naître


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naître

v.i. [ lat. nasci ] (Auxil. être)
1. Venir au monde : Elle est née en février. Musset naquit à Paris mourir
2. Se manifester à la suite de : Cet accord est né de longues négociations découler, provenir, résulter
3. Litt. Commencer à paraître : Le jour va naître se lever ; tomber
Être né pour,
avoir des aptitudes spéciales pour.
Faire naître,
provoquer ; produire : Cette modification a fait naître des problèmes susciter
Naître à,
Litt. commencer à montrer de l'intérêt pour : Naître à l'amour découvrir
Ne pas être né d'hier ou de la dernière pluie,
avoir de l'expérience ; être malin, avisé.

NAÎTRE

(nê-tr') , je nais, tu nais, il naît, nous naissons, vous naissez, ils naissent ; je naissais ; je naquis ; je naîtrai ; je naîtrais ; que je naisse, que nous naissions ; que je naquisse ; naissant, né v. n.
Sortir du sein de la mère, venir au monde.
J'ai dit dans notre généalogie, en parlant de vous [Mme de Sévigné], que vous étiez de ces gens qui ne devraient jamais mourir, comme il y en avait qui ne devaient jamais naître [BUSSY, dans SÉV. t. V, p. 544, éd. RÉGNIER]
Il savait que les grands naissent avec certaines délicatesses qui retiennent dans un timide respect les courtisans qui les approchent [FLÉCH., Duc de Mont.]
Il naquit avec ces inclinations libres et généreuses qui affranchissent l'âme de toute autre loi que de celle de ses devoirs [ID., ib.]
Nous naissons, nous vivons pour la société [BOILEAU, Sat. X]
Sous quel astre ennemi faut-il que je sois née ? [RAC., Mithr. I, 2]
Le cruel Amurat, Avant qu'un fils naissant eût rassuré l'État, N'osait sacrifier ce frère à sa vengeance [ID., Baj. I, 1]
Je suis né à Dinan, en Bretagne, le 12 février 1704, d'une famille honnête et ancienne [DUCLOS, Œuvr. t. X, p. 1]
Bayle naquit dans l'année 1647 ; la nature lui donna l'imagination, la force, la subtilité, la mémoire [DIDEROT, Opin. des anc. philos. (pyrrhonienne philos.)]
. Qu'avez-vous fait [vous, comte] pour tant de biens ? vous vous êtes donné la peine de naître et rien de plus [BEAUMARCH., Mar. de Figaro, V, 3]
Hérodote naquit à Halicarnasse, Hippocrate à Cos, Thalès à Milet, Pythagore à Samos, Parrhasius à Éphèse, Xénophon à Colophon, Anacréon à Téos, Anaxagore à Clazomènes, Homère partout [BARTHÉL., Anach. ch. 72]
Jésus-Christ naquit d'une vierge pour ne pas participer à la faute originelle [CHATEAUBR., Génie, I, I, 4]
Impersonnellement. Il naît tous les ans tant d'enfants à Paris. Il lui est né une fille. Il lui est né deux jumeaux.
La qualité de grand-père est belle à la considérer d'un certain côté : il naît une troupe d'enfants qui nous honorent, et qui souvent nous aiment mieux que nos propres enfants [CORBINELLI, dans SÉV. t. VIII, p. 4, éd. RÉGNIER]
Les mois dans lesquels il naît le plus d'enfants sont les mois de mars, janvier et février, et ceux pendant lesquels il en naît le moins sont juin, décembre et novembre [BUFF., Œuvr. t. X, p. 512]
En naissant, au moment de la naissance.
En naissant on contracte envers elle [la patrie] une dette immense dont on ne peut jamais s'acquitter [MONTESQ., Esp. V, 3]
La correction veut que en naissant se rapporte, comme dans l'exemple précédent, au sujet de la phrase ; cependant il peut, quand la clarté n'en souffre point, ne pas s'y rapporter.
Les peuples sont heureux que ce Dieu tout-puissant Illumine dès en naissant De sa lumière intérieure [RACAN, Psaume XXXII]
Si mon père en naissant m'avait pu faire don De son esprit poétique ainsi que de son nom [ID., Épigr. madrigal à Anne d'Autriche]
Si son astre en naissant ne l'a formé poëte [BOILEAU, Art p.]
Pour adoucir en moi cette âpre dureté Des climats où le sort en naissant m'a jeté [VOLT., Orphel. IV, 4]
