indigne

indigne

adj. [ lat. indignus ]
1. Qui n'est pas digne de qqch, qui ne le mérite pas : Ce ramassis d'images est indigne du nom de reportage. Il est indigne de présider notre association.
2. Qui inspire le mépris : Une dénonciation indigne abject, infâme, méprisable
3. Qui n'est pas digne de son rôle, de sa fonction : Ce fils indigne ne rend jamais visite à ses parents.
4. Qui n'est pas en rapport avec la valeur de qqn : Ce travail lui semble indigne de lui il pense qu'il vaut mieux que cela

indigne

(ɛ̃diɲ)
adjectif
1. personne digne qui ne mérite pas qqch Il est indigne des cadeaux que vous lui faites.
2. personne qui est condamnable moralement des parents indignes
3. acte, propos qui est condamnable, révoltant des propos indignes

INDIGNE

(in-di-gn') adj.
Qui n'est pas digne de...., en parlant des personnes.
On mande des merveilles d'Allemagne ... ces Allemands se laissent noyer par un petit ruisseau.... on croit que M. de Luxembourg les battra.... ce n'est pas notre faute s'ils se rendent indignes d'être nos ennemis [SÉV., 22 juill. 1676]
Indigne de vous plaire et de vous approcher [RAC., Phèdre, III, 4]
Mais s'il a pu me croire indigne de sa foi, C'est lui qui pour jamais est indigne de moi [VOLT., Tancr. IV, 5]
Richard, enfermé dans la tour, remit au duc de Lancastre les marques de la royauté, avec un écrit signé de sa main, par lequel il se reconnaissait indigne de régner ; il l'était en effet puisqu'il s'abaissait à le dire [ID., Mœurs, 78]
Joyeuse, né d'un sang chez les Français insigne, D'une faveur si haute était le moins indigne [ID., Henr. III]
Indigne de, suivi d'un nom de personne, signifie qu'on n'est pas digne d'appartenir à cette personne.
Mais enfin ce Rodrigue est indigne de vous [CORN., Cid, II, 5]
Soyons indigne sœur d'un si généreux frère [ID., Hor. IV, 4]
À quoi on ne peut accorder de...., en parlant des choses. Une faute indigne de pardon.
Terme de jurisprudence. Qui est déchu d'une succession pour avoir manqué à quelque devoir essentiel envers le défunt, de son vivant ou après sa mort. Déclaré indigne de succéder. Substantivement. Les enfants de l'indigne.
Qui n'est pas séant, convenable, en parlant des choses.
Toute autre place qu'un trône eût été indigne d'elle [BOSSUET, Reine d'Anglet.]
Comme un voleur, direz-vous ; indigne comparaison ! n'importe, qu'elle soit indigne de lui [Jésus-Christ], pourvu qu'elle nous sauve [ID., Marie-Thér.]
Les éclaircissements sont indignes de moi [VOLT., Zaïre, III, 7]
Absolument. Qui n'est pas digne, c'est-à-dire qui mérite mépris ou haine, en parlant des personnes.
Qui ! la peur a glacé mes indignes soldats ! [RAC., Athal. V, 5]
Quoi ! le ciel a permis Que ce vertueux père eût cet indigne fils [VOLT., Alz. III, 5]
Il se dit des choses dans le même sens.
Cette voie est basse, indigne et étrangère [PASC., Pensées, art. III]
Rebuté de tant d'indignes traitements [BOSSUET, Reine d'Anglet.]
Ai-je mérité seul son indigne pitié ? [RAC., Alex. I, 1]
Ah ! dissipez ces indignes alarmes [ID., Andr. II, 1]
Vous avez vu cent fois nos soldats en courroux Porter en murmurant leurs aigles devant vous, Honteux de rabaisser par cet indigne usage Les héros dont encore elles portent l'image [ID., Brit. IV, 2]
De quoi nous a servi cette indigne contrainte ? [ID., Bajaz. II, 5]
J'espérais que, fuyant un indigne repos, Je prendrais quelque place entre tant de héros [ID., ib.]
J'ai fait l'indigne aveu d'un amour qui l'outrage [ID., Phèdre, III, 3]
Ils firent d'Amalec un indigne carnage [ID., Esth. II, 1]
Ô crainte, a dit mon père, indigne, injurieuse ! [ID., Athal. V, 1]
Dans le temps même qu'on examinait cette affaire, on apprit la manière indigne dont Charès avait été reçu par les alliés [ROLLIN, Hist. anc. Œuv. t. VI, p. 99, dans POUGENS]
Bayle examine ensuite si l'idolâtrie est plus dangereuse que l'athéisme ; si c'est un crime plus grand de ne point croire à la divinité que d'avoir d'elle des opinions indignes [VOLT., Dict. phil. Athéisme.]
Communion indigne, communion qui n'est pas faite avec les dispositions requises.
Indigne est quelquefois une épithète que l'on se donne par humilité. Signé : Un tel, prêtre indigne. J'osai, moi indigne, retoucher son ouvrage.
Arrêtons ici, chrétiens, et vous, Seigneur, imposez silence à cet indigne ministre [Bossuet lui-même] qui ne fait qu'affaiblir votre parole ; parlez dans le cœur, prédicateur invisible.... [BOSSUET, Anne de Gonz.]
Indigne, en bonne part, signifiant qui ne mérite pas un reproche, un mauvais sort, etc.
....Un cavalier indigne des liens Où l'a mis aujourd'hui la trahison des siens [CORN., Clit. V, 5]
Sa perte est de ses faits un indigne salaire [ROTROU, Bélis. V, 6]
Ménécée, en un mot, digne frère d'Hémon, Et trop indigne aussi d'être fils de Créon [RAC., Théb. III, 3]
Indigne également de vivre et de mourir, On l'abandonne aux mains qui daignent le nourrir [ID., Bajaz. I, 1]
Si vous daigniez, seigneur, rappeler la mémoire Des vertus d'Octavie indignes de ce prix [ID., Brit. III, 1]
Il est indigne qu'on lui fasse des reproches [, Dict. de l'Acad. de 1762]
S. m. et f. Un indigne, une indigne, une personne vile et sans mérites.
D'où il s'ensuit qu'ils [le corps et le sang de Jésus-Christ] y sont [dans le pain et le vin] non-seulement pour les dignes, mais encore pour les indignes [BOSSUET, Var. XI, § 185]
Ce n'est pas que Jésus-Christ ne nous donne la propre substance de sa chair indépendamment de notre foi ; car il la donne, selon Calvin, même aux indignes ; mais c'est qu'il ne sert de rien de recevoir sa chair, si on ne la reçoit avec son esprit [ID., ib. IX, § 55]
Un bienfait qui tombe sur un indigne [LA BRUY., IV]
Ah ! l'indigne ! ah ! l'ingrat ! [GOLDONI, Bourru bienfaisant, II, 13]

