néant


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néant

n.m. [ du lat. pop. ne gentem, personne ]
1. Ce qui n'existe pas.
2. Ce qui n'a pas encore d'existence ou qui a cessé d'être : Sortir du néant.
3. Dans la langue administrative, indique l'absence de certains éléments : Signes particuliers : néant.
Réduire qqch à néant,
l'annihiler.
Tirer qqch du néant,
le créer.

NÉANT

(né-an) s. m.
Le non-être.
C'est lui qui du néant a tiré l'univers [ROTR., St Genest, III, 2]
Quelque mouvement, quelque nombre, quelque espace, quelque temps que ce soit, il y en a toujours un plus grand et un moindre ; de sorte qu'ils se soutiennent tous entre le néant et l'infini [PASC., Géométr. 1]
Le monde n'a d'autre cause que la seule volonté de Dieu, qui, ne trouvant hors de lui-même que le seul néant, n'y voit rien par conséquent qui l'attire à faire et ne fait rien que ce qu'il veut et parce qu'il veut [BOSSUET, Libre arb. 4]
Elle [l'âme] voit toujours au-dessous d'elle deux gouffres profonds, le néant d'où elle a été tirée, et un autre néant encore plus affreux, c'est le péché où elle peut tomber sans cesse [ID., la Vallière]
L'impossible, qui, par manière de parler, a deux degrés de néant, puisque ni il n'est ni il ne peut être [ID., Ét. d'orais. IX, 2]
Que j'occupe peu d'espace dans cet abîme immense du temps ! je ne suis rien ; un si petit intervalle n'est pas capable de me distinguer du néant [ID., Sermons, Mort, 1]
Le néant absolu n'est pas plus aisé à concevoir que l'infini [BAILLY, Hist. astron. mod. t. III, p. 236, dans POUGENS]
Quoique le néant ne soit rien en lui-même, cependant ce mot marque une affection réelle de l'esprit : c'est une idée abstraite que nous acquérons par l'usage de la vie, à l'occasion de l'absence des objets et de tant de privations qui nous font plaisir ou qui nous affligent [DU MARSAIS, Tropes, t. III, p. 246]
Destruction, anéantissement de l'être vivant.
Je sais seulement qu'en sortant de ce monde je tombe pour jamais ou dans le néant, ou dans les mains d'un Dieu irrité [PASC., Pens., IX, 1, éd. HAVET]
Enfin, après avoir fait, ainsi que des fleuves, un peu plus de bruit les uns que les autres, ils [les hommes] vont tous se confondre dans ce gouffre infini du néant, où l'on ne trouve plus ni rois, ni princes.... [BOSSUET, Gornay]
Les impies n'ont pas même de quoi établir le néant auquel ils espèrent [ID., Anne de Gonz.]
Le néant ne peut dormir, ni rêver, ni se tromper, ni ignorer, ni se douter, ni dire peut-être [FÉN., Dial. des morts anc. dial. 28]
Quand tout finirait avec cette vie, ce serait là le seul secret de la passer heureuse et tranquille.... je n'y vois pas de plus grand malheur : il retombe dans le néant, et son erreur n'a point d'autre suite [MASS., Carême, Avenir.]
Et plus que le néant ils craignent l'infamie [VOLT., Orphel. V, 5]
Du néant tout semble sortir, Dans le néant tout se replonge [ID., Lett. en vers et en prose, 162]
Tous ces rois fainéants qui sous ces voûtes sombres Ont changé de sommeil et qu'a jetés le sort Du néant de leur vie au néant de la mort [DELILLE, Imagin. VII]
Triste comme la mort ? et la mort souffre-t-elle ? Le néant se plaint-il à la nuit éternelle ? [LAMART., Harmon. IV, 11]
Terme de palais. Mettre une appellation au néant, à néant, refuser de l'admettre.
Sa Majesté leur a ordonné [aux gens du parlement] de mettre leur décret à néant, et leur a défendu de dénoncer des livres [VOLT., Lett. Audibert, 28 févr. 1776]
Mettre l'appellation et ce dont est appel au néant, annuler et l'appel, et la sentence dont il a été appelé. Mettre néant sur une requête, sur un article de compte, mettre le mot néant au bas d'une requête, à côté d'un article de compte, pour marquer qu'on rejette cette demande, cet article.
Ils veulent qu'on mette néant sur la requête, qu'on la mette au greffe, et que cela tienne lieu d'un arrêt qui décide tout [SÉV., 531]
Cette locution vieillit, ainsi que l'usage auquel elle se rapporte. Fig. et familièrement. Mettre néant à la requête de quelqu'un, refuser ce qu'il demande. On dit dans un sens analogue : réduire à néant, annuler, compter pour rien.
Cet argument [les variations des premiers siècles de l'Église] est un coup de foudre qui réduit à néant l'argument tiré contre nous [de nos variations] [JURIEU, dans BOSSUET 6e avert. 2]
Des sacrifices qui réduisent à néant celui de la croix [ID., VI, Vêture, 1]
Par exagération, peu de valeur, infinie petitesse d'une chose.
Épargnez-moi, Seigneur ; car mes jours ne sont qu'un néant [SACI, Bible, Job, VII, 16]
Elle [l'âme convertie] commence à considérer comme un néant tout ce qui doit retourner dans le néant, le ciel, la terre, son esprit, son corps, ses parents, ses amis, ses ennemis.... [PASC., Convers. du pécheur.]
Qu'est-ce que l'homme dans la nature ? un néant à l'égard de l'infini, un tout à l'égard du néant [PASC., Pens. I, 1, édit. HAVET.]
Comptons donc comme très court, chrétiens, ou plutôt comptons comme un pur néant tout ce qui finit [BOSSUET, le Tellier.]
Au milieu des grandeurs humaines il en découvrit le néant [FLÉCH., le Tell.]
Il [Dieu] voit comme un néant tout l'univers ensemble [RAC., Esth. I, 3]
Les grandeurs de la terre ne lui paraissaient plus qu'un abîme et un néant [MASS., Or. fun. Madame.]
