heurté, ée

HEURTÉ, ÉE

(heur-té, tée) part. passé de heurter
Qui a reçu un heurt, un choc.
[Votre pied sous la table] Dont Trufaldin, heurté de deux coups trop pressants, A puni par deux fois deux chiens très innocents [MOL., Ét. IV, 5]
Poursuivis, menaçants, l'un par l'autre heurtés [DELAV., Vêpr. sicil. V, 2]
Fig. Offensé, blessé. Heurté par des paroles si désobligeantes. Contrarié. Des préjugés heurtés par la philosophie.
Terme de peinture. Dont les teintes ne sont pas fondues, les contours adoucis. Des tons heurtés.
Sa touche est lourde, sa manière est pénible et heurtée [DIDER., Salon de 1767, Œuv. t. XIV, p. 380, dans POUGENS]
Une vapeur particulière [en Italie] répandue dans les lointains arrondit les objets et dissimule ce qu'ils pourraient avoir de dur ou de heurté dans leurs formes [CHATEAUB., Italie, à M. de Fontanes.]
Fait avec une grande liberté et qui n'est touché que de coups hardis, en parlant soit de la peinture, soit de la sculpture.
Composition libre, facile, vigoureuse et dans la manière heurtée [DIDER., Salon de 1767, Œuv. t. XV, 52]
Il faut être un graveur de la première force pour graver d'après le genre heurté [ID., ib. p. 55]
Par extension.
Le pigeon heurté, c'est-à-dire masqué comme d'un coup de pinceau noir, bleu, jaune ou rouge, au-dessus du bec seulement et jusqu'au milieu de la tête, avec la queue de la même couleur et tout le reste du corps blanc, est un pigeon fort recherché des curieux [BUFF., Ois. t. IV, p. 339]
Terme de littérature. Style heurté, style dont les pensées ne se suivent pas ou se lient difficilement, dont les expressions font entre elles des contrastes durs.