marché


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marché

n.m. [ lat. mercatus ]
1. Lieu public, en plein air ou couvert, où l'on vend et où l'on achète des marchandises : Il fait ses courses au marché couvert halle
2. Réunion de commerçants ambulants qui, à jours fixes, vendent dans un lieu dépendant du domaine public des produits comestibles ainsi que des articles ménagers, vestimentaires, etc. : Il est interdit de se garer sur ce parking les jours de marché. Le marché aux bestiaux se tient une fois par mois sur la place du village foire
3. Ville, pays où se fait principalement le commerce d'un produit déterminé ou de plusieurs : La Côte d'Ivoire est l'un des principaux marchés mondiaux du cacao.
4. Débouché économique ; ensemble de clients qui achètent ou peuvent acheter une production : Viser le marché européen clientèle acheteur, client
5. Lieu théorique où se rencontrent l'offre et la demande ; état de l'offre et de la demande : Le marché de l'art contemporain.
6. Tractation, accord impliquant un échange de biens ou de services ; convention d'achat et de vente : Je te propose un marché : je passe te prendre en voiture le matin et en contrepartie tu participes aux frais d'essence. Ces deux entreprises ont conclu un marché affaire
7. Ensemble de négociations boursières se tenant sur une place financière et définies par une caractéristique commune : Le marché a été très actif aujourd'hui.
À bon marché,
à bas prix : Vente de tapis à bon marché ; sans grands inconvénients : Elle s'est tirée de cette affaire judiciaire à bon marché à bon compte
Bon marché, meilleur marché,
d'un prix peu ou moins élevé : Des bouteilles bon marché. Ces outils sont meilleur marché à l'entrepôt que dans les boutiques.
Économie de marché,
système économique dans lequel la loi de l'offre et de la demande assure la régulation de la production et des prix.
Étude de marché,
étude des besoins et des goûts des consommateurs afin de prévoir les débouchés possibles d'un produit avant de lancer sa fabrication.
Faire bon marché de qqch,
en faire peu de cas ; ne pas y attacher d'importance : Ils font bon marché de ses conseils.
Faire son marché ou le marché,
aller acheter ses provisions sur un marché public ou dans les magasins.
Marché du travail,
situation de l'offre et de la demande d'emploi dans une région, un pays ou par rapport à un type d'activité.
Marché noir
Marché public,
marché ou contrat conclu par l'État ou par une collectivité publique et concernant la fourniture de biens ou de services.
Mettre le marché en main à qqn,
lui donner nettement le choix de conclure l'accord ou de rompre.
Par-dessus le marché,
en plus de ce qui a été convenu, stipulé ; de plus, en outre : Ils n'étaient pas prêts lors de notre arrivée et par-dessus le marché, c'est nous qui avons dû faire le repas.
Part de marché,
pourcentage des ventes d'un produit, d'une entreprise, d'une marque, par rapport au total des ventes des produits similaires sur un marché déterminé.

