icelui

ICELUI

(i-se-lui) , ICELLE (i-sè-l'), pron.
démonstratif. Vieux mot employé quelquefois encore dans le style de pratique et dans le langage familier.
Exposer à vos yeux l'idée universelle De ma cause, et des faits énoncés en icelle [RAC., Plaid. III, 3]
Une érection est la remise d'un fief que le vassal possède, entre les mains du roi ; le roi, après l'avoir repris, le lui rend avec une dignité dont il l'investit par l'érection aux conditions portées par icelle [SAINT-SIMON, 299, 103]
Comment Candide fut élevé dans un beau château et comment il fut chassé d'icelui [VOLT., Candide, 1]
Lorsque Charles IX fit, en 1570, le plan d'une pareille société, il prit, dans les lettres patentes, le titre de protecteur et premier auditeur d'icelle [DUCLOS, Hist. Acad. fr. Œuv. t. IX, p. 308, dans POUGENS]

REMARQUE

  • On regrette, et avec raison, beaucoup de termes qu'il a plu à l'usage de proscrire ; icelui était d'une commodité infinie [, Opusc. lang. franç. p. 266, dans POUGENS]
    On ne peut que se joindre à ce regret.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Icil en vait au rei Marsilion [, Ch. de Rol. XLVII]
  • XIIe s.
    Icil feront as cristiens dolor [, Roncis. p. 44]
    Et tous iceulz que vous devez mener [, ib. p. 117]
    Icel jour fist mout chaut, et li ciel fu serin [, ib. p. 194]
  • XIIIe s.
    À iceles enceignes qu'er soir [il] ot m'aumosniere [, Berte, XI]
  • XIVe s.
    Et sont ces vices contraires, c'est assavoir prodigalité et illiberalité, et chescun d'iceux superhabunde et deffault [ORESME, Eth. 48]
  • XVe s.
    Toutes ces villes s'allyerent ensemble avec iceulx Suysses [dont on vient de parler] [COMM., V, 1]
  • XVIe s.
    Ayant prins la ville de Regge, et en icelle le capitaine Phyton [MONT., I, 3]
    Iceluy, icelle, desquels les courtisans n'usent pas communement [MEIGRET, dans LIVET, la Gramm. franç. p. 81]

ÉTYMOLOGIE

  • Icelui est la forme complète dont celui n'offre qu'une apocope, il représente par conséquent ecce ille, ecce illius (voy. CELUI). Diez recommande de ne pas se laisser égarer par les formules de Marculfe où ipsi lui est pris comme équivalant à icelui ; la preuve, dit-il, que le c français ne cache pas une s latine, c'est que la forme picarde est ichelui, chelui.

icelui

ICELUI, ICELLE. (Pluriel Iceux, icelles.) adj. ou pronom démonstratif. Vieille forme de Celui, celle qui s'emploie dans le style de procédure. La maison et les prés attenant à icelle. Je, huissier à X..., sur la requête de M. Y..., déclare m'être transporté au domicile d'icelle. Dans la maison d'icelui.

icelui


ICELUI, ICELLE, pronom démonstratif et relatif. Il est malheureûsement rélégué au Palais. Il serait utile, et même nécessaire pour éviter des amphibologies, où l'on tombe sans son secours.