loup

loup

n.m. [ lat. lupus ]
1. Mammifère carnivore, à pelage gris jaunâtre, vivant en meutes.
2. Dans le midi de la France, poisson vorace ; bar.
3. Masque de velours ou de satin noir couvrant le pourtour des yeux.
4. Défaut, malfaçon irréparable dans la fabrication d'une pièce technique, d'un ouvrage.
Être connu comme le loup blanc,
être connu de tout le monde.
Hurler avec les loups,
se joindre aux autres pour critiquer ou attaquer.
Jeune loup,
jeune homme ambitieux, soucieux de faire carrière.
Se jeter dans la gueule du loup,
s'exposer de soi-même à un grand danger.
Vieux loup de mer,
marin expérimenté.

LOUP

(lou ; le p ne se lie jamais : un lou enragé ; au pluriel, l's se lie : des lou-z enragés) s. m.
Animal du genre chien, à oreille droite, queue horizontale, pelage fauve, sauvage et carnassier.
Il défend que son corps [de Polynice], sang d'Œdipe et de nous, Ait d'autre monument que le ventre des loups [ROTR., Antig. III, 5]
Le loup a beaucoup de force, surtout dans les parties antérieures du corps, dans les muscles du cou et de la mâchoire [BUFF., loup.]
Le chien est doux et courageux ; le loup, quoique féroce, est timide [ID., ib.]
Les chasseurs distinguent les loups en jeunes loups, vieux loups et grands vieux loups [ID., ib.]
Nous avons aperçu les grands ongles marqués Par les loups voyageurs que nous avions traqués [A. DE VIGNY, la Mort du loup.]
Familièrement. Il fait un froid de loup, le temps est très rigoureux. Être enrhumé comme un loup, être fort enrhumé. Manger comme un loup, manger beaucoup.
Ils ont mangé comme des loups [SCARR., Virg. IV]
Marcher à pas de loup, marcher sans bruit et à dessein de surprendre. Loup gris, loup blanc, vieux loup renommé pour ses déprédations. Fig.
Corbinelli est toujours un loup gris, comme vous savez, apparaissant, disparaissant, et ne pesant pas un grain [SÉV., 22 avr. 1676]
Je fis serment de ne jamais oublier la détestable nuit que ce vieux loup gris m'avait procurée en me menant loger chez lui [LESAGE, Guzm. d'Alfer. III, 1]
Il est connu comme le loup gris, comme le loup blanc, il est très connu. Il est décrié comme le loup blanc, se dit d'un homme très décrié. Fig. Être au vieux loup, s'est dit anciennement en parlant d'un terme vieilli.
" Au vent sitôt ne se vira " ce mot est au vieux loup [MALH., Comment. sur Desportes, t. IV, p. 458]
Courir un homme comme un loup gris, le poursuivre vivement. Il est comme les loups, il n'a jamais vu son père, se dit d'un bâtard, parce que, dit-on, les loups par jalousie déchirent celui qui a couvert la louve. Ces gens vont queue à queue, comme les loups, se dit quand des gens arrivent à la suite les uns des autres. Il a vu le loup, se dit d'un homme enrhumé, à cause d'une vieille erreur populaire qui faisait croire à une action malfaisante du regard du loup. Il a vu le loup, se dit aussi d'un homme aguerri, qui a vu le monde, qui a été aux occasions. Avoir vu le loup, en parlant d'une fille exprime qu'elle a eu des galanteries. Il a vu le loup, se dit aussi quelquefois d'un homme qui se tait subitement, voyant survenir celui dont il parlait.
Lucrèce : Je crains ta folle humeur, garde-toi bien de rire ; Tu sais....Virginie : J'ai vu le loup, madame, c'est tout dire [TH. CORN., Comt. d'Orgueil, IV, 2]
