lanterne

lanterne

n.f. [ lat. lanterna ]
1. Boîte à parois transparentes qui abrite une source de lumière : Ils ont des lanternes pour éclairer le jardin le soir.
2. Signal lumineux à l'avant ou à l'arrière du dernier véhicule d'un train : La lanterne rouge d'un convoi.
3. En architecture, petit dôme percé de baies, couvrant un bâtiment ou une partie de bâtiment : Lanterne d'escalier.
Éclairer la lanterne de qqn,
lui fournir des explications pour qu'il comprenne.
La lanterne rouge,
le dernier d'une course, d'un classement.
Lanterne magique,
instrument d'optique utilisé autref. pour projeter l'image agrandie de figures peintes sur un support transparent.
Lanterne vénitienne,
lanterne en papier translucide et colorié, employée dans les fêtes, les illuminations
lampion

lanternes

n.f. pl.
Feux de position d'un véhicule automobile

lanterne

(lɑ̃tɛʀn)
nom féminin
1. boîte qui laisse passer la lumière qu'elle contient les lanternes du jardin
2. figuré personne qui arrive en dernier Je suis toujours la lanterne rouge dans les courses de vélo.

LANTERNE

(lan-tèr-n') s. f.
Boîte garnie d'une substance transparente, corne ou vitres, où l'on enferme une chandelle, de peur que le vent ne l'éteigne. Une lanterne en corne. Les vitres d'une lanterne. Il fait du vent, prenez une lanterne.
Le roi arriva hier au soir à Chantilly ; il courut un cerf au clair de la lune ; les lanternes firent des merveilles [SÉV., 24 avr. 1671]
Fig. Diogène cherchait en plein midi, une lanterne à la main, un homme à Corinthe ; de là l'emploi figuré de lanterne pour instrument de recherche, mais seulement quand il s'agit des caractères, des mœurs, des habitudes des gens.
Connaissez les humeurs qu'il [le ciel] verse dessus nous, Ce qui se fait dessus, ce qui se fait dessous ; Portez une lanterne aux cachots de nature [RÉGNIER, Sat. IX]
J'ai pris cent et cent fois la lanterne en la main [ID., ib. XI]
Cependant, lorsque aux yeux leur portant la lanterne, J'examine au grand jour l'esprit qui les gouverne [BOILEAU, Sat. X]
Lanterne en main, dans l'Athènes moderne, Chercher un homme est un dessein fort beau [BÉRANG., Nouv. Diog.]
Fig. Il veut faire croire que des vessies sont des lanternes, c'est-à-dire il veut faire croire des choses absurdes et bizarres.
Quand ma vessie me fait souvenir qu'elle n'est pas une lanterne, comme dit le proverbe, je relis les lettres du roi philosophe [D'ALEMB., Lett. au roi de Prusse, 3 mars 1782]
Lanterne sourde, sorte de lanterne faite de manière que celui qui la porte voit sans être vu, et qu'il en cache entièrement la lumière à volonté.
Celui qui tient une lampe est vu plutôt qu'il ne voit, à moins qu'il n'ait une lanterne sourde [VOLT., Philos. Bible expl. Juges, note o.]
Lanterne magique, instrument d'optique qui, au moyen de lentilles et de verres peints, fait voir différents objets grossis sur une toile ou sur une muraille blanche. Montrer la lanterne magique.
Il [le singe] n'avait oublié qu'un point, C'était d'éclairer sa lanterne [FLORIAN, Fables, le Singe qui montre la lanterne magique]
Fig. Oublier d'allumer la lanterne (par allusion à la fable de Florian), oublier de faire ce qui est nécessaire pour que l'on comprenne. Lanterne vive, ancien nom de la lanterne magique.
