immodéré, ée

IMMODÉRÉ, ÉE

(i-mmo-dé-ré, ée) adj.
Qui est hors de la modération.
Immodéré dans ses chagrins et dans ses joies [VAUVEN., la Folle Ambition.]
Les excès sont plus à craindre que la continence, le nombre des hommes immodérés est assez grand pour en donner des exemples [BUFF., Hist. nat. hom. Œuvr. t. II, p. 260]
En parlant des choses. Chaleur immodérée. Passion immodérée.
Dans un pays ou la condition du créancier est la plus mauvaise de toutes les conditions, les biens se sont élevés à une valeur immodérée [RAYNAL, Hist. phil. XIII, 53]

SYNONYME

  • IMMODÉRÉ, EXCESSIF. Immodéré désigne ce qui est contre la modération ; excessif désigne ce qui excède, ce qui est en excès. L'homme immodéré est celui qui ne modère pas ses passions; l'homme excessif est celui qui donne en l'excès en quoi que ce soit : il est excessif à louer, et non immodéré. Quant aux choses, s'il s'agit de passions, la nuance se continue : une passion immodérée est celle qu'on ne modère pas ; une passion excessive est celle qui va dans l'excès, sans idée de lutte ou de modération. Pour le reste, la nuance devient imperceptible entre une chaleur immodérée et une chaleur excessive ; à la vérité, on a dit que cet emploi n'était pas bon et que immodéré ne se disait que des choses morales ; mais, en soi, rien ne s'y oppose ; il existait dans le latin, et Cicéron a dit immoderata tempestas.

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Pour arrester le flux menstruel immoderé [PARÉ, XVIII, 70]
    Et autres mots dont l'antiquité semble donner quelque majesté aux vers, pour vu que l'usage n'en soit immoderé [DU BELLAY, IV, 4, verso.]
    Il y a dangier que l'amitié qu'on porte à une telle femme soit immoderée [MONT., 1, 225]
    Sa trop immodérée cupidité de dominer [AMYOT, Démétr. 36]
    De là viennent l'orgueil, l'ambition, les desirs immoderés [CHARRON, Sagesse, II, 2]

ÉTYMOLOGIE

  • Lat. immoderatus, de in négatif, et moderatus, modéré.