nautonier, ière

NAUTONIER, IÈRE

(nô-to-nié, niè-r') s. m. et f.
Celui, celle qui conduit un navire.
Dans les horreurs de l'orage, le nautonier effrayé dit un adieu éternel aux flots ; mais, aussitôt que la mer est un peu apaisée, il se rembarque [BOSSUET, 4e sermon pour le 1er dim. de carême, 1]
Comme Alexandre envoya cinq cents talents en Phénicie et en Syrie pour en faire venir des nautoniers qu'il voulait placer dans les colonies qu'il répandait sur les côtes [MONTESQ., Esp. XXI, 8]
Tel à peine échappé des fureurs de l'orage, Le nautonier pâlit en contant son naufrage [DELILLE, Imagin. II]
Le nautonier des sombres bords, Caron. Nautonier est usité surtout en poésie, ou en parlant de la marine des peuples anciens, ou dans le style élevé.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Nos devon entendre notenier cil qui moine [mène] nef, jà seit ce que l'en apele noteniers toz cels qui sunt en nés [nefs] [, Liv. de jost. 120]
    Bien sot tenir li notonier à la cité le droit sentier [, Fl. et Bl. v. 1397]
    Quant notonier par la mer vont, Qui as estoiles lor cors [course] font [GUI DE CAMBRAI, Barl. et Jos. p. 345]

ÉTYMOLOGIE

  • Dérivé de l'ancien franç. noton (Parmi la mer salée, sans sigle et sans noton, Ch. d'Ant. VII, 760), qui vient du latin nauta, contraction de navita, marinier, de navis, nef (voy. NEF).