horreur

horreur

n.f. [ lat. horror, de horrere, trembler ]
1. Sensation d'effroi, de répulsion causée par l'idée ou la vue d'une chose horrible, affreuse, repoussante : Être saisi d'horreur. Il a poussé un hurlement d'horreur épouvante, frayeur, terreur détester aversion, répugnance, répulsion m'affole
2. Caractère de ce qui est horrible : L'horreur de cette catastrophe se lisait sur le visage des témoins atrocité, monstruosité
3. Ce qui inspire le dégoût, l'indignation ou l'effroi : Cet attentat est une horreur abomination, ignominie [sout.], infamie

horreurs

n.f. pl.
1. Ce qui provoque le dégoût, l'effroi, l'indignation : Les horreurs de la maladie atrocité, monstruosité
2. Paroles déshonorantes à l'encontre de qqn ; propos ou actes indécents, obscènes : Il profère des horreurs sur leur compte calomnie grossièreté, obscénité

HORREUR

(o-rreur) s. f.
La sensation physique qui fait que la peau devient chair de poule et que les cheveux se hérissent.
La peau, se retirant sur elle-même, fera dresser les cheveux, dont elle enferme la racine, et causera ce mouvement qu'on appelle horreur [BOSSUET, Conn. II, 12]
D'une subite horreur leurs cheveux se hérissent [BOILEAU, Lutr. III]
Se dit des choses qui causent un sentiment d'effroi mêlé d'admiration, de respect, etc.
Après cela, docteur, va pâlir sur la Bible.... Perce la sainte horreur de ce livre divin [BOILEAU, Sat. VIII]
Et, dans la sacristie entrant, non sans terreur, En percent jusqu'au fond la ténébreuse horreur [ID., Lutr. III]
Le ciel brille d'éclairs, s'entr'ouvre, et parmi nous Jette une sainte horreur qui nous rassure tous [RAC., Iph. V, 6]
Il est saisi d'une horreur divine [FÉN., Tél. XVIII]
Saisie d'une horreur de religion à la seule présence du sanctuaire [MASS., Av. Disp.]
Mais, quand il m'accablait de cette sainte horreur, La persuasion n'a point rempli mon cœur [VOLT., Fanat. IV, 2]
Tout en fait sentir la religieuse horreur [de l'église gothique] [CHATEAUBR., Génie. III, I, 8]
[Byron] La nuit est ton séjour, l'horreur est ton domaine [LAMART., Médit. I, 2]
Mouvement accompagné de frémissement et causé par quelque chose d'affreux. Ce spectacle nous glaça d'horreur.
Et délivre mes yeux de l'horreur de te voir [CORN., Héracl. III, 2]
Mais par la sainte horreur que vous fait l'infamie [ID., Théod. III, 3]
Malgré la juste horreur que son crime me donne [RAC., Andr. IV, 3]
Quel jour mêlé d'horreur vient effrayer mon âme ! [ID., Esth. III, 4]
Le ciel avec horreur voit ce monstre sauvage [ID., Phèdre, V, 6]
Dans l'infidèle sang baignez-vous sans horreur [ID., Athal. IV, 3]
Sais-tu l'excès d'horreur où je me vois livrée ? [VOLT., Mérope, IV, 4]
La pitié, non l'horreur, doit régner sur la scène [ID., Prude, prol.]
(Ce prologue a été attribué à la Prude dans l'édit. de Kehl ; il appartient à la comédie de l'Échange).
On sut par lui [un général blessé et abandonné] ce crime : un frémissement d'horreur se propagea dans la colonne, il parvint jusqu'à l'empereur [SÉGUR, Hist. de Nap. IX, 8]
Sentiments d'horreur.
Que d'horreurs vous me jetez dans l'âme ! [CORN., Sur. V, 4]
Faire horreur, exciter le sentiment de l'horreur.
Trouvez-vous doux les noms de perfide et de traître ? - Je sais qu'aux généreux ils doivent faire horreur [CORN., Héracl. III, 5]
Cette âme qui s'est tant aimée et tant cherchée, ne se peut plus supporter aussitôt qu'elle est seule avec elle-même ; sa solitude lui fait horreur [BOSSUET, la Vallière.]
Dont les proscriptions font horreur en les lisant [ID., Hist. I, 9]
Vices qui font horreur à la nature [ID., ib. II, 12]
Elle a craint qu'Hippolyte, instruit de ma fureur, Ne découvrît un feu qui lui faisait horreur [RAC., Phèdre, V, 7]
Va, je la désavoue, et tu me fais horreur [ID., Andr. V, 3]
