miracle

miracle

n.m. [ du lat. miraculum, prodige ]
1. Phénomène interprété comme résultant d'une intervention divine : Les miracles de sainte Thérèse de Lisieux.
2. Fait étonnant qui suscite l'admiration : Ce médicament fait des miracles merveille, prodige
3. (Employé en appos.) Indique un résultat inattendu ou extraordinaire : Une crème miracle.
4. Drame religieux du Moyen Âge, mettant en scène une intervention miraculeuse d'un saint ou de la Vierge.
Crier au miracle,
s'extasier, marquer un étonnement admiratif : Il n'y a pas de quoi crier au miracle !
Par miracle,
de façon heureuse et inattendue ; par enchantement : Et, comme par miracle, le soleil est apparu.
Un miracle de (+ n.),
une chose merveilleuse en son genre : Un ordinateur qui est un miracle de rapidité.

MIRACLE

(mi-ra-kl') s. m.
Acte contraire aux lois ordinaires de la nature et produit par une puissance surnaturelle.
La vertu divine qui avait opéré ce miracle [PASC., Prov. XI]
Miracle : c'est un effet qui excède la force naturelle des moyens qu'on y emploie ; et non-miracle est un effet qui n'excède pas la force naturelle des moyens qu'on y emploie [ID., Pens. XXIII, 41, éd. HAVET.]
Je ne serais pas chrétien sans les miracles, dit saint Augustin [ID., ib. XXV, 94]
Incrédules, les plus crédules : ils croient les miracles de Vespasien, pour ne pas croire ceux de Moïse [ID., ib. XXIV, 99]
Les miracles sont plus importants que vous ne pensez ; ils ont servi à la fondation et serviront à la continuation de l'Église jusqu'à l'Antechrist, jusqu'à la fin [ID., ib. XXIII, 19]
Aux hérétiques les miracles seraient inutiles ; car l'Église, autorisée par les miracles qui ont préoccupé la créance, nous dit qu'il n'ont pas la vraie foi [ID., ib. XXIII, 13]
Les miracles discernent la doctrine, et la doctrine discerne les miracles [ID., ib. XXIII, 1]
Si j'avais vu un miracle, disent-ils, je me convertirais ; comment assurent-ils qu'ils feraient ce qu'ils ignorent ? [ID., ib. XIII, 9]
Les prophéties, les miracles mêmes et les preuves de notre religion ne sont pas de telle nature qu'on puisse dire qu'ils sont absolument convaincants [ID., ib. XXIV, 18]
Dieu fait des miracles en leur faveur [des rois de Juda] [BOSSUET, Hist. II, 4]
Le don des miracles est une grâce infructueuse qu'ont eue quelques saints, mais qui n'a point aidé à les faire saints [BOURDAL., 5e dim. après Pâq. Dominic. t. II, p. 217]
En ces murs même une troupe égarée.... De ses miracles faux [de Mahomet] soutient l'illusion [VOLT., Fanat. I, 1]
Rien ne caractérise mieux un miracle que l'impossibilité d'en expliquer l'effet par des causes naturelles [BUFF., Hist. nat. Preuv. théor. terr. Œuv. t. I, p. 290]
Le fameux Spinosa, qui avait dit que les miracles étaient impossibles, parce qu'ils étaient contraires aux lois de la nature et qu'ils supposaient de la variation dans les décrets de Dieu [BONNET, Paling. XVII, 6]
Cour des Miracles, se disait d'un endroit de Paris où se réunissaient les gueux et les mendiants, ainsi dite parce que ceux qui simulaient toutes sortes d'infirmités pour solliciter la charité, redevenaient là sains et dispos.
Par exagération, chose extraordinaire, ou chose ordinaire, régulière dans l'ordre naturel, mais dont on ne sait aucunement la cause ou le moyen.
Les miracles que fait Marie Pour le salut des fleurs de lis [MALH., VI, 3]
Et la main de Rodrigue a fait tous ces miracles ! [CORN., Cid, IV, 1]
Un héros, comme un dieu, peut faire des miracles [ID., Sophon. II, 3]
Ô miracle d'amour ! [ID., Cid, III, 4]
Un jour sans douleur est pour moi un miracle [SCARRON, Lettres, Œuv. t. I, p. 249, dans POUGENS]
Il y a du miracle à un si prompt changement [SÉV., 4 févr. 1696]
C'est un beau miracle, si la Trousse s'est sauvé de l'état où l'on nous l'a représenté [ID., 13 août 1675]
Le ciel fit naître en même temps et faisait croître sous une pareille éducation le roi, dont la naissance miraculeuse promettait à tout l'univers une vie pleine de miracles [FLÉCH., Mar.-Thér.]
