monstre

monstre

n.m. [ du lat. monstrum, phénomène singulier, fait prodigieux ]
1. Être vivant contrefait, difforme : Le forain prétend exhiber des monstres
2. Être fantastique de la mythologie, des légendes : Le griffon était un monstre.
3. Animal, objet effrayant par sa taille, son aspect : Monstres marins.
4. Personne d'une laideur repoussante.
5. Personne qui suscite l'horreur par sa cruauté, sa perversité : Néron était un monstre.
Monstre sacré,
comédien très célèbre ; personnage hors du commun.
Un monstre de,
une personne qui dépasse tout le monde dans tel défaut, tel vice : Un monstre d'ingratitude.
adj.
Fam. Prodigieux ; énorme : Des soldes monstres

MONSTRE1

(mon-str') s. m.
Corps organisé, animal ou végétal, qui présente une conformation insolite dans la totalité de ses parties, ou seulement dans quelques-unes d'entre elles. Les fleurs doubles sont des monstres. Cette femme est accouchée d'un monstre.
Les miracles sont plus rares que les monstres [BALZ., liv. I, lett. 11]
On peut réduire en trois classes tous les monstres possibles : la première est celle des monstres par excès ; la seconde, des monstres par défaut ; et la troisième, de ceux qui le sont par le renversement ou la fausse position des parties [BUFF., Suppl. à l'hist. natur. Œuvres, t. XI, p. 410]
La plupart des monstres le sont avec symétrie, le dérangement des parties paraît s'être fait avec ordre [ID., Hist. anim. ch. X]
M. Lemery soutenait que la formation des monstres était due uniquement à des causes accidentelles qu'il assignait, et qu'il savait employer avec beaucoup de sagacité et d'esprit [BONNET, Consid. corps organ. Œuvres, t. VI, p. 447, dans POUGENS.]
M. Winslow laissait là tout cet attirail d'explications physiques, et, le scalpel à la main, il prétendait trouver, dans certains monstres, des preuves incontestables que leur formation était due uniquement à des œufs originairement monstrueux [ID., ib.]
Les êtres physiques imaginés par les mythologies et par les légendes, dragons, minotaures, harpies, divinités à formes étranges, etc. Les Centaures étaient des monstres. La Chimère était un monstre. Polyphème était un monstre.
Vous adorez en vain des monstres impuissants [CORN., Poly. III, 2]
Tous les monstres d'Égypte ont leurs temples dans Rome [ID., ib. IV, 6]
Aucuns monstres par moi domptés jusqu'aujourd'hui Ne m'ont donné le droit de faillir comme lui [Thésée] [RAC., Phèdre, I, 1]
L'onde approche, se brise, et vomit à nos yeux Parmi des flots d'écume un monstre furieux [ID., ib. V, 6]
La tête d'un homme sur le corps d'un cheval nous plaît ; la tête d'un cheval sur le corps d'un homme nous déplaira ; c'est au goût à créer des monstres [DIDEROT, Pensées sur la peint. Œuvres, t. XV, p. 176, dans POUGENS.]
Par assimilation, les êtres allégoriques auxquels on donne soit des formes étranges, soit des inclinations malfaisantes.
Cependant cet oiseau qui prône les merveilles, Ce monstre composé de bouches et d'oreilles, La renommée... [BOILEAU, Lutr. II]
Et le barreau n'a pas de monstres si hagards Dont mon œil n'ait cent fois soutenu les regards [ID., ib. III]
Il y a deux monstres qui désolent la terre en pleine paix : l'un est la calomnie, et l'autre l'intolérance ; je les combattrai jusqu'à ma mort [VOLT., Mél. litt. Réfut. d'un écrit anonyme.]
Par exagération, les animaux d'une grandeur extraordinaire. Poétiquement. Les monstres des forêts, les bêtes féroces qui habitent les forêts.
Croit-on que dans ses flancs un monstre m'ait porté ? [RAC., Phèdre, II, 2]
Fig.
L'Américain farouche est un monstre sauvage Qui mord en frémissant le frein de l'esclavage [VOLT., Alz. I, 1]
Monstres marins, les grands cétacés. Par extension. On a servi des monstres sur cette table, on y a servi des poissons d'une grandeur extraordinaire.
Mais enfin il les sut engager à lui servir d'un monstre [poisson] assez vieux pour lui dire Tous les noms des chercheurs de mondes inconnus [LA FONT., Fabl. VIII, 8]