....Lanterne vive Où des oisons bridés, guenuches, éléphants, Chiens, chats, lièvres, renards et mainte étrange bête Courent l'une après l'autre.... [RÉGNIER, Sat. X]
Fig. et familièrement. C'est une lanterne magique, une vraie lanterne magique, c'est une société, une compagnie où un grand nombre de personnes ne font que passer, et se succèdent les unes aux autres. On dit dans le même sens : Le monde est une lanterne magique.
Nom que portèrent dans le principe les réverbères des rues de Paris.
Je montrerai les baux de mes maisons [à Paris], je produirai mes quittances des boues et lanternes [SÉV., 13 avr. 1689]
Être à Paris en butte au public, j'aimerais mieux être une lanterne des rues exposée au vent et à la grêle [VOLT., Lett. d'Argental, 22 juill. 1752]
Pendant la Révolution française, mettre à la lanterne, se servir des cordes des réverbères pour pendre ceux que désignait la fureur populaire. À la lanterne ! cri sauvage, pendant la révolution, par lequel on appelait la vengeance populaire sur quelqu'un. On criait : L'abbé Maury à la lanterne ! - Eh bien, répondit-il, quand vous m'aurez mis à la lanterne, y verrez-vous plus clair ?
L'île des Lanternes, nom donné par Rabelais à un pays fantastique habité par les faux savants. Au plur.
Lanternes, fadaises, contes absurdes, ridicules Voilà bien des lanternes, ma chère enfant ; mais toujours vous dire que je vous aime, que je ne songe qu'à vous, que je ne suis occupée que de ce qui vous touche, que vous êtes le charme de ma vie, que jamais personne n'a été aimée si chèrement que vous ; cette répétition vous ennuierait [SÉV., 20]
Le frater [M. de Sévigné] vous va conter des lanternes [ID., 244]
J'ai un grand dégoût pour les conversations inutiles qui ne tombent sur rien du tout, des oui, des voire, des lanternes où l'on ne prend aucune sorte d'intérêt [ID., 19 juin 1680]
Je suis très fâché qu'il y ait une ville en France, nommée Paris, où il soit permis à un Fréron d'insulter l'héritière du nom de Corneille ; on ne m'écrit sur cela que des lanternes [VOLT., Lett. Damilaville, 18 févr. 1761]
Tourelle ouverte par les côtés, et placée sur un dôme, sur le comble d'un édifice, etc. La lanterne du dôme des Invalides. Lanterne de Démosthène, petit monument antique d'Athènes, qui a la forme d'une tourelle soutenue par des colonnes. Lanterne de Diogène, nom donné abusivement à un monument qui est fait en imitation de la lanterne de Démosthène et placé dans le parc de Saint-Cloud ; il est orné de terres cuites moulées sur la tour des vents d'Athènes. Espèce de cage circulaire ou carrée, garnie de fenêtres et de vitraux, et placée au-dessus d'un édifice pour en éclairer l'intérieur par en haut. La lanterne de la salle de la Bourse.
Petit cabinet de menuiserie qu'on élève dans quelques lieux d'assemblée pour y placer des personnes qui veulent écouter sans être vues.
Nous avions des gens dans les lanternes qui ne manquaient pas de jeter des bruits de ce qui se passait dans la salle [RETZ, III, 43]
M. le prince de Conti gagna tout d'une voix son procès contre Mme de Nemours à l'audience de la grand'chambre ; j'étais dans la lanterne avec le prince de Conti [SAINT-SIMON, 33, 125]
[Mme de Maintenon] à la messe occupait une de ces petites tribunes en lanternes dorées qui ne semblaient faites que pour le roi et la reine [VOLT., Louis XIV, 27]
