n

n

[ ɛn] n.m. inv.
Quatorzième lettre (consonne) de l'alphabet français.
N.,
abrév. de nord.
n,
en mathématiques, sert à noter un nombre indéterminé ; fig., un certain nombre de : Un yacht qui file n nœuds. Je vous l'ai dit n fois.

N

(èn'. Il est masculin dans la nouvelle épellation, et alors il se prononce ne) s. f.
Consonne, la quatorzième lettre de l'alphabet. Une grande N.
N majuscule, avec un point, s'emploie, dans des actes, des récits, pour tenir la place du nom d'une personne qui est inconnue ou que l'on ne veut pas désigner, ou bien d'un nom que le lecteur devra remplacer. N. S. signifie Notre-Seigneur (Jésus-Christ). N. D. signifie Notre-Dame (la sainte Vierge).
En astronomie et marine, N marque le nord, ou signifie : qui est au nord ; N. E. nord-est ; N. O. nord-ouest ; N. N. E. nord-nord-est, etc.
En chimie, N désigne le nitrogène ou azote.
N° indique, dans les formules médicales, la quantité numérique de la substance prescrite. Ainsi : éther, gouttes n° XX, signifie vingt gouttes d'éther.
N. ou N. B., abréviation des mots latins nota ou nota benè [remarquez, remarquez bien], s'écrit en tête d'une remarque, d'une note.
N simple ou surmontée d'une couronne, sur les monnaies et les monuments de l'empire français, signifie Napoléon.
En termes d'imprimerie, on met n pour lettre, parce qu'on se sert de l'n pour mesure moyenne. Il y a 1200 n à la page de ce volume.
N est la marque de l'ancienne monnaie de Montpellier.
10° Les jurisconsultes romains usaient de cette abréviation, N. L. pour signifier non liquet, c'est-à-dire que la chose en question ne leur paraissait pas évidente.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Vous savez bien que grant devis A d'emme à N par un trait [, Senefiance de l'ABC, JUBINAL, t. II, p. 281]
  • XVIe s.
    De cest entrelas d'i et n avec le g, vous en avez fait l'n mignarde [PASQUIER, Lettres, t. I, p. 139]

ÉTYMOLOGIE

  • Latin, n ; grec, mot composé des deux lettres grecques suivantes : nu et upsilon (upsilon avec un accent) ; du noun phénicien.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

  • N.-W. (nor-ouèst), s. m. La partie nord-ouest d'un pays.
    M. Hébert est un des hommes qui connaissent le mieux les terrains du N., -W., de la France (on écrit maintenant ainsi nord-ouest en français, depuis la convention météorologique de Vienne)... [G. POUCHET, le Siècle, 20 fév. 1876]

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    De faict, une heure après, se leva le vent nord nord west, ouquel ilz donnarent plaines voiles, et preindrent la haute mer.... [RAB., Pant. II, 24]

n

N. n. f. La quatorzième lettre de l'alphabet. Une N. Elle représente une des consonnes.

Quand N, à la fin d'un mot ou devant une consonne, est précédée de A, E, I, O, U, Y, elle forme généralement avec cette lettre une voyelle nasale, et, par suite, ne se prononce pas séparément, comme dans Ban, Bien, Chacun, Donc, Encan, Indice, Lynx, etc. Elle ne forme pas de voyelle nasale, et, par conséquent, se prononce séparément dans certains mots d'origine étrangère, tels que Hymen, Amen, Abdomen, Éden, etc.

Quand N est redoublée, le plus souvent la seconde N seule se prononce, comme dans Année, Connaître, Donner, Ennemi, Innocent, etc. Parfois, cependant, les deux N se prononcent, comme dans Connexe, Inné, etc. Quand N est redoublée après le préfixe En, la première N forme avec l'E une voyelle nasale, et la seconde se prononce, comme dans Ennoblir; on dit de même Ennui.

N précédée de G forme ce qu'on appelle l'N mouillée, qui se prononce comme dans Montagne, Régner, Vigne. Toutefois, les deux lettres se prononcent indépendamment dans certains mots empruntés du latin ou du grec, tels que Igné, Diagnostic.

N majuscule, suivie d'un point, sert encore à une désignation générale et indéterminée de personne dans les livres de piété. Seigneur, inspirez et dirigez vous-même notre Saint-Père le Pape N., notre Évêque N. et généralement tous ceux qui font profession de la Foi catholique, apostolique et romaine. Prions pour vos bienfaiteurs N. et N.