C'est miracle que ce que nous voyons entre les Espagnols et les Français ; Dieu tourne les cœurs comme il lui plaît [MAINTENON, Lett. au D. de Noailles, 5 mars 1701]
Le succès tenait du miracle [BOSSUET, Var. 1]
Achille, à qui le ciel promet tant de miracles [RAC., Iphig. I, 1]
Ceux qui ont fait les relations de ces étranges événements [la conquête du Mexique] les ont voulu relever par des miracles qui ne servent en effet qu'à les rabaisser ; le vrai miracle fut la conduite de Cortez [VOLT., Mœurs, 147]
L'attraction et la direction de l'aimant sont des miracles continuels ; un limaçon auquel il revient une tête est un miracle ; la naissance de chaque animal, la production de chaque végétal sont des miracles de tous les jours [ID., Dict. phil. Miracles.]
Les miracles sont faits Pour qui veut fermement la mort ou le succès [SAURIN, Spart. III, 4]
Un petit nombre de soldats, persuadés de l'habileté de leur général, peuvent enfanter des miracles [CHATEAUBR., Génie, I, II, 2]
Familièrement. C'est un miracle de vous voir, se dit d'une personne qu'on n'avait pas vue depuis longtemps. Familièrement. Crier au miracle, crier miracle, se dit quand quelqu'un fait une chose qu'il n'a pas coutume de faire.
Ce n'est pour faire au miracle crier [LA FONT., F. avare.]
Familièrement. Faire des miracles, faire miracle, réussir merveilleusement.
Pour moi les huguenots pourraient faire miracle.... [RÉGNIER, Sat. IX]
C'est un homme qui fait des miracles [MOL., Méd. m. lui, I, 5]
Le changement d'air me fait des miracles [SÉV., 8 avr. 1676]
Quelle joie, ma chère enfant, que le quinquina ait fait ses miracles ordinaires ! [ID., 589]
Voilà un beau miracle, se dit ironiquement à quelqu'un qui se vante d'une chose fort ordinaire. Il a fait miracle, il a fait un beau miracle, se dit de quelqu'un qui a commis quelque maladresse. Cela se peut sans miracle, cela est très aisé. Par exclamation, miracle ! beau miracle !
Miracle ! criait-on ; venez voir par les nues Passer la reine des tortues [LA FONT., Fabl. X, 3]
Miracle chimique, nom donné autrefois à la transformation subite par laquelle l'acide sulfurique concentré, versé dans une solution rapprochée de chlorure de calcium, donne du sulfate de chaux, qui se prend aussitôt en une masse solide.
Se dit des personnes qui sont dignes d'admiration.
Anne, qui de Madrid fut l'unique miracle [MALH., II, 9]
Je veux du même esprit que ce miracle d'armes [Achille], Chercher en quelque part un séjour écarté [ID., V, 2]
Ô roi, le miracle des rois [ID., VI, 4]
Henri, ce grand Henri que les soins de nature Avaient fait un miracle aux yeux de l'univers [ID., VI, 11]
Nous verrons de nous deux qui pourra l'emporter ; Qui, dans nos soins communs pour ce jeune miracle, Aux vœux de son rival portera plus d'obstacle [MOL., l'Ét. I, 1]
Il se dit aussi des animaux.
L'éléphant est en même temps un miracle d'intelligence et un monstre de matière [BUFF., Quadrup t. IV, p. 263]
Se dit encore des choses qui sont dignes d'admiration.
Que le miracle de l'Italie, le Pastor fido, l'a entièrement négligée [la liaison des scènes] [CORN., Avert. au lect. de la seconde partie des œuvres]
Par miracle, loc. adv. D'une façon qui est considérée comme un miracle, qui excite l'étonnement ou l'admiration.
Il ne se soutient que par miracle, et à chaque pas il est sur le point de succomber [BOURDAL., Exhort. sur J. C. portant sa croix, t. II, p. 137]
À miracle, loc. adv. À merveille, fort bien, on ne peut mieux.
Il sait notre langue à miracle [LA FONT., Œuv. posth. dans LE ROUX, Dict. comique]
Une oie ; je les aime fort. - Tant mieux, touchez là, à demain à dîner ; ma femme les apprête à miracle [BRUEYS, Avoc. Pat. I, 6]
Comment diable, à merveille, à miracle ! courage ! [PIRON, Métrom. III, 8]
Mes enfants s'en tirent à miracle [COLLIN D'HARLEVILLE, Vieux célib. III, 3]

