moitié


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moitié

n.f. [ lat. medietas, de medius, qui est au milieu ]
1. Chacune des parties égales d'un tout divisé en deux : Dix est la moitié de vingt.
2. Une des deux parties à peu près égales d'un espace, d'une durée : Parcourir la moitié du trajet. Elle est malade la moitié du temps. J'ai fait la moitié du travail.
3. Fam. Épouse, par rapport au mari : Je te présente ma moitié
À moitié,
à demi ; en partie : Un restaurant à moitié vide. Je ne suis qu'à moitié satisfaite de ses progrès.
À moitié chemin,
au milieu de la distance à parcourir ; avant d'avoir achevé une action entreprise
À moitié prix,
pour la moitié du prix normal, ordinaire.
De moitié,
dans la proportion de un sur deux : Sa prime a été augmentée de moitié.
Être ou se mettre de moitié,
participer à égalité avec qqn aux risques et aux résultats d'une entreprise.
Être pour moitié dans qqch,
en parlant de qqch, entrer pour 50 % dans la composition de cette chose : Les lettres sont pour moitié des réclamations ; en parlant de qqn, en être responsable pour une part : Elle est pour moitié dans l'abandon de ce projet.
Moitié..., moitié...,
en partie..., en partie... : Une couette moitié grise, moitié beige.
mi… mi
Moitié-moitié,
à parts égales : Partager un gâteau moitié-moitié ; ni bien ni mal, ni oui ni non : Êtes-vous contente ? — Moitié-moitié.

