menton

menton

n.m. [ lat. mentum ]
Partie saillante du visage, au-dessous de la bouche : Le boxeur le frappa au menton.
Double, triple menton,
menton gras dont le dessous forme deux ou trois bourrelets.

MENTON

(man-ton ; l'n ne se lie pas : un man-ton arrondi ; au pluriel, l's se lie : des man-ton-z-arrondis) s. m.
Partie inférieure et moyenne de la face située au-dessous de la lèvre inférieure, et qui, bien apparente chez l'homme, diminue chez le singe, et disparaît à peu près complétement chez les animaux à museau allongé.
On m'a dit autrefois que j'avais un peu trop de menton : je viens de me regarder dans le miroir, pour savoir ce qui en est ; et je ne sais pas trop bien qu'en juger [LA ROCHEFOUC., Portr.]
Joab dit donc à Amasa : bonjour, mon frère ; et il prit de sa main droite le menton d'Amasa pour le baiser [SACI, Bible, Rois, II, XX, 9]
Son menton nourrissait une barbe touffue [LA FONT., Fabl. XI, 7]
Les hommes en ces lieux ont tous barbe au menton [ID., Fianc.]
....Mais je vois, sur ce début de prône, Que ta bouche déjà s'ouvre large d'une aune, Et que, les yeux fermés, tu baisses le menton [BOILEAU, Épître X]
Prendre le menton à une jeune fille, la prendre par le menton, caresse familière. Fig. et familièrement. Avoir deux mentons, double menton, triple menton, se dit d'une personne replète qui a le dessous du menton fort gras.
Je vois, malgré tes soins, Que ton triple menton, l'honneur de ton chapitre, Aura bientôt deux étages de moins [VOLT., Épître VI]
On dit de même : avoir un menton à double, à triple étage.
Son menton sur son sein descend à double étage [BOILEAU, Lutr. I]
On dit d'une femme très avancée dans sa grossesse, qu'elle est grosse jusqu'au menton.
Vous êtes grosse jusqu'au menton [SÉV., 18 oct. 1671]
Familièrement. Être assis à table jusqu'au menton, y être assis fort bas. Enfoncer jusqu'au menton, enfoncer dans quelque chose de liquide, de mou, jusqu'à ce que le menton soit atteint. Fig. Jusqu'au menton, à satiété. En avoir jusqu'au menton.
Tous les enfants de la maison à la table jusqu'au menton [SÉV., 1er avr. 1689]
Branler le menton, remuer le menton en mangeant.
Au reste, une chose étrange, Le prince Bourbon Tout comme nous, quand il mange, Branle le menton [LA MONNOYE, Noëls.]
Fig. Branler le menton, manger.
Oh ! tu seras ainsi tenu pour un poltron. - Soit, pourvu que toujours je branle le menton [MOL., Dép. amour. V, 1]
Fig. Lever le menton, s'en faire accroire, faire le résolu.
Pourquoi faire tant de menaces, Et lever si haut le menton ? [SARRAZIN, Poésies, dans LEROUX, Dict. comique.]
Terme d'anatomie. Houppe du menton, voy. HOUPPE.
Se dit aussi du dessous de la mâchoire inférieure dans certains animaux. Le menton d'un cheval, d'une chèvre.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Puis se baiserent es viz [visage] et es mentons [, Ch. de Rol. XLVII]
  • XIIe s.
    Quant l'entent l'empereres, si baisse le menton [, Sax. XI]
    Dunc jurerent sur sainz e entreafié sunt, Qu'en tuz les liuz del siecle ù trover le purrunt, Par desouz le mentun la langue lui trarrunt [, Th. le mart. 135]
  • XVe s.
    Et lui avoit on fait un menton d'argent qui lui tenoit à un cordelet de soie par à l'entour de sa teste [FROISS., III, IV, 50]
    Lyonnel, qui estoit homme de grant courage, leve le menton, puis print la parolle, et dist.... [, Perceforest, t. IV, f° 25]
    Celle qui est la fleur de toute beaulté, qui en toutes mes emprinses me soustient tellement le menton, que je ne puis perir [, ib. t. III, f° 111]
  • XVIe s.
    Ce sous-prieur à quatre mentons commença par.... [D'AUB., Conf. I, 8]
    Celuy peut hardiment nager, à qui on soustient le menton [COTGRAVE, ]
    La vertu ne fut jamais à menton blanc [COTGRAVE, ]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. menton, mento ; du lat. fictif mento, mentonis, dérivé du latin mentum, menton. L'italien mento vient directement de mentum. Pott, par conjecture, rattache mentum à la racine men, d'e-minere ; ce serait la proéminence.

menton

MENTON. n. m. Partie du visage qui est au-dessous de la bouche. Menton pointu, fourchu, long, court, rond, plat. Menton en galoche, Menton qui avance.