Les rameurs chantaient à l'honneur de Vénus et de Cupidon des vers qui devaient faire horreur à ceux qui aiment la vertu [FÉN., Tél. IV]
Le vice grossier fait horreur [ID., ib. VII]
Familièrement et par exagération. Cela fait horreur, est à faire horreur, se dit d'une chose extrêmement laide, ou faite sans goût, sans habileté.
Vous êtes aujourd'hui coiffée à faire horreur [GRESSET, Méch. I, 5]
Familièrement. C'est une horreur, c'est une personne, une chose affreuse. Fi ! l'horreur ! se dit pour marquer la répugnance. Ah ! l'horreur, se dit dans le même sens.
L'une d'elles, qui le connaissait un peu, dit en le regardant de côté [Memnon devenu borgne] : Ah ! l'horreur ! [VOLT., Memnon.]
Haine, aversion, dégoût, exécration.
L'injuste horreur qu'elle [Rome] eut toujours des rois [CORN., Pomp. IV, 3]
Que la vertu du fils.... Vainque la juste horreur que vous avez du père [ID., Héracl. I, 4]
Vous avez aimé cette erreur Pour qui vous ne deviez avoir que de l'horreur [MOL., Psyché, IV, 5]
Elle [l'Église] a pour le meurtre une horreur toute particulière [PASC., Prov. 14]
Sait-il toute l'horreur que ce Juif vous inspire ? [RAC., Esth. III, 1]
Burrhus pour le mensonge eut toujours trop d'horreur [ID., Brit. I, 2]
Vous trouverez partout l'horreur du nom romain [ID., Mithr. III, 1]
Il te manquait encor ces perfides amours Pour être le supplice et l'horreur de mes jours [RAC., Mithr. III, 1]
J'ai pris la vie en haine et ma flamme en horreur [ID., Phèdre, I, 3]
Quelle innocence ! quelle vertu ! quelle horreur du vice ! [FÉN., Tél. VII]
Il [l'éléphant] a une horreur si grande pour le cochon, que le seul cri de cet animal l'émeut et le fait fuir [BUFF., Quadrup. t. XIV, p. 291]
Presque toutes les femmes ont une horreur invincible pour les araignées, les crapauds, les couleuvres [GENLIS, Adèle et Théod. t. I, p. 140, dans POUGENS]
Avoir horreur de, éprouver une aversion mêlée de dégoût.
Celles de ma naissance ont horreur des bassesses [CORN., Rodog. III, 3]
Les infamies qu'il [le nouveau quiétisme] a héritées de la secte des béguards.... je pourrais dire d'abord qu'on a horreur de traiter de telles matières [BOSSUET, Ét. d'orais. X, 3]
On frémirait en le prononçant, et l'on aurait horreur de soi-même [BOURD., 9e dim. après la Pentec. Dom.]
Le roi eut horreur de tout ce qu'il entendait [FÉN., Tél. XI]
Être en horreur à quelqu'un, lui inspirer une haine mêlée d'horreur.
David m'est en horreur [RAC., Athal. II, 7]
Baal est en horreur dans la sainte cité [ID., ib. V, 6]
Il nous croit en horreur à toute la nature [ID., Esth. I, 3]
Ma mémoire est en horreur [FÉNEL., Télém. XVIII]
Objet d'horreur.
Il ne peut endurer que l'horreur de la Grèce Pour prix de ses forfaits épouse la princesse [CORN., Méd. II, 5]
Il devint l'horreur du genre humain [BOSSUET, Hist. I, 10]
Horreur du vide, antipathie par laquelle on supposait que la nature tendait toujours à combler les vides à mesure qu'ils se formaient.
Que la pesanteur de la masse de l'air produit tous les effets qu'on a jusques ici attribués à l'horreur du vide [PASC., Pes. de l'air, II]
C'est d'un semblable raisonnement que l'horreur de la nature pour le vide et cent autres chimères prirent naissance [MAIRAN, Élog. abbé de Molières]
Ce que certaines choses ont d'effrayant, de sinistre. L'horreur d'un cachot. L'horreur des combats.
Après que j'aurai vu trébucher son orgueil De son char de triomphe en l'horreur du cercueil [ROTR., Bélis. II, 17]
L'hiver est ici dans toute son horreur ; je suis dans les jardins ou au coin de mon feu ; on ne peut s'amuser à rien [SÉV., 22 nov. 1671]
Ces secondes vies que notre faiblesse nous fait inventer pour couvrir en quelque sorte l'horreur de la mort [BOSSUET, le Tellier.]