Savoir la patenôtre du loup, savoir certaines paroles prétendues magiques pour empêcher que le loup n'étrangle les brebis. Entre chien et loup, voy. CHIEN. Mme de Sévigné a dit par une singulière ellipse : On soupe pendant le chien et le loup, Lett. 29 juin 1689. Fig. Tenir le loup par les oreilles, ne savoir quel parti prendre.
Elle tient, comme on dit, le loup par les oreilles [CORN., le Ment. IV, 7]
L'hôtesse, ayant reconnu son erreur, Tint quelque temps le loup par les oreilles [LA FONT., Berc.]
Donner la brebis à garder au loup, mettre quelque chose en une main infidèle. Enfermer le loup dans la bergerie, mettre quelqu'un dans un lieu où il peut faire aisément beaucoup de mal.
Je viens, comme on dit, de mettre le loup avec la brebis [BRUEYS, Muet, II, 15]
Enfermer le loup dans la bergerie, signifie aussi fermer une plaie, un abcès, sans qu'elle ait suffisamment suppuré.
Je songe... que d'être toujours trompée sur cette guérison [de ma jambe], c'est une trop ridicule chose.... il faut savoir s'il y a encore des loups dans la bergerie, et les en faire sortir [SÉV., 15 avr. 1685]
Saut de loup, voy. SAUT.
Fig. Homme cruel, méchant.
Quiconque est loup agisse en loup ; C'est le plus certain de beaucoup [LA FONT., Fabl. III, 3]
Puisqu'entre humains ainsi vous vivez en vrais loups, Traîtres, vous ne m'aurez de ma vie avec vous [MOL., Mis. V, 1]
C'est ainsi que sont les hommes, naturellement loups les uns aux autres [BOSSUET, Polit. VIII, IV, 2]
Et même par sa mort leur fureur mal éteinte N'aurait jamais laissé ses cendres en repos, Si Dieu lui-même ici de son ouaille sainte à ces loups dévorants n'avait caché les os [BOILEAU, Épitaphe d'Arnauld.]
Faibles agneaux livrés à des loups furieux, Nos soupirs sont nos seules armes [RAC., Esth. I, 5]
Fasse le ciel qu'ils [les jansénistes] n'aient jamais les bras longs ! ces loups seraient cent fois plus méchants que les renards jésuites [VOLT., Lett. la Harpe, 2 juin 1768]
Les Cimbres, qui marchèrent vers l'Italie et qui furent exterminés par Marius, étaient des loups affamés qui sortaient de leurs forêts avec leurs louves et leurs louveteaux [ID., Dict. phil. Roi.]
C'est à moi de nourrir mes enfants, Et d'arracher mon peuple à ces loups dévorants [ID., Henr. X]
Puis-je voir mes troupeaux bêlants Qu'un loup impunément dévore, Sans penser à ces conquérants Qui sont beaucoup plus loups encore ? [ID., dans JULLIEN, p. 186]
Quoique ces loups [les fanatiques] soient à craindre, la philosophie, avec un peu d'adresse, viendra à bout de leur arracher les dents [D'ALEMB., Lett. à Voltaire, 14 août 1767]
Fig. La gueule du loup, le péril imminent. Se mettre à la gueule du loup.
J'ai vite donné toutes les copies dont je me suis pu aviser, pour me tirer, moi, de la gueule du loup [P. L. COUR., Lett. II, 50]
On a dit aussi la gueule au loup.
Cette guerre me touche donc au dernier point ; il [Charles de Sévigné] est présentement dans l'armée du roi, c'est-à-dire à la gueule au loup, comme les autres [SÉV., 2 juin 1672]
....Un général portugais qui voulut porter la nouvelle lui-même de la bataille qu'il avait gagnée contre les Castillans, et laissa sa pauvre armée à la gueule au loup [ID., 17 nov. 1675]
Loup du Mexique, ou loup rouge, espèce de chien. Loup noir, espèce de chien. Loup doré, chacal.
Nom vulgaire de phoques : le macrorrhin proboscidé, l'otarie de Péron.
