languissant, ante

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LANGUISSANT, ANTE

(lan-ghi-san, san-t') adj.
Qui languit. Un malade languissant.
Un excès de plaisir nous rend tous languissants, Et, quand il surprend l'âme, il accable les sens [CORN., Cid, IV, 5]
La pauvre Madelonne [Mme de Grignan] est toujours languissante ; sa mauvaise santé fait le plus grand chagrin de ma vie [SÉV., 27 fév. 1679]
Substantivement.
L'on m'oblige de faire résonner à vos oreilles les gémissements des infirmes et les plaintes des languissants [BOSSUET, 1er sermon, Fête de tous les saints, préambule]
Même sens, en parlant de choses.
Ma santé est toujours languissante ; mon tempérament a toujours été assez délicat ; l'âge et les chagrins ne le fortifient pas [MAINTENON, Lett. au duc de Noailles, 9 juin 1703]
Hélas ! servez de guide à mes pas languissants ! [VOLT., Fanat. IV, 4]
J'ai senti ranimer ma force languissante [ID., Orph. I, 2]
Cet amour, dites-vous, qui vous touche pour elle, Fut d'un feu passager la légère étincelle ; Ses imprudents refus, la colère et le temps En ont éteint dans vous les restes languissants [ID., ib. III, 4]
Je cours y ranimer sa languissante vie [ID., ib. IV, 6]
Rien de sa languissante vie Ne peut ranimer le flambeau ; Sa jeunesse sera flétrie Avant l'herbe de la prairie, Avant le pampre du coteau [MILLEV., Chute des feuilles.]
Ma sœur, ce vase échappe à vos bras languissants [C. DELAV., Paria, II, 6]
Regards languissants, regards qui marquent beaucoup d'abattement ou beaucoup d'amour.
Qui est sans vivacité ni ardeur.
Celle [ardeur] qui vous pressait de courir au baptême, Languissante déjà, cesse d'être la même [CORN., Poly. I, 1]
Ne soyez pas prompt à parler et languissant à faire [BOSSUET, Polit. V, II, 8]
Ainsi parle un esprit languissant de mollesse [BOILEAU, Sat. IX]
Je m'agite, je cours, languissante, abattue [RAC., Bérén. IV, 1]
Il se dit aussi des choses en ce sens.
On me promettait 1400 livres à Paris le 20e du mois passé, dont je n'ai point encore entendu parler.... ces manières lentes et languissantes me déplaisent fort [SÉV., (sans date) n° 1397, éd. RÉGNIER.]
Que ne puis-je moi-même, Échauffant par mes pleurs ses soins trop languissants, Mettre dans ses discours tout l'amour que je sens ? [RAC., Baj. IV, 1]
Qui n'a ni force ni vivacité, en parlant des ouvrages d'esprit.
Épier si des vers la rime est brève ou longue, Ou bien si la voyelle, à l'autre s'unissant, Ne rend point à l'oreille un vers trop languissant [RÉGNIER, Satires, le Critique outré.]
Bienheureux Scudéry, dont la fertile plume Peut tous les mois sans peine enfanter un volume ; Tes écrits, il est vrai, sans art et languissants, Semblent être formés en dépit du bon sens [BOILEAU, Sat. II]
Le faux est toujours fade, ennuyeux, languissant [ID., Ép. IX]
Qui est sans activité, sans mouvement, en parlant des choses. Des affaires languissantes. Une conversation languissante.
Un amusement languissant l'ennuiera [PASC., dans COUSIN]

SYNONYME

  • LANGUISSANT, LANGOUREUX. Ces deux mots ne diffèrent que parla finale, le radical est le même. Ils ne sont synonymes que quand il s'agit de la langueur d'amour. Des regards languissants peuvent l'être soit par souffrance, soit par amour ; des regards langoureux n'ont que le dernier sens. En outre, l'usage a mis à langoureux une certaine nuance de moquerie qui n'est pas dans languissant. Il faut ajouter qu'appliqués aux vers, ces deux mots ont des sens très différents : langoureux signifie qui affecte la langueur d'amour ; des vers langoureux ne sont pas du tout des vers languissants, quoiqu'ils puissent l'être s'ils sont mauvais ou insignifiants.

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Et ces beaux yeux clers et resplendissans, Qui m'ont navré, deviennent languissens [MAROT, II, 274]
    Fais le begue et le las d'une voix molle et claire, Ouvre ta languissante et pesante paupiere [D'AUBIGNÉ, Tragiques, II]