meurtre

meurtre

n.m. [ de meurtrir ]
Action de tuer volontairement un être humain : Elle a été condamnée à quinze ans de prison pour le meurtre qu'elle a commis homicide

MEURTRE

(meur-tr') s. m.
Homicide commis avec violence. Commettre un meurtre. Accusé de meurtre.
Vous ne feriez peut-être pas un meurtre [FLÉCH., Serm. I, 114]
L'éloquence de la chaire n'est pas propre au récit des combats et des batailles.... et je ne viens pas vous donner des idées de meurtre et de carnage devant ces autels [ID., Duc de Mont.]
J'entends crier partout : au meurtre ! on m'assassine ! [BOILEAU, Sat. VI]
Songez, sans me flatter du sort de Soliman, Au meurtre tout récent du malheureux Osman [RAC., Bajaz. II, 1]
Fig. et familièrement. Crier au meurtre, se plaindre hautement de quelque injustice, de quelque dommage qu'on prétend avoir reçu.
Le bon Jean crie au meurtre [RÉGNIER, Sat. X]
Fig. et familièrement. Faire des meurtres, tourmenter de ses railleries.
Elle le savait bien, et ne se corrigea pas pour cela du plaisir de faire des meurtres [SÉV., 284]
Fig. Il s'en défend comme d'un meurtre, il désavoue hautement et avec chaleur telle action, telle parole qu'on lui attribue.
Il s'en défend comme d'un meurtre, mais ses actions le trahissent [ID., 121]
Fig. familièrement. C'est un meurtre, se dit d'une chose regrettable, d'une mutilation faite à quelque chose de précieux.
C'est un meurtre, que vous soyez la femme d'un fat comme lui [HAUTEROCHE, Cocher, sc. 15]
Ce serait un meurtre de laisser vieillir dans la servitude un homme né pour faire du bruit dans le monde par son génie [LESAGE, Estev. Gonz. ch. VII]
Tu crois que ta fête sera bien ? - Charmante ; c'eût été un meurtre d'y renoncer [PICARD, Duhautcours, I, 10]
Quel meurtre ! même signification.
Ah ! quel meurtre bon Dieu, ç'aurait été pour vous, Si pour votre malheur il vous eût épousée ! [QUIN., Mère coq. V, 5]
Fig. Très grand mal fait à autrui et comparé à un meurtre.
Il paraît que l'usure, même celle qu'on appelle légitime dans le droit romain, est condamnée par saint Augustin, qui l'appelle, dans le même lieu, le meurtre des pauvres [BOSSUET, Usure, 3]

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Qui Freceis [Français] occiset, et les homes ne l'amenent à la justice, sin [si en, ainsi en] rendrunt le murtre quarant sept mars [, Lois de Guill. 26]
  • XIIIe s.
    Murdres ne puet longuement estre celés [VILLEH., XCVIII]
    Quant pour faire tel meurtre [nous] venimes ceste part [ici] [, Berte, XXII]
    Murdres, si est quant aucuns tue ou fait tuer autrui en agait apensé [guet-apens], puis soleil couquant [couchant] dusqu'à soleil levant [BEAUMANOIR, XXX, 3]
  • XVe s.
    Celle nuit en y ot [à Bruges par les Gantois] des occis plus de douze cents.... et faits plusieurs autres murdres, larcins et maufaits [FROISS., II, II, 158]
  • XVIe s.
    Le meurtre y fut tel d'une part et d'autre, qu'il ne resta dans la place que quatre-vingts hommes [D'AUB., Hist. I, 241]
    Soubs couleur de quelque meurtre [assassinat], il lui fait trencher la teste [MONT., I, 38]

ÉTYMOLOGIE

  • Wallon, moûd, moût' ; picard, murtre ; bourguig. meutre ; du germanique : angl. murder ; allem. mord ; goth. maurthr ; il se rattache au radical sanscrit mar, tuer.

meurtre

MEURTRE. n. m. Homicide commis avec violence. Commettre un meurtre. Crier au meurtre. Être coupable, accusé, prévenu, convaincu de meurtre. Il a vengé le meurtre de son père. Le meurtre commis avec préméditation ou guet-apens est qualifié d'assassinat.

Fig. et fam., Crier au meurtre, Se plaindre hautement de quelque injustice, de quelque dommage qu'on prétend avoir reçu. Il crie au meurtre contre ceux qui lui ont fait perdre son procès.

Il s'en défend comme d'un meurtre, Il désavoue hautement et avec chaleur telle action, telle parole qu'on lui attribue.