Fig. Un monstre, une chose dont on s'effraye.
La Mousse [à propos d'un projet de voyage en province] a été un peu ébranlé des puces, des punaises, des scorpions, des chemins et du bruit qu'il trouvera peut-être ; tout cela était un monstre dont je me suis bien moquée [SÉV., 8 juill. 1672]
Cette timidité, en nous montrant sans cesse des monstres où il n'y en a pas [J. J. ROUSS., Hél. VI, 7]
Faire un monstre d'une chose, la représenter comme dangereuse, pénible, etc.
Et puisqu'elle vous blâme, et que sa fantaisie Lui fait un monstre affreux de votre jalousie [MOL., D. Garc. IV, C.]
Vous lui faites sans cesse un monstre de l'amour [TH. CORN., Baron d'Albikrac, III, 4]
Se faire un monstre de quelque chose, s'imaginer qu'une chose est très pénible, très difficile.
Il n'y, a point de faute aussi pardonnable qu'une sensibilité comme la mienne ; ne vous en faites donc point un monstre, Marianne, ajouta-t-il, en pliant le genou devant moi [MARIVAUX, Marianne, part. 3]
Se faire des monstres de tout, s'exagérer les difficultés de toute chose.
Une mère peu éclairée se fait des monstres de tout [J. J. ROUSS., Hél. V, 3]
Fig. Par analogie et par transition du physique au moral, personne cruelle, dénaturée, ou remarquable par quelque vice poussé à l'excès.
T'ai-je peint ces tristes Tisiphones [les femmes qui haïssent leurs enfants], Ces monstres pleins d'un fiel que n'ont point les lionnes ? [BOILEAU, Sat. X]
Caligula, Néron, Monstres dont à regret je cite ici le nom [RAC., Bérén. II, 2]
Monstre qu'a trop longtemps épargné le tonnerre [ID., Phèdre, IV, 2]
On passe pour un monstre quand on manque de reconnaissance [FÉN., Tél. XVIII]
Ah ! je suis un monstre à vos yeux [GENLIS, Théât. d'éduc. les Faux amis, II, 11]
Quels monstres le hasard rassemble sous nos yeux ! Tibère et Néron se regardent [STAËL, Corinne, XIII, 4]
Il se dit, par antiphrase, de quelque qualité qui nous cause autant de peine que ferait un vice.
Une femme constante est un monstre nouveau Que le ciel a produit pour être mon bourreau [DESTOUCHES, Phil. marié, III, 5]
Monstre s'est dit, par esprit d'intolérance, des hérétiques, des infidèles et des athées.
Un Spinosa, ce monstre, qui après avoir embrassé plusieurs religions, finit par n'en avoir aucune [MASS., Carême, Doutes.]
Le monstre ! il [Galilée] ose prouver que c'est la terre qui tourne [VOLT., Philos. Disc. Belleguier.]
Julien [l'empereur] est sobre, chaste, désintéressé, valeureux, clément ; mais il n'était pas chrétien ; on l'a regardé longtemps comme un monstre [ID., Dict. phil. Julien.]
Populairement, dans le même sens, un monstre de nature.
Ce doit être un monstre de nature [HAUTEROCHE, Esp. foll. I, 1]
On a dit dans un sens analogue : des monstres de la société des monstres qui outragent la société.
Il faudrait que ce fussent des monstres de la société, s'ils ne trouvaient pas en eux-mêmes les sentiments nécessaires à cette société [VOLT., Traité de métaphysique, IX]
C'est un monstre d'ingratitude, un monstre d'avarice, de cruauté, etc. se dit d'une personne qui montre une noire ingratitude, qui est d'une sordide avarice, etc.
Sors donc de devant moi, monstre d'impiété [RAC., Athal. III, 5]
Deux fils [d'Hircan] qui étaient des monstres de perfidie, d'avarice et de cruauté [VOLT., Philos. Sommaire de l'Hist. juive.]
Monstres d'hommes, hommes remarquables par leur méchanceté.
Quelques monstres d'hommes tels qu'ont été un Diagore mélien, un Évhemère tégéate, et un Théodore cyrénien, qui ne voulaient pas même reconnaître une cause première [LAMOTHE LE VAYER, Vertu des païens, 1, Observ. sur les trois états.]
Monstre se dit aussi, par exagération et par plaisanterie, d'une personne à qui on reproche quelque énormité. Ces monstres d'hommes n'en font pas d'autres.
Par exagération, personne extrêmement laide.
Son avarice.... Le fit dans une avare et sordide famille Chercher un monstre affreux sous l'habit d'une fille [BOILEAU, Sat. X]