MOITIÉ

(moi-tié) s. f.
Une des deux parties égales dans lesquelles un tout est divisé. Les deux moitiés d'un cercle. La moitié de 12 est 6. Dans les assemblées, la moitié des voix plus une fait la majorité absolue. La moitié de cette succession lui appartient. Il a moitié dans tous les meubles.
Avant que de ses deux moitiés Le vers que je commence ait atteint la dernière [A. CHÉN., ïambes.]
Couper, partager une chose par la moitié, la couper, la partager en deux parties égales. Le diamètre coupe le cercle par la moitié. Partager un différend, le différend par la moitié, se relâcher des deux côtés, dans un marché, dans une contestation, sur ce qui empêche de conclure, de s'entendre.
Je lui demandais mon congé et mes gages, il a partagé le différend par moitié ; il m'a donné mon congé et me retient mes gages [REGNARD, Attendez-moi sous l'orme, 3]
Partager quelque chose par la moitié, prendre chacun la moitié d'une chose qui était à partager.
Par extension, une part qui est à peu près la moitié. La moitié d'un pain, d'un poulet. Il n'a fait que la moitié de son ouvrage. Venez vous asseoir auprès de moi, je vous donnerai la moitié de ma place.
Il fuit et le reproche et les yeux du sénat, Dont plus de la moitié piteusement étale Une indigne curée aux vautours de Pharsale [CORN., Pompée, I, 1]
Quand vous me demanderiez la moitié de mon royaume, je vous la donnerais [SACI, Bible, Esther, V, 6]
Des enfants de Japet toujours une moitié Fournira des armes à l'autre [LA FONT., Fabl. II, 6]
Quand il n'y aurait que votre barbe, c'est déjà beaucoup, et la barbe fait plus de la moitié d'un médecin [MOL., Mal. imag. III, 11]
Les femmes, qui font la moitié du monde [PASC., Prov. II]
Vous ne connaissez pas la moitié de ma tendresse pour vous [MAINTENON, Lett. à M. d'Aubigné, 12 juillet 1678]
Le pain bis renfermé d'une moitié décrut [BOILEAU, Sat. X]
Il n'en fallait pas la moitié tant pour.... [HAMILT., Gramm. 6]
L'intérêt de l'État fut leur suprême loi [des sultans] ; Et d'un trône si saint la moitié n'est fondée Que sur la foi promise et rarement gardée [RAC., Baj. II, 3]
Heureux si j'avais pu ravir à la mémoire Cette indigne moitié d'une si belle histoire [ID., Phèdre, I, 1]
La moitié de la terre à son sceptre est soumise [ID., Esth. I, 1]
La moitié du genre humain périt avant l'âge de huit ans un mois, c'est-à-dire avant que le corps soit développé, et avant que l'âme ne se manifeste par la raison [BUFF., Prob. de la vie, Œuv. t. X, p. 241]
Le plus grand usage, ou le plus grand abus que l'homme ait fait de sa force, c'est d'avoir asservi et traité souvent d'une manière tyrannique cette moitié du genre humain, faite pour partager avec lui les plaisirs et les peines de la vie [ID., Œuv. t. IV, p. 332]
La moitié de Paris riait, et l'autre moitié murmurait ; les convulsionnaires protestaient que ces démêlés finiraient tragiquement [VOLT., Hist. parl. LXVI]
Oui, la moitié du monde a toujours mangé l'autre [ID., Marseillais et Lion.]
La moitié du temps, pendant une bonne partie de son temps. La moitié du temps il est sans argent. Offrir la moitié de son lit à quelqu'un, offrir place dans son lit à quelqu'un. La moitié suffit, se dit pour mettre fin à des exhortations, représentations, reproches que l'on trouve inutiles ou déplacés. On dit, pour donner à entendre qu'un récit, un éloge, une plainte sont exagérés : il en faut rabattre la moitié. On dit de même : n'en croire que la moitié.
La princesse n'ajouta pas foi à tout ce qu'on lui dit : elle pensa qu'elle ne devait en croire que la moitié [GENLIS, Mme de Maintenon, t. II, p. 6, dans POUGENS]
Moitié de la vie, moitié de moi-même, termes d'affection.
Pleurez, pleurez, mes yeux, et fondez-vous en eau : La moitié de ma vie a mis l'autre au tombeau [CORN., Cid, III, 3]
En faveur de Cinna je fais ce que je puis, Et tâche à garantir de ce malheur extrême La plus belle moitié qui reste de lui-même [ID., Cinna, IV, 6]
Laisser à ces tyrans la moitié de soi-même [VOLT., Alz. II, 1]
Ô moitié de ma vie ! cher époux [ID., Orphel. IV, 5]
Femme, à l'égard de son mari, dans le style élevé et poétique.
Rends-toi digne du nom de ma chaste moitié [CORN., Hor. IV, 7]
Ô d'un illustre époux noble et digne moitié [CORN., Pomp. III, 5]
Ô vous, à ma douleur objet terrible et tendre, Reste du grand Pompée, écoutez sa moitié [ID., Mort de Pompée, V, 1]
Votre digne moitié, couchée entre des fleurs, Tout près d'ici m'est apparrue [LA FONT., Fabl. VIII, 14]
Laissez à Ménélas racheter d'un tel prix La coupable moitié dont il est trop épris [RAC., Iphig. IV, 4]
L'usage a permis qu'en quelques occasions on puisse appeler sa femme sa moitié : " Mânes du grand Pompée, écoutez sa moitié. " Ce mot fait là un effet admirable [VOLT., Comm. Héraclius, V, 1]
Et leurs tristes moitiés, compagnes de leurs pas, Emportent leurs enfants, gémissants dans leurs bras [ID., Henr. VIII]
Hors de là, il ne se dit, aujourd'hui du moins, que dans le langage familier.
Avez-vous pris la peine d'en parler à madame votre chère moitié ? [HAUTEROCHE, Crisp. médec. I, 2]
....Or c'étaient les moitiés De nos galants [LA FONT., Rém.]