N minuscule se dit, dans le langage mathématique, pour exprimer un Nombre indéterminé.

n


N, s. f. [Ène, 1re è moy. 2e e muet, suivant l'anciène apellation; ou s. m. Prononc. ne, e muet, suivant la nouvelle: une ène, un ne.] La quatorzième lettre de l'Alphabet et la onzième des consones. Les Gramairiens l'apèlent nazale. Elle a deux sons diférens, qu'il est três-important de remarquer. — Au comencement de la syllabe, elle est consone: à la fin, elle forme une voyèle nazale avec la voyèle qui la précède. Dans na, ne, ni, no, nu, l'n est consone; mais dans an, en, in on, un, c'est une voyèle, un son simple, quoiqu'il soit exprimé par deux caractêres. = Les Allemands doivent prononcer l'n consone, comme celles de nen nen; les Anglais, comme la première de name; les Italiens, comme no; les Espagnols, comme nonas = Pour les voyèles nazales, an, en, in, on, un, les Anglais et les Espagnols ne les conaissent pas; les Allemands ont la 1re dans begangen; et les aûtres dans les syllabes eng, ing, ong, ung; les Italiens ne conaissent que les quatre premières, andare, tentare, ingrato, rispondere, etc.
   Rem. 1°. Quand l'n comence le mot, il n'y a point de dificulté, et il est bien clair qu'elle est consone; mais quand elle est au milieu du mot, ou qu'étant à la fin, elle est devant un aûtre mot, qui comence par une voyèle, il est important de savoir quand l'n est consone, quand elle est voyèle = 2° Au milieu du mot elle est consone, quand elle est suivie d'une voyèle ou d'une h muette: elle est voyèle, quand elle est suivie d'une consone ou d'une h aspirée. Ainsi, anathème, enigme, honorer, unir, doivent se prononcer, a-natème, é-nigme, ho-noré, u-ni; et l'n doit se lier avec la voyèle suivante, et non pas avec la précédente. Au contraire, ancêtres, entendre, indigne, honteux, se prononcent, an-cêtre, an-tandre, in-digne, hon-teû. * Dans le Languedoc plusieurs insèrent un e muet après l'n, et prononcent, ane-cêtre, ane-tandre, hone-teû, et rendent ainsi l'n consone, de voyèle nazale qu'elle est dans ces mots et dans les aûtres semblables. = L'n est aussi consone, quand elle est redoublée, annoncer, ennoblir, honneur, innocent, etc. C'est qu'alors on n'en prononce qu'une: a-noncé, a-nobli, ho-neur, i-no-san; exceptez annexe, annal, annuel, annotation, annuler, inné, innover et leurs dérivés, où l'on doit prononcer les deux n: la 1re comme une voyèle nazale; la 2d, comme une consone: an-nèkce, an-nal, an-nuèl, an-nota-cion, an-nulé, in-né, in-nové. = D'après ces principes, c'est un fort mauvais usage d'écrire ennemi avec 2 n, et enivrer, enorgueillir, avec une seule n: il est raisonable d'écrire énemi, comme énigme; et ennivrer, ennorgueillir, comme on écrit ennoblir, puisque la 1re syllabe a la même prononciation dans ces diférens mots.
   3°. À~ la fin du mot, l'n est ordinairement voyèle, même quand le mot suivant commence par une voyèle ou une h muette. C'est une prononciation normale, de la lier avec la voyèle suivante, et de prononcer ambition insuportable, comme ambition-ninsuportable. = 4°. À~ la fin des pronoms mon, ton, son, un, et des adjectifs finissant par une n et suivis de leurs substantifs, començans par une voyèle, elle est consone. "Mon âme, ton épée, son honeur; un arbre: bon homme; un certain aventurier, etc. se prononcent, mo-nâ-me; to-né-pée, so-no-neur; u-nar-bre, bo-nome; un cer-té-na-vanturié, etc. = 5°. Dans les particules on et en, l'n est consone: "On assûre; il en a pris dix: pron. o-na-sûre; ila-na-pris dix, etc. Cependant dans les interrogations plusieurs estiment que ce serait une faûte de lier ainsi l'n d'on avec la voyèle suivante. "A t'on appris? Pron. a-'t' on apri; et non pas, a-to-na-pri. = 6°. Bien, quand il n'est pas dans la composition, a l'n voyèle: il est bien; mais dans les composés, elle est consone. "Bienheureux: pron. bié-neu-reû, et non pas bien-neû-reû, comme on prononce en Normandie. = Peut-être, dit l'Abé Regnier, devroit-on toujours faire soner de même devant une voyèle l'n de bien, quand il ne finit pas le sens. Cependant, en plusieurs phrâses comme celles-ci; "Savoir bien écrire; être bien avancé; avoir bien envie, bien à soufrir, etc. L'usage de la prononciation familière ne done souvent qu'un son obtus à l'n finale (c. à. d. la fait prononcer comme voyèle nazale), bien écrire, en détachant bien d' écrire, et non pas bié-nécrire. = 7°. Rien se prononce indiféremment dans la conversation d'une ou d'aûtre manière. Je n'ai rien apris: pron. je n'ai rien apri: ou rié-napri; mais dans le discours soutenu, l'n est consone, et la 2de manière de prononcer est la seule bone. = 8°. Dans ces trois mots, hymen, examen, amen, l'n est consone, même quand ces mots terminent la phrâse; et elle se détache de l'e, qui précède: on prononce comme s'il y avait à la fin un e muet: himè-ne, exa-mè-ne, amè-ne: mais cet e muet ne doit presque pas se faire sentir.
