manié, ée

MANIÉ, ÉE

(ma-ni-é, ée) part. passé de manier
Pris avec la main. Des étoffes maniées plusieurs fois. Fig.
Sur les matières les moins maniées par le gros des savants, il y a toujours un petit nombre de gens à craindre et qui n'attendent qu'un sujet de censure même léger [FONTEN., Delisle.]
Telle est la destinée des sciences maniées par un petit nombre de personnes ; l'utilité de leur progrès est invisible à la plupart du monde [ID., Util. des math. Préface]
Dont on se sert avec la main. Une arme bien maniée. Mis en œuvre.
Il [Bourdaloue] a pris le prince [le père du grand Condé] dans ses points de vue avantageux ; et, comme son retour à la religion a fait un grand effet pour les catholiques, cet endroit manié par le P. Bourdaloue a composé le plus beau et le plus chrétien panégyrique qui ait jamais été prononcé [SÉV., 15 déc. 1683]
Que ses discours [de l'auteur comique], partout fertiles en bons mots, Soient pleins de passions finement maniées [BOILEAU, Art p. III]