Et ce n'est pas peu d'heur que d'être sa moitié [de Tartufe] [MOL., Tart. II, 3]
Je vous conjure de faire mes compliments à votre chère moitié [SÉV., à Pompone, 24 nov. 1664]
Mandez-moi de vos nouvelles, si vous avez votre aimable moitié.... [ID., à Guitaut, 20 avr. 1683]
Et je suis convaincu que nombre de maris Voudraient de leurs moitiés se voir loin à ce prix [REGNARD, Démocr. I, 1]
La plus belle moitié du genre humain, les femmes en général.
Il est capable de nous rendre ridicules à la plus belle moitié du monde [BALZ., liv. IV, let. 19]
Moitié, pris adverbialement pour signifier à demi. Moitié sérieusement, moitié en plaisantant.
Moitié par adresse, moitié par force, il se rendit le plus puissant [BOSSUET, Hist. III, 5]
Moitié vaincue par les raisons, et moitié attendrie de reconnaissance pour toute la peine que je lui voyais prendre, afin de me persuader [MARIVAUX, Marianne, 8e part.]
Chaque corps serait composé de moitié Chinois et moitié Tartares [MONTESQ., Esp. X, 15]
Je suis un pauvre vieillard, moitié poëte, moitié philosophe, et qui n'est pas à moitié persécuté, quoiqu'il ne dût être qu'un objet de pitié, étant surchargé de quatre-vingt-quatre ans et de quatre-vingt-quatre maladies [VOLT., Lett. à Mme Dubocage, 2 nov. 1777]
Les Français seront toujours moitié tigres et moitié singes ; ils se réjouiront également à la Grève et aux danseurs de corde du boulevard [ID., Lett. Panckoucke, 30 avril 1777]
Cette dynastie fondant par les mains d'un vieux et sage roi la monarchie représentative au milieu d'une cour moitié d'ancien régime, moitié de noblesse nouvelle [VILLEMAIN, Souvenirs contemporains, les Cent-Jours, ch. 2]
Moitié guerre, moitié marchandise, voy. MARCHANDISE. Moitié figue, moitié raisin, voy. FIGUE. Moitié chair, moitié poisson, voy. POISSON.
À moitié, avec le nom suivant sans article et sans préposition, en partageant par moitié ce dont il s'agit. Louer une terre à moitié fruits. À moitié chemin, à la moitié du chemin.
Elle était tombée malade dans une petite ville à moitié chemin d'Édimbourg [STAËL, Corinne, XVII, 8]
À moitié prix, pour la moitié du prix ordinaire. Dans le langage rural, à moitié, pris absolument, signifie : en partageant par moitié les produits entre le tenancier et le propriétaire. Donner, prendre des terres à moitié. Il laboure cette terre à moitié. Il fait cette vigne à moitié. À moitié de, dans le même sens.
Une fille est une marchandise qu'on ne saurait garantir, et l'on n'en a pas plutôt fait l'emplette qu'on voudroit en être défait à moitié de perte [REGNARD, la Sérén. sc. 1]
À moitié de perte et de gain, et aussi à moitié perte et gain, en partageant également soit la perte soit le gain. Prendre un marché à moitié de perte et de gain. À moitié, en partie, à demi. De l'argent plus d'à moitié dépensé. Un fruit à moitié pourri.
[L'enfant] Prit la fronde, et du coup tua plus d'à moitié La volatile malheureuse [LA FONT., Fabl. IX, 2]
Seigneur, le traître est expiré, Par le peuple en fureur à moitié déchiré [RAC., Esth. III, 8]
Le crime de tes mains n'est commis qu'à moitié [VOLT., Fanat. IV, 5]
On dit plus rarement : plus qu'à moitié. De l'argent plus qu'à moitié dépensé.
Être de moitié, se mettre de moitié, être, se mettre en société avec quelqu'un, de manière que la perte et le gain se partagent par moitié. Ils sont de moitié dans cette affaire. Mettons-nous de moitié pour cette partie d'écarté. Fig. Être de moitié, prendre part ; mettre de moitié, faire partager.
Si tu veux, avec toi je serai de moitié [CORN., le Ment. IV, 6]
Ma fille est de moitié de tout ce que je vous dis ici [SÉV., à Moulceau, 4 fév. 1696]
Je trouve ce livre admirable [les Essais de morale de Nicole] ; personne n'a écrit sur ce ton que ces messieurs ; car je mets Pascal de moitié à tout ce qui est de beau [ID., 23 sept, 1671]
Vous ne sauriez trop en parler [l'espérance d'un régiment pour le jeune Grignan], ni trop me conter toutes vos pensées, ni tous vos raisonnements pour et contre, ni le dialogue de la crainte et de l'espérance ; je suis de moitié de tout cela [ID., 598]
Mon amour-propre était de moitié avec le sien, dans tous les affronts que je supposais qu'elle essuyait [MARIV., Marianne, IIe part.]
Pour ton bonheur qu'ils [l'hymen et l'amour] règnent de moitié [BÉRANG., Coin de l'am.]
Être de moitié, consentir.
Villeroy manda au roi qu'il obéirait avec soumission et sans se plaindre, mais qu'il n'attendît pas de lui qu'il en fût jamais de moitié [SAINT-SIMON, 159, 91]
De moitié, ou de la moitié, loc. adv. signifiant de beaucoup.
Le moindre bruit que l'on peut faire Est le plus sûr de la moitié [LA FONT., Joc.]
Sa taille [de Mme de Montespan] qui n'est pas de la moitié si grosse qu'elle était, sans que son teint, ni ses yeux, ni ses lèvres en soient moins bien [SÉV., 29 juill. 1676]
Je suis plus riche de la moitié que je ne voudrais [FÉN., Pittacus.]
Les Caraïbes sont de la moitié plus heureux que nous [J. J. ROUSS., Ém. I]
En rabattre de moitié ou de la moitié, se dit pour exprimer qu'on diminue beaucoup l'estime qu'on avait pour une personne.

