levée

Recherches associées à levée: lever, lever du soleil

levée

n.f.
1. Action d'enlever, de retirer : La levée d'une punition suppression
2. Action de faire cesser : La levée d'une séance clôture, fin, interruption
3. Action de recueillir, de collecter ; ce qui a été collecté : Levée des impôts perception, recouvrement
4. Enlèvement des lettres de la boîte par un préposé de l'administration des postes : La dernière levée a lieu à 19 heures.
5. Remblai de terre, de pierres, de maçonnerie élevé dans un but de défense ou de protection.
6. Ensemble des cartes jouées à chaque coup et ramassées par celui qui a gagné pli
Levée d'écrou
Levée de troupes,
enrôlement de soldats.
Levée du corps,
enlèvement du cercueil de la maison mortuaire ; cérémonie qui l'accompagne.
Levée en masse,
appel de tous les hommes valides pour la défense du pays.

levée

(ləve)
nom féminin
1. ramassage du courrier déposé dans les boîtes aux lettres Il n'y a pas de levée le samedi après-midi.
2. ensemble des cartes que l'on remporte faire trois levées
3. figuré manifestation de mécontentement Cette nouvelle mesure a provoqué une levée de boucliers chez les étudiants.

LEVÉE

(le-vée) s. f.
Action de lever, de hausser ; ne se dit guère que dans cette locution : levée de boucliers, démonstration par laquelle les soldats romains témoignaient leur résistance aux volontés de leur général. Fig. Levée de boucliers, opposition ou attaque contre une personne, contre un corps, faite avec éclat et sans succès.
Après toutes ces grandes levées de boucliers, François 1er, qui était sur les frontières du Piémont, s'en retourne [VOLT., Ann. Emp. Charles-Quint, 1538]
Fig.
Il [Achille Tatius] fait une grande levée de rhétorique dans tout ce procès de Thersandre [HUET, Origine des romans.]
Terme de marine. Il y a de la levée, les vagues se soulèvent, la mer est agitée. Levée des couples, opération qui consiste à dresser ou élever ces pièces de construction, et à les mettre sur la quille en position voulue. Terme de mécanique. Espace parcouru par le piston dans un corps de pompe. On dit aussi : le jeu du piston.
Action de lever de terre. Faire la levée d'un corps mort, l'enlever, par autorité publique, et le faire porter au lieu où il doit être inhumé, ou exposé pour être reconnu. La levée du corps est attribuée par la loi au juge de paix, au procureur impérial et au juge d'instruction ; c'est seulement quand ils en sont empêchés que le maire y procède.
Action de ramasser les grains et autres produits de la terre. La levée des fruits lui appartient. Récolte. J'ai été contraint de faire saisir les levées de mon fermier.
Dans une course de bague, l'action de celui qui lève la lance pour enfiler la bague. Faire une levée de bonne grâce.
En termes de jeu de cartes, un coup qu'on a gagné et par suite duquel le gagnant ramasse et met devant lui les cartes jouées. Il n'a pas fait une levée. J'ai trois levées.
Action d'ôter, de retirer, d'enlever. La levée du scellé, l'action par laquelle l'officier de justice lève un scellé. En chirurgie, la levée de l'appareil, l'action d'ôter l'appareil mis sur une blessure.
Action de retirer de la boîte, pour les distribuer, les lettres qui y ont été jetées. Il y a plusieurs levées par jour à ce bureau. Collectivement. Les lettres qu'on retire de la boîte à chaque levée. La levée de deux heures n'a pas été considérable.
Dans la couture, ce qu'on lève sur la largeur d'une étoffe pour un habit, ce qu'on lève d'une pièce de toile pour des chemises. Il y a là la levée de deux chemises.
La levée d'un siége, la retraite des troupes qui tenaient une place assiégée.
Je ne songe point à vous parler de la levée du siége de Bude ; cette petite nouvelle dans l'Europe et dans le christianisme ne vaut pas la peine d'en parler [SÉV., 26 nov. 1684]
10° Ordre qui fait cesser quelque punition ou défense. Levée des arrêts, de la prohibition.
11° Collecte, perception, recette des impôts.
Il s'est fait de grandes et fréquentes levées sur le clergé de France [PATRU, Assemblées du clergé, dans RICHELET]
12° Action de prendre chez un dépositaire. Levée de titres. Levée de cent barriques de vin. Levée de numéraire, quantité plus ou moins considérable d'argent que le commerce prend dans une banque ou tout autre établissement de crédit.
13° Action d'enrôler des soldats. Une levée de soldats, de troupes.
Valens fit faire des levées dans le pays des Scythes [FLÉCH., Hist. de Théod. II, 65]
Les soldats ainsi enrôlés.
Celui-ci représentait que, si l'on donnait aux nouvelles levées le temps de s'exercer pendant l'hiver, on en tirerait plus de service la campagne suivante [ROLLIN, Hist. anc. Œuv. t. I, p. 408, dans POUGENS]
Levée en masse, appel au service militaire de tous les hommes d'une population.
La levée en masse et instantanée de toute la population était ordonnée de droit dans certains lieux plus menacés [THIERS, Révolution française, ch. 12]
14° L'heure à laquelle une assemblée, une compagnie se lève pour finir la séance. Trouvez-vous à la levée du conseil, à la levée de la séance.
15° La levée des plans. On dit plutôt le levé ou le lever des plans, voy. LEVER 2.
16° Digue, chaussée.
Ainsi la rivière de Loire, Quand elle sort hors de son lit, Bouleverse, à ce qu'on m'a dit, Ce qu'on appelle la levée [SCARR., Virg. II]
Tout le monde connaît cette longue levée qui borne le lit de la Seine [LA BRUY., VII]
Le père Castelli, qui a écrit fort sensément sur cette matière, remarque très bien que la hauteur des levées qu'on a faites pour contenir le Pô, va toujours en diminuant jusqu'à la mer [BUFF., Hist. nat. Preuv. théor. terr. Œuv. t. II, p. 64, dans POUGENS.]
17° Dans un bateau, sorte de petit plancher, qui est à l'arrière du bateau.
18° Glace que le fabricant scelle sur le banc pour la travailler.
19° Plateau sur lequel le cartonnier étend les feuilles de carton à mesure qu'elles sont retirées des langes
20° Morceau de bois qui, dans un moulin à poudre, soulève le pilon.
21° Levée des bandes, se dit des bandes que les vitriers lèvent avec le diamant pour se mettre de mesure. Se dit aussi des bandes de papier dont ils se servent pour faire des calfeutrages.

