naissance

naissance

n.f. [ lat. nascentia ]
1. Commencement de la vie indépendante pour un être vivant, au sortir de l'organisme maternel ; venue au monde : Date de naissance
2. Mise au monde : Naissance avant terme
3. Enfant qui naît : Il y a déjà eu deux naissances dans la famille.
4. Endroit, point où commence qqch, partic. une partie du corps : La naissance du cou
5. Moment où commence qqch : La naissance du jour
l'aube, le point du jour ; commencement ; tombée
6. Fait pour qqch d'apparaître, de commencer : La naissance d'une œuvre
De naissance,
de façon congénitale, non acquise : Être aveugle de naissance.
Donner naissance à,
mettre un enfant au monde ; produire qqch : Cet article a donné naissance à un scandale.
Prendre naissance,
avoir son origine ; commencer à exister : La Loire prend naissance au mont Gerbier-de-Jonc.

NAISSANCE

(nê-san-s') s. f.
Qualité, condition de l'être qui vient à la vie. La naissance d'un fils. On a fêté le jour de sa naissance. Le registre des décès et des naissances.
Au milieu de leur camp tu reçus la naissance [CORN., Cinna, V, 1]
Je crains de le haïr si j'en tiens la naissance [ID., Héracl. V, 2]
Vous ne vous trouvez au monde que par une infinité de hasards ; votre naissance dépend d'un mariage, ou plutôt de tous les mariages de ceux dont vous descendez [PASC., Disc. sur la cond. des grands, I]
La naissance a des marques indubitables de notre commune faiblesse : nous commençons tous notre vie par les mêmes infirmités de l'enfance [BOSSUET, Gornay.]
Délaissée de toute la terre dès ma naissance [ID., Duch. d'Orl.]
On sait qu'Érostrate, pour immortaliser son nom, mit le feu à ce fameux temple [d'Éphèse] qui en fut entièrement consumé ; c'est le jour même de la naissance d'Alexandre le Grand [ROLLIN, Hist. anc. Œuv. t. XI, p. 36, dans POUGENS]
Voilà ce qui m'amène, et non l'impatience D'apprendre à qui je dois une triste naissance [RAC., Iphig. II, 1]
Dans quel sein vertueux avez-vous pris naissance ? [ID., Esther, III, 4]
Et l'instant de notre naissance Fut pour nous un arrêt de mort [LAMOTTE, Odes, t. I, p. 497, dans POUGENS]
Le nombre des naissances [en une année commune], multiplié par 34, donne toujours à peu près la somme des habitants [VOLT., Mœurs, 185]
Le total des naissances à Paris étant, pendant ces cinquante-huit années, de 1 074 367, et le total des morts 1 087 995 [BUFF., Probab. de la vie, Œuv. t. X, p. 546]
Je coûtai la vie à ma mère, et ma naissance fut le premier de mes malheurs [J. J. ROUSS., Confess. I]
La nature n'est qu'une succession de naissances et de morts [DIDER., Claude et Nér. II, 23]
Les déclarations de naissance seront faites dans les trois jours de l'accouchement à l'officier de l'état civil du lieu [, Code Nap. art. 55]
Naissances masculines, le nombre de garçons nés ; naissances féminines, le nombre de filles nées. Donner la naissance, donner naissance à un enfant, le mettre au monde.
Savez-vous seulement qui vous donna naissance ? [M. J. CHÉN., Œdipe roi, II, 2]
Il se dit aussi des animaux. La naissance d'un poulain, d'un veau.
Naissance se dit, en physiologie, d'une manière générale pour indiquer l'apparition d'un corps organisé qui n'existait pas. La naissance des rudiments du poulet dans l'œuf fécondé. La naissance du tubercule dans le poumon.
Origine par le sang, par la famille.
Je vous ai vu pour elle [Albe] autant d'indifférence Que si d'un sang romain vous aviez pris naissance [CORN., Hor. I, 1]
Plus la haute naissance approche des couronnes, Plus cette grandeur même asservit nos personnes [ID., Rodog. III, 3]
Ma naissance suffit pour régner après vous [ID., Héracl. I, 3]
Un pur hasard sans nous règle notre naissance [ID., Othon, II, 2]
Ne rougissez-vous point de mériter si peu votre naissance ?... non, non, la naissance n'est rien où la vertu n'est pas [MOL., Don Juan, IV, 6]
Le mal à craindre d'un sot, qui succède par droit de naissance [PASC., Pens. V, 3, édit. HAVET.]
Il est vrai qu'il faut honorer les gentilshommes, mais non pas parce que la naissance est un avantage effectif [ID., ib. V, 2 ter.]
Issue de cette race, fille de Henri le Grand et de tant de rois, son grand cœur a surpassé sa naissance [ID., Reine d'Anglet.]
Sous prétexte qu'elle serait de moindre naissance [ID., Lett. abb. 249]
Justin, de bonne naissance [ID., Hist. I, 11]
L'on a trouvé [par les ancêtres] le moyen de distinguer les naissances illustres d'avec les naissances viles et vulgaires, et de mettre une différence infinie entre le sang noble et le roturier [ID., Gornay.]
N'allait-elle pas gagner tous les cœurs, c'est-à-dire la seule chose qu'ont à gagner ceux à qui la naissance et la fortune semblent tout donner ? [ID., Duch. d'Orl.]
Je n'ai pas besoin de vous dire que c'est Dieu qui donne les grandes naissances, les grands mariages, les enfants, la postérité [ID., Mar.-Thér.]
L'avantage d'une haute naissance [ID., Louis de Bourbon.]
Oui, quoi que le vulgaire en pense, Rousseau, la plus vile naissance Donne du lustre à la vertu [LAMOTTE, Odes, t. I, p. 526, dans POUGENS]
Les mortels sont égaux, ce n'est point la naissance, C'est la seule vertu qui fait la différence [VOLT., Fanat. I, 4]