REMARQUE

  • Si les mots moitié, tiers, quart, etc. expriment précisément la moitié, le tiers, le quart, ils sont collectifs généraux, et le verbe s'accorde avec le collectif : La moitié des députés a voté pour, et l'autre moitié contre le projet de loi. La moitié des recrues est dirigée sur Paris, et l'autre sur Lyon. Mais, s'il ne s'agit pas d'une quantité précise, le collectif n'a en réalité d'autre valeur que celle de beaucoup, de quantité ; alors il devient collectif partitif, et c'est le nom qui suit le collectif qui est le sujet du verbe : La moitié, le tiers, le quart des fruits de ce fruitier sont gâtés. De la même façon on dira : Une douzaine d'exemplaires de cette grammaire vous coûtera quinze francs, et : Une douzaine de livres étaient épars sur son bureau. Mais cette remarque n'est point une règle absolue ; et Corneille ne l'a pas suivie dans ces vers : Maxime et la moitié s'assurent de la porte, L'autre moitié me suit, et doit l'environner [Auguste], Cinna, II, 3.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    De la citet l'une meitiet est sue [sienne] [, Ch. de Rol. CXV]
  • XIIe s.
    Li reis Annon fist prendre les messages le rei David, e rere [raser] la meité des barbes, et colper lur vestures très par les nages [fesses] [, Rois, p. 152]
  • XIIIe s.
    Ele voloit partir [partager] en le [la] meson, moitié à moitié, et venir de se [sa] partie à l'ommage de son segneur [BEAUMANOIR, XIV, 9]
    Miex [elle] t'en prisera la moitié [, la Rose, 2580]
  • XIVe s.
    Nennil, ce dit Bertran ; par Dieu le fruit de vie, J'ai d'une femme assez, et trop de la moitié [, Guesclin. V. 17898]
  • XVe s.
    Tout soit du conquest moitié à moitié [FROISS., II, II, 37]
    Attendant le soleil levant, Moitié dormant, moitié veillant, Environ l'aube ou peu avant [ALAIN CHARTIER, Excusation de maître Alain]
    De par celli [celle] qui est la moitié de ma vie, Me vint un bon salut, qui m'ame a resbaudie [, Ms. d'Avranches (1682, 2943, 170)]
  • XVIe s.
    N'estoyt medecin qui en sceust à la moitié tant comme il faisoyt [RAB., Garg. I, 23]
    La ville estant augmentée de la moitié, on ajouxta cent nouveaux patriciens sabins aux cent premiers romains [AMYOT, Rom. 30]
    À la fin ilz prirent le hazard de passer à travers le païs des Brutiens, et, moitié de gré, moitié par force, feirent tant qu'ilz gaignerent la ville de Rege [ID., Timol. 27]
    Nous estions à moitié de tout [MONT., I, 216]
    Ancien proverbe, que la moitié passe le tout [PASQUIER, Lett. t. I, p. 760]

ÉTYMOLOGIE

  • Bourguig. mitié ; provenç. meitat, mitat ; espagn. mitad ; portug. metade ; ital. metà ; du latin medietatem, de medius (voy. MI).

moitié

MOITIÉ. n. f. L'une des parties d'un tout divisé, partagé également en deux. Les deux moitiés d'un cercle, d'un carré. La moitié de 4 est 2. Il en faut retrancher la moitié. La majorité absolue des suffrages se compose de la moitié des voix, plus une. La moitié de cette succession lui appartient. Il a moitié dans cette succession.

