léonin, ine

LÉONIN, INE1

(lé-o-nin, ni-n') adj.
Propre au lion. Fig. Société léonine, société où tous les avantages sont pour un ou pour quelques-uns des associés, au détriment des autres ; locution tirée de la fable où le lion, étant en association avec d'autres animaux, s'adjuge à lui seul toutes les parts d'un butin. On dit dans le même sens : une maxime léonine ; une politique léonine ; un contrat léonin. Fig. Une part léonine, la part du lion.

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Mais en touchant la robe leonine... [RONSARD, 950]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. leonin ; espagn. et ital. leonino ; du lat. leoninus, de leo, leonis, lion.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    1. LÉONIN. Ajoutez :
    En bonne part, qui a la force du lion.
    M. Gladstone, qui a donné sa démission de chef de parti, mais qui fait des rentrées léonines dans les discussions et en prend d'emblée la direction [J. LEMOINNE, Journ. des Débats, 27 mars 1876, 1re page, 3e col.]

LÉONIN, INE2

(lé-o-nin, ni-n') adj.
Vers léonins, vers latins dont les deux césures riment ensemble.
Dans l'ancienne littérature française, vers léonins, vers dans lesquels une même consonnance se reproduit deux ou trois fois. Rimes léonines, rimes extrêmement riches, dont la similitude s'étend jusqu'à la pénultième et même à l'antépénultième syllabe.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    De conter un conte par rime U consonant u lionime [CHRESTIEN DE TROIES, dans Chroniques anglo-normandes. t. III, p. 39]
  • XIVe s.
    L'un [mètre] est de rime serpentine, L'autre equivoque ou leonine [MACHAUT, p. 9]
    ....Sa rime, Qu'est consonant ou lionime [GUIART, dans DU CANGE, leonini.]
  • XVe s.
    Ceste balade est moitié leonime et moitié sonant, si comme il appert par monde, par onde, par homme, par Romme, qui sont plaines syllabes et entieres ; et les autres sonans tant seulement où il n'a point entiere sillabe, si comme clamer et oster, où il n'a que demie sillabe, ou si comme seroit presentement et innocent ; et ainsi es cas semblables puet estre congneu qui est leonime ou sonnant [E. DESCH., l'Art de dicter et faire chansons, etc. dans Poésies mss. f° 396]
  • XVIe s.
    Or convient il maintenant parler des differences des rithmes en fin de ligne ; et premierement de rithme et termineson leonine, qui est la plus noble des ritmes, ainsi que le lyon est le plus noble des bestes [FABRI, Art de rhétor. livre II, f° 6, éd. de Rouen, 1521, in-4°.]

ÉTYMOLOGIE

  • On ne sait ni quand a commencé cette espèce de vers, ni à qui en attribuer l'origine. On a parlé d'un certain Leoninus, du XIVe siècle, qui a fait beaucoup de vers latins léonins.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    2. LÉONIN. - HIST. Ajoutez :
  • XIIIe s.
    Que li vers soient mis en rime, Ou consonant ou leolime [, Bibl. des ch. 1873, p. 11]
  • ÉTYMOLOGIE

    • Ajoutez : D'après Huet, les vers léonins ont été ainsi nommés de Léon, poëte, chanoine de Saint-Victor de Paris, qui vécut sous Louis le Jeune et Philippe Auguste, vers l'an 1154, Huetiana, p. 192.