Naître se construit avec des adjectifs ou des noms. Naître riche. Être né riche. Naître aveugle, boiteux.
Qu'y a-t-il de plus flatteur que d'être né un si grand prince, et cependant de ne devoir les hommages du public qu'à sa bonne conduite et à ses talents, comme si on était un particulier ? [FÉN., Lett. au duc de Beauvill. 27 janv. 1703]
Tel a vécu pendant toute sa vie chagrin, emporté, avare, rampant, soumis, laborieux, intéressé, qui était né gai, paisible, paresseux, magnifique, d'un courage fier et éloigné de toute bassesse [LA BRUY., XI]
Un bon plaisant est une pièce rare : à un homme qui est né tel, il est encore fort délicat d'en soutenir longtemps le personnage [LA BRUY., V]
Nous naissons faibles, nous avons besoin de forces ; nous naissons dépourvus de tout, nous avons besoin d'assistance ; nous naissons stupides, nous avons besoin de jugement [J. J. ROUSS., Ém. I]
Ce que l'on est né, la naissance, le naturel qu'on a.
Il y a de la lâcheté à déguiser ce que le ciel nous a fait naître [MOL., Bourg. gent. III, 12]
Heureusement pour eux [les astrologues], on a de tout temps été persuadé que nous ne sommes dans le cours de la vie que ce que nous sommes nés [CONDILLAC, Traité des syst. ch. 5]
Naître poëte, naître peintre, avoir des dispositions naturelles pour la poésie, pour la peinture. Être né pour quelque chose, avoir pour quelque chose une grande disposition naturelle.
Il est né pour agir et penser, et non pour réfléchir [J. J. ROUSS., Narc. préf.]
Je suis aussi innocent de cela que l'enfant qui est à naître, j'en suis innocent comme l'enfant qui est à naître, qui vient de naître, c'est-à-dire j'en suis tout à fait innocent, je n'y ai aucune part. Familièrement. Son pareil est à naître, c'est-à-dire il n'y a point d'homme semblable à lui, d'homme qui agisse, qui parle comme lui.
Naître se dit, en théologie, du Fils de Dieu. Le Verbe naît éternellement du Père d'une manière ineffable.
Naître se dit aussi des animaux, des végétaux. Un agneau qui vient de naître. Un oiseau, un serpent, une tortue naissent d'un œuf.
Je connais un vieillard dont les secrets divers Ont fait naître des fleurs au milieu des hivers [ROTR., Herc. mourant, II, 2]
Qu'il soit comme le fruit en naissant arraché [RAC., Athal. I, 2]
Par exagération et poétiquement. Les fleurs naissent sous les pas de cette jeune beauté, c'est-à-dire elle est si belle qu'on suppose que la terre, pour exprimer son admiration, fait naître des fleurs devant elle à mesure qu'elle marche. Fig. et familièrement. Naître sous les pas, se produire en grande quantité.
On le croit, et vraiment tu n'en manqueras pas, D'amis de cette sorte ; ils naîtront sous tes pas [PICARD, Entrée dans le monde, III, 6]
Être issu, tirer son extraction.
Qu'il ait plu à notre Sauveur de naître d'une race illustre.... [BOSSUET, Gornay.]
Il fallait qu'il [Jésus] naquît des rois de Juda pour conserver à David la perpétuité de son trône, que tant d'oracles divins lui avaient promise [ID., ib.]
Il naquit d'une des plus nobles et plus anciennes maisons du Nivernais [FLÉCH., Lamoignon.]
Montrez en expirant de qui vous êtes née [RAC., Iphig. IV, 4]
Être né dans, appartenir à une famille qui est dans. Être né dans la robe. Être né dans la pourpre, appartenir à une famille de souverains.
On sent, je crois, qu'avoir de la religion pour un enfant et même pour un homme, c'est suivre celle où il est né [J. J. ROUSS., Conf. II]
Fig. Prendre son origine, être produit. Ce ruisseau naît à quelques lieues d'ici. Beaucoup de maladies naissent d'intempérance. Un mot qui vient de naître.
Quoique Rome fût née sous un gouvernement royal, elle avait même sous ses rois une liberté qui ne convient guère à une monarchie réglée [BOSSUET, Hist. III, 6]
Des succès fortunés du spectacle tragique Dans Athènes naquit la tragédie antique [BOILEAU, Art p. III]