Il désigne assez ordinairement, dans une acception moins rigoureuse, une Portion, une part qui est à peu près de la moitié. La moitié d'un pain. Mettre la moitié d'eau, moitié d'eau dans son vin. Faire bouillir un liquide jusqu'à ce qu'il soit réduit à la moitié, à moitié. Augmenter, diminuer une longueur de moitié, de la moitié. La moitié de la vie se passe à souffrir. Passer la moitié du temps à la campagne. La moitié du temps il est sans argent. Il a mangé la moitié de son bien. Il n'a fait encore que la moitié de son ouvrage. Je l'ai trouvé grandi de moitié. Venez auprès de moi, je vous donnerai la moitié de ma place.

Une bonne moitié, Un peu plus de la moitié.

Partager quelque chose par moitié, Prendre chacun la moitié d'une chose qui était à partager. Partager les revenus, les bénéfices par moitié.

Couper, partager une chose par la moitié, La couper, la partager en deux moitiés. Le diamètre coupe le cercle par la moitié. Scier une pierre par la moitié.

Partager un différend, le différend par la moitié, se dit en parlant d'un Marché où des deux côtés on a fait des concessions sur ce qui empêchait de conclure.

MOITIÉ signifie, familièrement, Personne de petite taille. Une moitié d'homme.

MOITIÉ se dit figurément d'une Femme par rapport à son mari. Il a perdu sa chère moitié.

MOITIÉ s'emploie aussi adverbialement pour signifier À demi. Du pain moitié seigle, moitié froment. C'est une étoffe moitié soie, moitié laine. Il boit toujours moitié eau, moitié vin. Moitié l'un, moitié l'autre. Moitié de gré, moitié de force. On dit dans le même sens : Vous avez acheté ce livre moitié trop cher.

Prov. et fig., Moitié figue, moitié raisin. Voyez FIGUE.

À MOITIÉ, loc. adv. En partie, à demi. Cela est à moitié pourri. Le tonneau est à moitié vide. La bouteille n'est qu'à moitié pleine. Il est à moitié ivre. Ce qu'on vous a dit n'est qu'à moitié vrai.

À moitié se dit en parlant de Terres et d'affaires commerciales pour signifier que Le produit doit être partagé par moitié entre le propriétaire et le fermier, ou entre les deux associés. Donner, prendre des terres à moitié. Il laboure cette terre à moitié. Il fait ces vignes à moitié. Donner à moitié fruits. Prendre un marché avec quelqu'un à moitié de perte et de gain, à moitié perte et gain.

À moitié chemin, À la moitié du chemin. Il est resté à moitié chemin.

À moitié prix, Pour la moitié du prix ordinaire.

DE MOITIÉ, loc. adv. usitée dans certaines phrases, comme Il a été trop long de moitié dans son discours, Il a été beaucoup plus long qu'il ne fallait.

Être de moitié, se mettre de moitié avec quelqu'un, Faire avec lui une société dans laquelle la perte et le gain se partagent par moitié. Ils sont de moitié dans cette affaire. Si vous voulez jouer, je serai de moitié avec vous dans votre jeu. Je me mettrai de moitié avec vous.

Fig. et fam., En rabattre de moitié ou de la moitié, en parlant d'une Personne, signifie L'estimer bien moins qu'on ne faisait. Je le croyais honnête homme, mais s'il a fait ce que vous dites, j'en rabats de moitié. On dit aussi, pour donner à entendre qu'un récit, un éloge, une plainte sont exagérés : Il faut en rabattre la moitié, il faut en rabattre moitié.

moitié

Moitié, f. acut. C'est une part de quelque chose que ce soit dont les deux font le tout, Medietas, Media pars.

Plus grand de la moitié, Altero tanto maior, Bud. ex Cic.

La moitié de quelque chose que ce soit, Semissis.

La moitié de quelque chose partie en deux, Dimidius, siue Dimidium.

La moitié de toutes mesures, Semis, vel potius Semi.

La moitié moins, Dimidio minoris.

La moitié plus cher, Dimidio carius.

La moitié plus fol, Dimidio stultior.

Jusques à la moitié, In partem dimidiam decoquere.

