jeûne

jeûne

[ ʒøn] n.m. [ de jeûner ]
Privation d'aliments : Ces jeûnes successifs l'ont épuisé
Jeûne fédéral,
en Suisse, fête religieuse consacrée à l'amour de la patrie, fixée au troisième dimanche de septembre.

jeûne

(ʒøn)
nom masculin
fait de se priver de nourriture le jeûne du carême, du ramadan faire un jeûne de protestation

JEÛNE

(jeû-n') s. m.
Abstinence d'aliments. Un trop long jeûne est nuisible à l'estomac.
Vous leur faites observer [à vos chevaux] des jeûnes si austères que ce ne sont plus rien que des idées ou des fantômes, des façons de chevaux [MOL., l'Avare, III, 5]
Fig. Toute espèce de privation. Ne pas pouvoir lire est un véritable jeûne pour l'esprit.
Nous avons été jusqu'ici dans un jeûne effroyable de divertissements [MOL., Préc. 10]
Particulièrement. Pratique religieuse, acte de dévotion qui consiste à s'abstenir d'aliments par mortification.
Il fit publier un jeûne dans le royaume de Juda [SACI, Bible, Paralip. II, XX, 3]
Savez vous quel est le jeûne que j'aime, dit le Seigneur : délivrez ceux qui sont détenus dans les prisons ; déchargez.... [BOSSUET, Polit. VII, III, 11]
Les jeûnes, si fréquents et si rigoureux [en Russie], incommodaient trop les troupes et les rendaient souvent incapables d'agir [FONTENELLE, Czar Pierre.]
Le jeûne était établi chez plusieurs peuples, et chez les Juifs et chez les chrétiens ; Mahomet le rendit très sévère en l'étendant à un mois lunaire, pendant lequel il n'est pas permis de boire un verre d'eau ni de fumer avant le coucher du soleil [VOLT., Mœurs, 7]
Par quels jeûnes cruels son corps s'est-il usé ? [C. DELAV., Paria, II, 2]
Le jeûne des catholiques, qui consiste à s'abstenir de viande en ne faisant qu'un repas dans toute la journée, soit à dîner avec une légère collation à souper, soit à souper avec une légère collation à dîner.
Si j'ai vingt et un ans et qu'il soit demain jeûne [PASC., Prov. V]
Vous en pourriez boire sans rompre le jeûne [ID., ib.]
L'on dit que vous faites imprimer des almanachs particuliers où vous faites doubler les quatre-temps et les vigiles, afin de profiter des jeûnes où vous obligez votre monde [MOL., l'Av. III, 5]
Les jeûnes y [dans les observances de l'Église] sont mêlés dans les temps convenables, afin que l'âme, toujours sujette aux tentations et aux péchés, s'affermisse et se purifie par la pénitence [BOSSUET, Mar.-Thér.]
À présent, les fidèles se réjouissent après le carême [au dimanche de Pâques], il n'est que trop vrai ; mais ce n'est pas vous, mon Sauveur, qui faites leur joie ; on se réjouit de ce qu'on pourra faire bonne chère en toute licence ; plus de jeûnes, plus d'austérités... [BOSSUET, 1er sermon, Pâques, 1]
Vous savez mieux que moi qu'il y a de la différence des jeûnes de règle à ceux de l'Église [MAINTENON, Lett. à Mme de la Viefville, 2 nov. 1705]
Il reprit sa vie ordinaire [après un jeûne], et, au bout de quatre jours, il avait regagné quatre livres ; ce qui marque qu'en huit ou neuf jours il aurait repris son premier poids, et qu'on répare facilement ce que le jeûne a dissipé [FONTEN., Dodart.]
Le jeûne chez les protestants, qui diffère de celui des catholiques en ce que les protestants peuvent manger de la viande, mais ne peuvent manger qu'après le soleil couché. On dit d'une chose qui ennuie, qu'elle est longue comme un jour de jeûne.