De là sont nés ces bruits reçus dans l'univers, Qu'aux accents dont Orphée.... [ID., ib. IV]
Mais d'où naissent les pleurs que je te vois répandre ? [ID., Phèdre, V, 6]
Les guerres naissaient toujours des guerres [MONTESQ., Rom. 1]
L'histoire ne célèbre pas de plus grand homme de guerre [qu'Alexandre Farnèse] ; mais il ne put empêcher ni la fondation des sept Provinces-unies, ni les progrès de cette république qui naquit sous ses yeux [VOLT., Mœurs, 164]
C'est un beau spectacle de voir Pétersbourg naître au milieu d'une guerre ruineuse [ID., Lett. d'Argental, 19 août 1757]
D'une foule de brigands ou d'esclaves fugitifs à qui Romulus avait ouvert un asile, vous voyez naître les maîtres du monde [CONDILLAC, Étud. hist. I, 1]
Ces mots profonds ou sublimes qui naissent subitement du fond des situations, ou qui peignent d'un trait de grands caractères [CONDORCET, Vie de Voltaire.]
Fig. Avoir sa cause dans, en parlant de choses abstraites.
Dans le feu, dans le choc, dans l'ébranlement [de la bataille], on voit naître tout à coup [chez le prince de Condé] je ne sais quoi de si net, de si posé, de si vif, de si ardent.... [BOSSUET, Louis de Bourbon.]
De là [des grandes prospérités] naissent des monstres de crimes, des raffinements de plaisirs, des délicatesses d'orgueil.... [ID., Reine d'Anglet.]
De ce même principe de religion et de sagesse naquit cette bonté si connue et si éprouvée [FLÉCH., Dauphine.]
En sa faveur d'où naît cette tristesse ? [RAC., Bérén. II, 1]
D'où naît dans ses conseils cette confusion ? [ID., Athal. III, 3]
Le bien public est né de l'excès de ses crimes [VOLT., Brutus, I, 2]
Le bonheur de l'État va donc naître du mien ! [ID., ib. III, 4]
Ces dangers me sont chers, ils naissent de l'amour [ID., Tancr. I, 6]
Il n'y a point de mal dont il ne naisse un bien [ID., Zadig, 20]
La liberté est née, en Angleterre, des querelles des tyrans [ID., Dict. phil. Gouvernement anglais.]
Ce que peu de personnes savent, c'est que Cicéron était encore un des premiers poëtes d'un siècle où la belle poésie commençait à naître [ID., Rome sauv. préface.]
La prospérité de la Guadeloupe fut arrêtée ou traversée par des obstacles qui naissaient de la situation [RAYNAL, Hist. phil. XIII, 28]
Fig. Commencer.
Au malheureux moment que naissait leur querelle [CORN., Cid, II, 3]
Ces flammes dans nos cœurs sans votre ordre étaient nées [ID., Cinna, V, 2]
N'est-ce pas lui qui te l'a fait connaître ? - Il voudrait que le jour en fût encore à naître [ID., Mélite, IV, 1]
Et cette loi [ensevelir les morts] naquit avecque la nature [ROTROU, Antig. IV, 3]
Mon règne naît encore, et cette impunité Porterait conséquence à mon autorité [ID., ib. V, 4]
La tragédie informe et grossière en naissant [BOILEAU, Art p. III]
Un pouvoir qui ne fait que de naître [RAC., Alex. II, 2]
Les arts dans nos cités naissant à votre voix [VOLT., Sémiram. I, 5]
Où je vois naître la journée, Là, content, j'en attends la fin [GRESSET, Chartreuse.]
L'idée en naissant cherche le mot qui doit la rendre, et, s'il lui manque, elle s'éteint [MARMONTEL, Œuvres, t. X, p. 282, dans POUGENS]
Absolument. Je l'ai vu naître, j'ai vu le commencement de sa fortune. Il est à naître que, il n'est jamais arrivé que... Cette locution a vieilli.
Faire naître, donner la naissance.
Le prince, quelque grand qu'il soit, ne connaît sa force qu'à demi, s'il ne connaît les grands hommes que la Providence fait naître en son temps pour le seconder [BOSSUET, le Tellier.]
Le ciel m'a-t-il jamais permis de me connaître ? Ne m'a-t-il pas caché le sang qui m'a fait naître ? [VOLT., Zaïre, I, 1]
Faire naître, prétendre, assurer que tel personnage est né à.
Les anciens poëtes font naître Bacchus en Égypte [VOLT., Dict. phil. Bacchus.]
Fig. Faire naître, être cause de. Cela me fit naître l'idée de voyager.