Et Séide et Palmyre ignorent leur naissance [ID., ib. III, 11]
Absolument. Noblesse. C'est un homme de naissance, qui a de la naissance.
Songez.... Que Rome vous permet cette haute alliance, Dont vous aurait exclus le défaut de naissance [CORN., Nicom. I, 2]
....J'entends et je voi D'où vient que tu t'es fait secrétaire du roi ; Il fallait de ce titre appuyer ta naissance [BOILEAU, Sat. X]
S'il est heureux d'avoir de la naissance, il ne l'est pas moins d'être tel que l'on ne s'informe plus si vous en avez [LA BRUY., II]
Son exemple encourageait quiconque avait du mérite sans naissance [VOLT., Russie, I, 12]
Qu'y a-t-il de plus ridicule qu'un grand seigneur devenu gueux, qui porte dans sa misère les préjugés de sa naissance ? [J. J. ROUSS., Ém. III]
J'avais des ressources, et votre mère avait de la naissance [DIDER., Père de famille, II, 6]
Le défaut de naissance vous ferme en France le chemin aux grands emplois [BERN. DE ST-P., Paul et Virginie.]
Les bonnes et les mauvaises qualités avec lesquelles on est né.
Quoique une heureuse naissance eût apporté de si grands dons à notre prince, il ne cessait de l'enrichir par ses réflexions [BOSSUET, Louis de Bourbon.]
Une si heureuse naissance la rendit d'abord la passion de tout ce qu'il y avait de vertueux [FLÉCH., Mme de Mont.]
En ce sens, il vieillit. On dit plutôt aujourd'hui naturel.
Dans le langage théologique, la seconde naissance, la régénération par le baptême.
La grâce sera toujours dans le monde, et aussi la nature.... et ainsi il y aura toujours des pélagiens et toujours des catholiques, et toujours combat, parce que la première naissance fait les uns, et la grâce de la seconde naissance fait les autres [PASC., Pens. XXIV, 12 ter.]
Fig. Origine, commencement. La naissance d'un État, d'une ville.
Séjanus, dans la naissance de sa fortune, ne se voulait pas faire connaître par des cruautés [D'ABLANCOURT, Tacite, dans RICHELET]
Impatients désirs d'une illustre vengeance Dont la mort de mon père a formé la naissance [CORN., Cinna, I, 1]
Et ne savez-vous pas, avec toute la France, D'où ce titre d'honneur a tiré sa naissance, Et que la vertu seule a mis en ce haut rang Ceux qui l'ont jusqu'à moi fait passer dans leur sang ? [ID., Menteur, V, 3]
Je sais que ton État, encore en sa naissance, Ne saurait sans la guerre affermir sa puissance [ID., Hor. I, 1]
La république faible encore et dans sa naissance [BOSSUET, Hist. III, 6]
Telle a été la naissance des Frères de Bohême [ID., Var. XI, § 173]
Désigner chaque secte par celui dont elle tirait sa naissance [ID., Hist. II, 12]
Vous redoutez un mal faible dans sa naissance [RAC., Brit. III, 1]
Faites, dans sa naissance, admirer votre empire [ID., Alex. V, 3]
....Avant donc La naissance du monde et la création [ID., Plaid. III, 3]
Son empire [de Dieu] a des temps précédé la naissance [ID., Ath. I, 4]
Une naissance de passion trop faiblement rejetée, une occasion de périls trop fréquentée [MASS., Carême, Tiéd. 2]
Donner naissance, causer, produire.
Le désir si vif et si inutile de connaître l'avenir donna naissance aux oracles des païens [D'ALEMB., Éloges, Dumarsais.]
Prendre naissance, prendre sa naissance, avoir naissance, commencer à apparaître, à être produit, à se former.
Tes desseins n'ont pas naissance Qu'on en voit déjà le bout [MALH., II, 2]
Ces sentiments [supprimer tous les actes de demande à Dieu], en général, prennent leur naissance de l'orgueil naturel [BOSSUET, Ét. d'orais. I, 13]
La Jérusalem visible avait fait ce qui lui restait à faire, puisque l'Église y avait pris sa naissance [ID., Hist. II, 7]
L'idolâtrie, si nous l'entendons, prenait sa naissance de ce profond attachement que nous avons à nous-mêmes [ID., ib. 11]
Ce fut là que prit naissance cette amitié durable qui a vieilli avec nous [MARMONTEL, Mém. III]
Naissance de la verdure, des fleurs, le moment où la verdure, les fleurs commencent à pousser. Naissance du jour, le moment où le jour commence à paraître.
Et n'a point respecté la naissance du jour [ROTR., Antig. V, 5]
Le point, l'endroit où commence une chose qui se prolonge ensuite en une certaine direction. La naissance d'une branche. La naissance d'une feuille. Ce fleuve porte bateau tout près de sa naissance.
La naissance de la gorge dénuée de plumes [BUFF., Ois. t. XII, p. 379]
Terme d'anatomie. La naissance d'une artère, le point d'où elle se détache du cœur ou d'une autre artère.
Terme de construction. L'endroit où commence à paraître une voûte, une poutre, un corbeau, etc. Synonyme de pierre d'attente ou harpe. La naissance d'une colonne, le commencement du fût. Terme de maçonnerie. Naissance, bande d'enduit ou de plâtre faite en raccordement. Naissance d'enduit, certaines plates-bandes au circuit des croisées ou ailleurs.
10° De naissance, loc. adv. En naissant, en venant au monde.
Elle lui demanda s'il était aveugle de naissance [ID., Anne de Gonz.]
On ne tombe pas dans les vices qu'il [le peuple romain] fit éclater sous ses maîtres, sans quelque défaut de naissance dans le cœur [CHATEAUBR., Génie, IV, VI, 13]