PROVERBES

  • Il a bien fait des jeûnes qui n'étaient pas de commandement, se dit de quelqu'un qui a souffert de grandes privations, beaucoup de misère.
  • Double jeûne, double morceau.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Et li reis en out forment grant poür, e out toute sa fiance en nostre seignur, e fist faire junie par tut Juda [, Rois, p. 340]
  • XVe s.
    Je suis quitte de chacune jeune qu'un autre feroit pour moi, comme si je la faisois [LOUIS XI, Nouv. C]
  • XVIe s.
    Il n'avoit que la peau seulement animée, Sa bouche d'un long jeun palissoit affamée [RONS., 848]
    Ce morceau rompit le jeusne de la trefve, et empescha un plus grand exploict [D'AUB., Hist. I, 227]
    Jours de jeune, quand l'homme est sain, sont très mauvais pour le pain [LEROUX DE LINCY, Prov. t. I, p. 31]
    Le liquide ne rompt point le jeune [ID., ib. p. 32]

ÉTYMOLOGIE

  • Lat. jejunium, jeûne, de jejunus. Les étymologistes considèrent jejunus comme un participe comparable à Neptunus (Neptumnus, en grec), et répondant à une forme sanscrite fictive yayamana, qui a dompté (sa faim), venant de l'intensif yayam, réduplicatif de yam, dompter.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

  • JEÛNE. - HIST. XIIe s. Ajoutez :
    Science appareilhet en son jor convive [le repas], quant ele sormontet la jeüne d'ignorance [, li Dialoge Gregoire lo pape, 1876, p. 349]

jeune

JEUNE. adj. des deux genres. Qui n'est guère avancé en âge. Un jeune enfant. Un jeune homme. Une jeune fille. Une jeune personne. Une jeune femme. Je l'ai connu tout jeune. Il s'est marié très jeune. Un jeune ménage. Il fait le jeune homme. Elle fait la jeune, mais elle ne l'est plus. Il commence à n'être plus jeune. Il est jeune d'âge et vieux d'expérience. Un jeune coeur s'enflamme aisément. Ce sont des jeunes gens. C'est un jeune fou, un jeune étourdi. Il est plus jeune, il est moins jeune que moi de deux ans. Un homme jeune n'est pas un jeune homme.

Il se dit quelquefois par rapport aux Emplois, aux dignités qu'on ne donne ordinairement qu'à des hommes faits ou à des personnes déjà avancées en âge. Il est trop jeune pour un emploi si important. Il a été élu académicien bien jeune. Il fut maréchal de France très jeune. Il a été célèbre très jeune.

JEUNE se dit aussi de Ce qui appartient, de ce qui est propre à une personne jeune. De jeunes désirs. De jeunes ardeurs. Cette pensée enflammait son jeune courage.

Le jeune âge, L'âge, le temps où l'on est jeune. Dés son plus jeune âge. Dans mon jeune âge. On dit de même, surtout en poésie, Jeunes ans, jeunes années, jeune saison. On dit encore Cette couleur est jeune, Elle ne convient qu'à des personnes jeunes. Cette couleur est trop jeune pour moi. Fam., Cela fait jeune.

JEUNE se dit particulièrement pour Cadet, par opposition à Aîné. Un tel, le jeune. Dubois jeune, pharmacien.

Il se dit aussi, par opposition à Ancien, pour distinguer certains personnages historiques. Pline le Jeune, Denys le Jeune. La Jeune France, Les nouvelles générations de la France.

JEUNE se dit, par extension, de Celui qui a encore quelque chose de l'ardeur, de la vivacité et de l'agrément de la jeunesse. Il ne vieillit point, il est toujours jeune. On le dit, dans le même sens, de l'Air, du caractère des personnes. Il a le visage aussi jeune que s'il n'avait que vingt ans. Avoir la voix jeune. Il a toujours l'esprit jeune, l'humeur jeune, le coeur jeune.

Avoir encore le goût jeune, les goûts jeunes, se dit d'une Personne avancée en âge qui conserve les inclinations de la jeunesse.

Il signifie quelquefois Qui est étourdi, évaporé, qui n'a point encore l'esprit mûr. Mon Dieu, qu'il est jeune!