REMARQUE

  • Un levé pour une levée, au jeu de cartes, est une faute contre le bon usage actuel. Autrefois il se disait :
    Pour ce jeu nous ne volerons pas, car j'ay faict un levé [RABEL., I, 5]

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Il seroit tenus à aquiter l'oir [l'héritier] selonc les levées [les rentrées, les revenus] [BEAUMANOIR, XV, 11]
  • XIVe s.
    Il paient le tiers de la levée d'une année du fief [DU CANGE, auxilium.]
    Il parfist les fossez et les levées à l'entour [BERCHEURE, f° 22, recto.]
  • XVIe s.
    Les consuls firent une levée des autres qui demouroient à Rome, pour aller contre les Volsques [AMYOT, Cor. 17]
    Une grande levée de deniers [D'AUB., Hist. II, 251]
    Après la honteuse levée du siege de Senlis [, Sat. Mén. p. 144]
    Il faut la levée de mil arpens ou quartiers de bois taillis pour entretenir les dites fournaises [PALISSY, 259]
    Grande levée de boucliers [MAROT, p. 138, dans LACURNE]
    Sur la levée du soleil [, Nuits de Straparole, t. I, p. 65, dans LACURNE]

ÉTYMOLOGIE

  • Levé ; provenç. levada ; ital. levata.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    LEVÉE.
    10° Ajoutez :
  • La levée d'une trêve, l'action de mettre fin à une trêve.
    On ne sonne donc mot de la levée de la trêve ; comme tout cela est triste ! [, Corresp. du général Klinglin, Paris, pluviôse an VI, t. I, p. 566]
  • 12° Ajoutez :
  • Action de prendre une certaine quantité sur un fond de marchandise.
    Après une première levée de 100 kilogrammes, les particuliers qui feraient des exportations jouiraient du maximum de la prime sur toutes les quantités de tabacs, quelles qu'elles fussent, qu'ils achèteraient par la suite pour l'exportation [, Circul. contrib. indir. 19 avril 1817, n° 12]
  • HISTORIQUE

