idole

idole

n.f. [ gr. eidôlon, image ]
1. Image ou représentation d'une divinité qui est l'objet d'un culte d'adoration : Les habitants déposent des présents devant les idoles.
2. Personne qui est l'objet d'une admiration passionnée : Elle conserve les articles qui paraissent sur son idole.

IDOLE

(i-do-l') s. f.
Figure, statue représentant une divinité et exposée à l'adoration. Une idole de pierre, de bois. Les prêtres des idoles.
Si nous ne courbons les genoux Devant une muette idole [RAC., Esth. II, 9]
Si personne ne sait quand les hommes commencèrent à se faire des idoles, on sait qu'elles sont de l'antiquité la plus haute [VOLT., Dict. phil. Idolâtrie.]
Fig.
Ces pasteurs cruels.... qui font servir les trésors du sanctuaire à des décorations profanes, qui érigent des idoles des débris de l'autel... [MASS., Or. fun. Villars.]
La divinité même que l'idole représente.
Jusque à quand, trompeuse idole [Fortune], D'un culte honteux et frivole Honorerons-nous tes autels ? [J. B. ROUSS., Ode à la Fortune.]
Fig. Fléchir le genou devant l'idole, se courber devant une personne riche, puissante, etc.
On crut que tout fléchirait devant cette idole de la cour [PATRU, Plaid. 13, dans RICHELET]
On ne sait pas combien il reste de bonnes gens qui n'ont pas fléchi le genou devant l'idole [J. J. ROUSS., Ém. V]
Dans le style élevé. Idole d'iniquité, l'iniquité considérée comme une idole que l'on sert.
Elle renonce à cette idole d'iniquité qu'elle s'est faite dans sa colère [PATRU, Plaid. 2, dans RICHELET]
Fig. Personne à qui on prodigue les honneurs, les louanges.
Il y a toujours eu, dans les cours, des idoles et des idolâtres [BALZ., le Prince, 5]
Au premier imposteur.... Qui.... Voudra servir d'idole à son zèle charmé [CORN., Héracl. I, 1]
Quelle erreur à une chrétienne, et encore à une chrétienne pénitente, d'orner ce qui n'est digne que de son mépris, de peindre et de parer l'idole du monde, de retenir comme par force et avec mille artifices autant indignes qu'inutiles, ces grâces qui s'envolent avec le temps ? [BOSSUET, Anne de Gonz.]
Quelle créature fut jamais plus propre à être l'idole du monde ? mais ces idoles que le monde adore, à combien de tentations délicates ne sont-elles pas exposées ? [ID., Duch. d'Orl.]
Ces petites délicatesses qu'on remarque en la plupart des grands, auprès de qui un simple oubli est un crime qu'à peine mille soins et de longues assiduités peuvent expier ; vaines idoles qu'on ne peut aborder qu'en rampant... [MASS., Villars.]
Il n'est point de prince ni de grand, malgré la bassesse et le déréglement de ses mœurs et de ses penchants, à qui de vaines adulations ne promettent la gloire.... il est vrai que le monde, qui avait élevé ces idoles de boue, les renverse lui-même le lendemain [ID., Petit carême, Gloire.]
L'idole du jour, de la veille, personne qui excite l'enthousiasme, l'admiration aujourd'hui, qui l'excitait hier.
Personne qui est l'objet d'une affection excessive.
Que je faisais de vous une idole dans mon cœur [SÉV., 48]
Le prince [le duc du Maine] est l'idole du roi ; plus sa tendresse pour le fils augmente, plus il semble que son amour pour la mère [Mme de Montespan] diminue [MAINTENON, Lett à Mme de St Géran, 28 oct. 1679]
Te voilà seul avec toi-même qui étais ton idole [FÉN., Tél. XVIII]
Quand je fus de retour auprès de ma mère, j'avais tellement l'air de la cour et du monde qu'elle eut du respect pour moi, au lieu de me gronder de mon entêtement pour les armes ; j'étais son idole [HAMILT., Gramm. 9]
Le cœur.... se lasse de ses propres idoles [MASS., Carême, Pécheresse.]
Le duc de Guise était l'idole des troupes et du parti catholique [SAINT-SIMON, 374, 3]
Gustave Vasa, le héros et l'idole de la Suède [VOLT., Mœurs, 119]
Blanca de Sivar était l'idole de son père [CHATEAUB., Dern. Abenc.]
Ce qui fait le sujet de l'affection, de la passion de quelqu'un.
Cet honneur a toujours été l'idole des hommes [PASC., Prov. 14]
Je veux me faire une idole de la réputation et de l'amitié [FÉN., t. XVIII, p. 36]
Il y a longtemps que les hommes, toujours vains, font leur idole de la gloire [MASS., Petit car. Gloire.]
Il se dit d'un homme qui se tient à ne rien faire. Il est là comme une idole.
D'abord nous n'avons su non plus que d'une idole Lui tirer de la bouche une seule parole [MAIRET, Soliman, III, 8]
Et de n'entrevoir point de plaisirs plus touchants Qu'une idole d'époux et des marmots d'enfants [MOL., Femmes sav. I, 1]
Lysimon : Le second de mes fils n'est qu'une franche idole ; Vous le savez. - Pyrante : Eh bien ? - Lysimon : J'en ai fait un abbé [DESTOUCHES, Irrésolu, I, 1]
Une idole, en parlant d'une femme, celle qui n'a guère d'esprit et qui paraît insensible comme une statue. Elle est belle, mais c'est une idole, une vraie idole.
Poppée est bien [dans son buste] la jolie idole que devait élever puis briser un caprice de Néron [AMPÈRE, Hist. rom. à Rome, Introd. p. LV]
Idole des Maures, poisson de la mer des Indes. Idole des nègres, boa devin. Coquille univalve.