MARCHÉ1

(mar-ché) s. m.
Vente, achat de ce qui se débite dans un lieu déterminé. Le marché n'a rien valu aujourd'hui.
Quand j'aurai l'honneur de vous faire parvenir mes rêveries, qui ne sont pas encore tout à fait prêtes, je ferai avec vous le marché des Espagnols avec les Indiens : ils donnaient de petits couteaux et des épingles pour de bon or [VOLT., Lett. Goldoni, 10 mai 1763]
Le cours du marché, le prix auquel une marchandise se vend sur le marché.
Réunion de ceux qui vendent et achètent ce qui se débite ainsi. Il y a marché dans cette ville deux fois par semaine.
Ce concours et le lieu où il se fait se nomment marché, parce que les marchés s'y proposent et concluent [CONDILL., Comm. gouv. I, 4]
Lieu public où l'on vend toutes sortes de denrées et d'objets.
Et le financier se plaignait Que les soins de la Providence N'eussent pas au marché fait vendre le dormir, Comme le manger et le boire [LA FONT., Fabl. VIII, 2]
Les marchés et les foires ne se peuvent établir que par la permission du roi [FEVRET, Traité de l'abus, I, 9, dans RICHELET]
Notre auteur a mieux aimé se signaler par un air de liberté [à l'égard d'un concile], et il préfère à des termes plus respectueux la licence et le style du marché [BOSSUET, Rem. hist. conc. II, 11]
Nous rougissons avec raison de voir les marchés publics établis dans des rues étroites, étaler la malpropreté, répandre l'infection et causer des désordres continuels [VOLT., Pol. et lég. Embell. de Paris.]
La douleur et le dépit du roi augmentèrent quand il apprit que Tolstoï, devenu l'ambassadeur du czar à la Porte, était publiquement servi par les Suédois faits esclaves à Pultava, et qu'on vendait tous les jours ces braves soldats dans le marché de Constantinople [ID., Charles XII, 5]
Les prix ne peuvent se régler que dans les marchés, parce que c'est là seulement que les citoyens rassemblés peuvent, en comparant l'intérêt qu'ils ont à faire des échanges, juger de la valeur des choses relatives à leurs besoins [CONDILL., Comm. gouv. I, 4]
S'il est un plaisir qu'il n'ait pas, C'est qu'au marché ce plaisir manque [BÉRANG., Bonheur.]
Marché franc, marché où l'on ne paye pas de droit pour vendre. Fig. Je lui vendrai cela plus cher qu'au marché, se dit, par menace, de quelqu'un sur qui on compte se venger de quelque chose. On dit dans le même sens : Il le payera plus cher qu'au marché.
Mais un jour peut venir, ou je veux qu'on me pende, Si plus cher qu'au marché vous n'en payez l'amende [TH. CORN., Geôlier de soi-même, II, 5]
Par extension, il se dit d'une ville et même d'un pays où se font des transactions commerciales avec les nations étrangères.
Surate ou Surat, au fond du golfe de Cambaye, était, depuis Tamerlan, le grand marché de l'Inde, de la Perse et de la Tartarie [VOLT., Pol. et lég. Fragm. hist. sur l'Inde, XVI.]
Ce qu'on achète au marché, ce qu'on rapporte du marché. Montrez-moi votre marché. Faire son marché, acheter ce dont on a besoin. Faire son marché signifie aussi aller soi-même au marché, au lieu d'y envoyer la domestique. Fig.
Il est force gens comme lui, Qui prétendent n'agir que pour leur propre compte, Et qui font le marché d'autrui [LA FONT., Fabl. VIII, 13]
Fig. Il a bientôt fait son marché, se dit de quelqu'un qui a bientôt pris sa résolution.
Terme d'économie politique. L'état de l'offre et de la demande, dans un lieu donné, ou, en général, dans tous les lieux que fréquente le commerce. Les besoins du marché.
Convention verbale ou écrite renfermant les conditions d'une vente. J'en ai fait marché par écrit. Rompre un marché.
Je voudrais que vous eussiez déjà conclu le marché de votre terre [SÉV., 266]
C'est donner que de faire un marché de cette sorte [ID., 187]
À propos de vendre, je n'ai nul dessein de vendre Bourbilly, par une petite raison : c'est que c'est à ma fille après ma mort ; elle en fera le marché en ce temps-là [ID., 21 déc. 1692]
J'aurais sur le marché fort bien fourni la paille [RAC., Plaid. I, 1]
Les Épidamniens élurent un magistrat pour faire tous les marchés au nom de la cité [MONTESQ., Esp. IV, 6]
Fig.
La vue des pertes de l'ennemi ne consolait pas ; elle n'était pas double de la nôtre ; on se rappelait d'ailleurs que, dans une pareille position, Pierre 1er, en sacrifiant dix Russes contre un Suédois, avait cru, non-seulement ne faire qu'une perte égale, mais même gagner à ce terrible marché [SÉGUR, Hist. de Nap. IX, 2]
Faire un bon marché, conclure un marché avantageux ; faire un mauvais marché, conclure un marché désavantageux. Cela se dit, par extension, de toute autre affaire de la vie.
M. de Villette fait un très bon marché en épousant une fille qui a autant de bon sens que d'innocence, qui est née vertueuse et prudente comme elle est née belle [VOLT., Lett. Delisle de Sales, 2 nov. 1777]
Un sot marché, un marché où l'on joue un rôle de dupe.
Il voit bien qu'il ne faut pas faire un sot marché [SÉV., 419]
Familièrement. Un marché d'or, marché dans lequel on fait un achat très avantageux. Fig. Un marché d'or, toute espèce de bonne affaire.
Le marché paraît d'or pour lui, car nous donnons et il reçoit [P. L. COUR., Chambord.]
Il n'y a au marché que ce qu'on y met, se dit quand on se plaint de quelque clause onéreuse. Boire le vin du marché, boire ensemble, après la conclusion d'un marché, en signe de ratification. Aller, courir sur le marché d'un autre, enchérir sur les offres d'un acheteur. Fig. Faire des démarches pour obtenir une place, un avantage qu'un autre sollicite ; s'ingérer de faire ce qu'un autre fait.
On m'a conté d'elle [une dame] deux histoires un peu épouvantables ; je les supprime pour l'amour de Dieu, et puis ce serait courir sur le marché d'Adhémar [SÉV., 22 avr. 1671]
La Chesterfield fut tentée par son mauvais destin de lui ôter [à la Denham] son amant ....mais la Denham, piquée de ce qu'on avait couru sur son marché.... [HAMILT., Gramm. 8]
Les filles d'honneur de la reine couraient sur le marché des aventurières de la ville [ID., ib. 10]
Vous savez probablement que le roi de Prusse a été sur notre marché, et qu'il fait venir dix-huit familles d'horlogers de Genève [VOLT., Lett. duc de Choiseul, 7 sept. 1770]
Fig. Il n'amende pas son marché, se dit d'un homme qui aggrave sa position.
Ce meurtre [du coq] n'amenda nullement leur marché [des servantes] ; Notre couple au contraire, à peine était couché Que la vieille craignant de laisser passer l'heure.... [LA FONT., Fabl. V, 6]
Mettre à quelqu'un le marché à la main (voy. MAIN, n° 8), lui donner le choix de conclure ou de rompre le marché ; et fig. ne pas le ménager, l'obliger à se décider pour ceci ou pour cela.
Louis de Bade avait mis à l'empereur le marché à la main sur sa charge de feld-maréchal-général [SAINT-SIMON, 84, 94]
Voyant qu'il me mettait ainsi le marché à la main, vous connaissez la vivacité biscayenne, je lui répondis fièrement [LESAGE, Bachel. de Salam. ch. 32]
Par-dessus un marché au delà de ce qui avait été convenu.
Ce mot sur la semaine [ce mot que je vous écris dans la semaine] est par-dessus le marché de vous écrire seulement tous les quinze jours [SÉV., à Bussy, 22 juill. 1671]
Si vous voulez venir dîner chez moi, nous jouerons ; car la reine veut nous donner de quoi, et cela par-dessus le premier marché [promesse d'embrasser Grammont s'il revenait avec la nouvelle que les lignes d'Arras avaient été forcées] [HAMILT., Gramm. 5]
Fig. Par-dessus le marché, en outre, de plus.
Il avait débuté par lui offrir une bourse pleine d'or, et c'est la forme la plus dangereuse que puisse prendre le diable pour tenter une jeune fille un peu coquette, et, par-dessus le marché, intéressée [MARIV., Pays. parv. 1re part.]