REMARQUE

  • Indigne se prend proprement en mauvaise part : on est indigne du bien et non pas du mal ; on dit : il est indigne de vos bontés, et non il est indigne de punition ; cependant les exemples rapportés au n° 7 montrent que la signification en bonne part n'est pas étrangère à indigne, et qu'en quelques cas bien choisis on peut en user.

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Indigne et barbare cruauté [la mort de Marie Stuart] [MONT., I, 66]
    Les ames bastardes et vulgaires sont indignes de la philosophie [ID., I, 150]
    Je responds des songes et bestises indignes d'un enfant [ID., III, 277]
    Une accusation indigne de response [ID., IV, 203]

ÉTYMOLOGIE

  • Lat. indignus, de in.... 1, et dignus, digne.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

  • INDIGNE. - HIST. Ajoutez :
  • XIIe s.
    Ceste meisme parole ke nos est endigne [, li Dialoge Gregoire lo pape, 1876, p. 141]

indigne

INDIGNE. adj. des deux genres. Qui n'est pas digne de quelque chose. Il est indigne des grâces que vous lui faites. Il est indigne de vivre. Il s'est rendu indigne de vos bienfaits. Puisque vous le jugez indigne de votre confiance. Il est indigne de créance, de foi. Il est indigne du rang qu'il occupe. Il est indigne qu'on lui témoigne le moindre intérêt. Un fils indigne de son père. Un crime, une faute indigne de pardon. Cet ouvrage est indigne de votre attention.