    • XVIe s. Ajoutez :
      En la grand'mer les ondes elevées Des Hollandois nayerent les levées [J. PELETIER DU MANS, la Savoie (1572), p. 284, Chambéry, 1856]

levée

LEVÉE. n. f. Action d'enlever une chose de l'endroit où elle est. La levée du scellé, L'action par laquelle l'officier de justice lève un scellé. Assister, s'opposer, être présent à la levée du scellé. On dit plutôt La levée des scellés. En Chirurgie, La levée de l'appareil, L'action d'ôter l'appareil mis sur une blessure. Par extension, La levée des arrêts. La levée des prohibitions. La levée du séquestre, d'un conseil judiciaire. Attendez la levée du conseil, la levée de la séance.

Il se dit en outre de l'Opération des agents de la poste, lorsqu'ils viennent retirer de la boîte les lettres qui y ont été jetées. Première, seconde levée. Dans chaque bureau de poste est affichée l'heure des levées.

Il se dit aussi, collectivement, des Lettres qu'on retire de la boîte à chaque levée. La levée de deux heures n'a pas été considérable.

Faire la levée d'un corps, d'un cadavre, Enlever, par autorité publique, un cadavre, un corps mort, et le faire porter au lieu où il doit être inhumé, ou exposé pour être reconnu. Procès-verbal de la levée d'un corps.

La levée du corps se dit aussi de l'Action de prendre le corps d'un mort à sa demeure pour le transporter à l'église et de là au cimetière.

Il signifie particulièrement Action de recueillir, de percevoir, de ramasser, d'emporter. La levée des droits de l'État, des impôts.

Par analogie, Une levée de soldats, de troupes. Levée de boucliers. Voyez BOUCLIER.

Levée en masse, Appel à tous les citoyens en état de porter les armes, qui se fait particulièrement dans les cas de grands dangers, d'invasion étrangère.

La levée d'un siège, La retraite des troupes qui tenaient une place assiégée.

En termes de jeu de Cartes, il se dit spécialement des Cartes qui ont été jouées et que celui qui a gagné la partie met en paquet et place devant lui. Il n'a pas fait une levée. Nos adversaires ont déjà trois levées.

Il se dit d'une Élévation de terre ou de maçonnerie, d'une berge artificielle, pour retenir les eaux d'un canal, d'une rivière, pour servir de chemin à travers un marais, etc. La levée de la Loire. Faire une levée à travers un marais.

levée

Une Levée, ou chaussée d'un estang, Agger.

Levées, en pluriel, signifie ores les rempars qu'on fait d'un lez et d'autre des rivieres, à fin qu'elles ne se desbordent, Aggeres fluminum. Et ores les perceptions et cueilletes de fruicts d'aucun heritage. Au 1. chap. Art. 19. des Coustumes de Paris, Si ladite mainmise est venuë à la cognoissance du vassal, et nonobstant ledit vassal enfrainct ladite mainmise, il est tenu de rendre les fruicts et levées par luy ou de par luy receuës durant et depuis ladite mainmise.