Marché se dit aussi des conventions qui se font pour prendre un fermier, un domestique, pour louer une voiture, une place dans un navire, etc.
Dans cette incertitude, louerai-je votre appartement ? on est tous les jours sur le point d'en conclure le marché [SÉV., 18 févr. 1671]
Elle arrive à Rouen, elle fait son marché de s'embarquer dans un vaisseau qui va aux Indes [ID., 5 août 1684]
Je consens de tout mon cœur que vous fassiez faire les réparations nécessaires des moulins, des métairies, des douves, des prés.... c'est mon intérêt ; faites donc toutes ces choses, et en faites les marchés en homme de bien et en bon père de famille [ID., 23 avril 1687]
Marché d'ouvrages, convention entre un ouvrier ou un entrepreneur, d'une part, et celui qui commande un ouvrage quelconque, un bâtiment par exemple, d'autre part. Passer un marché d'ouvrages. Marché clef à la main ou clefs en main, marché par lequel un entrepreneur s'oblige envers un propriétaire à faire et à terminer un bâtiment pour un temps spécifié. Marché au mètre, marché qui se fait pour un prix convenu par chaque mètre d'ouvrage.
Prix.
Il faudra que vous voyiez aussi ce que nous devons à Angebaut, et tirer le meilleur marché que vous pourrez de ce procès-verbal [SÉV., 23 avr. 1687]
10° Terme de bourse. Marché au comptant, marché au taux du moment présent ; ce marché ne peut être aléatoire et ne contient aucune chance courue, puisque le prix en est fixé en même temps que la convention est conclue. Par opposition, marché à terme, marché dans lequel l'exécution aura lieu plus tard, au jour de la liquidation. Maintenant le marché à terme peut être ferme ou fictif : il est ferme s'il entraîne nécessairement conclusion réelle, livraison de la chose vendue contre espèces ; il est fictif s'il se résout ce jour-là en abandon de la prime, comme dans le marché libre ou à prime. Marchés fermes, achat ou vente d'une valeur dont la livraison contre espèces doit avoir lieu réellement et sans feinte à une époque déterminée que l'on désigne sous le nom de liquidation. Marché libre ou à prime, opération dans laquelle l'acheteur ou le vendeur se réserve le droit d'annuler son marché à une époque fixée d'avance moyennant l'abandon, au profit de l'autre partie, d'une indemnité appelée prime et convenue d'avance. À Paris l'acheteur a seul ce droit quand il s'agit de rentes ou de titres. L'acheteur et le vendeur l'ont tous les deux quand il s'agit de marchandises. Marchés à terme, nom générique des opérations ferme et à prime.
11° Bon marché, grand marché, prix peu élevé ; meilleur marché, prix inférieur à un autre.
Voyez, je vous ferai meilleur marché qu'un autre [CORN., Gal. du Palais, I, 7]
Pour les revendre à bon marché [PASC., Prov. VIII]
Mon oncle d'une seule parole l'a eu à une pistole meilleur marché que moi [SÉV., 424]
Je vous en ferai avoir bon marché [LESAGE, Turcaret, IV, 12]
C'est marché comme de raves, comme de paille, c'est très bon marché, très peu cher, comme les raves et la paille. Vivre à bon marché, vivre sans qu'il en coûte beaucoup d'argent. On vit à bon marché dans cette ville. C'est marché donné, c'est un marché donné, se dit de quelque chose qu'on a eu à très bas prix.
Là-dessus je vous la laisse à tant, c'est marché donné [MARIV., Pays. parv. 3e part.]
J'ai quatre volumes sous presse.... ils coûteront trois livres le tome ; c'est marché donné [VOLT., Mél. lett. Lett. de M. Formey.]
Fig. et en un autre sens, marché donné, avantage inespéré.
Elle [la duchesse de Berry] ne faisait guère de repas libre, et ils étaient fréquents, sans qu'elle ne s'enivrât à perdre connaissance ; et si, rarement, elle demeurait en pointe, c'était marché donné [SAINT-SIMON, 391, 42]
On n'a jamais bon marché d'une mauvaise marchandise, c'est-à-dire la mauvaise marchandise coûte toujours trop cher relativement à ce qu'elle vaut. Se ruiner en bons marchés, acheter trop de choses par la seule raison qu'on les trouve à bon marché.
J'ai connu une dame qui s'est ruinée à acheter tout ce qu'elle trouvait à bon marché [MAINTENON, Lett. à Mme de Fontaines, 1695]
On dit dans le même sens : Les bons marchés ruinent. Bon marché vide le panier, mais il n'emplit pas la bourse, c'est-à-dire un marchand qui vend à trop bon marché, débite bientôt sa marchandise, mais il se ruine. Fig. et familièrement. À bon marché, à peu de frais, sans beaucoup de dommage ou de peine.
Vous auriez pu à bon marché, c'est-à-dire avec trente larmes, vous faire passer auprès de moi pour l'homme du monde le plus passionné [SÉV., à Ménage, 1650 (lett. 18, éd. RÉGNIER).]
Non, à si bon marché l'on ne bat pas les gens [RAC., Plaid. II, 4]
A bon marché, pour peu de chose.
Il y a beaucoup d'affectation dans ces larmes que les filles versent à si bon marché [FÉN., t. XVII, p. 78]
Vous dites qu'on les canonise à bon marché [MASS., Carême, Culte.]
Sur quoi pouvez-vous donc croire que vous serez quittes devant Dieu de vos crimes, à meilleur marché, si je l'ose dire, que ces premiers fidèles ? [ID., Mystères, Ferv. des pr. chrét.]
En être quitte, en sortir à bon marché, sortir d'un danger, d'un embarras avec moins de dommage qu'on n'en avait à craindre.
Ce n'est pas assez que le feu expie en public mon offense [que je sois brûlé] ; j'en serais quitte à trop bon marché.... il [un curé, dans un libelle] veut absolument que je sois damné [MOL., Tart. 1er placet.]
Soyez parfaitement aise qu'il [le jeune de Grignan] ait eu une légère contusion à la cuisse, après laquelle il m'a écrit la lettre que voilà ; vous y verrez qu'il est fort heureux d'en être quitte à si bon marché [SÉV., 481]
Si vous saviez combien on est malheureuse quand on a le cœur fait comme je l'ai, je suis assurée que vous auriez pitié de moi ; mais je pense que vous n'en êtes pas quitte à meilleur marché, de la manière dont je vous connais [ID., à M. de Pompone, 27 nov. 1664]
Fig. et familièrement. Faire bon marché d'une chose, la donner pour peu de chose, en tenir peu de compte.
Si jamais cette part tombait dans le commerce, Et qu'il vous vînt marchand pour ce trésor caché, Je vous conseillerais d'en faire bon marché [CORN., le Ment. III, 6]
Je crois qu'en ce moment, rêveur et bien fâché, De son gouvernement il ferait bon marché [DANCOURT, Sancho Pança, V, 1]
Faire bon marché d'une chose, la prodiguer, ne pas l'épargner. Il fait bon marché de la vie. On dit dans le même sens : mettre à bon marché.
En vérité, il est abominable de mettre à si bon marché la vie des hommes [D'ALEMB., Lett. à Voltaire, 16 juill. 1766]
Fig. et familièrement. Avoir bon marché de quelqu'un, avoir facilement sur lui l'avantage.
Qu'on eût eu bon marché de nous, Et qu'il y faisait bon pour vous ! [SCARRON, Virg. II]
Je vous avoue, ma fille, que mon cœur me fait bien souffrir ; j'ai bien meilleur marché de mon esprit et de mon humeur [SÉV., 84]
Orbassan, voyant le bouclier de Tancrède sans armoiries et sa cotte d'armes sans faveur des belles, croit avoir bon marché de son adversaire [VOLT., Lett. à Mlle Clairon, 16 oct. 1760]
On en a bon marché [le soldat français] quand il est commandé par des courtisans qu'il méprise [J. J. ROUSS., Hél. V, 4]
Fig. À grand marché, facilement, à peu de frais.
Ses louanges poussées à l'excès, sans contradiction aucune, en faisaient un héros à grand marché [SAINT-SIMON, 133, 225]
À grand marché faire, à mettre les choses au plus bas.
12° Fig. Toute espèce de convention.
....Le maître et la servante ayant fait leur marché [LA FONT., Gag.]
Agnès me regardait sans me parler, c'était notre marché [SÉV., 6 fév. 1671]