On distingue deux sortes de loups marins : ceux de la plus grosse espèce pèsent jusqu'à deux mille livres, et semblent avoir le nez plus pointu que les autres [RAYNAL, Hist. phil. XVI, 15]
Loup de mer, nom du bars, poisson acanthoptérygien voisin des perches (labrax lupus), l'un des meilleurs des côtes de France. Loup de mer est aussi le nom donné, à cause de sa voracité insatiable, à l'anarhicas lupus, L. appelé par les Anglais sea-wolf. Fig. et familièrement. Loup de mer, nom qu'on donne quelquefois familièrement à de vieux et intrépides marins, peu habitués aux usages du monde. Les vieux brochets sont aussi parfois nommés loups par les pêcheurs.
Tribu d'aranéides qui chassent et attaquent leur proie à la course.
Terme d'astronomie. Constellation appelée parfois la Bête, la Lance du Centaure ou la Panthère.
Espèce de masque de velours noir que les femmes ont porté pendant quelque temps pour se préserver du hâle ; il n'était point attaché, et elles le tenaient avec un bouton dans la bouche ; ainsi dit parce que d'abord il faisait peur aux petits enfants.
Elle a levé son loup, comme par nonchalance, Et s'est pendant ce temps condamnée au silence [HAUTEROCHE, Espr. follet, V, 2]
Elles devaient changer d'habits l'une avec l'autre, mettre de grandes écharpes, et porter des loups [HAMILT., Gramm. 10]
Les femmes parurent ne se plus soucier de leur visage, et commencèrent à le cacher ; elles prirent un loup, et n'allèrent plus que masquées dans les rues, aux promenades, en visite et même à l'église [ST-FOIX, Ess. Paris, Œuv. t. IV, p. 116, dans POUGENS]
Nom donné autrefois à certains ulcères rongeants que l'on comparait à des loups dévorants. Nom vulgaire donné à une gastro-entérite compliquée d'hématurie, qui a été observée sur les vaches du département de l'Oise.
10° Terme d'atelier. Défaut capital dans une pièce de bois. Faire un loup ; faire un travail qui ne peut pas servir, s'appliquer.
11° Terme de librairie. Instrument de bois aplati pour dresser les paquets quand ils sont cordés.
12° Espèce de verrou ou de crochet qui arrête le chien d'une arme à feu.
13° Terme de marine. Sorte de levier plus souvent nommé dent de loup.
14° Terme de construction. Forte pince courbée avec laquelle on arrache les gros clous.
15° Morceau d'ivoire brut attaché à un manche, dont les orfévres se servent pour polir.
16° Portion de la machine à carder la laine.
17° Nom donné aux anciennes machines cylindriques ou coniques employées à ouvrir le coton en balles.
18° Terme de pêche. Plusieurs genres de filets.
19° Terme de métallurgie. Masse de fonte qui s'affine ou se refroidit dans un creuset, s'y coagule et l'obstrue.
Ce minerai extra-réfractaire [un minerai de fer] est plus propre à donner des loups que des gueuses [GRANDEAU et LAUGEL, Revue des sciences, p. 98]
20° Broderie, découpure à dents de loup, broderie, découpure qui forme une suite d'angles aigus.
21° Dent de loup, gros clou avec lequel on fixe les poteaux d'une cloison.
22° Gueule de loup, sorte de plante dont la fleur a été comparée à une gueule, dite aussi mufle de veau, antirrhinum majus, L. scrofularinées. Gueule de loup, sur une cheminée, voy. GUEULE, n° 6.
23° Tête de loup, grand manche de bois terminé par un balai rond, qui sert à nettoyer les plafonds.

