joué, ée

JOUÉ, ÉE

(jou-é, ée) part. passé de jouer
Qui est fait, en parlant d'un jeu, d'une partie, d'un coup. Une partie heureusement jouée.
Le plus grand jeu joué dans cette intention [de ne pas médire] Peut même devenir une bonne action [BOILEAU, Sat. X]
Au jeu de dames, de trictrac, dame touchée, dame jouée, c'est-à-dire lorsqu'on a touché une dame, on est obligé de la jouer.
Hasardé au jeu. De grosses sommes jouées et perdues.
Trompé, abusé. Indignement joué par une femme en qui il avait mis sa confiance.
Exécuté sur un instrument. Une sonate jouée sur le piano.
Représenté sur un théâtre. La pièce nouvelle jouée hier aux Français. Il se dit d'un personnage.
Si ce personnage d'amant malheureux n'eût duré que peu de temps, on l'aurait cru joué ; mais plus de quinze ans de suite il a été le même [MARMONTEL, Mém. V]
Fig. Simulé.
Pour moi, je crois que tout est réglé et joué, et qu'ils nous apporteront quelque grâce [SÉV., 233]
Cela n'était point joué, car le corps entier du peuple n'affecte ni ne dissimule [MONTESQ., Rom. 14]
Tourné en ridicule. Les médecins joués par Molière.
Tous ceux qui sont au fait de l'histoire littéraire de ce temps-là, savent que Ménage y est joué [dans les Femmes savantes] sous le nom de Vadius, et que Trissotin est le fameux abbé Cotin, si connu par les satires de Despréaux [VOLT., Vie de Molière.]