Partez ; mais à ces mots les champions pâlissent, De l'horreur du péril leurs courages frémissent [BOILEAU, Lutrin, IV, vers supprimés.]
Mais à mes tristes yeux votre mort préparée Dans toute son horreur ne s'était pas montrée [RAC., Baj. II, 5]
C'était pendant l'horreur d'une profonde nuit : Ma mère Jésabel devant moi s'est montrée, Comme au jour de sa mort pompeusement parée [ID., Ath. II, 5]
Et que les mêmes coups Dans l'horreur du tombeau nous réunissent tous [VOLT., Adél. IV, 5]
Il n'y a pas trois cents ans que je [Phénix] vis ici la nature sauvage dans toute son horreur [ID., Princ. de Babyl. 6]
Ainsi de Mahomet vous regrettez les fers, Le tumulte des camps, cette horreur des déserts [ID., Fanat. I, 2]
Quoi ! j'ai percé l'horreur de cette nuit profonde [C. DELAV., Paria, I, 2]
L'horreur d'un supplice, la cruauté d'un supplice. Fig. Il se dit des souffrances morales. Vous ne connaissez pas toute l'horreur de sa situation. Pour comble d'horreur. L'horreur de ma misère. Une belle horreur, se dit des choses qui font éprouver un sentiment d'effroi mêlé d'admiration. La belle horreur d'un orage.
Bien que les poëtes excellents, qui ont quelquefois le secret de nous faire sentir des chagrins délicieux et des tristesses agréables, aient encore celui de nous faire voir de belles horreurs [BRÉBEUF, Pharsale, Avert. sur la 3e partie.]
Enfin le jour, un jour sombre parut ; il vint s'ajouter à cette grande horreur [l'incendie de Moscou], la pâlir, lui ôter son éclat [SÉGUR, Hist. de Nap. VIII, 6]
Il se dit au pluriel dans un sens analogue. Les horreurs de la guerre, de la famine. Être en proie aux horreurs de la misère.
Il a dans ces horreurs [les agitations d'une insomnie cruelle] passé toute la nuit [RAC., Esth. II, 1]
Lucrèce, chez les Romains, avait fait son poëme de la nature ; Virgile, ses Bucoliques ; Cicéron, ses livres de philosophie, dans les horreurs de la guerre civile [VOLT., Mœurs, 82]
Peux-tu mêler l'amour à ces moments d'horreurs ? [ID., Alz. IV, 4]
Ô frère, ô triste objet d'un amour plein d'horreurs [ID., Fanat. V, 4]
Tu [France] ne sens point du nord les glaçantes horreurs [A. CHÉN., Hymne à la France.]
Les horreurs de la mort, les angoisses de l'agonie. Par extension.
Le duc de Grammont était lors dans les horreurs de la taille [l'opération par laquelle on extrait la pierre de la vessie] [SAINT-SIMON, 33, 129]
L'énormité d'une action cruelle, infâme.
Quelle horreur d'embrasser un homme dont l'épée De toute ma famille a la trame coupée ! [CORN., Hor. V, 3]
On fait plus, on m'impute un coup si plein d'horreur Pour me faire un passage à vous percer le cœur [ID., Rod. V, 4]
Un tel excès d'horreur rend mon âme interdite [RAC., Phèdre, IV, 2]
La multitude et l'horreur de vos iniquités [MASS., Carême, Fausse conf.]
Hélas ! le crime veille et son horreur me suit [VOLT., Zaïre, V, 8]
Dans quel palais profane a-t-on vu plus d'horreur ! [ID., Olympie, V, 7]
Tant d'horreur n'entre point dans une âme si belle [ID., Tancr. III, 3]
Il se trame ici quelque horreur [BEAUMARCH., Mère coup. I, 2]
Il se dit au pluriel dans le même sens. La vie de ce tyran n'est qu'un tissu d'horreurs.
Il faut que le courroux du ciel l'accable quelque jour.... il me fait voir tant d'horreurs que je souhaiterais qu'il fût déjà je ne sais où [MOL., D. Juan, I, 1]
Mon esprit ne se résoudrait jamais à se jeter parmi tant d'horreurs [les excès des révolutionnaires anglais], si la constance admirable avec laquelle cette princesse a soutenu ces calamités ne surpassait de bien loin les crimes qui les ont causées [BOSSUET, Reine d'Anglet.]
Et je l'ai vue aussi cette cour peu sincère Des crimes de Néron approuver les horreurs [RAC., Bérén. II, 2]
De toutes les horreurs, va, comble la mesure [ID., Athal. III, 5]