REMARQUE

  • 1. Il faut dire : il y a marché ce jour-là, sans article ; et il y a ce jour là un marché qui dure de midi à six heures, avec l'article.
  • 2. On dit souvent dans le parler vulgaire : j'ai acheté ce livre bon marché ; sans la préposition à. Cette suppression n'est pas autorisée ; il faut dire à bon marché, comme on dit à bon compte, à vil prix, etc.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    E il ait testimoines que il l'achatad al marchied le roi [, Lois de Guill. 25]
    Li reis Marsile a fait de nous marchet [, Chr. de Rol. LXXXVIII]
  • XIIIe s.
    Par Dieu ! mere, trop dout [je crains] prendre seignor [mari] ; C'est uns marchiés dont se plaignent plusor [, Romanc. p. 73]
    Prendre mari est chose à remenant ; N'est pas marchiés qu'on laist quant [on] se repent, Tenir l'esteut [il faut le tenir], soit lait ou avenant [, ib.]
    Si avint que uns escuiers le [du] seigneur de Cathenai le vit un jour de marciet à Cathenai [, Chr. de Rains, 172]
    Que de leur faus marchié [mauvaise action] [ils] viennent à droite vente [, Berte, LXXXIV]
    La vieille aura jà tost de son marchié la vente [sera traitée comme elle le mérite] [, ib. XCVI]
    Et s'il y a contens entr'iaus [dispute entre eux] dou marché, le coretier ou celui qui fist le marché entre eaus de la beste deit estre cru par son seirement [, Ass. de Jérus. I, 213]
    Et fu dit au bourgois qu'il en avoit bon marcié, quant il en estoit quites por trente livres [BEAUMANOIR, XXX, 20]
    Et s'il ne font point de marcié à cix [ceux] por qui il pledent, il doivent estre paié par journées [ID., V, 3]
    Se tix [telles] crois pooient garantir les malfeteurs, li murdrier et li robeor [voleurs] aroient trop grant marcié de lor meffès [ID., XXV, 24]
    Cist siecles n'est mès que marchiez [RUTEB., 303]
    Mes pour riens hons ne me pleroit Qui de son cors marchié feroit [, la Rose, 7672]
    Li uns a dit : quatre sols vaut. Li autre a dit : assez plus vaut, Ainz valt cinc sols à bon marchié [, Ren. 809]
    Boens [bon] marciés trait [tire] de borce argent [LEROUX DE LINCY, Prov. t. II, p. 492]
  • XIVe s.
    Car plaisance fait faire moult de kaitis [chétifs] marquiés [, Baud. de Seb. XII, 876]
    Signours, dist Bauduins, soiés joiant et liet ; Car delivrés serez chertes à bon marquet [, ib. IX, 644]
    Se de lui vous doubtez, si n'y mettez le pié ; Cilz qui n'a point d'argent n'a que faire au marchié [, Guesclin. 4449]
  • XVe s.
    Et si les Anglois ardent nos maisons, que peut-il chaloir ? nous les aurons tantost refaites à bon marché [FROISS., II, II, 228]
    Ils auroient trop bon marché si ils estoient quittes [ID., II, III, 8]
    Il fist son marché avant œuvre [ID., I, I, 108]
    Luy estoit ordonné d'entrer en praticque du mariage à la seur du roy d'Angleterre, mais non pas de conclure le marché [COMM., I, 5]
    Les ennemis en eussent eu bon marché, s'ils l'eussent assailli [ID., VIII, 5]
  • XVIe s.
    Il feit marché avec luy qu'il l'enleveroit une nuict avec son argent [AMYOT, P. Aem. 42]
    Il disoit que l'on n'avoit jamais bon marché d'une chose dont on se pouvoit bien passer [ID., Cat. 10]
    Il me mect le marché au poing ; que si je ne luy accorde ce qu'il demande, il est tout prest de quitter mon service [CARLOIX, IX, 2]
    Pendant le marché [parlement] la ville se trouva saisie [MONT., I, 28]
    C'est bien empirer mon marché [ID., I, 33]
    Tenir un marché [MONT., I, 129]
    Pour nous estre desfaicts de la court et du marché, nous ne nous sommes pas desfaicts des principaux torments de nostre vie [ID., I, 294]
    Il n'aura jà bon marché qui ne le demande [COTGRAVE, ]
    À l'hostel priser, et au marché vendre [ID., ]
    Les pardons y sont à trop bon marché [D'AUB., Confessions de Sancy, ch. IV]
    Aubigné lui ouvrit [proposa] un marché auquel il obligeoit un million d'or vaillant pour faire deux flottes [ID., Mémoires, éd. LALANNE, p. 113]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. mercat ; espag. et portug. marcado ; ital. mercato ; du lat. mercatus, de merx, marchandise, par l'intermédiaire de mercari (voy. MARCHAND).

