lui

lui

[ lɥi] pron. pers. [ lat. pop. illui, de ille, celui-ci ]
1. Désigne la 3e personne du masculin singulier, dans les fonctions de complément prépositif, comme attribut ou comme complément d'objet : Elles ont acheté ce cadeau pour lui. Nous pensons à lui. Ce souvenir est encore vivace en lui. Je ne voudrais pas être lui. Nous n'accusons que lui.
2. Désigne la 3e personne du singulier, au masculin et au féminin, dans les fonctions de complément d'objet indirect et de complément d'attribution : J'ai envoyé un courriel à Hélène pour lui faire part de cela. Elle lui a prêté son mobile. Présentez-lui vos collègues.
3. Désigne et renforce le sujet de la 3e personne : Tous étaient prévenus, mais lui ne savait rien. L'enfant, lui, souriait.

LUI1

(lui)
Pronom de la 3e personne qui est des deux genres et qui sert de régime indirect. Vous connaissez cette dame ; parlez-lui. Vous lui remettrez cet argent, signifie également vous remettrez à un homme ou à une femme.
Il fallut le mettre dans une litière, où il [Antiochus] souffrit des tourments horribles ; il sortait des vers de son corps, toutes les chairs lui tombaient par pièces [ROLLIN, Hist. anc. Œuvr. t. VIII, p. 652, dans POUGENS]
Trop d'éclat l'effarouche ; il voit d'un œil sévère Dans le bien qu'on lui fait le mal qu'on lui peut faire [VOLT., Brutus, II, 2]
Lui, qui, d'origine, est des deux genres, n'a gardé ce caractère que quand il précède le verbe ou que, sans préposition, il suit un verbe à l'impératif ; en tout autre cas, c'est-à-dire après un verbe ou après une préposition, il est uniquement masculin. Vous recevrez de lui une récompense, c'est-à-dire de cet homme. Allez à lui, allez vers cet homme.
Tout à coup elle se leva, et, sans parler à lui, partit pleine de dépit que quelqu'un l'osât aimer [D'URFÉ, Astrée, I, 3]
Un acteur occupant une fois le théâtre, aucun n'y doit entrer qui n'ait sujet de parler à lui [CORN., 3e discours.]
Dieu voulant, par un triste mais heureux abattement, qu'elle ne pensât plus qu'à lui, qu'elle ne se souvînt que de lui, qu'elle ne fût sensible que pour lui [FLÉCH., Dauphine.]
Vous êtes après lui le premier de l'empire [RAC., Esth. III, 1]
Il lui est parent, voy. LEUR.
Lui se met quelquefois après le verbe comme régime direct, mais alors il doit être précédé de que, et il est toujours masculin. Vous n'accusez que lui.
....Moi dont l'ardeur extrême, Je vous l'ai dit cent fois, n'aime en lui que lui-même [RAC., Bérén. I, 4]
Lui et surtout lui-même sert encore de régime direct quand dans une énumération il vient après ou avant un autre ou plusieurs autres substantifs. Nous avons avec nous son ami et lui.
Il semble que Valdo ait d'abord eu un bon dessein ; que la gloire de la pauvreté, dont il se vantait, ait séduit lui et ses sectateurs [BOSSUET, Variat. XI, Hist. des Vaudois.]
Il [le mulot] a pour ennemis les loups, les renards, les martes, les oiseaux de proie, et lui-même [BUFF., Quadrup. t. II, p. 297, dans POUGENS]
Lui, d'origine, est un régime, et dans les anciens textes il ne joue jamais d'autre rôle ; mais la langue moderne l'emploie souvent pour sujet, à l'instar de moi, toi, qui sont originairement des régimes.
Si don coursier voulait.... Lui loup, gratis, le guérirait [LA FONT., Fabl. V, 8]
Notre chien.... Voulut avoir sa part ; et, lui sage, il leur dit : Point de courroux, messieurs, mon lopin me suffit [ID., ib. VIII, 7]
Mais lui, voyant en moi la fille de son frère, Me tint lieu, chère Élise, et de père et de mère [RAC., Esth. I, 1]
Lui dieu ! disait le chat ; eh ! vous n'y pensez pas ; Qui suis-je donc moi qui le mange ? [LA MOTTE, Fabl. I, 18]
Toujours lui ! lui partout ! ou brûlante ou glacée, Son image [de Napoléon] sans cesse ébranle ma pensée [V. HUGO, Orient. 40]
C'est de cette façon que lui se construit avec un nom de nombre ordinal.
Il est parti lui douzième [SÉV., 134]
Une lettre qui apprend que lui troisième est entré dans la Macédoine [LA BRUY., Théophr. 23]
Créqui échappa à peine lui quatrième [VOLT., Louis XIV, 12]