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Maint miracle fait Deus là ù fu descenduz [saint Thomas], D'avogles, de contraiz [contrefais] et de surz et de muz, De lepruz, qui receivent e santez e vertuz [, Th. le mart. 131]
    E maint humme l'unt puis à miracle tenu [, ib. 52]
  • XIIIe s.
    Et pour le bel miracle que Diex i demonstroit [, Berte, CXXXV]
    Ore m'a l'en puis dit que il gist en la cité de Marseille, là où il fit moult beles miracles [JOINV., 289]
  • XIVe s.
    Si qu'on doit croire sans douter, Que ce sont miracles apertes Que musique fait ; c'est voir [vrai] certes [MACHAUT, p. 9]
  • XVIe s.
    Ce grand œuvre de l'Escurial du roy d'Espagne qu'on dit que jamais tous les sept miracles de jadis n'ont approché [BRANT., Capit. franç. t. I, p. 276, dans LACURNE]
    Il n'est miracle que de vieux saints [COTGRAVE, ]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. miracle ; espagn. milagro ; portug. milagre ; ital. miracolo ; du lat. miraculum, de mirari, regarder, admirer (voy. MIRER).

miracle

MIRACLE. n. m. Acte de la puissance divine contraire aux lois connues de la nature. Opérer des miracles.

Il se dit, par exagération, d'une Chose extraordinaire, d'un hasard merveilleux, du fait qu'un événement devait naturellement arriver et cependant n'est pas arrivé, ou inversement. Il a échappé à la mort par miracle. C'est un miracle qu'il n'ait pas été tué dans cette bataille. C'est un miracle qu'il soit venu si vite, qu'il ait achevé si promptement cet ouvrage.

Fam., C'est un miracle de vous voir, se dit à une Personne qu'on n'avait pas vue depuis longtemps.

Il se dit aussi de Tout ce qui fait naître l'étonnement, l'admiration. Cette femme est un miracle de la nature, un miracle de beauté. Un miracle d'énergie, de dévouement, de bonté.

Fam., Crier au miracle, crier miracle, se dit Quand quelqu'un fait une chose qu'il n'a pas coutume de faire, qui est opposée à ses habitudes, à son caractère.

Il n'y a pas de quoi crier miracle, se dit à une Personne qui se vante après avoir fait une chose fort aisée, ou même après avoir commis une maladresse.

Un beau miracle se dit ironiquement d'une Chose fort ordinaire ou même d'une action maladroite. Voilà un beau miracle. Vous avez fait là un beau miracle.

Fam., Faire des miracles en quelque occasion, Accomplir un exploit, obtenir un résultat extraordinaire.

Tenir du miracle, Offrir un caractère merveilleux.