Qui fait quelque chose à moitié, Partiarius.

moitié


MOITIÉ, s. f. [Moa-tié, 2eé fer.] Partie d'un tout, divisé en deux parties égales. "La moitié de cette succession lui appartient. = Dans un sens moins strict, il se prend pour une des deux portions, quoique l'égalité entre elles ne soit pas parfaite, comme quand on dit: la moitié d'un pain, d'un poulet; une moitié d'agneau. = Mettre de moitié. "L'air satisfait et l'attention, avec laquelle il vous écoute, vous disent, en quelque sorte que vous avez plus de lumières que lui. S'il dit lui-même quelque chôse d'ingénieux, il vous y met adroitement de moitié. MARIN, L'homme Aimable. "Il a mangé la moitié de son bien. C'est dans ce sens qu'on dit, la grôsse, la grande moitié, la petite moitié.
   REM. Moitié, s'emploie souvent sans article: "Il a moitié dans cette succession: elle a moitié dans tous les meubles. Acad. "Un âne mange moitié autant qu'un boeuf. L'Ab. Guénée. "Ce second brâs n'est pas moitié aussi long que l'aûtre. Pluche. "Quelques villes perdirent moitié, d'autres les trois quarts de leurs habitans. Hist. d'Angl. "De tous ceux, qui liront, il y en aura moitié encôre, à qui tout ceci paroîtra trop vif. Linguet. = De tous ces exemples, le plus inusité est ce dernier, où moitié, sans article est nominatif, (sujet de la phrâse) il y aura moitié à qui, etc. Cela surprend un peu. Comme chacun a son goût, j'aimerais mieux dire: Il y en aura la moitié à qui, etc. = Moitié, adverbe, est plus autorisé par l'usage. "Moitié seigle, moitié froment. "Moitié eau, moitié vin. "Moitié de gré, moitié de force. = De moitié à moitié, adv. "Il a été de moitié trop long, ou trop long de moitié dans son discours. "Ce plan simple diminuera la dépense de près de moitié. Neck.~ "Être de moitié avec quelqu'un; partager les profits et les pertes avec lui, soit dans le comerce, soit au jeu. — "Il est à moitié ivre. Avec plus, on dit, d' à moitié, le d étant régi par plus. "De l'argent plus d'à~ moitié dépensé; du vin plus d'à moitié bu. "Ces Évêques plus d'à moitié laïques. Moreau. * Le P. Sicard dit, plus de moitié. "Les deux autres colonnes sont plus de moitié détruites. Let. Édif. Il falait plus d'à moitié. — Quelques uns disent, plus qu'à moitié; mais celui-ci n'est pas si bon. = Par moitié, autre adverbe. "Partager par moitié, ou moitié par moitié. — En parlant de diférend, on dit, par la moitié. "Partageons ce diférend par la moitié.

Traductions

moitié

Hälftehalfhelft, echtgenoteחצי-(ז), מחצה (נ), מחצית, חֲצִי, מַחֲצִיתhalvdelduonomitad, mediopuolikasfélmetà, mezzopołowametadejumătateполовинаhälftbuçuk, yarımμισός, μισόنِصْفpolovinapolovica半分절반halvpartครึ่งหนึ่งmột nửa半数一半 (mwatje)
nom féminin
1. chacune des deux parties égales de qqch la moitié du gâteau
2.
a. à demi remplir un verre à moitié
b. en partie faire qqch à moitié

moitié

[mwatje]
nf
(partie d'un tout)half
On a mangé une moitié de poulet → We ate half a chicken.
une bonne moitié → a good half, just over half
une petite moitié → just under half
la moitié → half
Cette part est trop grosse. La moitié suffira → This portion is too big. Half would be enough.
la moitié de → half, half of
Il a mangé la moitié du gâteau à lui seul → He ate half the cake all by himself.
la moitié du temps → half the time
la moitié des gens → half the people
(limite) à la moitié de → halfway through
Elle est partie à la moitié du film → She left halfway through the film.
Elle est partie à la moitié → She left halfway through.
(= épouse) sa moitié → his other half, his better half
(autres locutions) à moitié (avec un verbe)half; (avec un adjectif) → half-
Il l'a terminé à moitié → He half finished it.
C'était à moitié construit → It was half-built.
Ton verre est encore à moitié plein → Your glass is still half-full.
faire qch à moitié → not to finish sth
Il fait toujours les choses à moitié → He never finishes anything.
moitié prix → half-price
Ce sac était moitié prix → This bag was half-price.
de moitié [réduire, augmenter] → by half
adv
(comparaison) moitié moins grand → half as tall
moitié plus long → half as long again, longer by half
moitié moitié → half-and-half
partager moitié moitié → to go halves
On partage moitié moitié, d'accord? → We'll go halves, OK?