Il retrace vivement à notre imagination les horreurs d'une vie entière de crime [MASS., Carême, Lazare.]
C'était un débordement de l'armée qui se mit à piller, violer, massacrer, et faire toutes les horreurs que la licence la plus effrénée inspire [SAINT-SIMON, 29, 88]
On ne connaît que trop les étonnantes horreurs d'Alexandre VI [VOLT., Jenni, 11]
Les horreurs qui accompagnèrent la conquête de cet État et la tyrannie qui la suivit en firent un désert [RAYNAL, Hist. phil. II, 19]
Si l'ennemi échappait à ce danger [l'incendie de Moscou], du moins n'aurait-il plus d'asile, plus de ressources ; et l'horreur d'un si grand désastre, dont on saurait bien l'accuser, soulèverait toute la Russie [SÉGUR, Hist. de Nap. VIII, 2]
Les choses déshonorantes qu'on attribue à quelqu'un. On m'a dit des horreurs de cet homme-là.
Pour moi qui, quoique très jeune alors, ai vu naître toutes ces horreurs [libelles diffamatoires], je sais très bien que l'envie en fut la seule cause [VOLT., Mélang. litt. Mém. sur la satire, la sat. après Despréaux.]
Existe-t-il, a-t-il jamais existé un méchant assez artificieux pour donner de la consistance aux horreurs qu'il débite d'autrui par les horreurs qu'il confesse de lui-même ? [DIDEROT, Claude et Nér. I, 61]
Y pensez-vous, monsieur ? quoi ! Florise et Géronte Vous comblent d'amitié, de plaisirs et d'honneurs, Et vous mandez sur eux quatre pages d'horreurs ! [GRESSET, Méchant, II, 1]
Basile : De toutes les choses sérieuses, le mariage étant la plus bouffonne, j'avais pensé.... - Suzanne : Des horreurs [BEAUMARCH., Mar. de Fig. I, 9]
Par extension et plaisanterie.
On m'a dit mille horreurs de cette montagne de Tarare [SÉV., 23]
Très familièrement. Injure. Il nous a dit des horreurs. Propos obscènes. Il s'approcha de cette femme et lui débita mille horreurs.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    De poür [de peur] li cuilverz trestremble, Fremist, mue colors sovent..., Quant de l'orror sis cuers [son cœur] s'effreie [BENOIT, II, 12380]
    El horror [en l'horreur] de la nocturneil vision, cant li songes suet [a coutume de] parpenre les hommes.... [, Job, p. 481]
  • XIVe s.
    Et comme je pleins de paour et de horreur o [avec] grant reverence... [BERCHEURE, f° 12]
  • XVe s.
    Li crestien n'ont pas horreur De mariage, ains à honneur Le tiennent et à chose honneste [, Mystère de Barl. et Josaph. dans GUI DE CAMBRAI, p. 410]
  • XVIe s.
    Encores qu'il n'y eust point d'enfers, si a elle [l'âme] horreur de l'offenser [Dieu] [CALV., Instit. 6]
    Ainsi combien que de propos deliberé il s'estudiast à mespriser Dieu, si falloit-il que maugré ses dens il l'eust en horreur [en eût peur] [ID., ib. 7]
    Estans prests de commettre toute vilenie et turpitude, sinon que l'horreur de la loy les restreint [ID., ib. 263]
    .... ce qui est fait pour nous engendrer un plus grand horreur de toutes autres especes d'en abuser [ID., ib. 289]
    Ô la belle chose que ce seroit, de ne voir point le païsan s'effrayer des gens de guerre, qui sont aujourd'hui l'horreur des villages ! [LANOUE, 271]
    En cette inconstance que les horreurs de la mort lui apportoient, il lui eschappa que, si le coup estoit à faire, il le feroit encore [D'AUB., Hist. I, 181]
    L'horreur est moindre que la rigueur : aussi elle n'esbranle que la peau et le cuir [PARÉ, XX, 20]
    Sain, j'ay eu les maladies beaucoup plus en horreur que lors... [MONT., I, 82]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. horror, orror ; espagn. horror ; ital. orrore ; du lat. horrorem, horrere, avoir en horreur, se hérisser, causatif du radical sanscrit, harsch, hérisser. Suivant un mauvais désir de latinisme, on tenta, au XVIe siècle, de faire horreur du masculin comme tant d'autres noms en eur.