J'ai connu son néant [de ma religion], j'ai quitté ses chimères [VOLT., Alz. II, 4]
Ces maux dont vous vous plaignez sont de purs néants [CHATEAUBR., René.]
Il se dit aussi des personnes pour exprimer leur infinie petitesse à l'égard de Dieu.
Il [un pécheur] ne trouve aucune apparence qu'un Dieu si grand et si bon veuille tyranniser sa créature.... longtemps il s'est flatté de cette pensée qu'il n'était pas digne de Dieu de se tenir offensé de ce que faisait un néant, ni de s'élever contre un néant [BOSSUET, 4e serm. pour le 1er dim. de carême, 1]
Ô vanité, ô néant, ô mortels ignorants de leurs destinées ! [ID., Duch. d'Orl.]
Je ne puis pas soutenir ces grandes paroles [la grandeur et la gloire] par lesquelles l'arrogance humaine tâche de s'étourdir elle-même, pour ne pas apercevoir son néant [ID., ib.]
Dans tout le cours de sa vie, elle a exprimé ce parfait original.... par la connaissance de son néant et de la grandeur de Dieu [FLÉCH., Mme de Mont.]
L'humilité ne voit que son propre néant [MASS., Prière 2]
Je m'anéantis avec vous devant la Providence divine, sachant qu'on n'apporte devant Dieu que trois choses qui ne peuvent entrer dans son immensité, notre néant, nos fautes et notre repentir [VOLT., Lett. l'évêq. d'Annecy, 29 avr. 1768]
Voici Babel déserte et sombre, Du néant des mortels prodigieux témoin [V. HUGO, Orient. I, 6]
Néant se dit aussi de l'état d'une âme vide de sentiments et d'affections.
Si l'état le pire Est le néant, je ne sais point De néant plus complet qu'un cœur froid à ce point [LA FONT., Filles de Minée.]
Rien n'est si insupportable à l'homme que d'être dans un plein repos, sans passion, sans affaire.... il sent alors son néant.... son vide [PASC., Pens. XXV, 26]
Terme mystique. Sentiment de nullité, d'anéantissement qui s'empare de l'âme.
Ô néant, ô vrai rien, mais pesanteur extrême, Mais charge insupportable à qui veut s'élever, Mer sans rive où partout chacun se peut trouver, Mais sans trouver partout qu'un néant en soi-même [CORN., Imit. III, 14]
On trouve à toutes les pages des livres de nos faux mystiques, que le néant ne pèche plus ; que qui n'a point de volonté ne pèche plus, et cent autres propositions de cette force [BOSSUET, États d'oraison, X, 1]
Nullité, obscurité d'une personne.
Ces destins merveilleux Qui tiraient du néant les héros fabuleux [CORN., D. Sanche, IV, 3]
Retourne en ton néant, et rends-moi la toison [ID., Tois. d'or, V, 4]
Les apôtres et leurs disciples, le rebut du monde, et le néant même, à les regarder par les yeux humains, ont prévalu à tous les empereurs et à tout l'empire [BOSSUET, Hist. II, 11]
Rentre dans le néant d'où je t'ai fait sortir [RAC., Bajaz. II, 1]
Clérambault et Mme du Plessis vécurent dans une grande avarice et fort dans le néant [SAINT-SIMON, 33, 127]
En précipitant de sa place un secrétaire d'État ou un autre ministre de la même espèce, il [Louis XIV] le replongeait lui et tous les siens dans la profondeur du néant d'où cette place l'avait tiré, sans que les richesses qui lui pourraient rester, le pussent relever de ce non-être [ID., 406, 80]
La souplesse, la bassesse, l'air admirant, dépendant, rampant, plus que tout, l'air de néant sinon par lui [Louis XIV], étaient les uniques voies de lui plaire [ID., 406, 75]
Un pays [l'Angleterre] où les bâtards du roi sont ce qu'ils ont été partout, c'est-à-dire des néants sans état et sans nom [ID., 59, 238]
Cet ex-bacha [Pontchartrain] si rude et si superbe occupe son néant à compter son argent [ID., 428, 206]
Colin sentit son néant et pleura [VOLT., Jeannot et Colin.]
Vos guerriers, leurs équipages, leur suite, leurs tambours, leurs trompettes font tout leur être, et, perdant cela, qu'ils vivent ou qu'ils meurent, les voilà néant [P. L. COUR., Convers. chez Mme d'Albany.]
Homme de néant, et, plus rarement, homme du néant, homme obscur, qui n'est rien ni par sa position ni par sa fortune.
Quand vous entendez dire de quelqu'un que c'est un homme de néant, ne jugez-vous pas incontinent qu'on parle d'un pauvre ? [BOSSUET, Sermon pour une profession, 1]
Louis le Débonnaire, ayant perdu toute sorte de confiance pour sa noblesse, éleva des gens de néant [MONTESQ., Esp. XXXI, 21]
Quand le peuple éleva aux honneurs quelque homme du néant, comme Varron et Marius [ID., Rom. VIII]
On reproche à Louis XI d'avoir employé dans ses affaires des hommes de néant, préférablement à ceux que leur naissance semblait intéresser davantage au bien de l'État [DUCLOS, Œuv. t. III, p. 359]
Pour néant, loc. adv. Inutilement.
....J'ai maints chapitres vus, Qui pour néant se sont ainsi tenus ; Chapitres, non de rats, mais chapitres de moines, Voire chapitres de chanoines [LA FONT., Fabl. II, 2]
Pour rien (vieilli en ce sens). On n'a pas mis cet homme en prison pour néant.
Néant s'emploie familièrement dans un sens négatif pour exprimer que la chose dont on parle n'existe pas.
Quant à l'esprit, néant ; il n'a pas pris la peine Jusqu'ici de paraître, et je doute qu'il vienne [GRESSET, Méchant, II, 7]
Il se met aussi pour non.
Si c'est une vieille, néant ; je suis loué [DANCOURT, Cur. Compiègne, sc. 4]
Notre maire, un peu mécréant, à maint sermon répond : néant [BÉRANG., Mon curé]