Fig. et fam., C'est un meurtre, C'est grand dommage. Cueillir des fruits si verts, c'est un meurtre, c'est un vrai meurtre.

meurtre

Meurtre, Internecio, Homicidium, Caedes, Trucidatio.

Meurtre de guet à pens, Homicidium consultum. A. Gell. lib. 20. c. 1. Cui oppositum est fortuitum homicidium. Meurtre casuel, accidental, fortuit, et par cas d'adventure.

Qui n'ont point eu de peur ou de crainte de commettre meurtre, Capitalia ausi plerique.

Victoire en laquelle y a beaucoup de gens tuez, et grand meurtre de la partie du vainqueur, Cruenta victoria.

Commettre quelque meurtre, Parricidium suscipere, Perpetrare caedem.

Faire meurtre, Caedem facere.

Faire grand meurtre et tuerie, Caedem edere.

Ne faire aucun meurtre, Caedibus temperare.

Innocent du meurtre dont est question, Cuius nec ope, nec opera, nec consilio in caede perpetranda quicquam factum est. B.

Faire comparoir et payer le meurtre à quelqu'un qu'il a fait de son pere, Repetere poenas parricidij ab aliquo.

Faire reparation d'un meurtre par un autre meurtre, Caedem caede expiare.

Recommencer nouveau meurtre, Instaurare caedem.

Guerre pleine de meurtre, Funebre bellum.

meurtre


MEURTRE, s. m. MEURTRIER, IèRE, adj. et subst. [Meur-tre, trié, triè-re: 2e e muet au 1er, é fer. au second, è moy. au 3e.] Meurtre et meurtrier signifient tous deux homicide, l'un en parlant du crime, l'aûtre du criminel. "Faire, cometre un meurtre. "On a pris le meurtrier. = Celui-ci est adjectif dans les phrâses suivantes. "Ce siège a été meurtrier; il y a péri bien du monde. "Les armes à feu sont meurtrières; elles tuent bien du monde. On dit poétiquement, l'épée meurtrière; la dent meurtrière du sanglier. = Meurtrière, s. f. Ouvertûre pratiquée dans les murs d'une fortification, par laquelle on peut tirer à couvert sur les assiégeans.
   Rem. 1°. Meurtre s'emploie quelquefois au figuré: "Le meurtre des réputations. Sabat. de Castres. = On dit aussi, fig. (st. famil.) crier au meurtre, se plaindre hautement de quelque injustice, de quelque domage qu'on a reçu. = C'est un meurtre, c'est grand domage. "Vos lettres sont admirables, et c'est un meurtre de n'en pouvoir faire aucune part au Public. Mde. de Coulanges à Mde. de Grignan. "C'est un meurtre de cueillir des fruits si verts. Acad. "C'est un meurtre d'enterrer une si jolie persone dans la Province: elle feroit les délices de Paris. MARIN, l'Amante Ingénûe.
   2°. Meurtrier est de trois syllabes en vers.
   J'apelerai vertu guerrière
   Une vaillance meurtrière.
       Rouss.
  Concevez Socrate à la place
  Du fier meurtrier de Clitus.Id.
  Evitez du belier la corne meurtrière.
       Gress.
Brébeuf a fait meurtrière de trois syllabes seulement, au lieu de quatre qu'il doit avoir en vers, y compris l'e muet.
   Sa main, en même tems officieûse et fière,
   Arrache l'oeil sanglant, et la flèche meurtrière.
Il n'est pas étonant que ce Poète l'ait pratiqué de la sorte, puisque l'Acad. sur ce vers de Corn.
   Qu'un meurtrier périsse.
"Ce mot de meurtrier, qu'il répète souvent, le faisant de trois syllabes, n'est que de deux. Certainement elle ne le dirait pas aujourd'hui. = Meurtrier se plait à suivre. "Ses meurtriers systêmes (de Voltaire) comme dit M. Moreau, forme une inversion un peu dûre.

Synonymes et Contraires

meurtre

nom masculin meurtre
Action de tuer quelqu'un.
Traductions

meurtre

murder, killingהמתה (נ), הריגה (נ), התנקשות (נ), רצח (ז), רציחה (נ), הֲרִיגָה, הֲמָתָה, הִתְנַקְּשׁוּת, רֶצַח, רְצִיחָהmoordMordφόνοςقَتْلٌvraždamordasesinatomurhaubojstvoomicidio殺人살인mordmorderstwoassassinatoубийствоmordการฆาตกรรมcinayettội giết người谋杀убийство謀殺 (mœʀtʀ)
nom masculin
action de tuer volontairement qqn

meurtre

[mœʀtʀ] nmmurder