horreur

HORREUR. (On prononce les deux R.) n. f. Mouvement de l'âme généralement accompagné d'un frémissement physique, d'un frisson du corps et causé par quelque chose d'affreux, de révoltant ou de terrible. Je frémis d'horreur. Ses cheveux se hérissent d'horreur. Être saisi d'horreur. Pâlir d'horreur. Ce spectacle nous glaça d'horreur. Un cri d'horreur. L'horreur de la mort, l'horreur du supplice ébranla son courage. J'ai horreur de le dire. Cela fait horreur à penser. On n'y saurait penser sans horreur, qu'avec horreur.

L'horreur d'un supplice signifie aussi la Cruauté d'un supplice. L'horreur d'un tel supplice, l'horreur de ces tourments n'émut point son courage.

Fam., Cela fait horreur, est à faire horreur, se dit par exagération, d'une Chose extrêmement laide dans son genre, ou faite sans goût, sans habileté.

Fam., C'est une horreur, se dit d'une Personne extrêmement laide. Vous disiez que c'était une jolie femme, c'est une horreur. Il se dit également d'une Chose extrêmement laide ou défectueuse dans son genre. Vous vantiez ce logement comme agréable et commode, mais c'est une horreur!

Fam., Fi! l'horreur! se dit quelquefois lorsqu'on veut marquer la répugnance qu'on a pour quelqu'un ou pour quelque chose.

On l'emploie quelquefois en plaisantant : Petite horreur!

C'est une belle horreur, se dit des Choses qui font éprouver un sentiment d'effroi mêlé d'admiration, comme une grande tempête, un vaste incendie, etc.

Il signifie aussi Répulsion violente que vous cause une personne ou une chose effrayante ou haïssable. Avoir horreur du vice, du péché. Avoir, concevoir de l'horreur pour quelqu'un, pour quelque chose. Avoir, prendre une chose en horreur. Inspirer l'horreur du vice. On ne saurait inspirer trop d'horreur pour le mensonge. C'est un objet d'horreur. Avoir l'horreur de la solitude.

Être en horreur à quelqu'un, être l'horreur de quelqu'un, Lui inspirer une répulsion mêlée de haine. L'existence lui est en horreur. Il est l'horreur de ses semblables. C'est l'horreur du genre humain.