Terme d'essayeur d'or et d'argent. Espèce de petite armoire vitrée où l'on place les balances très fines, pour que l'action de l'air ne les fasse pas trébucher.
Partie de la crosse d'un évêque, ou du bâton d'un chantre, qui est à jour, et qui représente une espèce de cage.
10° Petite roue formée de plusieurs fuseaux dans laquelle engrènent les dents d'une autre roue. Roue de cric qui se trouve à la partie supérieure du madrier des plombiers. Terme d'horlogerie. Plaque de fer ronde, percée d'autant de trous que les pignons ont d'ailes.
11° Ancien terme d'artillerie. Sorte de grande cuiller avec laquelle, avant l'invention des gargousses, on portait la poudre au fond du canon.
12° Ancien terme de marine. Cylindre de bois ou de fer-blanc qui peut contenir une gargousse ou de la mitraille. Se dit aussi de la partie creusée sur l'avant de la mèche du gouvernail, pour laisser sous chaque gond le passage libre à la ferrure de l'étambot.
13° Instrument dont le gazier se sert pour enlever les soies de l'ourdissoir, et les porter sur les ensouples du métier de tisserand. Cage du moulin qui sert à ourdir les chaînes d'étoffes.
14° Chez les tourbiers, sorte de cône à jour que l'on fait avec la tourbe pour la conserver.
15° Champignon d'Amérique qui a la forme d'une sorte de cul-de-lampe, supporté par trois colonnes, de la famille des clathracées, laternea triscapa. Lanterne rouge, le clathre cancellé, même famille.
16° Nom marchand de plusieurs coquilles qui sont renflées, minces et un peu transparentes.
17° Lanterne d'Aristote, appareil de pièces calcaires qu'on trouve dans l'estomac des crustacés.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Où n'eüst cierge ou lanterne enfichée [, Roncis. 118]
  • XIIIe s.
    Li Turs tint sor le mur la lanterne embrasée ; Par devers la cité l'avoit bien aombrée, Et par devers l'eschiele fu la clartés tournée [, Ch. d'Ant. VI, 554]
  • XIVe s.
    Une lanterne d'argent doré [DE LABORDE, Émaux, p. 355]
  • XVIe s.
    Je fis faire grand nombre de lanternes de terre à certains potiers pour enfermer mes vaisseaux quand je les mettois au four [PALISSY, 318]
    Deux ou trois de ces lanternes (ainsi appelle-t-on telle charpenterie) mettra-on au colombier, s'il est basti en figure barlongue et s'il est grand et spacieux [O. DE SERRES, 388]
    Xenocles fut celuy qui feit la lanterne ou cul-delampe, qui couvre le sanctuaire [AMYOT, Péric. 28]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. esp. et ital. lanterna ; catal. llanterna ; du lat. lanterna ou laterna. On pourrait rapporter, et on a en effet rapporté laterna ( 1er a long) à latere (a bref, e long) ; ce serait lumière cachée, enfermée (Dux laterna viae clausis feror aurea flammis, MARTIAL, XIV, 61). Le suffixe erna se retrouverait dans cav-erna, etc. Mais l'a ( a long) fait grande difficulté, ainsi que an de lanterna. Pott préfère le tirer du mot grec signifiant flambeau.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    LANTERNE.
    Ajoutez :
  • Faire lanterne, se dit, en termes de peinture, d'ombres trop transparentes.
    La moitié du corps est baignée d'une ombre illuminée de reflets un peu trop transparents peut-être et qui, en certains endroits, font ce qu'on appelle lanterne [TH. GAUTIER, Moniteur universel, 9 mai 1868]