JEUNE se dit également en parlant des Animaux, des plantes, des arbres, par rapport à l'âge qu'ils vivent ordinairement. Un jeune chien. Un jeune chat. Un jeune oiseau. Un jeune coq. Un jeune chêne. Un jeune bois. Une jeune plante.

Il se dit particulièrement, dans l'Administration forestière, des Baliveaux de l'âge du taillis, par opposition aux baliveaux modernes, qui ont deux ou trois âges, et aux baliveaux anciens, qui ont plus de trois âges.

jeûne

JEÛNE. n. m. Abstention totale d'aliments. Un trop long jeûne affaiblit la santé.

Il se dit quelquefois figurément et familièrement de Toute espèce d'abstention. Depuis un mois, mon médecin m'a défendu de rien lire, c'est un trop long jeûne qu'il m'a imposé.

Il se dit spécialement d'une Pratique religieuse, d'un acte de dévotion, qui consiste à s'abstenir d'aliments par esprit de mortification. L'usage du jeûne est de la plus haute antiquité. Le jeûne des Turcs pendant la fête du Ramadan. Le jeûne des brahmanes. Rompre son jeûne. Jeûne volontaire.

Il se dit particulièrement du Jeûne des catholiques, qui consiste à s'abstenir de viande en ne faisant qu'un repas dans toute la journée, soit à déjeuner avec une légère collation à dîner, soit à dîner avec une légère collation à déjeuner. Le jeûne est de précepte ecclésiastique. Le jeûne du carême. Jours de jeûne. Un jeûne ordonné par l'Église. Il y a dans l'année moins de jeûnes qu'autrefois.

jeune

Un Jeune garson, Iuuenis. Rectius Juene, Expuncto secundo u, superest Iuenis. Picard Jovene.

Un jeune fils depuis douze ans jusques à vingt et un, Adolescens.

Un petit jeune fils, Adolescentulus.

Une petite jeune fille, Adolescentula.

Le plus jeune et le puisné, Minor filius.

Qui estoit un peu plus jeune, Paulo aetate posterior.

Le plus jeune de tous, Minimus natu.

Jeune de meurs, Adolescens moribus.

Estre trop jeune pour faire quelque chose, Per aetatem non posse.

De son jeune aage, Ineunte aetate.

Estant encore jeune, Teneris adhuc annis.

Qui appartient à jeunes gens, Iuuenilis.

A la façon de jeunes gens, Iuueniliter.

Une assemblée de jeunes gens, Iuuentus.

Jeunes Advocats, Sacramento rogati tyrones. B.