PROVERBES

  • Il faut hurler avec les loups, il faut s'accoutumer aux manières de ceux avec qui l'on se trouve, quoiqu'on ne les approuve pas.
    Tous ces Normands voulaient se divertir de nous ; On apprend à hurler, dit l'autre, avec les loups [RAC., Plaid. I, 1]
  • Le loup mourra dans sa peau, il arrive rarement qu'un méchant homme s'amende.
  • Qui se fait brebis, le loup le mange, quand on est trop facile ou trop patient, on est sujet à être tourmenté, vexé, etc.
  • Brebis comptées, le loup les mange, quelque soin qu'on ait de garder ce qu'on a et d'en savoir le compte, on ne laisse pas quelquefois d'être volé ; ce proverbe signifie aussi : cela porte malheur de prendre le compte exact de ce que l'on possède.
  • Les loups ne se mangent pas, les méchants s'épargnent entre eux.
  • La guerre est bien forte quand les loups se mangent, se dit quand des gens de même profession sont en querelle.
  • Tandis que le loup chie, la brebis s'enfuit, proverbe grossier pour exprimer qu'il ne faut pas laisser échapper l'occasion qui se présente.
  • La faim chasse le loup hors du bois, la nécessité contraint les gens à faire, pour vivre, bien des choses contre leur inclination.
    Raison [besoin d'argent] où il n'y a pas un mot à répondre, raison qui ferme la bouche, raison enfin qui fait sortir le loup du bois [SÉV., 14 oct. 1694]
    Alors la faim, qui chasse le loup hors du bois, me fit sortir de mon gîte pour aller acheter des vivres [LESAGE, Guzm. d'Alfar. II, 4]
  • Quand on parle du loup, on en voit la queue, se dit lorsqu'un homme survient au moment où l'on parle de lui.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    N'en mangeront [de nos corps] ne lu, ne porc, ne chien [, Ch. de Rol. CXXX]
  • XIIe s.
    Unques od [avec] lou, ce m'est avis, Ne fu unquore autre lou pris [BENOIT, II, 3423]
  • XIIIe s.
    Les leus [elle] oït uller [hurler], et li huans [chat-huant] hua [, Berte, XX]
    Quar cis siecles est si changiez, Que uns leus blans a toz mangiés Les chevaliers loiaus et preus [RUTEB., 231]
    Li lous le prent par grant aïr, As denz le houcepaigne et mort [, Ren. 24488]
    Li leu qui mouton sembleroit, S'il o les brebis demorast, Cuidiés vous qu'il nes devorast ? [, la Rose, 11164]
    La grant ardeur de son courage Le fait semblant à loup ramage [sauvage] [DU CANGE, lupus.]
    Adès i aura il du poil du leu [toujours y aura-t-il de la trahison] [J. P. SARRASIN, dans JOINVILLE, p. 273, édit. de FR. MICHEL, 1858]
  • XIVe s.
    Car un proverbe dit par vraie autorité : Toujours reva li leus devers le bois ramé [, Guesclin. 20969]
  • XVe s.
    Leur fault avoir ung aultre engin nommé loup, ou quel a ung fer courbe qui a très forts dens et agus, qui sont assis de telle maniere sur le mur qu'ilz viengnent engouler le tref du mouton [la poutre du bélier], et le tiendront si fort qu'il ne pourra tirer ne avant ne arriere [, le Jouvencel, f° 87, dans LACURNE]
    Non pas vierge, non, mais ribaude, Qui fustes en avril sy baude, Le tiers jour, entre chien et leu [, Mir. de Ste Genevieve]
    Necessité de querir à vivre fait saillir le loup du bois ; pour ce que necessité surmonte nature [ALAIN CHARTIER, Espér. ou consolat. des 3 vertus.]
  • XVIe s.
    Le prince de Condé, sachant les dispositions des premiers delateurs, n'estoit pas en petite peine, tenant. comme on dit, le loup par les oreilles, pour ce que la fuitte de la cour le mettoit en coulpe, sa demeure en danger [D'AUB., Hist. I, 95]
    Le duc de Parme, la jugeant [une armée] deux fois plus forte que le duc de Maienne ne lui avoit faite, lui reprocha qu'il lui avoit fait le loup plus petit qu'il n'estoit [ID., ib. III, 239]
    Il y estoit connu comme le loup gris [DESPÉRIERS, Contes, XX]
    Perdant la parole comme ceux qui ont vu le loup sans y penser [YVER, 586]
    Et s'il est autrement, que les loups [ulcères] me puissent manger les jambes [, Sat. Mén. 49]
    Si aucun s'ingere de parler de paix, je le courroy comme un loup gris [, ib. 97]
    Il ne faut pas tousjours arrester le cours de ventre : car ce seroit bien souvent enfermer le loup dans la bergerie [PARÉ, XX bis, 19]
    Il y a une autre espece d'araignée nommée loup, pource qu'elle ne chasse seulement aux mousches communes [ID., XXIII, 35]
    Perrot, les loups m'ont veu, ma voix est enrouée, Je ne scaurois chanter [RONS., 743]
    Ores faisant semblant de vouloir combattre, ores s'esloignant tout à coup : retraicte de loup, monstrant toujours les dents [BRANT., Prince d'Orange.]
    Deux loups après une brebis [COTGRAVE, ]
    Le loup sçait bien que male beste pense [ID., ]
    À mauvais chien ne peut on monstrer le loup [ID., ]
    Le loup alla à Rome et y laissa de son poil, mais rien de ses coustumes [ID., ]
    C'est une bonne prise que d'un jeune loup [LEROUX DE LINCY, Prov. t. I, p. 180]
    Jeune homme en sa croissance a un loup en sa pance [ID., ib. p. 181]