Cour des miracles se disait d'un Endroit de Paris où se réunissaient les gueux et les mendiants.

À MIRACLE, loc. adv., se dit par exagération au sens de Parfaitement bien, avec un succès inespéré. Cela est fait à miracle. La commission était difficile, il s'en est acquitté à miracle.

miracle

Miracle, m. penac. Est un cas, lequel advenu ravit en admiration ceux qui le voyent ou en oyent le recit, pour en estre la cause du tout, et purement divine, et non des naturelles. Ainsi dit-on, Jesus Christ, les Saints et Sainctes avoir fait de grands miracles. On dit aussi miracle ce qui advient à un outre sa coustume, et contre son naturel. Mais c'est par abusion du mot, comme si un menteur ordinaire dit une verité, on dit que c'est miracle, et si un sac à vin vient à boire de l'eauë on dit aussi que c'est miracle, par ce que l'effect et energie du mot demeure en tels cas, d'autant qu'on s'esmerveille quand un menteur dit verité, et quand un yvrongne boit de l'eauë. Il vient du mot Latin, Miraculum. Par la mesme analogie que fait ce mot siecle, du Latin Seculum. Qui est par syncope de la voyele u, combien que les Latins dient aussi Seclum.

miracle


MIRACLE, s. m. MIRACULEUX, EûSE, adj. MIRACULEûSEMENT, adv. [mirakle, ku-leû, leû-ze, leû-zeman: 4e lon. 5e e muet.] Miracle est un évènement surnaturel, éfet de la puissance divine. = Par exagération, chôse râre et extraordinaire. "C'est un miracle qu'il en ait réchapé. — Ce qui est digne d'admiration: "C'est un miracle de l'art. — En st. famil. "C'est un miracle de vous voir. — Il faut crier au miracle, dit-on, quand quelqu'un a fait quelque chôse de fort oposé à son caractère. — Il a fait des miracles ou des prodiges dans cette afaire, il s'y est signalé. "= À~ miracle, adv. (st. famil.) à merveille. "Cela est fait à miracle. "Il sait notre langue à miracle La Font. = On dit, d'une chôse três-aisée. "Cela se peut sans miracle.
   MIRACULEUX, qui s'est fait par miracle, qui tient du miracle. "Éfet miraculeux. "Chôse miraculeûse. = Par exagération, surprenant, merveilleux. "Ouvrage miraculeux; action miraculeûse. = Cet adj. est à la mode; mais il est souvent ridiculement placé à propôs de rien. "D'une chose qui est comune, vous dites simplement, elle est bonne: une Importante diroit: c'est miraculeux. COYER "Des bijous de toute espèce, des cabinets élégans, des équipages miraculeux. ID. Le même Auteur, imitant par dérision le langage précieux des petites-maîtresses, emploie miraculeûse substantivement. "L'une des deux (femmes de chambre) vous la tenez de la main de votre mari, après avoir renvoyé cette miraculeuse, qui fut formée à la Cour.
   MIRACULEûSEMENT, d'une manière miraculeûse, ou surprenante. "St. Pierre fut délivré miraculeûsement de ses liens. "Cet homme échapa miraculeûsement du naufrage.

Synonymes et Contraires

miracle

nom masculin miracle
Fait extraordinaire.
Traductions

miracle

Wunder, Mirakel, Wundertatmiracle, wonderwonder, mirakel, mirakelspelמופלאה (נ), מופת (ז), נס (ז), פלא (ז), פֶּלֶא, מֻפְלָאָה, נֵסθαύμαmiraklomilagromirakelmilagreчудоmiracolo, portentoمُعْجِزَةٌzázrakmirakelihmečudo奇跡기적cudmirakelเรื่องมหัศจรรย์mucizeđiều kỳ diệu奇迹 (miʀakl)
nom masculin
fait incroyable, extraordinaire

miracle

[miʀɑkl] nmmiracle
un faiseur de miracles → a miracle worker