Lui est encore sujet dans : c'est lui (lui est ce). Je le reconnais, c'est lui.
Vient-il ? est-ce lui ? C'est lui qui rassembla ces colombes timides [RAC., Esth. Prol.]
Lui ne se dit pas bien des choses. Ainsi ces phrases-ci ne sont pas élégantes : Lisez ce livre, je lui ai trouvé des qualités ; dites : j'y ai trouvé ; Cette étude m'a captivé, je lui ai donné beaucoup de temps ; dites : j'y ai donné beaucoup de temps : Cette maison n'était pas assez grande, je lui ai ajouté un corps de logis ; dites : j'y ai ajouté. Cependant, pour peu que l'on puisse personnifier la chose, lui va fort bien.
Vous avez longtemps essayé du monde ; vous ne lui avez point trouvé de fidélité [MASS., Carême, Salut.]
Les Goths, les Lombards, les Francs, les Allemands ou Germains, qui envahirent l'Italie tour à tour, lui laissèrent au moins son nom [VOLT., Dict. phil. Franc ou Franq ; France.]
Lui n'est pas plus admissible pour un nom de chose quand il est régime d'une préposition. Ainsi on n'imitera pas ces exemples :
C'est et d'elle et de lui [le trône] tenir bien peu de compte, Que faire une révolte et si pleine et si prompte [CORN., Rodog. III, 5]
Qui vous aima sans sceptre et se fit votre appui, Quand vous le recouvrez est bien digne de lui [sceptre] [ID., Sanche, I, 1]
Les animaux ne sont pas exceptés de cette observation ; il faut dire : Ce cheval est fougueux, ne vous y fiez pas, et non : ne vous fiez pas à lui. Prenez ce cheval, et montez dessus, et non : montez sur lui. Cependant il est très facile de personnifier les animaux ; et on dit : Le cheval rua, et le charretier lui donna un coup de fouet.
Lui représente quelquefois le pronom masculin le ou un nom. Vous l'outragez, lui qui vous aime si tendrement.
C'est cette même vanité qui a fait répéter tant de fois [au cardinal de Retz] : Je suis d'une maison de Florence aussi ancienne que celle des plus grands princes ; lui dont les ancêtres avaient été des marchands, comme tant de ses compatriotes [VOLT., Louis XIV, 4]
Lui est quelquefois explétif.
Pendant que son père le mariait ici, il s'est marié à Chartres, lui [LESAGE, Crisp. riv. de son maître, S. 2]
Ce garçon a de l'esprit ; je gage qu'il ne se plaint pas des femmes, lui [LEGRAND, Belphégor, II, 5]
Lui se dit substantivement, à la façon de moi.
Mon fils me mande des folies, et il me dit qu'il y a un lui qui m'adore, un autre qui m'étrangle, et qu'ils se battaient tous deux l'autre jour à outrance dans le mail des Rochers [SÉV., 383]
10° Lui-même signifie en personne. Il est venu lui-même. Il l'a dit lui-même.
À Rosbac, on vit le roi de Prusse lui-même acheter tout le linge d'un château voisin pour le service de nos blessés ; et, quand il les eut fait guérir, il les renvoya sur parole [VOLT., Tactique, notes.]
11° Il n'est plus lui-même, se dit d'un homme dont le moral éprouve quelque grand changement. Je l'ai trouvé tout abattu de ce revers, ce n'était plus lui-même.
12° Un autre lui-même, voy. MÊME.
13° Pour lui-même, pour la seule considération de sa personne.
Je ne sais pas s'il avait raison de vouloir qu'on aimât Dieu pour lui-même ; mais M. de Fénelon méritait d'être aimé ainsi [VOLT., Dict. phil. Sottise des deux parts.]
14° Lui ou lui-même s'emploie souvent pour soi ou soi-même.
Le temps qui détruit tout, respectant votre appui, Me laissera franchir les ans dans cet ouvrage ; Tout auteur qui voudra vivre encore après lui Doit s'acquérir votre suffrage [LA FONT., Fabl. à Mme de Montespan.]
Je sais, et c'est Salomon qui le dit, que celui-là est haïssable qui parle toujours de lui [SÉV., 13 nov. 1687]
Pour écarter de lui ses images funèbres, Il [Assuérus] s'est fait apporter.... [RAC., Esth. II, 1]
Vide de vous et rempli de lui-même [DELILLE, Convers. III]
Lui, quand il est pour soi, peut se dire des choses. Ce torrent entraîne avec lui tout ce qu'il rencontre ; il ne laisse après lui que du sable et des cailloux.
Mais il [l'amour] traîne après lui des troubles effroyables [MOL., Mélic. II, 2]
Qu'il [les méchants] soient comme la poudre et la paille légère Que le vent chasse devant lui [RAC., Esth. I, 5]