REMARQUE

  • Le genre de ce mot a varié ; idole est masculin dans Corneille, dans la Fontaine :
    Et Pison ne sera qu'un idole sacré Qu'ils tiendront sur l'autel pour répondre à leur gré [CORN., Othon, III, 1]
    Jamais idole, quel qu'il fût, N'avait eu cuisine si grasse [LA FONT., Fabl. IV, 8]
    Chifflet disait qu'idole était mieux au masculin, Gramm. p. 249. Il est féminin dans Malherbe : Telle qu'une plaintive idole, III, 1. C'est ce genre qui a prévalu. Ceux qui faisaient idole masculin obéissaient à l'étymologie (latin idolum) ; ceux qui le faisaient féminin obéissaient à la terminaison, qui est féminine.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Touz les yd les que il seult adorer [, Ch. de Rol. CLXXXV]
    [Ils] Froissent ymages et toutes les ydeles [, ib. CCLXVIII]
  • XIIe s.
    Li pecchiez de ydle aürer [adorer] [, Rois, p. 56]
  • XIIIe s.
    Ne ne revoil dire, biau prestre, Où tex [telles] ydoles ont lor estre [, la Rose, 18460]
    Et dès ce commencement les gens aorerent les ydles [BRUN. LATINI, Trés. p. 31]
  • XVIe s.
    Si un homme se pouvoit nourrir d'or, o que ce seroit un bel idole ! [PALISSY, 226]
    Ore en mes bras, ore devant mes yeux, Tu fais errer l'idole [l'image] de ma dame [RONS., 17]
    Brisant les idoles feints De tes mains, De leurs dieux tu seras maistre [ID., 443]
    Masques de rois, idoles animées, Et non pasteurs ny princes des armées [ID., 652]
    Embrassant pour le vrai l'idole du mensonge [ID., 256]
    Ignorez-vous que, quand cette idole de M. l'eschevin aura donné le mot, qu'ils ne le changent pas entre eux ? [CARLOIX, IV, 14]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. et ital. idola ; espagn. et portug. idolo ; du lat. idolum ; qui vient du grec, image, statue, idole ; de même radical que le grec, forme, idée (voy. IDÉE). Dans idolum ( o long), l'accent est sur do, et la forme régulière est, en français, idole ; cependant, en de très anciens textes, on trouve idle ; il faut donc admettre qu'il y a eu, dans la latinité, du moins à l'époque de formation des langues romanes, une prononciation avec accent sur i conforme à l'accentuation grecque ; comparez ENCRE, qui offre un cas pareil.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

  • IDOLE. - REM. Corneille qui a fait idole du masculin, l'a fait aussi du féminin : Angélique n'a point de charmes Pour me défendre de vos coups ; Ce n'est qu'une idole mouvante, Place Royale, II, 3. Malherbe, qui l'a fait féminin, l'a fait aussi masculin : Votre honneur, le plus vain des idoles, t. I, p. 227, éd. Regnier.

idole

IDOLE. n. f. Figure, statue représentant une fausse divinité et exposée à l'adoration. Idole d'or, d'argent, de pierre. Le culte des idoles. Adorer une idole. Offrir de l'encens aux idoles.

Fig. et fam., C'est une idole, une vraie idole, se dit d'une Belle personne qui est sans grâce et qui ne paraît point animée.

Il se dit encore, figurément, d'une Personne à laquelle on prodigue les honneurs, les louanges, les flatteries. Il est l'idole du jour.

Il se dit également de Ce qui fait le sujet de l'affection, de la passion de quelqu'un. Cet enfant est l'idole de sa mère.

idole

Une Idole, Idolum.

Une idole que les payens adoroyent pour le dieu des batailles, Mars.

Un lieu qui estoit dedié à plusieurs idoles, Delubrum.

Ce qui est immolé et dedié aux idoles, Idolothytum.

idole


IDOLE, s. f. Autrefois on fesait idole masc. "Idole sacré. Corn. — Le P. Barre, (Hist. d' Allem.) lui a encôre doné ce genre. "Les idoles furent brisés et jetés hors des temples. = Ce mot est aujourd'hui constamment fém. et depuis long-tems: idole sacrée; les idoles furent brisées. = Idole, figûre, statue, représentant une faûsse divinité, et exposée à l'adoration. "Adorer une idole, les idoles. "Temples, Prêtres des Idoles. = Fig. avec la prép. de, objet d'une passion extrême. "Il est l'idole de sa mère. "L'avare fait son idole de l'argent. "Bien revenu de ce phantôme d' honeur, dont il avoit fait son idole, Abailard jouissoit à Clugny de son obscurité. Le Pere Fontenai. = Sans régime: belle persone, qui n'est point animée. "C'est une idole, une vraie idole; ou persone stupide. "C'est une idole. "Il se tient là comme une idole; sans rien faire. Dans le 1er sens, et avec le régime, il est de tous les styles: dans le 2d, il n'est que du style fam.

Traductions

idole

idol, godאליל (ז), תרפים (ז״ר), אֱלִילidool, afgod(sbeeld), afgodsbeeldкумирAbgott, Götze, Idol, Abgöttin, forme, Götzenbild, idée (voy, Leitfigur, même radical que le grec, Schwarmidoloberhalaidola, idoloidoloείδωλο, ίνδαλμα偶像IdolIdolIdol (idɔl)
nom féminin
personne que l'on aime beaucoup Ce chanteur est son idole.

idole

[idɔl] nfidol