De six monstres qui se disaient filles d'honneur, et d'une duègne autre monstre qui se portait pour gouvernante de ces rares beautés [HAMILT., Gramm. 6]
On dit dans le même sens : un monstre de laideur.
Fig. Toute chose qui est comparée à un monstre pour sa grosseur, sa laideur, sa grossièreté, sa disproportion, son abomination.
Que nous avons nommé le monstre de l'octave, ou une octave défectueuse [DESC., Mus.]
Apprenez enfin qu'un gentilhomme qui vit mal est un monstre dans la nature [MOL., D. Juan, IV, 6]
S'il [l'homme] se vante, je l'abaisse ; s'il s'abaisse, je le vante ; et le contredis toujours, jusqu'à ce qu'il comprenne qu'il est un monstre incompréhensible [PASC., Pens. VIII, 14, édit. HAVET.]
Cette négligence [des indifférents en matière de religion].... est un monstre pour moi [ID., Pens. IX, 1]
L'orgueil contre-pèse et emporte toutes les misères ; voilà un étrange monstre et un égarement bien visible [ID., ib. XXIV, 10 bis.]
Je vous conjure que ma fille ne réponde point à cette lettre, c'est un monstre d'écriture : je n'ai rien à faire, je me porte bien, et c'est mon unique plaisir de vous parler [SÉV., 31 mai 1680]
Quels monstres d'opinions se faut-il mettre dans l'esprit ? [BOSSUET, Hist. II, 13]
Il avait toujours regardé le libertinage [irréligion] comme un monstre dans les armées [FLÉCH., Duc de Mont.]
Être chrétien et n'être pas pénitent était un monstre et une nouveauté sans exemple [MASS., Carême, Jeûne.]
Une armée de monstres va ressusciter dans votre cœur [ID., Carême, Rechute, 1]
Vous vivrez sans joug et sans règle, vous entasserez monstre sur monstre [ID., Carême, Inconst.]
Lorsque ni l'une ni l'autre [partie] n'y consentent, c'est un monstre que le divorce [MONTESQ., Esp. XXVI, 3]
Et de là sortiront des merveilles ou des monstres de raisonnements sans nombre [BUFF., Nature des anim.]
Sorte de ciseaux à longs anneaux.
10° Nom vulgaire de la mésange à longue queue.
11° Monstre double, monstre simple, nom de deux variétés de tulipes.
12° Adj. Dans le langage populaire, prodigieux, monstrueux, énorme, extraordinaire. Un bouquet monstre. Un dîner monstre. Un concert monstre.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Dont poroies veoir un molt horrible monstre.... si tu les oylz [yeux] del cuer avoies enlumineiz [SAINT BERNARD, p. 562]
  • XIIIe s.
    Il atendoit que li poinz apareust et li mostres que Merlins li dist ; mais ne demora puis gaires que li mostres lor aparut en l'air [, Merlin, f. 51, verso]
    Et quant ele [une infirme] aloit, ele portoit son chief près de terre pié et demi, apuiée d'un baston.... et sembloit un mostre, si que, quant les enfanz la veoient, il s'enfuioient [, Miracles St Loys, p. 127]
  • XVIe s.
    Une beauté cruelle est un monstre en nature [DESPORTES, Cartels et masquarade, pour le roy Henri III]
    La cour est un monstre de plusieurs testes et consequemment de plusieurs langues et plusieurs voix [DES AUTELS, dans LIVET, la Gramm. franç. p. 126]
    Je diray un monstre [une chose monstrueuse], mais je le diray pourtant [MONT., II, 124]
    Des gens barbus [les Espagnols], montez sur des grands monstres incogneus [les chevaux] [ID., IV, 18]
    Si une chacune ame est sujette à tous ces monstres de vices [CALV., Instit. 209]
    Tous ceux qui violent l'authorité paternelle ou par mespris, ou par rebellion, sont monstres et non pas hommes [ID., ib. 300]
    Question laquelle toutes gens craignans Dieu à bon droit ont en horreur comme un monstre detestable [ID., ib. 357]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. mostre ; espagn. monstruo ; portug. monstro ; ital. mostro ; du lat. monstrum, qui vient directement de monere, avertir, par suite d'une idée superstitieuse des anciens : quod moneat, dit Festus, voluntatem deorum. Monstrum est pour monestrum ; monstrare (voy. MONTRER) est le dénominatif de monstrum.