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    1. MARCHÉ. Ajoutez :
    13° En Picardie, marché de terre, ou, simplement, marché, le lot de terres que chaque fermier tient d'un propriétaire.
  • Droit de marché, usage dans la Picardie en vertu duquel les fermiers détiennent à perpétuité et héréditairement les biens qu'ils ont pris à ferme.
    Le droit de marché, que les propriétaires ne reconnaissent pas, ne s'en maintient pas moins dans le Santerre [Somme] [, Journ. des Débats, 8 août 1876, 3e page, 6e col.]
    Le droit de marché est un singulier usage, établi dans cette partie de la Picardie qu'on nomme le Santerre... en vertu de cet usage.... les fermiers prétendent détenir à perpétuité et transmettre à leurs héritiers les biens qu'ils ont une fois reçus à loyer [ARTH. MANGIN, Journ. offic. 10 août 1876, p. 6152, 1er col.]

marche

MARCHE. n. f. Il se disait d'une Province frontière exposée par sa situation aux incursions, aux attaques de l'État voisin. Les marches de Lorraine.

marche

MARCHE. n. f. Action, mouvement de celui qui marche. Marche lente, rapide, précipitée. Ralentir, accélérer sa marche. Il supporte bien la marche. La marche est un des meilleurs exercices.

Il se dit souvent de l'Action de marcher, sous le rapport de la distance ou de la durée. Ils ont fait une longue marche. D'ici où vous allez il y a une bonne heure de marche. Cette marche m'a fatigué. S'habituer à la marche.

Il se dit, principalement, en parlant des Troupes, des armées. L'armée est en marche, s'est mise en marche vers la frontière. Régler la marche des colonnes. Ordre de marche. Couvrir sa marche. Dérober sa marche à l'ennemi. Il fatigua l'ennemi par ses marches et contremarches. Journal des marches et opérations. Pendant cette marche, au cours de cette marche.

Marche forcée, par opposition à Marche ordinaire, Marche dans laquelle on fait faire à des troupes beaucoup plus de chemin qu'elles n'ont coutume d'en faire dans le même espace de temps.

Fausse marche, Le mouvement que fait une armée qui feint de marcher sur un point et qui se porte sur un autre.

Gagner une marche sur l'ennemi, Le devancer de quelque temps; et, figurément et familièrement, Obtenir sur son adversaire, par quelque manoeuvre habile, un avantage de temps et de position.

Régiment, bataillon de marche, Régiment, bataillon formé avec des hommes appartenant à différents corps et qui n'est organisé que pour des circonstances particulières.

En termes de Marine, Ordre de marche, se dit de Certains ordres ou arrangements dans lesquels les bâtiments de guerre se placent pour éviter les abordages en faisant route.

Sonner, battre la marche, Donner aux troupes, par la trompette ou le tambour, le signal pour se mettre en marche.

MARCHE se dit spécialement d'un Air de musique composé pour régler et animer la marche des troupes. La marche de Sambre et Meuse. On le disait plus spécialement autrefois de Certains airs affectés à certains corps de troupes. La marche des Gardes françaises. La marche des Suisses. Il se dit aussi d'un Air de musique qui a le mouvement d'un air militaire. La marche hongroise dans La Damnation de Faust.

MARCHE se dit encore des Processions et des cortèges solennels. L'ordre de la marche fut fort bien réglé. Un corps de troupes ouvrait, fermait la marche. Marche triomphale.

En termes de Marine, La marche d'un vaisseau, Le degré de sa vitesse. Ce bâtiment a une bonne marche; il file trente noeuds à l'heure.

En termes d'Astronomie, La marche des astres, des corps célestes, Leur mouvement réel ou apparent. Calculer, mesurer la marche des corps célestes.

En termes de Musique, Marche harmonique, marche de l'harmonie, La succession des différents accords et la manière dont la modulation passe d'un ton à un autre.

MARCHE, au jeu des Échecs, se dit du Mouvement particulier auquel chaque pièce est assujettie.

Il se dit aussi, dans un sens analogue, au jeu de Dames et à quelques autres jeux.