ÉTYMOLOGIE

  • Wallon, leu ; Berry, loube, des deux genres, loup et louve ; picard, leu ; provenç. lup, lop ; catal. llop ; espagn. lobo ; ital. lupo ; du lat. lupus ; lithuan. vilka ; slave, vluku ( avec deux u brefs) ; anc. pers. varka ; sanscr. Vrika ( i bref). Le slave vluku ( les deux u brefs) explique la transition de varka, forme primitive de vrika ( i bref), en valka, vlaka, et, par affaiblissement de l'a, vluka ; de là le grec, et le latin lupus, par changement de la gutturale en labiale.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    LOUP. Ajoutez :
    24° Dans l'argot du théâtre, défaut qui produit un vide dans l'enchaînement des scènes ; c'est une extension de loup en termes d'atelier (voy. LOUP, n° 10).
    Les auteurs ont fort bien senti qu'il y avait là un loup, comme on dit en style de coulisse, et ils ont essayé de le faire disparaître dans une histoire de cabinet noir de lettres escamotées à la poste [ALPH. DAUDET, Journ. offic. 3 nov. 1874, p. 7342, 2e col.]
  • On dit aussi qu'il y a un loup quand la scène reste vide dans le cours d'un acte.
  • HISTORIQUE

    • XVIe s. Ajoutez :
      Histoires au vieux loup, sottes histoires [OUDIN, Curios. franç. p. 240, éd. de 1656]
      Discours au vieux loup, discours impertinents [ID., ib. p. 437 (comp. à LOUP, n° 1 : Ce mot est au vieux loup, de Malherbe).]

loup

LOUP. n. m. Quadrupède du genre Chien, sauvage et carnassier. Loup gris. Peau de loup. La chasse au loup.

Fam., Il fait un froid de loup, Un froid très rigoureux.

Fam., Être enrhumé comme un loup. Voyez ENRHUMER.

Fam., Manger comme un loup, Manger beaucoup.

Marcher à pas de loup, Marcher sans bruit et dans le dessein de surprendre.

Fig. et fam., Être connu comme le loup blanc, Être extrêmement connu.

Prov. et fig., La faim chasse le loup hors du bois, fait sortir le loup du bois. Voyez FAIM.

Prov., fig. et pop., Quand on parle du loup on en voit la queue, se dit Lorsque quelqu'un survient au moment où l'on parle de lui.

Prov. et fig., Il faut hurler avec les loups. Voyez HURLER.

Prov. et fig., Qui se fait brebis, le loup le mange. Voyez BREBIS.

Prov. et fig., Brebis comptées, le loup les mange, Les précautions ne garantissent pas toujours d'être trompé, l'excès de précaution est dangereux.

Prov. et fig., Les loups ne se mangent pas entre eux, Les méchants s'épargnent entre eux.

Fig., Entre chien et loup. Voyez CHIEN.

Fig. et fam., Se mettre dans la gueule du loup, S'exposer à un péril évident qu'on pouvait éviter.

Fig. et fam., Tenir le loup par les oreilles, Être dans une situation difficile, pressante, et ne savoir comment en sortir.

Fig. et fam., Donner la brebis à garder au loup, Donner à garder quelque chose à une personne dont on devrait se méfier.

Fig. et fam., Enfermer le loup dans la bergerie. Voyez BERGERIE.

Saut de loup. Voyez SAUT.

Loup marin. Un des noms vulgaires du phoque. Une peau de loup marin.

Loup de mer se dit de Plusieurs poissons dont l'un, le Bar, est estimé pour sa chair délicate.

Fig. et fam., Loup de mer, Vieux marin expérimenté et intrépide, ou Marin qu'un séjour constant sur mer a rendu un peu gauche et farouche.