MONSTRE2

(mon-str') s. f.
Diagramme qui indique, pour un morceau de musique, le nombre de vers que le poëte doit faire, et le nombre de syllabes que chacun de ces vers doit avoir.
Et prenant la plume, Rossini traça brièvement le scénario de la situation, et fit des monstres pour la coupe des vers destinés à la mélodie [A. AZEVEDO, Opinion nation. 2 avril 1867]

ÉTYMOLOGIE

  • C'est sans doute le même mot que montre, écrit autrefois monstre.

monstre

MONSTRE. n. m. Être qui a une conformation contre nature. Monstre hideux. Un monstre à deux têtes. Cette femme est accouchée d'un monstre.

Il se dit aussi des Végétaux. Les fleurs doubles sont des monstres.

MONSTRE se dit encore de Certains êtres imaginaires qui figurent dans les fables des anciens. Les Centaures, la Chimère, le Minotaure, les Cyclopes étaient des monstres.

Fig., Se faire un monstre de quelque chose, S'imaginer qu'une chose est extraordinaire, très difficile.

MONSTRE signifie aussi Être d'une grandeur démesurée. Les monstres marins, Les grands cétacés.

Par apposition et familièrement, il désigne un Être ou une Chose énorme, extraordinaire. Un poisson monstre. Un bouquet monstre. On a servi un déjeuner monstre.

MONSTRE se dit, par exagération, de Ce qui est extrêmement laid. Cette femme est affreusement laide, c'est un monstre. On dit dans le même sens Un monstre de laideur.

Il se dit, figurément, d'une Personne cruelle et dénaturée. Néron était un monstre. C'est un monstre qu'il faudrait étouffer.

C'est un monstre d'ingratitude, un monstre d'avarice, un monstre de cruauté, se dit d'une Personne qui montre une grande ingratitude, qui est d'une sordide avarice, etc.

Il se dit encore, dans le langage familier, de Personnes à qui l'on fait des reproches. Ce monstre d'homme. Petit monstre!

En termes d'Arts, il désigne le Modèle type d'une machine, d'un dispositif.

Il se dit encore, dans le langage familier, d'un Premier projet, d'une ébauche. Avant de vous mettre à la rédaction définitive de votre ouvrage, vous m'en soumettrez un monstre.

monstre

Monstre, penac. Tantost est masculin procedant de ce vocable Latin Monstrum, et signifie une chose forvoyant du commun en figure ou autre chose qui est de son naturel, et vient tant le Latin que le François du verbe Latin Monstro, tout ainsi que Ostentum de Ostendo. Mais le François ne retient pas en ce l'energie dudit mot Latin, et en use pour ce qui est contre la nature, Cic. lib. 2. de diuinat. Vlpian. l. Ostentum. ff. de verb. et rer. signific. Et tantost est feminin, et la lettre s ne s'y prononce point, et signifie en general ce qui endite et monstre quelque chose. Ainsi lon dit la monstre d'un drap, la teste d'iceluy par laquelle on monstre quel est le reste de la piece, Panni indicium, Spectamen, Specimen, La monstre d'un horologe, la main de fer qui par engins va par dehors tournant sur le cercle marqué de 24. heures compassées par heures et demies, Manus horarum indicatrix, Horarius index, Et consequemment Monstre est aussi appelé l'horologe qui ne sonne, ains marque sans plus les heures par une fleche de quelque metal que ce soit tournée par ressorts. La monstre d'un maquignon de chevaux, le lieu où le maquinon monstre les chevaux qu'il vend pour en faire voir le pas, l'amble, le trot, le galop, la course, l'eslans et le sault à qui les veut acheter. Et est tel lieu dit Monstre par metonymie, pour la monstrée du corsage, de la taille, et de ce que l'acheteur desire voir d'un cheval qu'il veut avoir. Mais quand on dit faire la monstre d'une compagnie de gens de guerre, soyent de cheval, soyent de pied, c'est mettre en evidence ladite compagnie en deu equippage militaire, Instructos milites aut equites coram exhibere, repraesentare illis ad quos ea res pertinet, Et parce que lors à ceux qui ne sont cassez, pour estre tels et en tel arroy qu'il est requis, on paye la soulde, on dit aussi faire monstre pour recevoir la soulde, Stipendium accipere, Et est tel mot donné à ceste veuë, par ce que le Capitaine de telle compagnie monstre à l'oeil à celuy ou ceux qu'il appartient de le voir, le garbe et contenance, l'equippage et assortissement d'armes et de chevaux de ceux dont il est conducteur, Lustrum aut lustratio militum aut equitum. On dit aussi Monstre pour la contenance exterieure d'une personne, Species, Ainsi lon dit il fait ou il a belle monstre, Egregia specie vir, La raison de ce est parce que de la contenance on presume le courage et l'interieur, Cic. Philip. 1. Ainsi lon dit aussi d'une ville ou autre lieu, qu'elle fait belle monstre de loing, Procul se specie egregia ostentat.

Il laissa quelques pavillons dressez au camp pour seulement faire monstre d'armée y logée, Pauca tabernacula in castrorum speciem reliquit, Liu. lib. 22.