[Déguisements des sentiments,] Si d'un péril pressant la terreur vous fit naître [CORN., Rodog. II, 1]
J'ai déjà fait naître à Mme de Maintenon une grande envie de voir de quelle manière vous parlez de Saint-Cyr [RAC., Lett. 47 à Boileau.]
Cette lumière [des Champs-Elysées] fait naître en eux [les bienheureux] une source intarissable de paix et de joie [FÉN., Tél. XIX.]
Il se conjugue avec l'auxiliaire être.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Fud la pulcele nethe de halt [prononcez d'halt, ainsi que l'exige la mesure du vers] parented [, St Alexis, IX]
    Si ço avent [advient] que alquent [aucun] colpe le poin à altre, si li rendra demi were [dédommagement] suluc [selon] ceo que il est nez [, Lois de Guill. 13]
    [Des péchés] Que je ai fait dès l'hore que nez [je] fu [, Ch. de Rol. CLXXII]
  • XIIe s.
    Por quoi sui-je nez à veir le destruement de mon pople ? [, Machab. I, 2]
    Jà n'ert [ne sera] vaincuz par home qui soit nez [, Ronc. 95]
    Nez fu de Chartres, si avoit nom Reiner [, ib. 129]
    Vassaux [vaillant] doit estre qui de vassaux est nez [, ib. 143]
    Quant pour ma mort [vous] nasquites sans merci [, Couci, IX]
    [Au temps] Que nest la rose et le lis, Et la rousée ou vert pré [, ib. XI]
  • XIIIe s.
    Com se il fussent né au bour à Saint-Denis [, Berte, V]
    Et s' [si] est née et estraite de si bonne lignie [, ib. LXXII]
    Aucun plet qui nasquesist d'aucune de ces cozes [bail, tutelle] [BEAUMANOIR, LXIII, 18]
    Et ele lieve les despuelles [dépouilles, récoltes] el tens de sa grossesse ; et se li enfes est mornés, voirs est que li heritages du mort esquiet [échoit] à ses plus prochins parens [ID., XX, 7]
    Cil qui naissent contre nature [, Liv. de jost. 55]
    Le Danaon [Danube] est un grans fluns qui naist es granz mons d'Alemaigne [BRUN. LATINI, Trésor, p. 166]
    Et quant Diex ot fait honte nestre [, la Rose, 2857]
    Tantost com li homs naist, il commence à morir [J. DE MEUNG, Test. 166]
  • XVe s.
    Ils veirent naistre et approcher une route [troupe] d'Anglois, où il y avoit bien, par semblant, quatre vingts hommes tous montés [FROISS., livre I, p. 444, dans LACURNE]
    Las ! moy meschant, com je peu prise Mon bon seigneur et mon bon maistre ! Je vourroie bien estre à nestre [, la Passion de N. S. Jésus-Christ]
    Ainsi que faict homme nay pour soy seulement, sans fructifier à la commune utilité [ALAIN CHARTIER, Quadrilogue invectif.]
    Et envoyez ung plaisant souvenir Devers mon cueur, de la plus belle née Dont aujourd'hui coure la renommée [CH. D'ORL., Bal. 23]
    Le perdant les dez a frapez... Maudisoit le jour qu'il fut nez ; En disant : mal suy fortunez [E. DESCH., le Dit du jeu des dés.]
    Et estoit encore à naistre qui abatu l'eust [un chevalier] [, Perceforest, t. IV, f° 58]
  • XVIe s.
    En nostre langage vulgaire nous ne doutons point de dire, que l'un est bien nay, et l'autre mal nay, l'un de bonne nature, et l'autre de mauvaise [CALV., Instit. 210]
    Madame, l'honneur est né avec vous, car vous estes de si bonne maison, que pour estre reine ou emperiere ne sauriez augmenter votre noblesse [MARG., Nouv. 111]
    Il nomma le premier filz qui lui nasquit de sa femme Antigone, Ptolomeus [AMYOT, Pyrrh. 11]
    De cette consideration est née la coustume que.... [MONT., I, 53]
    Les aveugles naiz [ID., II, 357]
    Nature, à vostre naistre heureusement feconde, Prodigue vous donna tout son plus et son mieux [J. DU BELLAY, Œuvres, p. 423, dans LACURNE]
    [Toi Dieu] Qui preveus les effets dès le naistre des choses [D'AUB., Trag. I]
    Son fils estoit de ceux qu'on appelle mal nez [punais], ne se purgeant ni par le nez ni par la bouche, laquelle il portoit ouverte pour prendre son vent [ID., Hist. I, 90]