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Et dit al comte : je ne vous aim nient [, Ch. de Rol. XXII]
    Ce dist li quens [le comte] : je n'en ferai nient [, ib. LXI]
    Guenes respont : de bataille est nient [, ib. CXXXII]
  • XIIe s.
    Encor ne savoit Karles du domage neant [, Sax. XI]
    [L'amour inconstant] Roi en fait [de celui qu'il trompe] et puis neant [, Couci, IV]
    Ne me vout [voulut] pas Diex pour neiant donner Tous les soulas qu'ai eüs en ma vie [, ib. XXII]
    Totes les richesses et tote li gloire del munde, et tot ceu [ce] c'un puet encuvir [souhaiter] el munde, est asi cum ung nianz envers ceste glore [ST BERN., 526]
  • XIIIe s.
    Pour ce dis-je qu'amours ne vaut nient, De nient vient et à nient retourne [QUESNES, Romancero, p. 86]
    S'on prent, par droit, d'un larron la justice, Doit-on desplaire as loiaus, de neant ? [, ib. 89]
    Bele, ce dist Simons, or ne pleurez noient [, Berte, XLVII]
    Et en la fin fu li paiemens neans [VILLEH., XCII]
    On doit uzer des cozes prestées selonc le [la] maniere qu'ele fu prestée, et nient autrement [BEAUMANOIR, XXXVII, 6]
    Nule france [libre] personne n'est tenue à servir autre pour noient [ID., IV, 21]
  • XIVe s.
    Or est venu de nient ; à nient l'en fault r'aler [, Guesclin. 15186]
  • XVe s.
    Tout ainsi l'avoient en leur imagination et propos jeté les Anglois ; mais tout tourna au neant [FROISS., II, II, 227]
    Combien qu'elle eust volontiers de cette mesprise excusé son frere le roi de France ; mais neant ; car le comte n'y vouloit rien entendre [ID., I, I, 100]
  • XVIe s.
    Et jure comme un vieil sergent, Qu'on n'embrasse point son corps gent Pour neant [MAROT, III, 177]
    À ceste heure une parole de neant, ou dite en jeu, attirera un dementir [LANOUE, 247]
    Le prince eut bien de la peine pour les magasins de vivres, pour ce que les compagnies avoient mis le païs à neant [D'AUB., Hist. II, 295]
    Les escrivains indiscrets de nostre siecle.... parmy leurs ouvrages de neant [MONT., I, 156]
    Pour neant demande conseil qui ne le veut croire [COTGRAVE, ]
    Pour neant recule qui malheur attend [ID., ]
    Pour neant va au bois qui marrein ne cognoist [ID., ]
    Qui voit enfant, il voit neant [ID., ]
    À la verité, c'est bien pour neant de debatre si la liberté est naturelle, puisqu'on ne peut tenir aucun en servitude sans luy faire tort [LA BOÉTIE, Servitude volontaire.]
    Les petits enfants mourir à la mammelle de leurs meres allangouries, tirants pour neant, et ne trouvants que succer [, Sat. Mén. Harangue de M. d'Aubray]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. nien, nein, nient ; ital. niente ; du lat. ne ou nec, et ens, entis, l'être (voy. ENTITÉ). Nient a été un monosyllabe au XIVe siècle.