REMARQUE

  • Lui joint à un nom ou à un pronom soit par et, soit par ni, soit par ou, veut que le verbe qui est auparavant soit précédé d'un pronom de même personne que le pronom adjoint à lui. Je vous accompagnerai vous ou lui ; Vous ne nous aimez ni lui ni moi. Cependant de bons auteurs ont omis le pronom qui précède.
    Pénélope, ne voyant revenir ni lui ni moi, n'aura pu résister à tant de prétendants [FÉNEL., Tél. VII]
    Les grammairiens condamnent ces phrases, mais le fait est qu'elles n'ont rien d'incorrect ; seulement cette tournure est moins usitée que l'autre.
  • 2. Si lui est non avec un pronom, mais avec un substantif, on ne met d'ordinaire aucun pronom.
    Il semble que Valdo ait d'abord eu un bon dessein, que la gloire de la pauvreté, dont il se vantait, ait séduit lui et ses sectateurs, [BOSSUET, Variat. XI, Hist. du Vaudois]
    Cependant on peut mettre aussi un pronom : Je l'ai vu, lui et son ami ; et encore : Je les ai vus, lui et son ami.
  • 3. Avec un verbe à l'impératif, lui se met après le verbe, avec un trait d'union. Portez-lui cet argent. Cependant, s'il y a plusieurs impératifs de suite, et que lui appartienne à l'un de ceux qui suivent le premier, il peut se mettre avant son verbe.
    Allez, Lafleur, trouvez-le et lui portez Trois cents louis, que je crois bien comptés [VOLT., la Prude, II, 1]
  • 4. À tout autre mode que l'impératif lui doit précéder le verbe, toutes les fois qu'il est le terme d'un rapport qui pourrait être exprimé par la préposition à : Je lui ai lu mon ouvrage. Au contraire il doit suivre le verbe, s'il est le terme d'un rapport exprimé par une autre préposition : Nous dépendons de lui ; J'ai parlé pour lui. Même quand lui est avec la préposition à, on le met après le verbe, s'il y a plusieurs régimes indirects : Parlez-vous à moi et à lui ? Parlez à son frère et à lui. Lui-même avec à suit toujours le verbe : J'ai parlé à lui-même.
  • 5. Quand lui est avec en, il se met devant en : Je lui en ai parlé ; Vous lui en donnerez.
  • 6. Lui ne se construit guère avec y : on ne dit pas : Il a une belle campagne, je lui y rendrai visite. Ce qui paraît s'y opposer, c'est l'oreille blessée de cette rencontre de deux i.
  • 7. Lui ne peut représenter qu'une personne spéciale ; par conséquent il ne peut répondre à un nom indéterminé ; et c'est une faute que de dire : Chacun doit prendre garde à lui ; il faut : à soi. Il faut ranger cela dans cette catégorie ; et l'on ne dirait guère aujourd'hui comme fait Molière : Je voudrais bien vous demander qui a fait ces arbres-là, ces rochers, cette terre et ce ciel que voilà là-haut ; et si tout cela s'est bâti de lui-même, D. Juan, III, 1.
  • 8. Lui-même ne se dit bien que des personnes. Cependant on trouve dans Molière : Je ne m'abuse point, c'est mon portrait lui-même, Sgan. 9. Massillon aussi a dit : L'usage lui-même de nos fonctions saintes, loin de nous réveiller de notre assoupissement.... Confér. retraite pour des curés. Ces emplois ne sont pas très bons ; mais ils ne sont pas irréguliers, et l'on conçoit qu'ils trouvent quelquefois place.