Fig. et fam., Avoir deux mentons, double, triple menton, se dit d'une Personne replète qui a le dessous du menton fort gras.

Fam., Attendez d'avoir de la barbe au menton, Pour traiter de ces choses-là, attendez d'être plus âgé.

Il n'a pas de barbe au menton, Il est très jeune, il est étourdi comme un très jeune homme.

MENTON se dit aussi du Dessous de la mâchoire inférieure de certains animaux. Le menton d'un cheval, d'une chèvre, d'un bouc.

menton

Menton, m. acut. Est la partie infame du visage, et le cul de l'escusson d'iceluy, Mentum, Duquel mot il est fait, par transposition de l'accent.

Menton court et noyé entre les babines, Mentum suppressum.

Qui a le menton et les dens de dessous plus avancées que celles de dessus, Brochus.

Tenir le menton, est une phrase par translation, pour favoriser, aider, secourir, porter par faveur, et soustenir aucun. Le propre d'icelle phrase, est quand un bon nageur nage pres de celuy qui n'y entend gueres, et d'une main luy tient et leve par sus l'eau le menton, à ce qu'il ne plonge de la teste. Au 2. livre d'Amadis chap. 2. Et tout ainsi que sans moyen fortune l'avoit favorisé, luy tenant le menton aux choses qui luy furent occurrentes, sans luy donner empeschement quelconque, Auxilio esse, opem ferre, alicui adstare.

Lever le menton, est hardir et asseurer aucun à regarder les hommes au visage et à avoir bonne contenance, ce qui est ainsi dit, par ce que lon met la main sous le menton aux enfans et le leur leve on en haut, quand par honte rustique ils portent le visage bas parlant aux personnes, Erigere faciem, depressum caput attollere, Car cela n'est pas dit par ce que le menton est eslevé sans plus, ains par ce qu'en soulevant le menton, on releve toute la teste, la prenant par le menton comme par le pied et le manche d'icelle, comme on la prendroit par les anses, si on la levoit en haut par les oreilles. Ainsi l'on trouve en aucuns anciens Romans: Il luy est bien tenu pour luy avoir levé le menton moult de fois, c'est à dire pour luy avoir asseuré sa contenance, et l'avoir hardi à la compagnie des chevaliers.

Tourner le menton de travers, Mentum intorquere.

menton


MENTON, s. m. MENTONIèRE, s. f. [Menton, to-nière: 1re long. 3eè moyen et long au 2d.] Menton est la partie du visage qui est au-dessous de la bouche. "Menton pointu, fourchu, plat, long, court. "Avoir de la barbe au menton (st. prov.) être dans l'âge où l'on doit avoir du bon sens. — Branler le menton, manger; lever le menton, faire le brâve, le résolu. — Avoir deux mentons, ou double menton, être fort grâs. — Être assis à table jusqu'au menton, c. à. d. fort bâs. = Parmi les animaux, menton ne se dit que des boucs et des chèvres; et de cette élévation de figûre ronde qui est sous la lèvre postérieure du cheval.
   MENTONIèRE, est cette partie du masque que portaient autrefois les Dames, et qui couvrait le menton. Il y a encôre des masques à mentonière, mais on ne les porte qu'au bal.

Traductions

menton

Kinnchinkinסנטר (ז), סַנְטֵרkenbarbeta, barbó, mentóbradahageπηγούνι, πιγούνι, σαγόνιmentonobarbilla, mentónállhakamentohakequeixo, mentohakaçeneпідборіддяподбородокذَقْنleukabradaあごbrodaคางcằm下颚Брадичката (mɑ̃tɔ̃)
nom masculin
partie qui avance au bas du visage

menton

[mɑ̃tɔ̃] nmchin