monument

monument

n.m. [ lat. monumentum, de monere, faire se souvenir, avertir ]
1. Ouvrage d'architecture ou de sculpture destiné à perpétuer le souvenir d'un personnage ou d'un événement : Un monument aux morts
2. Édifice remarquable par sa beauté ou son ancienneté : Les monuments de la Rome antique.
3. Toute œuvre considérable, digne de durer : Ce film est un monument du cinéma français.
Être un monument de,
présenter une caractéristique, surtout négative, à un degré extrême : Son frère est un monument de bêtise.
Monument historique,
vestige du passé qu'il importe de conserver dans le patrimoine national pour les souvenirs qui s'y rattachent ou pour sa valeur artistique.

MONUMENT

(mo-nu-man) s. m.
Construction faite pour transmettre à la postérité la mémoire de quelque personnage illustre, ou de quelque événement considérable.
Moïse parle des choses arrivées dans les premiers siècles comme de choses constantes, dont même on voyait encore dans les peuples voisins et dans la terre de Chanaan des monuments remarquables [BOSSUET, Hist. II, 3]
Ils y avaient érigé des monuments des choses qui leur étaient arrivées [ID., ib.]
Dresser des monuments pour la postérité [ID., ib. III, 3]
Les monuments les plus superbes, les ouvrages de marbre et de bronze qu'on élève à la gloire des grands [ROLLIN, Hist. anc. Œuv. t. III, p. 394, dans POUGENS]
Ils [les descendants des races illustres] ne portent point sur leur front l'orgueil de leur naissance ; ils vous la laisseraient ignorer, si elle pouvait être ignorée ; les monuments publics en parlent assez, sans qu'ils en parlent eux-mêmes [MASS., Pet. car. Human.]
La plupart des monuments, quand ils sont érigés longtemps après l'action, ne prouvent que des erreurs consacrées [VOLT., Mœurs, 197]
Qu'un monument pompeux consacrant leur mémoire De ces martyrs de Rome éternise la gloire [LEGOUVÉ, Épich. et Nér. V, 2]
Absolument. Le Monument, colonne élevée à Londres, en mémoire de l'incendie qui détruisit une partie de cette ville en 1680 et dont on accusa les catholiques.
En général, édifices imposants par leur grandeur, leur beauté, leur ancienneté. Les monuments d'une ville. D'anciens monuments.
J'ai cherché le repos dans ces grands monuments, D'une âme qui se fuit trompeurs amusements [VOLT., Sémiram. III, 1]
Cessez de mutiler tous ces grands monuments, Les prodiges des arts consacrés par les temps [ID., Orphel. II, 5]
Mais une terre est détruite, mais le château, les souvenirs, les monuments, l'histoire... les monuments se conservent où les hommes ont péri, à Balbek, à Palmyre et sous la cendre du Vésuve [P. L. COUR., Lett. V]
Monument écroulé, que l'écho seul habite ! [LAMART., Pèlerinage de Child-Harold.]
Par extension, statues, bas-reliefs, colonnes, etc. qui proviennent de l'antiquité.
Une autre salle renferme les monuments tristes et sévères des Égyptiens, de ce peuple chez lequel les statues ressemblent plus aux momies qu'aux hommes [STAËL, Corinne, VIII, 2]
Dans le style élevé. Tombeau.
Ces rêveurs... ....veulent déterrer les Grecs du monument [RÉGNIER, Sat. IX]
S'il arrivait qu'Auguste entrât au monument [TRISTAN, Mariane, IV, 1]
Qu'on le fasse sans bruit porter au monument [ID., M. de Chrispe, V, 10]
Mais la dame voulait paître encore ses yeux Du trésor qu'enfermait la bière, Froide dépouille et pourtant chère ; C'était là le seul aliment Qu'elle prit en ce monument [LA FONT., Matrone.]
Enfin, seule et toute à moi-même, Je puis envisager cet affreux changement Qui du haut d'une gloire extrême Me précipite au monument [MOL., Psyché, II, 3]
Et vous, ne viendrez-vous pas à ce triste monument, vous, dis-je, qu'il a bien voulu mettre au rang de ses amis ? tous ensemble.... environnez ce tombeau [BOSSUET, Louis de Bourbon.]
Quel sujet, dira l'un, peut donc si fréquemment Mettre ainsi cette belle aux bords du monument ? [BOILEAU, Sat. X]
Les mânes effrayés quittent leurs monuments [J. B. ROUSS., Cantate, Circé.]
Cette lyre au monument Avec moi voudra descendre ; Mais qui de vous sur ma cendre Viendra rêver un moment ? [MILLEVOYE, Élég. liv. I]
On dit aussi monument funéraire, qui peut être employé dans le langage ordinaire.
Fig. Certains grands objets de la nature. Les montagnes sont des monuments des révolutions du globe.
Mais comment à ces monts.... Ose-t-on comparer les vains efforts de l'art ? Ce sont les monuments qu'a laissés la nature, D'un monde qui n'est plus décombres orgueilleux [MASSON, Helv. II]
Fig. Ouvrages durables de la littérature, des sciences et des arts. Cette statue est un des plus beaux monuments de l'art.
Je ne doute pas qu'une édition de Machiavel, avec ce contre-poison à la fin de chaque chapitre, ne soit un des plus précieux monuments de la littérature [VOLT., Lett. Pr. roy. de Prusse, 28 déc. 1739]
Il [Homère] écrivait la guerre la plus mémorable du premier peuple de l'Europe contre la plus florissante nation qui fût encore connue dans l'Asie ; son poëme fut presque le seul monument de cette grande époque [ID., Dict. phil. Épopée.]
Fig. Tout ce qui consacre et manifeste, tout ce qui garde les souvenirs.
Qui pourrait assez exprimer le zèle dont elle brûlait pour le rétablissement de cette foi [catholicisme] dans le royaume d'Angleterre, où l'on en conserve encore tant de précieux monuments ? [BOSSUET, Duch. d'Orl.]
Il dit en scellant la révocation du fameux édit de Nantes, qu'après ce triomphe de la foi et un si beau monument de la piété du roi, il ne se souciait plus.... [BOSSUET, le Tellier.]
Babel, premier monument de l'orgueil et de la faiblesse des hommes [ID., Hist. I, 2]
Il s'est fait apporter ces annales célèbres.... On y conserve écrits le service et l'offense, Monuments éternels d'amour et de vengeance [RAC., Esth. II, 1]
Par extension.
Ces dépouilles seront mises sur mon tombeau comme un monument de la victoire due à mes flèches [FÉN., Tél. X]
Et s'il [le Seigneur] laisse encore traîner sur la terre des restes infortunés de leur race [des oppresseurs], c'est pour les faire servir de monument éternel à ses vengeances [MASS., Pet. carême, Human.]
Peut-être, oui, pardonne, Ô maître de la lyre, Peut-être j'oserais, et que n'ose un amant ? Égaler mon audace à l'amour qui m'inspire, Et, dans des chants rivaux célébrant mon délire, De notre amour aussi laisser un monument [LAMART., Méd. I, 3]

