lointain, aine


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LOINTAIN, AINE

(loin-tin, tê-n') adj.
Qui est éloigné du pays où l'on est ou dont on parle.
....De là nous sont venus Tant d'arbres excellents autrefois inconnus, Ou qui ne se plaisaient qu'aux plus lointaines terres [PERRAULT, Ép. à la Quintinye.]
Des entreprises lointaines réussissent rarement [VOLT., Ann. de l'Emp. Charles-Quint, 1536]
Il reviendra vainqueur de ces lointains rivages [DUCIS, Othello, II, 1]
Climats lointains [ID., Oscar, I, 2]
Qui est à une grande distance.
Quand, sorti vers le soir des grottes reculées, Il s'égare à pas lents au penchant des vallées, Et voit des derniers feux le ciel se colorer, Et sur les monts lointains un beau jour expirer [A. CHÉNIER, Élég. XI]
Il se dit aussi quelquefois du temps. Les siècles les plus lointains.
Oh ! dans ces jours lointains où l'on n'ose descendre, Quand trois mille ans auront passé sur notre cendre, à nous, qui maintenant vivons, pensons, allons [V. HUGO, Voix intér. IV]
S. m. Plan situé dans l'éloignement.
On voyait en lointain une ville naissante [LA FONT., Filles de Minée.]
Le goût des points de vue et des lointains vient du penchant qu'ont les hommes de ne se plaire qu'où ils ne sont pas [J. J. ROUSS., Hél. IV, 11]
Voyez dans le lointain Capoue ; elle a vaincu le guerrier dont l'âme inflexible résista plus longtemps à Rome que l'univers [STAËL, Corinne, XIII, 4]
Il [le fleuve] serpente et s'enfonce en un lointain obscur [LAMART., Médit. I, 1]
En peinture, le lointain d'un tableau, le plan le plus reculé, celui qui montre les objets plus ou moins noyés dans le vague de la perspective.
Le peintre, dit-on, aurait pu finir davantage ces carnations, ces lointains [FÉN., Exist. 89]
C'est une fumée qui s'élève et qui fait fuir les montagnes qui font le lointain [tableau du Poussin] [ID., t. XIX, p. 345]
Les lointains de Vernet sont vaporeux, ses ciels légers [DIDEROT, Salon de 1765, Œuvres, t. XIII, p. 143, dans POUGENS.]
Sous l'arcade, un escalier qui conduit vers la rive du lac ; au delà, un lointain, une campagne [ID., Salon de 1767, Œuvr. t. XIV, p. 401]

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Si [je] m'i comfort [en son souvenir], quant ele m'est loingtaine [absente] [, Couci, VIII]
  • XIIIe s.
    En un lointain pays [qu'elle] en soit tantost menée [, Berte, XVI]
    Selonc ce qu'elle estoit de ses amis lointaine [éloignée] [, ib. L]
    [Ma fille] Se fait ainsi haïr [de] gent voisine et lointaine [, ib. LXXIV]
    Se tere eschiet de costé à celi qui est mariés comme d'oncle ou d'antain [tante], de frere ou de sereur, ou de plus lointaing degré de lignage [BEAUMANOIR, XIII, 13]
  • XIVe s.
    Ceulx [les chiens] qui sont trop hastifs, trop loingtains [, Ménagier, III, 2]
  • XVe s.
    Conseillé fut que .... les lointains des lointaines marches d'Auvergne, du Dauphiné .... s'en retourneroient tout bellement en leur pays [FROISS., II, II, 203]
  • XVIe s.
    Les coups de leurs fondes n'estoient pas moins certains et loingtains [MONT., I, 363]
    Les exils loingtains et solitaires, les prisons perpetuelles [ID., I, 228]
    Nous sentons un plaisir singulier à escouter ceulx qui retournent de quelque loingtain voyage [AMYOT, Préf. XIV, 42]
    Elle vouloit s'en aller habiter en quelque terre sur l'Ocean, loingtaine de la mer Mediterranée [ID., Ant. 90]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. lonhdan, lunhdan, loindan ; ital. lontano ; d'un latin fictif longitanus, dérivé de longus, long.