montagne


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montagne

n.f. [ du lat. mons, montis, mont ]
1. Élévation naturelle du sol, caractérisée par une forte dénivellation entre les sommets et le fond des vallées : Le sommet d'une montagne.
2. Région de forte altitude (par opp. à la plaine) ; lieu de villégiature (par opp. à la campagne, la mer) : Les routes de montagne sont en lacets. Nous passerons nos vacances à la montagne.
3. Fig. Amoncellement important d'objets : Une montagne de linge à repasser
Montagne à vaches,
peu élevée et dont l'ascension ne présente pas de difficultés.
Montagnes russes,
attraction foraine constituée de montées et de descentes abruptes sur lesquelles roulent très rapidement de petites voitures.

MONTAGNE

(mon-ta-gn') s. f.
Suite de monts qui tiennent l'un à l'autre. Les montagnes de la lune.
Quelque avantage que prenne un ennemi habile autant que hardi, et dans quelque affreuse montagne qu'il se retranche [BOSSUET, Louis de Bourbon.]
Déjà prenait l'essor pour se sauver dans les montagnes cet aigle dont le vol hardi.... [FLÉCH., Turenne.]
Les montagnes de Juda et d'Éphraïm étaient de grands vignobles [FLEURY, Mœurs des Israélites, titre VII, 2e part. p. 74, dans POUGENS.]
Quand Maillet imagina que la mer avait formé les montagnes, il devait dédier son livre à Cyrano de Bergerac [VOLT., Dict. phil. Fleuves.]
Les plus fameux tremblements de terre dont l'histoire fasse mention n'ont pas eu assez de force pour élever des montagnes [BUFF., Hist. nat. Preuv. théor. ter. Œuvres, t. II, p. 323]
Ne sait-on pas que les montagnes s'abaissent continuellement par les pluies qui en détachent les terres et les entraînent dans les vallées ? [ID., ib. t. I, p. 142]
Les montagnes les plus élevées, qui nous semblent des masses énormes, sont des inégalités à peine sensibles sur cet épiderme [du globe terrestre] [BRONGNIART, Traité de minér. t. I, p. 68, dans POUGENS]
Terme de géologie. Montagnes primitives, celles dont l'origine remonte à l'époque de la formation du globe. Montagnes secondaires, tertiaires, volcaniques, etc. divisions analogues à celles des terrains. Mal de montagne, voy. MAL, n° 6. Chaîne de montagnes, suite de montagnes qui tiennent l'une à l'autre.
Les plus grandes chaînes de montagnes sont voisines de l'équateur : les montagnes de l'Afrique et du Pérou sont les plus hautes qu'on connaisse [BUFF., Hist. nat. 2e Disc. Œuv. t. I, p. 135]
Il se dit pour mont simplement ; et alors, quand il est joint à un nom de localité, on met la préposition de, par opposition à mont qui ne la prend pas. La montagne d'Athos.
Ces hautes montagnes, dont la cime, au-dessus des nues et des tempêtes, trouve la sérénité dans sa hauteur et ne perd aucun rayon de la lumière qui l'environne [BOSSUET, Louis de Bourbon.]
Levons les yeux vers les saintes montagnes [RAC., Esth. I, 5]
N'êtes-vous pas ici sur la montagne sainte ? [ID., Athal. IV, 5]
La Condamine attribuait la déviation de la ligne à plomb au pied de la montagne du Chimborazo à la gravitation de cette montagne colossale [SENNEBIER, Ess. sur l'art. d'observ. t. II, p. 160, dans POUGENS.]
Fig. La montagne a enfanté une souris, se dit lorsque de grands projets n'aboutissent à rien, par allusion à la fable ancienne et bien connue.
Une montagne en mal d'enfant Jetait une clameur si haute, Que chacun, au bruit accourant, Crut qu'elle accoucherait, sans faute, D'une cité plus grosse que Paris : Elle accoucha d'une souris [LA FONT., Fabl. V, 10]
Que produit un auteur après tous ces grands cris ? La montagne en travail enfante une souris [BOILEAU, Art p. III]
Montagnes de glaces, amas considérables de glaces flottantes qu'on rencontre principalement dans les mers polaires.
Fig. Amas quelconque, comparé, par exagération, à une montagne.
Cet horrible débris d'aigles, d'armes et de chars, Sur ses champs empestés confusément épars, Ces montagnes de morts, privés d'honneurs suprêmes, Que la nature force à se venger eux-mêmes [CORN., Pomp. I, 1]
De morts et de mourants cent montagnes plaintives [BOILEAU, Art p. I (vers de Brébeuf, cité par Boileau)]
Cependant sur le dos de la plaine liquide S'élève à gros bouillons une montagne humide [RAC., Phèdre, V, 6]
Fig. Grosses affaires qui semblent des montagnes.
Je l'ai entendu raisonner [M. de Pompone] sur les affaires présentes : il trouve que toutes ces grandes montagnes s'aplanissent [SÉV., 28 févr. 1689]
Il a sa montagne dans la tête, il est très occupé d'un dessein qu'il a conçu.
Montagne d'eau, espèce de rocher artificiel d'où sortent plusieurs jets, bouillons et nappes d'eau.
Montagnes russes, nom donné à des montagnes réelles ou artificielles où l'on a pratiqué un chemin uni que parcourt un traîneau qu'on laisse glisser du haut en bas. Ce jeu a été supprimé par la police en France, à cause des dangers qu'il présentait et des accidents qui se sont produits.
Montagne, le parti exalté parmi les républicains, ainsi nommé parce que, dans la Convention, il siégeait dans le haut de la salle (on l'écrit avec une minuscule). La crête de la montagne, les plus exaltés de ce parti.
Terme d'astronomie. Montagne de la Table, constellation méridionale.