néant

NÉANT. n. m. État d'inexistence des êtres et des choses. Dieu a tiré toutes choses du néant. Dieu peut réduire les êtres au néant, les faire rentrer dans le néant d'où ils sont sortis.

Par analogie, On l'a fait rentrer dans le néant d'où on l'avait tiré.

Il se dit, par exagération, de Ce qui, par soi- même, n'a aucune valeur réelle. Le néant des grandeurs humaines.

Il peut avoir aussi le sens de Rien. Réduire à néant.

Il s'emploie spécialement dans des formules administratives ou médicales, dans des expressions elliptiques, telles que : Signes particuliers : Néant. Albumine, Sucre : Néant.

neant

Neant, dissyllab. acut. Est une diction negative, et signifie rien, usitée en audition de comptes és articles de mise qui en sont rejettés. A la teste ou fin desquels l'oyant compte met ce seul mot Neant, Expensae non fero, non admitto, Bud. Anciennement les juges apposoyent ce seul mot au pied des requestes qu'ils refusoyent, et tient sa forme de Nihil, l'Italien dit Niente, et l'Espagnol Nada, pour le mesme.

Choses de neant, Gerrae gerrarum, Res nihili, Nullius pretij.

Homme de neant, Pusillus homo, B. ex Catul. Homo nihili, nullius pretij.

Hommes de neant, Trioboli homines, Bud. ex Plauto.

Ce n'est pas pour un neant, Non de nihilo est, B. ex Terentio.

Se courroucer pour neant, De nihilo irasci.

Ce n'est pas chose de neant, Haud nihil est.

On ne peut pas dire que ce soit neant, aussi n'est-ce pas tout, Nec nihil, neque omnia haec sunt, quae dicit tamen.

Mettre à neant, c'est aneantir, et reduire une chose, comme si n'avoit onc esté, ce qu'on dit aussi tourner à neant, qui est formule de parler à cela plus propre, car la chose avant qu'elle fust estoit neant, Circunducere.

Mettre à neant ce qui a esté fait selon les loix, Quod factum est legibus, rescindere.

Mettre toute la procedure au neant, Cognitionem circunducere, B. ex Vlp.