MARCHE signifie, au figuré, Manière d'agir, de procéder. Cet homme a eu dans toute cette affaire une marche tortueuse. Il cache soigneusement, il dérobe sa marche. Il se dit aussi des Choses. La marche des événements. Observer, étudier la marche des passions, la marche des affaires.

La marche d'un poème, d'un ouvrage, etc., Le progrès de l'action dans un poème, la progression des idées dans un ouvrage.

MARCHE se dit aussi de la Partie d'un escalier sur laquelle on pose le pied pour monter ou pour descendre. Marche d'escalier. Les marches d'un perron. Marche d'autel. Marche de pierre, de marbre, de bois, de gazon. Vous avez encore deux marches à monter, deux marches à descendre.

Fig., Être sur les marches du trône, être assis, être placé, être élevé sur les marches du trône, se dit d'un Prince appelé par sa naissance à remplacer celui qui règne.

MARCHE se dit, en termes d'Arts, des Pièces de bois sur lesquelles les tourneurs, les tisserands, etc., posent les pieds pour faire mouvoir leurs métiers.

marché

MARCHÉ. n. m. Lieu public où l'on vend les choses nécessaires pour la subsistance et pour les différents besoins de la vie. Un marché couvert. Un marché en plein air. Aller au marché. Revenir du marché. Faire ses provisions au marché.

Marché franc, Marché où l'on ne paie pas de droit pour vendre.

MARCHÉ désigne aussi la Réunion de ceux qui vendent et qui achètent dans le marché. Il y a marché dans cette ville deux fois la semaine. Le marché du mercredi, du samedi. C'est demain jour de marché. Le marché se tient chaque jeudi.

Grand marché se dit par opposition à Petit marché pour désigner Celui où a lieu, outre la vente des denrées ordinaires, la vente de boeufs, de chevaux, de porcs.

MARCHÉ signifie encore la Vente de ce qui se débite dans le marché. Le marché a été bon, n'a rien valu aujourd'hui. C'est le prix courant, le cours du marché.

Il signifie également la Réunion des industriels, producteurs, marchands, spéculateurs où se décident les prix d'un produit ou d'une denrée, où s'en établit le cours. Le marché de la laine. Le marché du diamant. Le marché aux chevaux, au poisson.

Il se dit aussi de Ce qu'on achète au marché. La cuisinière est allée faire son marché. Elle gagne trop sur son marché.

Il se dit en outre de Toute convention verbale ou écrite, renfermant les conditions d'une vente. Ils ont rompu le marché qu'ils avaient fait ensemble. Il n'a point voulu tenir le marché. C'est un homme qui fait de bons Marchés. Si vous ne faites cela, marché nul. J'étais en marché avec lui pour son cheval. Conclure un marché. Faire un marché avantageux, un mauvais marché.

Fig., Mettre à quelqu'un le marché à la main, Exiger de quelqu'un une décision, l'obliger, pour en finir, à conclure un engagement ou à y renoncer, à le tenir ou à le rompre. C'est un homme qui, à la première contestation, vous met le marché à la main. J'aurais traité avec lui, s'il ne m'eût mis le marché à la main.

Marché de dupe se dit d'un Marché désavantageux ou d'un Marché où l'on est trompé.

En termes de Bourse, MARCHÉ se dit de l'État de l'offre et de la demande. Jeter des valeurs sur le marché. Marché au comptant. Voyez COMPTANT. Marché à prime. Voyez PRIME. Marché à terme. Voyez TERME. Marché calme. Voyez CALME. Marché lourd, Marché où les transactions sont difficiles.

MARCHÉ désigne également le Prix de la chose qu'on achète ou qu'on vend; et alors il ne s'emploie guère qu'avec les mots Bon, grand, meilleur, pour exprimer un Prix peu élevé, ou un prix inférieur à un autre. Avoir une chose à bon marché. Donner sa marchandise à bon marché, à trop bon marché. On vous a fait cet objet très bon marché. Le bon marché de cette étoffe m'a tenté. J'ai eu cet immeuble à meilleur marché que je ne l'espérais.

Vivre à bon marché, Vivre sans qu'il en coûte beaucoup d'argent. Il s'est retiré à la campagne dans l'espoir d'y vivre à bon marché.

Prov., On n'a jamais bon marché de mauvaise marchandise, La mauvaise marchandise coûte toujours trop cher relativement à ce qu'elle vaut.

Prov., Les bons marchés ruinent, On dépense trop d'argent lorsque, tenté par le bon marché, on achète des choses dont on n'a pas besoin.

Fig. et fam., En être quitte, en sortir à bon marché, Sortir d'un danger, d'une situation critique avec moins de perte, de dommage qu'on n'en avait à craindre.

À bon marché s'emploie, figurément, dans plusieurs autres phrases, où il signifie À peu de frais, sans beaucoup de peine. Ne donner que son superflu, c'est être généreux à bon marché. Dans ce temps-là, on se faisait une réputation d'esprit à bon marché.

Fig. et fam., Faire bon marché d'une chose, La prodiguer, ne pas l'épargner. Il ne craint aucun danger, il fait bon marché de sa vie. Il fait bon marché de sa peine.

Fig., Avoir bon marché de quelqu'un, Avoir facilement sur lui l'avantage. Cet avocat a mal plaidé, son adversaire aura bon marché de lui.

Fam., Par-dessus le marché, En outre, de plus. La fleuriste m'a donné ces roses par-dessus le marché. Il m'a tout refusé, et par-dessus le marché il m'a injurié.

marché

Marché, m. acut. Emporium, Forum nundinarium, Mercatus.

Le lieu du marché, Forum.

Le marché où se vendent toutes sortes de vivres, Macellum.

Le marché où on vend le vin, Forum vinarium.

Marché de rotisseurs et de chair-cuictiers, Thermopolium thermopolij.

Le marché aux boeufs, Forum boarium.