ÉTYMOLOGIE

  • Bourg. nâtre ; provenç. nascer, naisser : cat. naixer ; esp. nacer ; port. nascer, nacer ; ital. nascere ; du bas-lat. nascere, dérivé de nasci. La forme entière est gnasci, comme témoignent l'archaïque gnatus et co-gnatus. Gnasci se rapproche tout naturellement du grec et de gigno, formes à redoublement, sanscrit jan, engendrer. Gnascor veut donc dire je suis engendré. Gnatus appartient autant à gigno qu'à gnascor.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

  • NAÎTRE. Ajoutez : - REM. Régnier a dit fut né pour naquit : Sur du foin Jésus-Christ fut né, Épigr.

naître

NAÎTRE. (Je nais; nous naissons. Je naissais. Je naquis. Je naîtrai. Je naîtrais. Que je naisse. Que je naquisse. Naissant. Né.) v. intr. Venir au monde. Un enfant qui vient de naître. Ils naquirent le même jour, dans la même année. Il est né dans telle ville. Il est né sous une heureuse étoile. Les enfants qui naîtront de ce mariage. Il lui est né un fils. Tout ce qui naît est sujet à mourir. Un poulain, un agneau qui vient de naître.

Fam, Être innocent d'une chose comme l'enfant qui vient de naître, En être tout à fait innocent, n'y avoir aucune part.

Fam., Son pareil est à naître, Il n'y a point d'homme semblable à lui, d'homme qui agisse, qui parle comme lui.

NAÎTRE signifie aussi Se trouver en naissant dans certaines conditions. Naître aveugle, boiteux Naître riche, pauvre. Il est né Francais. Il était né gentilhomme.

Être né poète, peintre, musicien, etc., Avoir des dispositions naturelles à être poète, peintre, etc.

NAÎTRE signifie encore Tirer son origine, être d'une certaine extraction. Il est né de parents illustres, obscurs.

NAÎTRE se dit, en termes de Théologie, d'une Opération de la vie divine par laquelle le Fils est engendré du Père de toute éternité. Le Verbe est né avant tous les temps.

Il se dit aussi des Végétaux et signifie Sortir de terre, commencer à pousser. L'herbe commence à naître. Les fleurs naissent au printemps.