HISTORIQUE

  • Xe s.
    El lienortet [exhorte], dont lei nonque chielt [dont ne lui chaut], Qued elle fuiet le nom christien [, Eulalie]
    Quant [un lierre] umbre li fesist [, Fragm. de Val. p. 468]
    Acheder [advenir] co que li preirets [prierez] ; preits li que.... [, ib. 469]
    E elemosynas ent possumus facere, que lui ent possumus proferre [, ib. p. 469]
  • XIe s.
    En piez se dresse, si li vient contredire [, Ch. de Rol. XI]
    Quant il nous mande, qu'aiez mercit de lui [, ib. XVI]
    Li empereres lui tent son gant le destre [, ib. XX]
  • XIIe s.
    Rolant [il] apele et dist li son pensé [, Ronc. 35]
    Li sans de li [son sang] espant [se répand] parmi la prée [, ib. 90]
    Charle [il] connut à l'enseigne levée, Et Charles lui [, ib. 144]
    Entour lui [il] vit ses homes seïr et arrangier [, Sax. VI]
    Guiteclins de Sassoigne, o son frere Gozon, Lui disieme de rois du lignage Mahom, Sont entré en ta terre [, ib. XI]
    Quant l'aurez salué, puis li dites comment.... [, ib. XX]
  • XIIIe s.
    La mere Dieu de li [par elle] fut souvent reclamée [, Berte, XLVI]
    Que Berte nostre fille ne nous vit, ne nous li [, ib. LXXI]
    Et li ame de li soit en enfer ravie [, ib. LXXII]
    Si come Berte fu en la forest par lui [seule] [, ib. I]
    Bele Isabeaus, pucele bien aprise, Aima Gerart, et il li en tel guise.... [AUD. LE BAST., Romancero, p. 5]
    Quant Renart vit que ele est prise. Ne volt laissier à nule guise Que il ne voille o lui [elle] gesir, Et faire de lui [elle] son plaisir [, Ren. 583]
  • XIVe s.
    Il avint que Bertrand à l'aduré talent Chevauchoit lui deuxieme, sans plus mener de gent [, Guesclin. 680]
    Lui donques entre en la cité [BERCHEURE, f° 45, recto.]
  • XVe s.
    Par quoy [une oreille coupée] lui qui estoit deliberé estre homme d'eglise, est inhabile à jamais l'estre [DU CANGE, auris.]
  • XVIe s.
    Et de faict je tiens tant de ly [MAROT, III, 230]
    Timocreon luy reproche que pour argent il rappelloit beaucoup de bannis, et avoit luy qui estoit son hoste et son amy, pour l'avarice de gaigner une somme de deniers, trahy et abandonné [AMYOT, Thém. 41]
    Un de ses enfans luy mourut de maladie [ID., Cam. 20]
    Il trainnoit après luy une grande chevance [ID., P. Aem. 37]
    Et au mesme temps que l'on luy chassoit sa femme, qu'on luy demolissoit sa maison, qu'on luy tuoit ses amis à Rome, luy faisoit cependant la guerre en la Boeoce [ID., Sylla et Lysand. 9]
    Le chien qui de bon sang part Va gaillard De luy-mesmes à la chasse [RONS., 881]

ÉTYMOLOGIE

  • Wall. lu. Diez le tire de illi-huic, forme pléonastique, comme oïl, de hoc-illud ; cela paraît certain. En effet, il faut le rapprocher de autrui et de l'ancien nului ; on a voulu les tirer de illius, alterius, nullius ; mais, si on dit à la fois illius ( 2nd i bref) et illius ( 2nd i long), on ne dit que alterius et nullius ( i bref dans ces deux derniers mots), de sorte que l'accent serait en défaut ; de plus, il serait singulier que l's eût disparu complétement. Tout cela parle en faveur de l'étymologie de Diez. C'est en raison de cette étymologie, que, à l'origine, dans l'ancienne langue lui, ainsi que autrui et nului, n'a jamais eu d'autre emploi que comme régime.