PROVERBES

  • Deux montagnes ne se rencontrent point, mais deux hommes se rencontrent, se dit ou par menace, pour faire entendre à un homme qu'on trouvera occasion de se venger de lui, ou lorsqu'on rencontre inopinément quelqu'un qu'on ne s'attendait pas à voir.
  • Il n'y a point de montagne sans vallée, c'est-à-dire chaque chose existe avec ses conditions naturelles ; et aussi chaque chose a son contraire, chaque action a sa réaction.
    Nous voudrions des hommes complets, pour ne pas dire parfaits, sans songer si nous avons, si nous pouvons même avoir une idée bien assurée de la perfection, et si les hautes montagnes ne supposent pas les grandes vallées, [MIRAB., Notice sur son grand-père (dans les Mémoires, publiés par M. Lucas Montigny)]
  • Si la montagne ne vient pas à nous, il faut aller à elle, c'est-à-dire il faut faire les avances, quand celui à qui on a affaire refuse de les faire.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    E foï s'en [il s'enfuit] il e si fil [ses fils] es montaignes, e guerpirent tot quant que il avoient en la cité [, Machab. I, 2]
  • XIIIe s.
    ....Tant erra fort Par montaignes et par valées, Et par forès longues et lées.... [, Bl. et Jehan, V. 2038]
  • XVIe s.
    Montagnes ne s'encontrent jamays, mays gens de cognoissance s'encontrent souvent [PALSGR., p. 635]
    Rome, qui as veu de tes sept montaignes Tout l'univers ployé sous tes enseignes [J. DU BELLAY, Œuvres, p. 482, dans LACURNE]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. montanha, montagna, montayna ; cat. montanya ; esp. montaña ; ital. montagna ; d'un adjectif fictif montaneus, dérivé de mons, mont. Montanus, qui est latin, n'aurait pas donné le son mouillé gn ou ñ ; il aurait donné montain.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    MONTAGNE. Ajoutez :
    10° Obusier, canon de montagne, obusier, canon destiné à la guerre en pays de montagne ; ils peuvent être transportés à dos de mulet.
  • Batterie de montagne, batterie armée et disposée pour la guerre de montagne.

montagne

MONTAGNE. n. f. Synonyme de Mont, qu'il a remplacé dans la plupart de ses emplois. Montagne élevée, rude, escarpée. Le sommet, le haut, la cime d'une montagne. Le penchant, la pente, les flancs, le revers, le versant, le pied d'une montagne. Gravir, escalader, descendre, passer, traverser une montagne. Les brigands se sont retirés dans les montagnes. Les montagnes d'Auvergne. Pays de montagnes. Pays hérissé de montagnes.

MONTAGNE a aussi le sens général de Région élevée où l'on séjourne pour son plaisir ou pour sa santé. Aller à la montagne. Passer plusieurs mois à la montagne. On lui a ordonné l'air de la montagne.

Mal de montagne, Malaise causé dans les ascensions en montagne par la raréfaction progressive de l'air à mesure que l'on s'élève.

Une chaîne de montagnes, Une suite de montagnes qui tiennent l'une à l'autre.

Prov. et fig., La montagne a enfanté une souris, se dit Lorsque de grands projets n'aboutissent à rien.

Fam., Il ferait battre des montagnes se dit de Quelqu'un qui réussit à semer partout la discorde.

Fig., Se faire une montagne d'une chose, S'exagérer l'importance, la difficulté d'une chose.

Montagne de glace, Amas considérable de glace qu'on rencontre principalement dans les mers polaires. On dit plutôt aujourd'hui ICEBERG. Voyez ce mot.

MONTAGNE s'est dit, sous la Convention, des Bancs les plus élevés de cette assemblée, de ceux où siégeaient les députés démocrates qui furent appelés le parti de la Montagne ou simplement la Montagne. Il siégeait sur la Montagne. Il appartenait à la Montagne. Par allusion, il se dit quelquefois du Groupe qui, dans une assemblée parlementaire, représente les opinions les plus avancées.

Synonymes et Contraires
Traductions

montagne

Berg, Gebirgemountain, mountain chain, highlandsberg, gebergteהר (ז), הַרbergmont, muntanya, serrahorabjergβουνό, όροςmontaro, montomontaña, monte, sierravuoriपर्वत, पहाड़hegygunungfjallamontagna, montagne, montemonsfjell, berggóramontanha, cadeia de montanhasl, monte, serramunteгораbergmlimadağجَبَلٌplaninaภูเขาnúi (mɔ̃taɲ)
nom féminin
1. élévation du sol massif de montagnes le sommet d'une montagne
2. région où le relief est haut passer ses vacances à la montagne
3. figuré grande quantité, tas une montagne de revues

montagne

[mɔ̃taɲ] nf
mountain
de hautes montagnes → high mountains
les montagnes Rocheuses → the Rocky Mountains, the Rockies
(au singulier) la montagne → the mountains pl
Nous passons tous les ans un mois à la montagne → We spend a month in the mountains every year.
en montagne [séjour, randonnée] → in the mountains
la haute montagne → the high mountains
montagnes russes nfplbig dipper (Grande-Bretagne), roller coaster