lanterne

LANTERNE. n. f. Sorte de boîte de verre, ou d'autre matière transparente, dans laquelle on enferme une lumière pour la protéger du vent. Lanterne ronde, carrée. Allumer, éteindre une lanterne. Lanternes de voiture. Lanterne à réflecteurs.

Lanterne sourde, Sorte de lanterne faite de manière que celui qui la porte voit sans être vu, et qu'il en cache entièrement la lumière à volonté.

Fig. et fam., Prendre des vessies pour des lanternes. Voyez VESSIE.

Mettre à la lanterne s'est dit populairement, dans la Révolution, pour Pendre quelqu'un aux cordes d'un réverbère, sorte d'assassinat dont on cite de nombreux exemples dans les émeutes de 1789 à 1793. La populace en réclamant ces exécutions avait l'habitude de crier : À la lanterne!

Lanterne magique, Instrument d'optique qui, au moyen de lentilles et de verres peints, projette des images sur une toile ou sur une muraille blanche. Montrer la lanterne magique. Fig. et fam., C'est une lanterne magique, une vraie lanterne magique, se dit d'une Réunion où un grand nombre de personnes ne font que passer et se succèdent les unes aux autres. On dit dans le même sens Le monde est une lanterne magique.

LANTERNE, en termes d'Essayeur d'or et d'argent, désigne une Espèce de petite armoire vitrée où l'on renferme à l'abri de l'air les trébuchets ou balances très sensibles.

En termes d'Architecture, il signifie Sorte de tourelle ouverte par les côtés, posée sur le comble d'un édifice et ordinairement au-dessus d'un dôme, d'une coupole. La lanterne du dôme des Invalides. Il se dit également d'une Espèce de cage circulaire ou carrée, garnie de fenêtres et de vitraux, et placée au-dessus d'un édifice pour en éclairer l'intérieur par en haut. La lanterne de la salle de la Bourse. Il se dit encore d'Espèces de loges placées dans quelques salles de réunions solennelles, et d'où, sans être vu, on peut voir et écouter. Lorsque le roi tenait un lit de justice, les dames se plaçaient dans les lanternes de la Grand-Chambre.

En termes de Mécanique, il désigne une Petite roue formée de plusieurs fuseaux, dans laquelle engrènent les dents d'une autre roue.

LANTERNES, au pluriel, se dit, figurément et familièrement, de Fadaises, de contes absurdes, ridicules. Tout ce qu'il nous a dit là, ce sont des lanternes. Conter des lanternes.

lanterne

Qui porte la lanterne devant son maistre, Laternarius.

lanterne


LANTERNE, s. fém. LANTERNER, v. neut. LANTERNERIE, s. f. LANTERNIER, NIèRE, s. m. et fém. [2e ê ouv. 3e e muet au 1er et au 3e, é fermé au 2d et au 4e, è moyen et long au 5e.] Lanterne, 1°. ustensile ou vâse où l'on met de l'huile, de la chandelle ou de la bougie pour éclairer, et qu'on suspend, ou qu'on porte à la main. "Lanterne de corne, de verre, de toile, etc. Allumer les lanternes. = 2°. En Architectûre, tourelle ouverte, mise sur un dôme ou sur le comble d'une maison. = 3°. Tribune grillée, d'où, sans être vu, l' on peut voir et écouter. "Au Parlement il y a des lanternes. = 4°. Lanterne magique, lanterne qui, par des verres disposés de certaine façon, fait voir diférens objets sur une toile ou sur une murâille blanche. = 5°. Lanternes~ ou lanterneries, fadaises, discours frivoles, contes impertinens. "Ce sont des lanternes. Dire des lanterneries. "Le moyen qu'ils vous laissent lire de telles lanterneries. Sév. = Lanterner, être irrésolu, perdre le tems en des chôses de rien. "Il ne fait que lanterner, et n'avance rien. — V. act. Fatiguer par des discours impertinens et hors de propôs. "Je ne sais ce qu'il me vient lanterner tous les jours. = Lanternier ne se dit point au propre, pour faiseur de lanternes. On ne le dit qu'au figuré: diseur de fadaises. "C'est un lanternier — Homme irrésolu, qui lanterne, avec qui l'on ne peut rien conclûre. "Ce n'est qu'un lanternier. "C'est un lanternier que son père, dont le style et la mauvaise volonté me mettent en colère. Sév. = Tous ces mots sont du style familier.

Traductions

lanterne

Laterne

lanterne

lantaarn

lanterne

fanal, llanterna, llanternó

lanterne

lanterno

lanterne

farol, linterna

lanterne

lanterna

lanterne

lanterna

lanterne

фонарь

lanterne

lampione

lanterne

Фенер

lanterne

燈籠

lanterne

[lɑ̃tɛʀn] nf
(portable)lantern
lanterne vénitienne → Chinese lantern
(électrique)light, lamp
[voiture] → (side)light
(fig) être la lanterne rouge → to come last