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Il semerent chans, et planterent vignes, et firent fruiz de neissance [, Psautier, f° 134]
  • XVIe s.
    Depuis le triste point de ma fresle naissance, Et que dans le berceau, pleurant, je fus posé [DESPORTES, Œuvres chrétiennes, Sonnets, 1]
    Si la fin d'un travail d'un autre est la naissance [ID., ib. 13]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenc. naissensa, naysensa, naisquenza ; catal. naxensa ; anc. espagn. nascencia ; ital. nascenza ; du lat. nascentia, qui vient de nascens, naissant. L'ancienne langue disait aussi nation au sens de naissance.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

  • NAISSANCE. Ajoutez : - SYN. NAISSANCE, ORIGINE., Naissance se dit du pays où l'on est né ; origine, du pays où nos ascendants sont nés.
    Vicencio Carducho, Eugenio Caxes et Angelo Nardi, ces trois artistes, peintres ordinaires du roi [Philippe IV], étaient Italiens soit de naissance, soit d'origine [J. DUMESNIL, Hist. des amat. ital. p. 66]

naissance

NAISSANCE. n. f. Venue d'un être à la vie. Heureuse naissance. Naissance désirée, attendue. Donner la naissance, donner naissance à un enfant. À sa naissance. Au jour de sa naissance. Le lieu de sa naissance. Son lieu de naissance. Le moment, l'heure, l'époque, l'anniversaire de sa naissance. Déclaration de naissance. Registre des naissances. Acte de naissance. La naissance d'un poulain, d'un veau.

Il signifie aussi Origine, extraction. Haute naissance. Être de grande, d'illustre naissance. Être d'une naissance obscure. Naissance illégitime. Il nous a révélé le secret de sa naissance. S'enorgueillir, rougir de sa naissance. Avoir des sentiments dignes de sa naissance.

Il se dit quelquefois, absolument, pour Noblesse. Ils avaient du mérite tous deux, mais l'un avait l'avantage de la naissance.