De plus grande monstre que de valeur, Non tam solido quam splendido nomine.

Pour faire monstre, In speciem, B. ex Liuio.

Fortune fait monstre de son pouvoir, et desploye sa puissance, Opes suas fortuna exerit.

Se servir de quelque chose pour monstre, Ad speciem vti re aliqua.

La monstre de dehors de ceste vie, Species huius vitae.

monstre

Faire la monstre d'une armée, Lustrare vel Recensere exercitum, Faire la monstre de la gendarmerie, Turmas equitum recognoscere, Lustrare, Caesar. lib. 8. bell. Gall.

La monstre, Transuectio, B.

Recevoir à la monstre, Nomen accipere.

¶ Dressé et fait ou habitué à faire grande monstre de soy, Compositus in ostentationem.

Chose de monstre et enseignes qu'on portoit à la pompe et ordre d'un triomphe, comme representation des villes prinses, ou autres choses semblables, Ferculum.

monstre


MONSTRE, s. m. MONSTRUEUX, EûSE, adj. MONSTRUEûSEMENT, adv. MONSTRUOSITÉ, s. f. [Mons-tre, tru-eû, eû-ze, eû-zeman, ozité: 2e e muet au 1er, 3e lon. au 2d, 3e et 4e, dont la 4e e muet.] Monstre se dit au propre, d'un animal, qui a une conformation contraire à l'ordre de la natûre. "Monstre afreux, hideux, etc. = Au figuré, il se dit de ce qui est extrêmement laid et diforme. "Cette femme est horriblement laide: c'est un monstre. = Plus figurément encôre, on le dit d'une persone cruelle et dénaturée. "Néron étoit un monstre. = On dit, par exagération, qu'on a servi des monstres sur la table, pour dire, des poissons d'une grandeur extraordinaire.
   REM. Monstre, au figuré, régit quelquefois la prép. de. "Monstre d'impiété, d' ingratitude, de cruauté. — Dans le propre on dit, monstre de nature; mais l'expression est bâsse. "Les Circasses, qui sont un si beau peuple, ont assez près d'eux les Tartares Kalmouks, qui sont des monstres de nature. Let. Édif. L'Acad. dit, monstre de laideur et monstre de nature sans remarque.
   MONSTRUEUX, (on a écrit autrefois monstreux) 1°. Qui tient du monstre. "Enfant, animal, monstrueux; conformation monstrueûse. = 2°. Prodigieux, excessif en son genre. "Laideur monstrueûse. "Homme d'une grandeur monstrueûse. "On servit des poissons monstrueux. Excepté dans cette dernière phrâse, il se prend toujours en mauvaise part. En chôses morales, on ne le dit que des vices. "Avarice, prodigalité, ingratitude, monstrueûse. = Cet adjectif aime à suivre le substantif: il peut pourtant quelquefois le précéder.
   Après l'affreux hymen, qui cause mon trépas.
   Ces monstrueux accords ne me surprendront pas.
       Gresset.
  MONSTRUEûSEMENT, ne se dit qu'au figuré. Prodigieûsement, excessivement. "Monstrueûsement grôs ou grâs. C'est tout l'emploi de ce mot, qui se borne à des phrâse pareilles.
   MONSTRUOSITÉ: chôse monstrueûse. Ce mot n'est pas ancien dans la langue; mais il y est bien établi. Il se dit au propre et au figuré. C'est une monstruosité. "Cette légèreté à disposer de l'existence des citoyens est une monstruosité commune à tous les tribunaux de l'Europe. Linguet. "Les monstruosités de notre procédure. Id. "La pédanterie dans la jeunesse me paroit une espèce de monstruosité. Th. d'Éduc.

Synonymes et Contraires

monstre

adjectif monstre
Traductions

monstre

Ungeheuer, Monstrum, Ungetüm, Unhold, Monstermonster, fiend, horrormonster, gedrocht, ondier, wangedrocht, muzikaal stramienמפלצת (נ), פריץ חיות (ז), מִפְלֶצֶתθηρίο, τέρας, κτήνοςmonstromostro, colossaleمَسَخٌnestvůramonstermonstruohirviöčudovište怪物괴물monsterpotwórmonstroмонстрmonsterสัตว์ประหลาดcanavarquái vật怪物Чудовище怪物 (mɔ̃stʀ)
nom masculin
être effrayant

monstre

[mɔ̃stʀ]
nm
(= créature) → monster
(fig) (= personne) → monster
adj [effet, publicité] → massive
un travail monstre → a terrific amount of work
Nous avons un travail monstre → We've got a terrific amount of work.
monstre sacré nmgiant