Il désigne encore Un certain saisissement de crainte mystérieuse et de mystère. La forêt, la lande, la solitude, les ténèbres inspirent une certaine horreur. Une divine horreur s'emparait de la prêtresse.

Il se dit également de Ce qu'ont d'horrible, d'effrayant ou de sinistre certains lieux ou certains objets. L'horreur d'un cachot. L'horreur des combats. Partout régnaient le carnage et l'horreur. Un silence plein d'horreur. Quel spectacle d'horreur! Fig., Il comprit alors toute l'horreur de sa situation. Quand vous connaîtrez toute l'horreur de ma misère. Pour comble d'horreur.

Il se dit souvent, au pluriel, des Choses horribles ou désastreuses, des maux extrêmes, des privations cruelles. Les horreurs de la guerre. Les horreurs du carnage. Les horreurs de la captivité. Cette ville éprouva toutes les horreurs de la famine. Être en proie aux horreurs de la misère.

Les horreurs de la mort, Les angoisses que l'on éprouve ordinairement au moment de mourir. Au milieu des horreurs de la mort, il souriait encore à ses amis.

Il se prend encore pour l'Énormité d'une mauvaise action, d'une action cruelle, infâme, etc. L'horreur du crime, du vice, du péché, est telle que... Pour vous faire comprendre l'horreur de cette action, il suffit de dire que...

Il se dit également des Choses mêmes qui sont atroces, infâmes, etc. Ce qu'il a fait est une horreur. La vie de ce tyran n'est qu'un tissu d'horreurs. Le récit de tant d'horreurs épouvante. Il a fait, il a dit, il a vomi des horreurs, mille horreurs. On prétend qu'il se commet des horreurs dans ce pays-là. De telles horreurs se conçoivent à peine.

Il se dit, particulièrement, des Choses déshonorantes qu'on attribue à quelqu'un; et alors il s'emploie toujours au pluriel. On m'a dit des horreurs de cet homme-là. Ces deux hommes publient des horreurs l'un contre l'autre.

horreur

Horreur, Horror.

Avoir en horreur, Abhorrere, Abominari, Detestari, Execrari.