LUI2

(lui) part. passé indéclinable du verbe luire

lui

LUI. pron. pers. de la troisième personne. Il est des deux genres quand il est complément indirect du verbe et placé devant ce verbe ou après un impératif. Vous lui parlerez. J'ai rencontré votre soeur, et je lui ai parlé. Si vous voyez mon frère, remettez-lui ce livre.

Il est masculin dans tous les autres cas et s'emploie : comme complément indirect, avec une préposition. C'est de lui que je tiens cette nouvelle. C'est à lui que j'écris. J'ai fait cela pour lui; comme forme tonique de il : Il arriva lui troisième. C'est lui qui m'a prévenu; comme attribut : C'est lui; comme correspondant de soi, pour renvoyer à un sujet déterminé et, dans ce cas, il est souvent accompagné de même. C'est pour lui qu'il travaille, pas pour les autres. Il se croyait aimé pour lui-même. Il n'est plus lui-même.

lui


LUI, pron. de la 3e pers. [Lui, monos. et non pas lu-i, en deux syllab. même en vers.] Il a aux câs obliques, de lui, à lui, lui, de lui; et au pluriel, eux, d'eux, à eux, eux, d'eux. = 1°. Lui n'est guère usité au nominatif et à l'acusatif. On met à la place ordinairement il pour le nominatif, et le pour l'acusatif. Dans les interrogations, on met en réponse lui. "Qui a fait cela? Lui. "Qui choisira-t-on? Lui. Quelquefois aussi on joint lui à le. "Nous le choisirons lui. Dites-en de même d'eux, par raport à ils et à les. = 2°. Il est pourtant des ocasions où l'on se sert de lui au nominatif et à l'acusatif, dans les phrâses afirmatives. On dit, p. ex. "Ils sont venus, lui et son frère. "On les a punis, lui et son complice. Voy. NOUS. "Il est impossible qu'un homme de mauvais naturel aime le bien public; car, comment pourroit-il aimer un million d'hommes, lui, qui n'a jamais aimé personne. Fréron, cité par M. de Vailly. "L'une et l'autre puissance recherchoit son amitié, et lui, par intérêt, ne se lioit irrévocablement à pas une. Moreau. = Remarquez que, précédé de et, lui n'a pas besoin d'être acompagné de il, comme dans les premiers exemples; mais, sans ce secours, il ne peut se pâsser de la compagnie de cet autre pronom. * "Quoique lui-même (le Schérif) fût inférieur au Comte en dignité, il étoit regardé comme très supérieur en autorité. Hist. d'Angl. Il falait, quoiqu' il fût lui-même, etc. Il en est de même d'eux. Quand on veut l'employer en régime simple (à l'acusatif.) il faut lui associer les, comme on associe le à lui. * La phrâse suivante pèche contre cette règle "Ils chasseroient lui et eux du Royaume. Hist. d'Angl. Dites ils les chasseroient lui et eux. — On dit de même pour le datif; on lui a doné à lui et à son frère; on leur a doné à eux et à leurs partisans, etc. D'aprês cette règle, consacrée par l'usage, il faut réformer les phrâses suivantes. "Pénélope ne voyant revenir, ni lui, ni moi, n'aura pu résister à tant de prétendants. Télém. Il falait, ne nous~ voyant revenir, ni lui, ni moi. Voy. NOUS. "Il semble que Valdo ait eu d'abord un bon dessein, et que la gloire de la pauvreté (évangélique) ait séduit lui et ses partisans. Boss. Il falait, les ait séduit lui, etc. "Melanchton console le mieux qu'il peut son ami et lui-même. Id. Ici il faut répéter le verbe consoler. "Il console son ami, et se console lui-même le mieux qu'il peut. = En vers, lui, dans les énumérations peut être régime, sans être précédé de le.
   J'immolerois plutôt lui, Judith et moi-même.
       Duché.
On pardone cette irrégularité aux Poètes: mais en prôse, il faudrait dire: je l'immolerois lui, etc. = Lui se met quelquefois aprês il par pure élégance, et sans nécessité; mais cela n'est bon que dans le style familier. "On troûvera peut-être les représentations que me faisoit l'honeur un peu longues: mais il a besoin de parler long-tems lui, pour faire impression. Mariv. — Ainsi l'on dit fort bien, et lui s'en ala de son côté, mais, et lui il s'en ala est souvent plus énergique. = 3°. Au lieu du génitif de lui, d'elle, et de lui, datif, on se sert souvent d'en et d'y pronoms. Voyez EN, pron. et Y. Voyez aussi plus bâs, n°. 