jeune


JEUNE, adj. JEUNEMENT, adv. JEUNESSE, s. f. JEUNET, ETTE, adj. [Ils difèrent des précédens, en ce que l'eu n' y est pas long, et ne porte pas par conséquent d'accent circonflexe: 2e e muet aux deux premiers, è moyen aux trois derniers: ne, neman, nèce, , nète.] Jeune, est 1°. en parlant des persones, qui n'est guère avancé en âge. "Un jeune enfant, un jeune garçon, un jeune homme. "Une jeune fille, une jeune persone, une jeune femme. = Qui a encôre quelque chôse de la vigueur et de l'agrément de la jeunesse: il ne vieillit point: il est toujours jeune. "Avoir la voix, l'esprit, l'humeur jeune; le goût encôre jeune. = Étourdi, évaporé. "Il est bien jeune: il sera long-tems jeune. = Jeune se dit quelquefois pour cadet. "Un tel, le jeune. — Il se dit aussi pour distinguer deux persones de la même profession, et qui ont le même nom. = 2°. En parlant des animaux, il se dit par raport à l'âge, qu'ils ont acoutumé de vivre. "Un jeune chat, un jeune chien, un jeune coq, etc. = 3°. On le dit de même des arbres et des plantes. "Un jeune chêne: un jeune plant: une jeune vigne.
   JEUNEMENT, est un terme de chasse. Nouvellement. "Un cerf de dix cors jeunement. — Ce mot n'est point usité dans le langage comun. On ne dit point: il parle, il se conduit jeunement.
   JEUNESSE; cette partie de l'âge de l'homme, qui est entre l'enfance et l'âge viril. "Dans sa première, dans sa verte jeunesse. "Jeunesse est forte à passer; dans la jeunesse on a bien de la peine à modérer ses passions. = Jeunesse, les enfans, les jeunes gens. "Enseigner, élever, corriger la jeunesse: "Il ne faut pas doner tant de liberté à la jeunesse — "Toute la jeunesse de la Ville étoit à cette fête. * Le Peuple à Paris, et dans plusieurs Provinces, dit, une jeunesse, pour, une jeune fille. "Une jeunesse, comme vous, vendre comme ça toutes ses nipes, et en cachette, ça sonne mal. Th. d'Éduc. "Mde Dupré n'aime pas que des jeunesses comme nous, sortent souvent. Ibid. = Jeunesse se dit quelquefois des folies des jeunes gens. "C'est une jeunesse bien pardonable. "Il a fait bien des jeunesses.
   JEUNET, extrêmement jeune. st. famil. "Il est tout jeunet; elle est bien jeunette, toute jeunette.
   Fille connoy, qui ne sont pas jeunettes,
   À~ qui cette eau de jouvence viendroit
   Fort à propos.
   Rem. 1°. Quand jeune est précédé de l'article, il a des sens diférens, suivant qu'il est placé devant ou après le substantif. Le jeune Scipion signifierait que Scipion n'était pas âgé: Scipion le jeune se dit pour le distinguer de l'ancien. Vertot n'a pas fait cette distinction. "Il s'étoit signalé à la guerre de Numance, sous les ordres du jeune Scipion. Révol. Rom. Il falait là, de Scipion le jeune.
   2°. Quand il est seul, il se met toujours devant le substantif: jeune Médecin, et non pas un Médecin jeune. Joint à un adverbe de comparaison, comme très, fort, bien, etc. il se met avant ou après. "C'est un fort jeune, un très-jeune Avocat, ou un Avocat très-jeune, fort jeune, etc.
   3°. L'Ab. Prévot fait de jeune un subst. pour signifier les petits des animaux. "On assure que les femelles (des chameaux) portent leurs jeunes une année presque entière. Jeunes, en ce sens, est un barbarisme. On dit, leurs petits. — D'autres Auteurs se sont servi de jeunes en ce sens.
   4°. On dit, jeune homme au singulier, et jeunes gens au pluriel, plutôt que jeûnes hommes. Voy. HOMME et GENS. — Au reste, on doit dire, des jeunes gens, et non pas de jeunes gens, comme on dit, des petits-maîtres, et non pas de petits-maîtres. "Je ne puis l'empêcher de vivre avec des jeunes gens de son âge. Th. d'Éduc. = * Jeune homme, pour, garçon: "Il est encor jeune homme, il n'est pas encor marié. C'est un vieux jeune homme, un jeune homme de cinquante ans. "Il y avoit dans cette assemblée, un jeune homme et trois hommes mariés: ce sont autant de gasconismes.
   5°. Jeunesse et jeunet ne se disent que des persones. On dit un jeune chien, un jeune arbre; et on ne dit pas, la jeunesse d'un chien, d'un arbre, ni, ce chien, cet arbre est jeunet. Le diminutif pourrait plutôt se dire des animaux, dans le style badin, dans une fâble, par exemple: mais on ne le dirait pas des plantes.

Synonymes et Contraires

jeûne

nom masculin jeûne
Privation d'aliments.
Traductions

jeûne

fast, fasting

jeûne

ayuno

jeûne

digiuno

jeûne

Fasten

jeûne

vasten

jeûne

禁食

jeûne

금식

jeûne

Fasting

jeûne

[ʒøn] nmfast
jeune adulte nm/f → young adult
jeune femme nfyoung woman
jeune fille nfgirl
jeune homme nmyoung man
jeune loup nm (fig) → young go-getter
jeune premier nmleading man