NAISSANCE signifie, par extension, Commencement. La naissance du monde. La naissance d'un État, d'une ville. La naissance de cette opinion. C'est là que les troubles prirent naissance. Étouffer une sédition dès sa naissance. On ne sait ce qui a donné naissance à ce faux bruit. La naissance du jour.

Il désigne encore le Point, l'endroit où apparaît pour la première fois une chose qui se prolonge ensuite dans une certaine direction. Ce fleuve, à sa naissance, reçoit plusieurs ruisseaux qui le grossissent. La naissance d'une tige, d'un rameau. Couper une branche à sa naissance. La naissance de l'épaule, du mollet.

En termes d'Architecture, La naissance d'une colonne, Le commencement du fût. La naissance d'une voûte, Le commencement de sa courbure.

DE NAISSANCE, loc. adv. En naissant. Aveugle de naissance.

naissance

Naissance, f. Ortus, huius ortus.

Le jour de la naissance d'un chacun, Natalis, Natale, Natalitium, Natalis, siue Natalitius dies.

Chose qu'on a de naissance, Originalis res.

naissance


NAISSANCE, s. f. NAISSANT, ANTE, adj. NAîTRE, v. n. [Nè-sance, san, sante; nêtre: 1re è moy. aux 3 premiers, é ouv. et long au dern.] Naître; je nais, tu nais, il nait, nous naissons, etc. je naissois ou naissais; je naquis; je suis né; je naîtrai, etc. , naissant. = 1°. Venir au monde, sortir du sein de la mère. "Enfant, agneau, poulain qui vient de naitre. "Ce Prince naquit un tel jour. "J. C. est né d'une Vierge. "Il lui est né un fils. = 2°. En parlant des végétaux, comencer à pousser. "Les fleurs naissent au printems; l'herbe comence à naître. = Poétiquement; le jour comence à naître, à paraître. = Fig. on a vu naître la fortune de cet homme. "Je l'ai vu naître; j'ai vu le commencement de sa fortune. Il ne fait encôre que de naître; sa fortune ne fait encôre que de comencer. = 3°. Figurément aussi, prendre origine de... "Ce ruisseau nait à deux lieûes d'ici. "Les afaires naissent les unes des aûtres.
   L'ennui naquit un jour de l'uniformité.
       La Motte.
= "Cela m'en a fait naître la pensée. "Cela peut faire naître de grands soupçons, de grands scrupules. = 4°. Être né pour... Avoir un grand talent, une grande disposition naturelle pour... "Il est né pour la guerre, pour les armes. "Il est né pour régner. "Il étoit fils d'Achille et n'étoit pas né pour tromper... Il n'étoit point né pour la fraude. Télém. Il régit des substantifs sans article, et des adjectifs. "Il est né Poète, peintre, musicien, etc. Il est né courageux, timide, etc.
   REM. Naître, régit souvent, sur-tout au figuré, l'ablatif (la prép. de.) "L'afabilité est un sentiment, qui nait de la tendresse et de la bonté du coeur. Masill. "Les troubles, les dessensions, les atentats, l'impunité naissent bientôt de l'indépendance. Id. = Il est à naître que; c. à. d. il n'est point encore arrivé que, etc. expression, qui est tout au plus du style familier; je doute même qu'elle soit bien française. L'Acad. ne la met pas: le Dict. de Trév. la met sans citer d'Auteur. Le Rich. Port. la borne au discours familier. — Elle est déplacée dans le haut style. "Il est encôre à naître que la Loi de Dieu ait fait un seul malheureux. L'Ab. de Cambacérès.
   NAISSANCE, 1°. Au propre, sortie de l'enfant du sein de sa mère. "La naissance d'un Prince. "À~ sa naissance; au jour de sa naissance. "L'an de la naissance de Notre-Seigneur 1787. = 2°. Extraction. "Être de grande, d'illustre naissance. = Mis absolument, noblesse. "Homme de naissance, qui a de la naissance; ou, sans naissance, qui n'a point de naissance. = 3°. En parlant des végétaux, le tems où ils comencent à pousser. "La naissance des fleurs. = La naissance du jour; lorsqu'il comence d'éclôre. = 4°. Fig. Comencement. "La naissance du monde, d'une Ville, d' un État, etc. "Prévenir la naissance des passions. "Étoufer un désordre dès ou dans sa naissance. = 5°. * On l'a dit autrefois pour talent. "Outre la naissance heureûse pour la parole, l'assemblage des seules qualités naturelles, requises pour réussir, est extrêmement râre. P. Rapin. — Andry de Bois regard l'aproûve. "Une si heureûse naissance le rendit d'abord la passion de tout ce qu'il y avoit de vertueux à la cour. Dans l'Ann. Litt. on critique cette expression dans M. de Reganhac. "Une heureûse naissance, ne signifie pas un heureux naturel. — L'Acad. l'admet dans cette phrâse. "La plus heureûse naissance a besoin encôre d'une bonne éducation. Mais on peut croire que c'est une vieille phrâse conservée des anciènes éditions.
   Rem. On dit bien, homme de naissance; mais je ne crois pas qu'on puisse dire; être de naissance. "Ceux, qui y sont de naissance, y étudient la langue latine. Let. Édif. — L'Acad. ne met pas cette expression. La Touche l'aproûve et en done un exemple. "Quand on est de naissance, on doit éviter toutes les bassesses avec soin. = Prendre et doner naissance se disent sans article. M. de L. H. ayant besoin d'une syllabe de plus pour faire un vers, dit, prendre la naissance:
   Quel chemin, de la fange, où je pris la naissance.
       Menzicoff.
Cette faûte a été justement relevée dans le Journ. de Mons. "Je pris naissance, aurait suffi, y dit on, si la mesûre l'avait permis. — Le Gendre dit, doner la naissance. "La gloire d'avoir donné la naissance à la Philosophie. Retranchez la. = Pour la même raison de l'usage, naissance ne doit point s'associer aux pronoms possessifs, qui font fonction d'article. "L'Église y avoit pris sa naissance, dit Bossuet. Je crois qu'il faut dire: y avoit pris naissance. = * Rousseau par analogie dit, recevoir naissance.
   Quoi! dans les lieux où j'ai reçu naissance...
   Une étrangère, au mépris de mes droits,
   Viendra régner et m'imposer des lois.
Avec ce verbe, j'ai crois qu'il faut mettre l'article: j'ai recû la naissance. = Prendre naissance régit les prép. dans ou de, doner naissance la prép. à (le datif). "Cette hérésie prit naissance dans la Flandre. Anon. "C'est de là que les troubles prirent naissance. Acad. "Chaque secte porte jusque dans ses opinions, le caractère de l'humeur qui lui a doné naissance: et les dogmes de l' hérésie anoncent le génie de l'hérésiarque. Neuville.
   NAISSANT, ANTE, qui nait, qui comence à venir, à paraître. Il ne se dit qu'au figuré. "Jour naissant. "Fleur naissante. "Amour naissant: passion naissante. "État naissant, république, compagnie naissante. = Ordinairement, il se place après le substantif: en poésie, on peut le placer devant. "Le naissant ouvrage. Rouss. "Votre naissante gloire. Corn. Sur ce naissant herbage. De Lille. Sur ce naissant gazon. Gresset. "À~ ses naissantes pièces. Boileau. Dans ce dernier, l'inversion est dûre. = On dit (st. famil.) d' un homme qui cesse de porter la perruque, et qui n'a encôre que des cheveux très-courts, qu'il est en tête naissante. — Remarquez qu'il n'est adjectif et déclinable que quand il est employé sans régime; mais qu'avec le régime, il est participe, et l'on ne doit point le décliner. "Des idées naissantes les unes des aûtres. Regnault. Dites, naissant, etc.

