mithridate

MITHRIDATE

(mi-tri-da-t') s. m.
Électuaire composé de beaucoup de substances aromatiques, d'opium, etc. que l'on dit être de l'invention de Mithridate, et auquel on attribue des vertus de contre-poison.
Il s'était trouvé souvent avec son mari dans les meilleures villes du royaume où il vendait du mithridate [SCARR., Rom. com. I, 19]
Je compose le baume et le grand mithridate [BOURSAULT, Médecin volant, sc. 7]
Ce sang [du canard] était la base du fameux antidote de Mithridate ; on croyait en effet que les canards dans le Pont se nourrissant de toutes les herbes venimeuses que produit cette contrée, leur sang devait en contracter la vertu de repousser les poisons [BUFF., Ois. t. XVII, p. 234]
Vendeur de mithridate, charlatan. Fig. Vendeur de mithridate, homme qui parle avec jactance, qui promet beaucoup et ne tient rien. Fig.
J'ai bien peur que ce ne soit une drogue de charlatan ; car on dit que l'amour en est un, et, franchement, vous m'avez tout l'air d'avoir pris de son mithridate [MARIV., Surpr. de l'amour, II, 4]
Elle [la superstition] nous vend son mithridate, Chaumeix la suit, Omer la flatte ; Et des fripons et des cagots En violet, en écarlate, Sont ses gilles et ses bedeaux [VOLT., Lett. en vers et en prose, 133]

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    De quoy nous a fait foy le roy Mithridates, inventeur du methridat, lequel, en ayant pris par long usage, ne se peust faire mourir qu'avec peine extresme par poison [PARÉ, XXIV, 24]

ÉTYMOLOGIE

  • Lat. Mithridates, célèbre ennemi des Romains, du persan Mithradatta, donné par Mithra ; comparez en grec Apollo-dote, donné par Apollon.

mithridate

MITHRIDATE. n. m. Il s'est dit d'une Drogue à laquelle on attribuait la vertu d'un contrepoison, ainsi dénommée en souvenir de Mithridate.

Vendeur de mithridate, Charlatan; et, figurément et familièrement, Homme qui parle avec jactance, qui promet beaucoup et ne tient rien.