Le marché aux herbes de jardins, Forum olitorium.

Le marché aux porceaux, Forum suarium.

Le marché au poisson, Forum piscatorium, vel piscarium.

En pleine foire et marché, où il y avoit grande assemblée de gens, Mercatu frequenti.

Frequenter les marchez, Mercatus concelebrare.

Il est au marché, Apud forum est.

Qui va és marchez et lieux publiques cercher son adventure, vendre ou offrir sa besongne, Circumforaneus.

Qui vend au marché toutes sortes de viandes, Macellarius.

Vendre au marché ou foire publiée et criée à son de trompe, Edicto mercatu vendere.

Selon le cours du marché faire, Foro vti.

A trois jours de marché, Trinundino, et Tertiis nundinis, et In trinundinum.

¶ Bon et grand marché de toutes choses, Vilitas.

Nous faire trouver ou avoir quelque chose à bon marché, Rem aliquam paruo nobis curare. Ex Cic.

A grand marché, Vilius.

Au meilleur marché qu'il est possible, Minimo.

Vendre ou acheter à bon marché, Vili vendere vel emere.

Qui se vend à bon marché, Vile.

¶ Faire quelque marché ou contract avec un autre, Pacisci, Pangere.

Mettre en son marché, Cauere ex formula. B.

Se desdire de son marché, et ne vouloir tenir le marché qu'on a fait, Ludificari locationem, Abire ab emptione.

Quitter le marché, Remittere aedes quas emeris.

Le premier marché fut rompu, Abitum est a priore emptione.

marche

Marche, f. penac. C'est une contrée de païs, Regio. Selon ce on dit, il est venu habiter en ces marches, c'est à dire en ce païs, In hanc regionem demigrauit. Et la marche du pais qu'un lievre tient, c'est à dire le circuit de païs ou il hante et par ou il fait ses passades.

Marche aussi ou bien Marke, c'est la frontiere, fins et limites d'un païs. Ce qui vient du mot Allemand Marcken, qui signifie limite, frontiere d'un païs. Dont procede le nom de Marquis, et Marck-grave en Allemand, Comes limitaneus, qui limitibus tuendis praefectus est. Le Capitaine de la frontiere, ainsi que Amerbachius l'expose. Selon ce l'Espagnol appelle Comarca la frontiere de deux païs contigus. Et Comarcanos les habitans de deux frontieres teste à teste l'une de l'autre, comme si l'on disoit communicquans en mesme limite, qui fait la separation d'une province d'avec l'autre, Finium communium; qui tiennent ou abboutissent l'un à l'autre, Limitrophes, c'est à dire, dont les bornes se tournent à l'un et à l'autre, c'est à dire, qui regardent egalement l'un et l'autre: Car ce qui est borne et limite à un pays ou peuple de frontiere, est aussi borne et limite au pays et peuple de contre-frontiere. On penseroit que Marche en cette signification ne vienne pas de Marcken Allemand, ains de Margo, tout ainsi que Pline au livr. 12. chap. 20. a dit, Margines Imperij, parlant de Isocinnamon, en ces termes: Quin et in nostro orbe seritur, extremoque in margine Imperij, qua Rhenus alluit, viuit in alueariis apum sata: Mais il y auroit de l'abus. Marche en outre se prend pour un degré d'une vis ou escalier, Gradus. Selon ce on dit, Cette vis a tant de marches, Pinax tot gradibus constat. Ce qui est prins ainsi à cause de l'assiete et arrest du pied qu'on fait sur le degré en montant. Car Marche signifie aussi l'impression du pied en terre, quand on met, assiet et arreste le pied en terre en marchant, Vestigium. Dont vient que apres qu'on a craché ou mouché ord à terre, on dit à un serviteur, Marche valet, ou Jacquet marche cela, c'est à dire, mets ton pied sur le crachat, ou sur le morveau jetté à terre, et l'escrase. Et de cette derniere signification vient le verbe composé Desmarcher, c'est à dire, oster le pied de son assiete et de sa marche pour reculer, ce que Tite Live au 22. livre exprime, quand il parle des soldats qui ne desmarchoient jamais, quelque carnage que l'ennemy fit d'eux, Victi mori in vestigio malunt, quam fugere.

Marches en pluriel entre Veneurs sont les vestiges de la loutre, comme pied ou foyes, les vestiges du Cerf, Lutrae vestigia.

¶ Les marches d'un Royaume, quasi Marges, Magines Imperij, Fines, Limites, Orae, Limia.

marche


MARCHE, s. f. Ce mot a trois sens, qui n'ont pas beaucoup de raport l'un avec l'aûtre. — I. Aûtrefois, frontière d'un État. On dit encôre, Marche d'Ancône, de Limousin, de Brandebourg. "La province de La Marche. = II. Moûvement de celui, qui marche. Il se dit sur-tout des troupes. "L'armée était en marche. "Il prit sa marche le long du lac. D'Abl. Le Général eut l'adresse de couvrir, de cacher sa marche; de dérober une marche à l'énemi. Au figuré, cacher sa marche, ses desseins, les mesures qu'on prend. — On dit aussi; la procession se mit en marche. "L'ordre de la marche était tel. — "Nous avons été huit jours en marche. = 2°. Traite, chemin qu'on fait d'un lieu à un aûtre. "Il y a sept jours de marche de Lyon à Marseille. = 3°. Au jeu des échecs, le mouvement que peuvent faire les pièces. "Des échecs il ne sait que la marche: il ne sait pas jouer. = 4°. Air de musique, qui caractérise la marche des Troupes. "La marche des Mousquetaires, des Suisses, etc. = III. Degré, qui sert à monter et à descendre. — Suivant un Encyclopédiste, degré s'employait dans le dernier siècle pour signifier chaque marche d'un escalier; et marche était uniquement consacré pour les autels. Suivant l'Acad.~ degré est encôre synonyme de marche; mais le 1er, dit M. Beauzée est plus propre à indiquer la hauteur de ces divisions égales de l'escalier; et le 2d à marquer le giron de chacune de ces divisions. "Les degrés sont égaux ou inégaux, selon que les hauteurs sont égales ou inégales; et les marches sont égales ou inégales selon que les girons en sont également ou inégalement étendus.