Il se dit encore des Choses et signifie Prendre un commencement, commencer d'être. Ce ruisseau naît à deux lieues d'ici. Fig., L'Empire romain ne faisait alors que de naître. J'ai vu naître cette mode.

NAÎTRE DE signifie, au figuré, Tirer son origine de, être produit par. Beaucoup de maladies naissent de l'intempérance. Les affaires naissent les unes des autres. Il est né de là une foule de procès. Cette découverte est née du hasard.

On dit dans le même sens Faire naître, Produire, être la cause de. Faire naître des doutes, des scrupules, des soupçons.

NAÎTRE À se dit d'une Personne ou d'une collectivité qui se met à un ordre d'idées nouveau, qui commence une vie nouvelle. Naître à la vie politique.

Le participe passé NÉ, ÉE, s'emploie adjectivement dans diverses expressions.

se disait absolument d'une Personne ayant une extraction noble, des origines nobles. Il n'est pas né. Il a gardé un sens analogue dans l'expression Bien né, Qui est né d'une famille honnête, honorable. C'est un jeune homme, un homme bien né.

Il signifie aussi Qui a de bonnes inclinations. Un enfant bien né. Une fille bien née.

, joint par un trait d'union à un adjectif qui le précède, signifie que la qualité exprimée par celui-ci est de naissance.

AVEUGLE-NÉ, Aveugle de naissance.

MORT-NÉ, ÉE, signifie Qui est mort avant que de naître. Un enfant mort-né. Deux enfants mort-nés. Un veau, un agneau mort-né. Une brebis mort-née.

Il se dit, figurément, des Ouvrages de l'esprit qui n'ont aucun succès. C'est un ouvrage mort-né. Un poème mort-né. Une tragédie mort- née.

NOUVEAU-NÉ, ÉE, signifie Qui est né depuis peu de temps, qui vient de naître. Un enfant nouveau-né. Dans cet adjectif composé, Nouveau est pris adverbialement. Des enfants nouveau-nés. Une fille nouveau-née. Il s'emploie quelquefois substantivement, mais seulement au masculin. Je viens de voir le nouveau-né.

PREMIER-NÉ signifie, en termes d'Écriture sainte, le Premier enfant mâle. Sous la loi de Moïse, on offrait à Dieu les enfants premiers-nés.

Substantivement, L'ange extermina les premiers-nés des Égyptiens.

DERNIER-NÉ, Le dernier enfant.

se joint aussi par un trait d'union à certains noms pour signifier que La qualité qu'ils expriment est si naturelle qu'elle semble être de naissance. Esclave-né. Écrivain-né. Il est le protecteur-né des sciences et des arts, Il protège en toute occasion les sciences et les arts, ou encore Il a le devoir, par sa position, de les protéger. Il est l'ennemi-né des talents, Il a pour les gens de talent une aversion si générale et si constante qu'elle semble être de nature.

Synonymes et Contraires

naître

verbe naître
1.  Littéraire. Commencer à s'intéresser à.
2.  Entrer dans la vie.
3.  Commencer à pousser.
4.  Commencer à se manifester.
5.  Résulter de quelque chose.
Traductions

naître

entstehen, geboren, werdenarise, be born, born, springontstaan, geborenworden, ontluiken, spruiten, geboren worden, aanbreken, opkomen, geboren, wordenבא לעולם, יצא לאוויר העולם, ראה אורnaroditnacernarodzić się, urodzić siędoğmaknascerродитьсяnascere, sbocciare, scaturire (nɛtʀ)
verbe intransitif
1. venir au monde Il est né au mois de février.
2. figuré commencer à exister un projet qui va naître

naître

[nɛtʀ] vi
[personne] → to be born
Je suis né en 1960 → I was born in 1960.
Il est né en 1982 → He was born in 1982.
Il naît plus de filles que de garçons → More girls than boys are born.
naître de [conflit, complications] → to arise from, to be born out of
faire naître → to give rise to
(découverte) naître à [+ amour, poésie] → to awaken to