levée


LEVÉE, s. fém. LEVER, v. act. et s. m. [Levé-e, ve: 1re e muet, 2e é fer. long. au 1er. Devant l'e muet la 1re se change en è moyen et long; il lève, lèvera, etc.] Levée est, 1°. l'action de lever, de recueuillir, en parlant des fruits, et principalement des grains; et aussi des deniers, des impôts. "La levée des fruits. "La levée des deniers, des droits du Roi. = 2°. Enrôlement. "Levée de soldats, de troupes — Figurém. levée de boucliers. Voy. BOUCLIER = 3°. Digue, chaussée. = 4°. L'heure à laquelle une compagnie se lève pour finir la séance. "À~ la levée du Conseil, de la Grand'chambre, etc. = Levée d'un Siège, retraite des troupes qui assiégeaient une place. = Levée du scellé, action par laquelle on le lève, on l'ôte. = Levée du corps, action de le faire porter en terre, et de comencer le convoi des funérâilles. = 5°. Au jeu des cartes, main qu'on a levée. "Nous n'avons pas fait une levée. "Ils ont déja cinq levées.
   LEVER c'est, 1°. Hausser. "Lever de terre. "Lever les mains, les yeux au Ciel; quelques-uns disent, vers le Ciel, mais Vaugelas les condamne de barbarisme. Lever les yeux sur quelqu'un, etc. = Voici la diférence, que l'Ab. Girard trouve entre lever, élever, soulever, hausser, exhausser. On lève en dressant ou mettant debout; lever une échelle: on élève, en plaçant dans un lieu ou dans un ordre éminent; élever une statûe: on soulève en fesant perdre terre et portant en l'air; soulever un coffre: on haûsse, en ajoutant un degré supérieur, soit de situation, soit de force, soit d'étendûe; hausser les épaules, la voix, etc. On exhaûsse en donant plus de hauteur pour la continuation de la même chôse, exhausser un bâtiment. = 2°. Dresser une chôse qui était couchée ou penchée. "Lever le pont-levis, la bascule. " Levez votre robe, votre manteau qui traîne. = Se lever, se mettre debout sur ses pieds. Se lever de table. "Tout le monde s'est levé pour lui faire honeur. "Levez-vous de là. = Sortir du lit. "Il se lève de bon matin, ou bien tard. On le dit des astres. "Le soleil se lève à présent à cinq heures. — La tempête, l'orage, le vent se lève; comence. "Il se leva une tempête, etc. = 3°. Ôter une chôse qui était dans une autre. "Lever le scellé, l'apareil d'une plaie. Lever un plat. Lever la nape, etc. "Lever l'ancre. Lever le siège d'une place, ou de devant une place; retirer les troupes qui la tenaient assiégée. On dit qu'une armée a levé le piquet, pour dire qu' elle a décampé; et que des troupes ont levé le piquet, qu'elles se sont retirées avec quelque précipitation. = 4°. Recueuillir. "Lever les fruits, les impôts, la tâille. = 5°. V. n. pousser, sortir de terre, en parlant des plantes. "Les blés commencent à lever. "Les orges lèvent plus vite que les fromens, etc. = 6°. Lever entre dans plusieurs expressions du style figuré. Les plus nobles sont, lever le masque; agir ouvertement, après s'être contraint pendant quelque tems; et lever l'étendard, faire profession de... "Lever l'étendard de la révolte, de la dévotion, de l'irréligion; etc. Lever l'étendard contre quelqu'un, se déclarer ouvertement contre lui. — Les aûtres sont du style familier. Lever la crète, ou le nez, montrer de l'orgueuil, ou seulement de la satisfaction, quand les afaires sont en bon état. Lever le lièvre; ouvrir le premier un avis, ou doner lieu à une discussion. Au propre, faire lever un lièvre, une perdrix; les faire partir. — Lever les épaules, montrer par ce signe son improbation. — Prendre quelqu'un au pied levé; lui vouloir faire faire quelque chôse, sans lui doner le tems de se reconaître. Marcher, ou aller par-tout tête levée, sans rien craindre. — Il faudra se lever matin pour atraper cet homme, il est fin et rusé. — Lever un habit, une étofe; acheter le drap ou l'étofe chez le Marchand. "Nous allons tantôt lever un habit pour ce Monsieur-là. Mariv. = * Dans certaines Provinces, on dit lever pour ôter. "Pourriez-vous lever cette tache? "Levez votre chapeau. Lever n' a ce sens que dans le figuré; lever le masque, (au propre, on dit, ôtez votre masque) lever un empêchement, un obstâcle, des doutes, un scrupule; lever les défenses, l'interdit, l'excomunication. = Lever le plan d'une place, etc. le tracer, en prendre des mesûres.
   LEVER, s. m. L'heure, le tems où l'on se lève. "Le lever du Roi. "Le lever du soleil, des étoiles; le tems où ils comencent à paraître sur l'horison.

Synonymes et Contraires

levée

nom féminin levée
2.  Mur parallèle à un cours d'eau.
Traductions

levée

(het) eindigen, (het) opheffen, (het) uitdragen [lijk], heffing [belasting], inning, intrekken, lichting [leger], lichting [postbus], slag [kaarten], vordering, lichting

levée

levy

levée

[l(ə)ve] nf
(POSTE)collection
Prochaine levée: 17 heures → Next collection: 5pm
(CARTES)trick
[sanctions, embargo] → lifting
levée de boucliers nfgeneral outcry
levée d'écrou nfrelease from custody
levée de terre nflevee
levée de troupes nflevy
levée du corps nf collection of the body from the house of the deceased before a funeral