marché


MARCHÉ, s. m. 1°. Lieu public où l'on vend toute sorte de denrées. = 2°. La vente de ce qui se débite dans le marché. "Le cours du marché. "Le marché a été bon aujourd'hui. = 3°. L'assemblée de ceux qui vendent et achètent dans ce lieu. "Il y a marché en cette ville deux fois la semaine. = 4°. Le prix de la chôse qu'on achete. "Cela ne vous coûte que tant: c'est bon, ou grand marché. Rompre, ou tenir le marché. "Ce marché tiendra: il n' a pas tenu. Aller ou courir sur le marché d'un aûtre, etc.
   Rem. On dit au propre et au figuré, faire bon marché de... "Il faut apeler les politiques, dit Bossuet, qui aparemment feront meilleur marché de la Religion. Autrefois les expressions familières entraient plus souvent dans tous les styles. Bossuet me surprend donc moins que M. Moreau, qui a dit tout récemment. "Parmi les vérités historiques, il y en a un grand nombre, dont je suis toujours tenté de faire bon marché à ceux, qui me les disputent. = On dit aussi, avoir bon marché de... "Mon coeur me fait bien souffrir: j'ai bien meilleur marché de mon esprit et de mon humeur. Sév. "Que les six premiers tirent seuls sur Ulysse.. nous aurons bon marché des aûtres. (Odyss.) Nous nous en déferons plus facilement. = Aller sur le marché de (st. fig. famil.) "M. Daillé... fait une remarque assez vraie; c'est que jamais il n'y a eu de nouvelle religion anoncée qu'aussi-tôt il ne se soit trouvé plusieurs Prophètes, qui aient été sur le marché les uns des aûtres, (qui aient enchéri l'un sur l'aûtre) c'est être de bien bonne foi que de faire un pareil aveu, quand on est Protestant. Henaut. = Mettre le marché en main, ou à la main à... le prendre au mot. = Faire bien vite son marché, prendre vite sa résolution. = On dit, à celui, qui se plaint d'une claûse onéreuse dans un contrat: il n'y a au marché que ce qu'on y met, et d' une chôse, qu'on a eûe à fort bon marché: c' est un marché donné; d'un achat avantageux, c'est un marché d'or. Voy. Amender, Bourse, Corps, Quitte.
   Par dessus le marché, adv. Outre cela (st. famil.) "Mangez, me dit-elle, Dieu veut qu'on vive. Voilà de quoi faire sa volonté, lui dis-je, et par dessus le marché j'ai grande faim. Mariv.
   Bossuet apelle le style du marché ce qu'on nomme plus comunément langage des Halles. Il dit de l'Ab. Dupin qu'il préfère à des termes plus respectueux, la licence et le style du marché.

Synonymes et Contraires

marché

nom masculin marché
1.  Arrangement convenu.
2.  Public susceptible d'acheter.
Traductions

marché

Markt, Marktplatz, Basar, Warenhaus, Einkauf, Kauf, Kaufhaus, Verkaufshallemarket, marketplace, deal, bazaar, fair, sales activity, bargain, acquisition, purchase, squaremarkt, marktplaats, afzetgebied, bazaar, marktplein, koop, markt(plaats), overeenkomst, transactie, aankoop, aanschaf, afname, inkoop, overnameשוק (ז), שׁוּק, יריד, לשוקaankoop, afsetgebied, basaar, bazaar, inkoop, markسوق, السُّوقُ, سُوقُпазарbasar, mercat, mercat públictrh, tržištěbasar, torv, marked, markedspladsαγορά, παζάριaĉeto, bazaro, merkato, vendoplacomercado, adquisición, bazar, compra, feriaبازارmarkkinat, toriबाज़ारbazár, piac, vásárláspasarkaupmercato, acquisto, bazar, compra, sbocco, emporio, marketplace市場, 販路markmad, torg, marked, markedsplasskupno, zakup, rynekmercado, bazar, compra, feirapiațăрынок, гешефт, базартржиштеmarknad, anskaffning, inköp, köp, krambod, torgsokoçarşı, pazar, pazar yerichợ, thị trường市场, 商场tržište, tržnica시장, 장터ตลาด, ตลาดสินค้า市場 (maʀʃe)
nom masculin
1. lieu où l'on vend des produits aller au marché
2. accord commercial, contrat conclure un marché
3. pas cher des produits bon marché

marché

[maʀʃe] nm
(= lieu) → market
marché aux fleurs → flower market
faire son marché → to do one's shopping
(COMMERCE, ÉCONOMIE)market
marché du travail → labour market (Grande-Bretagne), labor market (USA)
marché au comptant (BOURSE)spot market
marché à terme (BOURSE)forward market
(= transaction) → deal
conclure un marché → to clinch a deal, to close a deal
mettre le marché en main à qn → to tell sb to take it or leave it
par-dessus le marché → into the bargain
(= ville) → trading centre (Grande-Bretagne), trading center (USA)
marche arrière nf (AUTOMOBILES)reverse, reverse gear
faire marche arrière (AUTOMOBILES) → to reverse (fig) → to backtrack, to back-pedal
marche à suivre nfprocedure, correct procedure; (sur notice)instructions pl, step by step instructions pl
respecter la marche à suivre → to follow the correct procedure
marché aux puces nmflea market
Marché commun nmCommon Market
marché noir nmblack market
faire du marché noir → to trade on the black market