   9°. Il faut conclure de tout ceci, que la rencontre de ces voyèles nazales; an, en, in, on, un, avec d'aûtres voyèles, fait des bâillemens, des hiatus, que doivent éviter les Poétes, sur-tout ceux qui travaillent pour les Musiciens. = C'est M. l'Abé Dangeau qui a fait le premier cette remarque; et il l'acompagne de si bones raisons, qu' on ne peut s'y refuser. L'Abé Regnier est du même sentiment, l'Acad. entière s'est expliquée plus d'une fois de manière à l'adopter. Cependant M. l'Abé d' Olivet fait une réflexion qui pourrait bien ramener les esprits, diminuer le nombre des entrâves poétiques, et guérir cette délicatesse, peut-être excessive, qui nous fait voir des hiatus, où Malherbe, où Racine, où Despreaux et Quinaut n'en ont point vu. "Je reconnois, dit cet illustre Académicien, les voyèles nazales pour des sons vraiment simples et indivisibles: mais de là s'ensuit-il que ce soient de pures et de franches voyèles? Pas plus, ce me semble, que si l'on atribuoit cette dénomination aux voyèles aspirées. Toute la diférence que j'y vois, c'est que dans les aspirées, la consone H les précède, au lieu que dans les nazales, la consone N les suit. = Or, si l' aspiration empêche l'hiatus, pourquoi la nazalité, si l'on peut parler ainsi, ne l'empêcheroit-elle pas? Quand je récite à haute voix:
   Souvent de tous nos maux la raison est le pire.
Ou
   Jeune et vaillant Héros.....
je ne trouve pas plus de rudesse entre zon-é, qu'entre an-hé; d'où je conclus que l'aspiration et la nazalité opèrent le même effet. Et je me persuade que les voyèles aspirées et les nazales, étant les unes comme les aûtres, non des voyèles pures et franches, mais des voyelles modifiées, elles peuvent, les unes comme les aûtres, empêcher l'hiatus. = Tel est le raisonement de M. l'Ab. d'Olivet, auquel je ne vois pas qu'on puisse trouver de bone réponse. Car si l'on dit que les bâillemens devant les aspirées sont autorisés par un usage constant, on peut dire aussi que la pratique des plus grands Poètes a autorisé le bâillement ocasioné par la rencontre des voyelles nazales avec les voyèles simples; et que, malgré l'autorité des Gramairiens et de l'Académie, le monde poli, et les Litérateurs eux mêmes n'y trouvent un hiatus que par réflexion. Dans le conflit de ces observations oposées, il est à croire que les Poètes choisiront celle qui les gênera le moins, et que le Public ne leur en fera pas un crime.
   10°. L'n aprês le g fait mouiller ce g dans les mots purement français. Voyez G. = 11°. On ne redouble point l'n entre deux o: ainsi on écrit par une seule n, honorable, sonore, quoiqu'on écrive par deux nn, honneur, sonner. = C'est une pratique assez constante, de la redoubler dans les dérivés, lorsque le primitif finit par cette consone, précédée des voyèles a, e, o: ban, bannir; an, année; mien, mienne; ocasion; ocasionner; lion, lionne, etc. Il n'en est pas ainsi quand cette consone finale est précédée d'i ou d'u, ou de quelque diphtongue: car alors on ne la redouble pas dans les dérivés: badin, badiner; brun, bru-ne; sain, saine; plein, plei-ne; soin, soigner, etc. Quand on aura retranché ces réduplications inutiles, ces règles ne serviront plus de rien. On écrira indiféremment anoncer, honeur, soner, ocasioner, miène, lione, banir,; comme badine, brunette, etc. = 12°. L'n finale ne se prononce point dans les tems des verbes terminés en ent: ils aiment, ils aimèrent: pron. ème, èmère. = Plusieurs ne la prononcent pas dans non, ce qui doit s'entendre de la conversation: non, monsieur; pron. no monsieu. Mais dans le discours soutenu, ou quand non termine la phrâse, ou quand il est redoublé, on doit prononcer l'n final. "Je dis que non. "Non, non, vous ne me tromperez pas. = 13°. Devant le b, l' m ou le p, l'n se change en m, et il n'est point de mot où elle soit suivie d'une de ces trois lettres. Ainsi la prép. in se change en im, dans les mots où elle est suivie de ces consones; imbiber, immoler, impossible.

Traductions

n

نνнnnnnn (ɛn)
nom masculin invariable
lettre de l'alphabet

N

n [ɛn]
nm inv → N, n
N comme Nicolas → N for Nelly (Grande-Bretagne), N for Nan (USA)
abr (=nord) → N