Synonymes et Contraires

naissance

nom féminin naissance
1.  Commencement de la vie.
décès, disparition, fin, mort -littéraire: trépas.
4.  Fait d'apparaître.
Traductions

naissance

Geburt, Lätzchenbirth, parentagegeboorte, begin, ontstaan, opkomstביאה לעולם (נ), הולדת (נ), היוולדות (נ), יציאה לעולם (נ), לידה (נ), מולד (ז), מליטה (נ), הֻלֶּדֶת, הִוָּלְדוּת, מְלִיטָהgeboortefødselγέννηση, γέννα, τοκετόςnaskiĝonacimientoszületésnascita誕生, 出生, 発生, 起源natiofødsel, opphavnascimentofödelse, börddoğumمِيلادnarozenísyntymärođenje출생narodzinyрождениеการเกิดsự sinh đẻ出生раждане出生 (nɛsɑ̃s)
nom féminin
fait de naître
qui apparaît dès la naissance

naissance

[nɛsɑ̃s] nfbirth
lieu de naissance → place of birth
votre date de naissance → your date of birth
aveugle de naissance → born blind
Français de naissance → French by birth
donner naissance à [+ enfant] → to give birth to (fig) → to give rise to
prendre naissance → to originate
à la naissance des cheveux → at the roots of the hair