hôrreur


HôRREUR, s. f. HORRIBLE, adj. HORRIBLEMENT, adv. [ô-reur, orible, bleman: 1re lon. au 1er: 3e e muet, l' r se prononce fortement.] Hôrreur, en parlant des persones, est 1°. Une terreur, un saisissement de l'âme qui la fait frémir. "Frémir, être saisi d'hôrreur: cela fait hôrreur à penser. "L'hôrreur des suplices, les hôrreurs de la mort: l'hôrreur qu' ils inspirent. = 2°. Saisissement de crainte et de respect. "En entrant dans cette forêt, dans cette Église on sent une secrette hôrreur; une sainte hôrreur. = 3°. Détestation, haine violente. Avoir hôrreur de, ou pour.
   Et qui fidèle à son devoir,
   Dans la chaire, où le crime siège,
   Eut toujours horreur de s'asseoir.
       Le Franc.
"Avoir en hôrreur. Inspirer l'hôrreur du vice, ou de l'hôrreur pour le vice. Être en hôrreur à, etre l'hôrreur de.
   Je me trouve, au milieu de mon bonheur extrême
   Un traitre, un malheureux en horreur à lui-même.
       La Chaussée.
"Ce Tyran était en hôrreur à, ou était l'hôrreur de tout le genre humain. Dans cette dernière phrâse; l'horreur, est l'objet de l'hôrreur, un objet d'hôrreur. = 4°. En parlant des chôses, énormité. "L'hôrreur du crime; d'une action; et en parlant des suplices, cruauté. "L'hôrreur de ces tourmens. = 5°. Hôrreurs au pluriel, chôses déshonorantes.
   Quoi Florise et Geronte
   Vous comblent d'amitié, de plaisirs et d'honeurs;
   Et vous mandez sur eux quatre pages d'hôrreurs.
       Le Méchant.
"On m'a dit des hôrreurs de cet homme là. Acad.
  Pouvez-vous lui prêter une pareille horreur?
  Jalouse! de sa fille! allons donc quelle erreur!
       Barthe.
Dans le st. famil. on dit d'une femme ou d'une chôse extrémement laide, que c'est une hôrreur.
   Rem. Quand on parle du sentiment, hôrreur n'a point de pluriel. * Bossuet dit: "Je raporterai la suite de cette invective insensée, malgré mes horreurs. Il falait dire, malgré l'horreur qu'elle m'inspire; car au singulier même, malgré mon horreur, irait fort mal. = Avoir de l'hôrreur, régit non la prép. de, mais la prép. pour. "On n'avoit que de l'horreur des (pour les) Ariens. Bérault (H. de l'Égl.) On dit, sans article, avoir hôrreur de, et avec l'article, avoir de l'horreur pour: le 1er ne régit que les chôses: le 2d régit les chôses et les persones. "Avoir horreur du vice. "Avoir de l'hôreur pour le vice et pour les hommes vicieux.
   À~ faire horreur, adv. Il est fort à la mode. "S'ils disent, ils disent trop: ce qui n'est qu'un peu diforme est à faire horreur; ce qui est médiocrement bon est délicieux, etc. Coyer. "C'est l'opéra nouveau... Mon Dieu! que n' ai-je su cela plutôt! — Pourquoi? — Oh! c'est que je suis coifée à faire hôrreur. TH. D'ÉDUC. "J'ai mal aux nerfs, et puis je suis coifée à faire hôrreur. Ibid.
   HORRIBLE, qui fait hôrreur. "Cela est horrible. "Une horrible méchanceté. "Objet horrible à voir. = Extrême, excessif. "Un froid horrible; une horrible dépense, etc. = Il aime à précéder le substantif dans les deux sens. "Je ne puis vivre plus long-tems dans cette horrible incertitude. Marm. "Il a fait une horrible faûte. Acad.
   Une horrible lione alaita ton enfance.
       Gresset.
HORRIBLEMENT, d'une manière horrible, dans les deux sens. "Horriblement défiguré: horriblement laide. "Il y avait une grande foule, et l'on y était horriblement pressé.

Synonymes et Contraires

horreur

nom féminin horreur
1.  Sentiment d'effroi.
2.  Sentiment de dégoût.
3.  Littéraire. Caractère horrible.
4.  Familier. Personne très laide.
laideron, monstre -populaire: mocheté.
Traductions

horreur

horror, abhorrence, abomination, atrocity, phi, eyesore, ghastliness, sleazegruwel, verschrikking, gruweldaad, rottigheid, fi, afgrijzen, afkeer, huivering, weerzin, afschuw, draakזוועה (נ), שקץ (ז), תועבה (נ), זְוָעָה, תּוֹעֵבָהaakligheidSchrecken, Gräuel, Verabscheuenswertes, Abscheu, Abscheulichkeit, Grauen, Entsetzenabomenaĵo, fiaĵohorrorutálatosságandstyggð, óbeit, viðbjóðurabomiamentumhorrorмерзость, ужасorrore, infamia, ribrezzo, schifezzaفَزَعhrůzarædselφρίκηkauhustrava恐怖공포redselprzerażeniefasaความเลวร้ายมากdehşetsự ghê rợn恐怖ужас恐怖 (ɔʀœʀ)
nom féminin
1. violent sentiment de peur ou de dégoût pousser un cri d'horreur
2. détester Il a horreur de la violence.
3. ce qui est horrible l'horreur d'un crime un film d'horreur

horreur

[ɔʀœʀ] nf
(= terreur) → horror
quelle horreur! → how awful!
(= détestation) → hatred
son horreur de toute censure → his hatred of any kind of criticism
avoir horreur de → to hate, to loathe
J'ai horreur du chou → I hate cabbage.
avoir en horreur → to hate, to loathe
faire horreur à qn [personne, nourriture]
La viande de cheval lui faisait horreur → He thought horsemeat was disgusting.; [idée]
La perspective de passer le mois d'août à réviser lui faisait horreur → He was appalled by the prospect of spending August revising.