4°. — On met aussi quelquefois le datif lui, leur à la place du pronom possessif son, sa, ses, leur. Au lieu de dire: on a jeté des doutes dans son esprit, on dit: on lui a jeté des doutes dans l'esprit. = 4°. Lui, comme elle, eux, elles ne se dit que des persones, et de ce qui est regardé comme persone. En parlant d'un livre, si je demande, est-ce le vôtre? il ne faut pas répondre, c'est lui, mais se servir du pron. supléant le, et dire: ce l'est. De même parlant d'une afaire, on ne dit pas, que dit-on d'elle? ni faites atention à elle; mais qu'en dit-on? Faites y atention. BUF. — M. de Wailly croit pourtant qu'après avoir parlé d'une chôse inanimée, d'un livre, d'une tabatière, d'un couteau, etc. on peut dire, est-ce là lui, est ce là elle; et qu'on peut répondre: c'est lui, c'est lui-même. Il ajoute, il est vrai, que dans ce câs on dit aussi: "Est-ce là votre livre? oui, ce l'est. Sont-ce là vos livres? oui, ce les sont. — Je pense que cette dernière façon est la meilleure; l'autre est tout au moins douteûse, et on ne doit l'employer qu'en plaisantant. — Pour lui-même, il est encôre plus sûr qu'il ne se dit point des chôses. "Le choix lui-même qu'en faisoit G... qui sans doute le conoissoit à l'épreuve, ne devoit-il pas les convaincre de la duplicité du personage. Anon. Il fallait dire; le choix même, etc. = 5°. Lui est quelquefois joint à le, la, ou les. Alors il ne doit jamais les précéder, mais il doit les suivre toujours dans la construction. C'est une faûte grossiêre de dire: * je lui le done, au lieu de dire: je le lui done. Pour les règles des câs obliques de lui, voyez MOI. = 6°. On ne doit pas se servir indiféremment de lui et de soi. — I. Quand on parle en général, sans marquer une persone qui soit le sujet de la phrâse, il faut se servir de soi: "On fait mille faûtes, quand on ne fait nulle réflexion sur soi. Mais quand il s'agit de quelqu'un en particulier, on met lui au lieu de soi. "C' est un homme qui ne fait point de réflexion sur lui. — II. On met soi plutôt que lui, quand on parle de l'extérieur. "Cet homme est propre sur soi; et quand on parle d'une chôse comme d'une persone: "Le corps qui a plus de force, atire à soi la vertu de l'autre. Sur quoi il faut remarquer que la chôse étant du genre féminin, on peut plus aisément substituer elle à soi; mais si elle est du masculin, rârement on pourrait mettre lui au lieu de soi. On ne dirait pas: le vice a dans lui tout ce qui peut le rendre odieux; comme on dirait; la vertu a dans elle tout ce qui peut la rendre aimable. — Avec l'article de, elle ne pourrait se mettre à la place de soi, comme par exemple: "Aucune de ces espèces n'est parfaite de soi, et non pas d'elle. — III. Soi-même et lui même se disent presque également aux câs obliques, quand il s' agit d'une persone particulière. Il semble pourtant que lui-même soit plus ordinaire et plus élégant, en prôse, que soi-même; et qu'au contraire, soi-même ait plus de grâce et plus de force, en poésie, que lui-même. — Pour le nominatif, soit en prôse, soit en vers, on met toujours lui-même. — Quand il est question d'une chôse, et non pas d'une persone, il est plus sûr de dire soi-même; car soi-même va toujours bien, et il est meilleur que lui-même, dans les ocasions même où celui-ci peut avoir lieu. Bouh.
   Rem. Les pronoms mal placés ocasionent souvent des équivoques. En voici un exemp. dans Racine; au sujet du pronom lui. ANDROMAQUE, Acte II. Sc. I.
   Il l'aime. Mais enfin cette veuve inhumaine
   N'a payé jusqu'ici son amour que de haine,
   Et chaque jour encôre on lui voit tout tenter
   Pour fléchir sa captive, etc.
   Selon l'ordre du discours, ce lui se raporte à cette veuve inhumaine; et selon le sens, il se raporte à il, à Pyrrus. Rien, ajoute M. D'Olivet, ne coûte tant que d'éviter toujours les équivoques de cette sorte. Mais, où la nécessité se troûve, la dificulté n'excuse pas. = Le même défaut se rencontre dans la phrâse suivante du discours que ce grand Poète prononça à l'Académie Française. "On croira même ajouter quelque chôse à la gloire de notre Auguste Monarque, lorsqu' on dira qu'il a estimé, qu'il a honoré de ses bienfaits le Grand Corneille, et que même deux jours avant sa mort, lorsqu'il ne lui restoit plus qu'un rayon de connoissance, il lui envoya encore des marques de sa libéralité. — Les premiers sa et lui sont équivoques: suivant les règles de la langue, ils doivent se raporter au Roi; cependant c'est de Corneille que parle Racine. Il pouvait dire: "Et que même deux jours avant la mort de ce grand génie, (ou, pour ne pas répéter ce mot de grand, et ne pas faire mourir les génies, avant la mort de cet illustre Poète) à qui il ne restoit plus qu'un rayon de connoissance, il lui envoya, etc. etc. Wailly. = La faûte est encôre plus grossière dans la phrâse suivante. "Jean-Baptiste Tiepolo, qui travâille à présent pour le Roi d'Espagne, lui est infiniment supérieur. — S'il était possible de s'y méprendre, on croirait que Tiepolo était supérieur au Roi d'Espagne, à qui lui semble se raporter. Dans le sens de l'Auteur (L'Ab. Richard) ce lui se raporte à Piazetta, autre Peintre, qui est nomé au comencement d'un article assez long, qui précède celui de Tiepolo. Et voilà ce que c'est que de trop éloigner les relatifs de leurs antécédens.

