit il de haute vie et aournée de bonnes mœurs et de haultes vertus [, ib. f° 126]
    Taillables haut et bas à volonté [gens à qui leurs seigneurs pouvaient imposer telle taille qu'ils voulaient] [, Ordonn. des rois, t. III, p. 54]
  • XVe s.
    S'en affuit par devers ses naves tout desconfit, et ne remmena de bien sept mille hommes qu'il avoit avec lui, plus haut de trois cents [FROISS., I, I, 181]
    Et sentoient qu'ils n'avoient mie pourveances assez pour eux tenir plus haut de dix jours [ID., I, I, 190]
    Quand il fut haut jour et ils purent connoistre l'un l'autre, aucuns chevaliers et escuyers se recueillirent ensemble et combattirent moult vaillamment aux Anglois [ID., I, I, 327]
    Chevaucherent tant messire Thomas et son fils que ils vinrent à Mauros ; et là se logerent de haute heure pour rafreschir eux et leurs chevaux [ID., II, II, 16]
    La nature des Allemans Est où ilz scevent bien roumans, Puisqu'il i ait un seul François, Si demourroit entre eulx dix ans, Jà n'i parleront que thyois [allemand], Et l'esgardent sur le travers ; D'un hault langaige chascun crie [E. DESCH., Poésies mss. f° 354]
    Nulz ne voit [va] oïr haulte messe ; Car le dimenche pour la presse Tous ensemble et chascun se passe Moult legierement d'une basse [ID., ib. f° 408]
    Congnoissant les haulx et les bas [VILLON, Ball. des Écoutants.]
    Il se laissa cheoir du haut de lui, menant très piteux deul, en regrettant sa bonne femme [LOUIS XI, Nouv. XLVII]
    Si dist aux bonnes gens : où sont les traistres qui sont du lignage Darnant et qui en celle forest veulent faire du hault assis [trancher du souverain] ? [, Percefor. t. IV, f° 133]
    Combien, mais ne parlez point hault [ne dites pas un prix élevé] Coustera toute la marée ? [, Recueil de farces, p. 143]
  • XVIe s.
    L'incredulité est si haut enracinée et si fort attachée au cœur des hommes... [CALV., Instit. 431]
    Ce qui fayt le quaresme si haut [RAB., Pant. II, 11]
    Là hault [au ciel] [MONT., I, 66]
    On les a veu voler d'une aile si haulte, que.... [ID., I, 141]
    Rencontrant [dans un livre] une piece haulte, riche et eslevée jusques aux nues [ID., I, 156]
    Le hault bout d'une table [ID., I, 168]
    Consolants la mere de Brasidas, de la mort de son fils, et le hault louants jusques dire que.... [ID., I, 231]
    Alexandre dormit si profondement et si haulte matinée.... [ID., I, 339]
    Le hault mal [MONT., III, 206]
    Tomber de hault [ID., IV, 204]
    La folie d'avoir, sur le haut de son age, prins une fille si jeune d'ans [DESPER., Contes, VI]
    Et quand ils verroyent les hautes payes qui leur seroyent données, ils ne se feroyent gueres tirer l'aureille [LANOUE, 267]
    Il commanda qu'on se mist en ordre sur un petit haut, pour oster aux ennemis la veue d'un vallon [ID., 649]
    Le peuple luy cria tout hault qu'il ne le vouloit point [AMYOT, Péricl. 31]
    Un ouvrier tumba d'adventure du hault en bas [ID., ib. 3]
    Voulant faire penser le peuple à toutes choses haultes et grandes [ID., ib. 37]
    Une sorte de navire bonne à cingler en haulte mer [ID., ib. 51]
    La mer par plusieurs jours se tint fort haulte, et fut tousjours fort courroucée [ID., Timol. 27]
    Sa gloire s'espandit par tout jusques aux plus haultes et loingtaines provinces de l'Orient [ID., Pélop. 54]
    Et, prenant son espée à deux mains par le manche, il se laissa tomber de son hault sur la pointe et se tua ainsi [ID., Brutus, 63]
    Il luy demanda comment il dormoit ainsi si haulte heure, en homme qui a desja vaincu [ID., Alex. 60]
    Aiant fait trotter l'artillerie haut le pied [D'AUB., Hist. I, 304]
    Les croquans qui eurent plus de courage tirerent, et sans passer l'oeuil à la mire, pourtant presque tous firent haut [ID., ib. IV, 383]
    Les Suisses firent, sur le gros du combat, haut le bois ; et ne fut pas possible de les faire combattre [CARLOIX, I, 44]
    Or aviez vous mandé par toutes les batteries que chacun chargeast, amorçast et pointast ses pieces droit au donjon du chasteau, tous prets à faire haut les bras [SULLY, Mém. t. IV, p. 162, dans LACURNE]
    Encores aujourd'hui, adjoustoit-il, quand le turc passe par les rues, on ne s'oseroit tenir es fenestres et le regarder du haut en bas ; et c'est, ce me semble, que ceux qui sont les plus hauts semblent mespriser ce qui est plus bas qu'eux [BOUCHET, Serées, liv. III, p. 271, dans LACURNE]
    Il l'eust faict appeller [en duel] ; car il estoit hault à la main et prompt à la vengeance [BRANT., Launoy.]
    Rigaut [nom d'un chien] qui, de haut nez, est toujours le premier, Et qui rembuche mieux un cerf de haultes erres [AM. JAMYN, Poésies, p. 64, dans LACURNE]
    Qui plus haut monte qu'il ne doit, de plus haut chet qu'il ne vouldroit [COTGRAVE, ]

ÉTYMOLOGIE

  • Berry, hiaut ; provenç. alt, aut ; cat. alt ; esp. port. et ital. alto ; du latin altus, qui, d'après Festus, serait le participe passif de alere, nourrir, et signifierait proprement accru par la nourriture. L'h est due à la tendance qu'a eue la langue pour la prosthèse d'une h : huile, huit, huître, hurler, etc.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    HAUT.
    27° Après : Haut le pied, sans être chargé. Renvoyer des chevaux haut le pied, les renvoyer sans être attelés ni montés. Ajoutez :
  • Substantivement, un haut le pied, un cheval qui n'est pas attelé.
    40 voitures d'artillerie à 5 chevaux, compris le haut le pied, total 110 hommes et 200 chevaux, [, Corresp. de Napoléon Ier, t. XVIII, p. 416]
    Que les chevaux étaient bien plus vite blessés dans les marches et les combats que les hommes, et qu'il serait plus rationnel d'admettre des chevaux haut le pied que des cavaliers non montés [, Journ. offic. 12 nov. 1874, p. 7530, 3e col.]
  • 42° Haute vie, voy. VIE au Supplément.
    43° Familièrement et grossièrement. Haut le cul, lève-toi, levez-vous.