Il se dit particulièrement, en termes de Jurisprudence, de Ceux qui, pour avoir manqué à quelque devoir essentiel envers une personne, de son vivant ou après sa mort, sont privés de sa succession. Ceux que la loi déclare indignes de succéder, déclare indignes.

INDIGNE est quelquefois Un titre que l'on se donne par humilité, surtout dans les formules de politesse. Serviteur indigne. J'osai, moi indigne, retoucher son ouvrage.

INDIGNE signifie aussi Qui n'est pas séant, convenable, ou même Qui est condamnable. Une telle conduite est indigne d'un homme d'honneur. Ces paroles sont indignes de vous. Cela est indigne de votre rang. C'est une chose indigne. C'est une conduite indigne. Traitement indigne. Un indigne attachement. Une tenue indigne. C'est un livre indigne. Femme indigne. Homme indigne, et elliptiquement Un indigne. Des indignes.

Communion indigne, Communion qui n'est pas faite avec les dispositions requises.

indigné

Indigné et courroucé, Indignans, Indignatus, Indignabundus.

indigne

Indigne, Indignus.

indigne


INDIGNE, adj. INDIGNEMENT, adv. INDIGNITÉ, s. f. [Indig-ne, neman, nité: mouillez le g; 3e e muet aux 2 1ers.] Indigne. 1°. En parlant des persones, qui n'est pas digne, qui ne mérite pas. "Il est indigne de cette faveur, indigne de voir la lumière du jour. — S. m. (St. famil.) C'est un indigne. = 2°. En parlant des chôses; qui ne convient pas au rang, au caractère. "Cela est indigne d'un honête homme, d'un homme de qualité. = 3°. Condamnable. Il se dit alors sans régime. "Traitement indigne, action indigne.
   REM. Indigne, se prend toujours en mauvaise part. On est indigne du bien et non pas du mal. Pour signifier donc que quelqu'un ne méritait pas les malheurs qu'il essuie, on ne doit pas dire qu'il en était indigne. Ainsi Racine a employé une expression impropre, quand il a dit dans Les Frères Enemis:
   Ménécée, en un mot, digne frère d'Hémon,
   Et trop indigne aussi d'être fils de Créon.
M. De Wailly fait la même remarque d'après l' Auteur des Réflexions. On dit, il est indigne de vos bontés, de pardon; mais on ne dirait pas bien, il est indigne de punition, de mort; il faut dire: il ne mérite pas d'être puni, de mourir. = * M. l'Ab. Royou, par distraction, a employé indigne pour incapable, ou il a transposé l'aplication de cet adjectif. "Je suis indigne de ces lâches ménagemens. Journ. de Mons. Il veut dire qu'il n'en est pas capable, ou qu'ils sont indignes de lui.
   INDIGNEMENT, a raport au 3e sens d'Indigne. "On l'a traité indignement. "S' acquiter de son emploi indignement.
   INDIGNITÉ, qualité de ce qui est indigne. "Il fut exclus de cette charge à caûse de son indignité, de l'indignité de sa persone, de sa profession. = Énormité. "L'indignité de cette action a révolté tout le monde. = Outrage, afront. "C'est une indignité; traiter avec indignité. = Il n'a de pluriel que dans ce dernier sens. "Il a soufert mille indignités de votre part. — Hors de-là, on dit à plusieurs comme à un seul, votre indignité et non pas vos indignités.

Traductions

indigne

מביש (ת)

indigne

malinda

indigne

[ɛ̃diɲ] adjunworthy
indigne de → unworthy of