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    ço est li monumenz que fist Symon en Modin, jusques en cest jor [, Machab. I, 13]
    E les seveli es monumenz de lor peres [, ib. II, 12]
  • XIIIe s.
    L'ont enfoui [un mort] à grant honour ; Li cors fu mis el monument [GUI DE CAMBRAI, Barl. et Jos. p. 247]
  • XVe s.
    Ô Bretaigne, ploure ton esperance ! Normandie, fai son entierrement ; Guyenne aussi et Auvergne, or t'avence ; Et Languedoc, quier lui son monument [E. DESCH., Mort de du Guesclin.]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. monumen, monimen ; cat. monument ; esp. et ital. monumento ; du lat. monumentum ou monimentum, de monere, avertir : ce qui avertit, indique.

monument

MONUMENT. n. m. Ouvrage d'architecture et de sculpture fait pour transmettre à la postérité la mémoire de quelque personne illustre ou de quelque événement important. Monument glorieux, superbe, magnifique, durable, éternel. Dresser, ériger, élever, consacrer un monument à la gloire d'un grand homme. Monument aux morts.

Il se dit figurément de Tout ce qui consacre un souvenir. Les montagnes sont des monuments des révolutions du globe. Les monuments du passé, de la civilisation. Un monument de son amour, de sa vengeance.

Il se dit aussi de Certains édifices publics ou particuliers qui imposent par leur grandeur ou par leur ancienneté. Les monuments d'une ville. Les monuments publics. Les anciens monuments. Les monuments de l'antiquité, du moyen âge. Nîmes, Arles, Avignon sont remarquables par la beauté de leurs monuments.

Les monuments historiques, Ceux qui sont classés par l'administration des Beaux-Arts pour les préserver de la destruction et les entretenir en bon état.

Il signifie quelquefois Tombeau. Elle a fait élever un magnifique monument à son mari. On dit aussi Monument funéraire.

Il se dit aussi, figurément, des Ouvrages durables de littérature, de sciences et d'arts. Ce poème, cette histoire est un beau monument élevé à la gloire de la nation, du héros. Cet ouvrage est un des plus beaux monuments du génie, de l'esprit humain, de la philosophie.

monument

Monument, Monumentum.

monument


MONUMENT, s. m. [Monuman.] Marque qui transmet à la Postérité le souvenir de quelque chose de mémorable. "Monument d'une victoire. "Monumens de la grandeur Romaine. "Dresser, ériger un monument à la gloire d'un Prince. = Il se dit quelque-fois pour tombeau; mais ce n'est que dans la poésie ou la belle prôse, dit La Touche. Le Rich. Port. l'admet pour le style soutenu. L'Académie l' avait d'abord traité de vieux: Dans la dern. édition, elle dit qu'il n'a guère d'usage dans le discours ordinaire. = * M. de Belloi l'a employé dans le sens de témoin.
   Voilà de notre amour les premiers monumens.
dit Couci, à l'aspect de ces lieux, témoins de ses pûres tendresses. "S'est-on jamais exprimé de la sorte, dit Fréron, en parlant des lieux où l'on aima pour la première fois?

Synonymes et Contraires

monument

nom masculin monument
Ouvrage d'architecture.
Traductions

monument

Denkmal, Monumentmonument, memorialmonument, gedenkteken, merkwaardig gebouw, monumentaal werkאַנְדַּרְטָהmonumentmonumentmonument, mindesmærkemonumentmonumentmonument, minnesmärkeμνημείοmonumento, memorialmonumento, monumento commemorativoنَصْبٌ تِذْكَارِيّ, نَصْبٌ تِذْكَارِيٌّpamátníkmonumentomuistomerkkispomenik記念碑기념물, 기념비minnesmerke, monumentmemoriał, pomnikмемориал, монументอนุสรณ์, อนุสาวรีย์anıtđài kỷ niệm纪念物, 纪念碑Паметник紀念碑 (mɔ̃nymɑ̃)
nom masculin
bâtiment un monument historique

monument

[mɔnymɑ̃] nmmonument
monument historique → historic monument
monument aux morts → war memorial