En termes d'Arts, Dents de loup, Découpure qui forme une suite d'angles aigus.

LOUP se dit aussi d'une Sorte de masque de velours noir qu'on portait autrefois pour cacher son visage ou pour le garantir du hâle. On ne le porte plus aujourd'hui que dans les mascarades.

En termes d'Arts, LOUP se dit d'un Appareil manqué à la fabrication, et en général de toute malfaçon.

loup

Un Loup, Lupus.

Tenir le loup par les oreilles, Auribus lupum tenere.

Loup cervier, Ceruarius lupus. C'est un chat sauvage grand comme leopard, dont la pane est de grand pris et requeste envers les grands seigneurs.

Loup garou. Phebus au chapitre 10. parlant du loup, Il y a aucuns (dit-il) qui mangeuent les enfans, et aucunesfois les hommes, et ne mangeuent nulle autre chair depuis qu'ils sont encharnez aux hommes, ainçois se laissent mourir, et ceux on appelle loups garous, car on s'en doit garder, et sont si cauteleux que quand ils assaillent un homme, ils le tiennent s'ils peuvent avant qu'il les voye, et s'il les voit premierement, ils l'assaillent si subtilement que à peine eschappe qu'ils ne le prennent et tuent, car ils se sçavent tres-bien garder des armes que l'homme porte, etc. Par le propos de Phebus, ce mot garous est syncopé de ces deux entiers, gardez vous, ou bien plustost de ces deux garez vous, de ce verbe Garer, qui signifie destourner, oster de devant (duquel l'imperatif gare, et le verbe composé esgarer sans plus sont en usage) comme si on disoit, Garez vous, c'est à dire Destournez vous, Ostez vous de là, voicy le loup qui sault aux hommes. On appelle aussi loup garou par abusion du mot, un homme qui ne va que à la sorne, et par nuict, et fuit le jour, Lucifugus. Et par consequent, pour un qui est cauteleux, Versipellis. Aucuns rendent ce mot loup garou, par Lemures, Larua. Mais par Lycanthropos. C'est plus approchant la nature de la beste.

Une sorte de poisson qui se nomme un Loup, aucuns l'appellent un merlu, Lupus.

Appartenant à un loup, Lupinus.

Louve, Lupa.

loup


LOUP, s. m. [On ne prononce jamais le p: Lou, monos.] Animal sauvage et carnassier, qui ressemble à un grand chien. "Ce mot entre dans plusieurs expressions proverbiales. — Manger comme un loup, beaucoup. — Doner les brebis à garder au loup; confier des chôses précieûses à un administrateur infidèle. — Tenir le loup par les oreilles; être embarrassé dans une afaire douteûse. — Avoir vu le loup; être expérimenté et aguerri. On le dit aussi d'un homme enrhumé, et aussi l'on dit qu'il a crié au loup. — Quand on parle du loup, on en voit la queue, se dit de quelqu'un qui entre, qui parait au moment qu'on parle de lui. — Marcher à pâs de loup, doucement et à dessein de surprendre. — Être conu comme le loup blanc; fort conu. Voyez CHIEN, FAIM, ENTRE, GUEULE, HURLER, BERGERIE, GAROU.

Traductions

loup

Wolfwolf, bass, barsewolf, zeebaars, half masker voor bal masquéאפר (ז), זאב (ז), לוקוס (ז) [דקר], מסכה (נ), זְאֵב, מַסֵּכָה, זאב מצויwolfذئب, ذِئْبвълкllopvlkulvλύκος, λυκος, ψοφόκρυοlupolobo, lubinahuntsusivûk, vukulfrur, úlfur, vargurlupo狼, オオカミ늑대hirpus, irpus, lupusvilkasvilksulvwilklobolupволкvolkвукvarg, ulvkurtвовкสุนัขป่าchó sói (lu)
nom masculin
1. sorte de chien sauvage Les enfants ont peur des loups.
2. masque couvrant les yeux porter un loup à un bal masqué

loup

[lu] nm
(= mammifère) → wolf
(fig)go-getter
jeune loup → young go-getter
(= poisson, bar) → bass
(= masque) → eye mask
loup de mer nm (= marin) → old seadog