Je ne la prise d'un neant plus que, etc. Nec vllo minimo momento plus ei tribuo, quam Stoici vitae.

Par oisiveté la cité devient à neant et se perd, Senescit ciuitas otio.

La chose est venue à neant par trop differer, Differendo elanguit res.

Quand ils ont veu leurs labeurs estre venus à neant, et qu'ils n'avoyent de rien servi, Vbi tantos suos labores et apparatus male cecidisse viderunt.

Les conseils viennent à neant à la longue et en differant, Senescunt consilia.

Lettres pour mettre un appel au neant, Venia prouocationis circunscribendae, B.

Mettre une sentence donnée par defaut au neant, et recevoir le condamné à faire ce qu'il avoit à faire au paravant, Instaurare litis ordinem cursumque eremodiciali sententia iudicatae, Eremodicialem sententiam inducere vel circunscribere venia codicillari, et causae ab integro defendendae litigatorem restituere, B.

Mettre l'appellation au neant, Prouocationis causam inducere, Budaeus.

La Cour a mis l'appellation et ce dont a esté appelé, au neant, etc. Acta omnia causae Curia cum prouocatione circunscribenda censuit: Curia facta infecta fecit, B.

Mettre une sentence au neant, Sententiam circunscribere, inducere, antiquare, delere, B.

Mise au neant, Res discussa, vel circunscripta, B.

Appellation mise au neant, Prouocatio inducta, Appellatio circunscripta, antiquata, inducta, B.

L'appellation mise au neant sans amende, Appellatio sine fraude circunducta, B.

L'appellation et ce dont a esté appelé, mis au neant, Prouocatio de medio sublata, idque quo de prouocatum est, Prouocatio et qua de re prouocatum est, antiquata sunt, B.

La sentence mise au neant, Iudicatum infectum factum, Bud.

Proces de neant tournent souvent à grande consequence, Lites diobolares et dipondiales, accessiones trahunt saepe non centusses modo, sed etiam talentarias, Bud.

Proces de neant, ou de bien peu de chose, Lites trioboli, Bud.

Venir à neant, In frigus summum euadere, B.

Tout vint à neant, In irritum ceciderunt omnia, B. ex Tacito.

néant


NÉANT, s. m. [Néant: le t final ne se prononce pas: 1re é fer. 2e lon.] Rien: ce qui n'existe pas. "Dieu a tiré toutes choses du néant: il peut les faire rentrer dans le néant. "Le néant n'a point de propriété. = Il est beau au figuré, dans le moral. "Le néant du monde. Nicole. "Le néant des biens faux et trompeurs. Mallebr. "Le néant inévitable de toutes les grandeurs humaines. Boss. Afaires de néant, méprisables. = Dans un st. plus simple: chôse de néant; homme de néant. "On l'a fait rentrer dans son néant. = On dit au Palais: mettre néant sur la requête, sur un article de compte, refuser de l'admettre. En st. famil. Néant à la requête: Je n'en ferai rien. = Mettre une apellation au néant, débouter de l'apel. = Néant est aussi une espèce d'interjection. "S'il y avoit (chez nous) une fille, qui eût été femme-de-chambre d'un Monsieur, il faudroit qu'elle se contentât d'avoir un amant; mais pour de mari, néant. Mariv. C. à. d. elle n'en aurait point.

Synonymes et Contraires

néant

nom masculin néant
Absence totale.
Traductions

néant

nothingness, emptiness, void, zero, none, nil, nothingאין (ז), אין (תה״פ), אינות (נ), חלל ריק (ז), כלום (ז), מאומה (ז), עפר ועפר (ז), ריק (ז), ריקות (נ), ריקנות (נ), תוהו (ז), חָלָל רֵיק, אַיִן, אֵינוּת, תֹּהוּ, כְּלוּם, רֵיק, רֵיקָנוּתnietigheid, niets, nul, persoon zonder waarde, nietnulla, zeroلَا شَيْءَnulanulNullμηδένceronollanulanullnicnadaнольnollศูนย์sıfırkhông (neɑ̃)
nom masculin
1. ce qui n'existe pas avoir peur de la mort et du néant
2. faire disparaître totalement

néant

[neɑ̃] nm
nothingness
réduire à néant [+ ville] → to wipe out; [+ espoir] → to dash
(ADMINISTRATION)
Observations: néant → Remarks: none
Signes particuliers: néant → Distinguishing marks: none