Traductions

lui

er, ihn, ihr, am, es, ihm, seiner, onhim, her, it, he, the, to her, to him, to it, to thehem, haar, , het, aande, aand'r, aanhaar, aanhem, aanhet, aan'm, aan'r, daar...aan, daaraan, de, d'r, er...aan, er...heen, eraan, erheen, 'ie, 'm, naarde, naard'r, naarhaar, naarhem, naarhet, naar'm, 'r, 't, zichהוא, הוּאlin, ŝin彼, 彼をαυτός, αυτόνél, ella, lolui, egli, esso, gli, ضَمِيرُ الـمُفرَدُ الغَائِبُhohamhännjega그 남자를hamjegoeleегоhonomเขาผู้ชายonu, onaanh ấy (lɥi)
pronom personnel
mot qui représente une personne ou unechose Je le lui donne. Il ne se souvient pas de lui. C'est à lui. Si tu la vois, dis-lui.

lui

[lɥi]
pp de luire
pron
(objet indirect, mâle) → to him; (femelle) → to her; (chose, animal de sexe indéterminé)to it
je le lui ai donné (à un homme) → I gave it to him; (à une femme) → I gave it to her
Mon père est d'accord: je lui ai parlé ce matin → My father said yes: I spoke to him this morning.
Ma mère est d'accord: je lui ai parlé ce matin → My mother said yes: I spoke to her this morning.
Il est très content du cadeau que je lui ai offert → He is very pleased with the present I gave him.
Elle est très contente du cadeau que je lui ai offert → She is very pleased with the present I gave her.
"Qu'est-ce que tu donnes à ton poisson rouge?" - "Je lui donne de la nourriture pour poissons." → "What do you give your goldfish?" - "I give it fish food."
(après préposition, personne) → him
Elle est contente de lui → She is pleased with him.
Cette voiture est à lui → This car belongs to him.
J'ai pensé à lui toute la journée → I thought about him all day long.
(dans une comparaison) → him
Je la connais mieux que lui
BUT I know her better than he does.
(sujet: forme emphatique)
Lui, il est à Paris → He is in Paris.
Lui, il est toujours en retard! → Oh him, he's always late!
C'est lui qui l'a fait → He did it.
C'est bien lui! → It's definitely him!