nerf

nerf

[ nɛr] n.m. [ du lat. nervus, ligament ]
1. Cordon blanchâtre, conduisant les messages du cerveau aux différents organes et réciproquement : Les nerfs moteurs, sensitifs.
2. (Employé abusivement) Dans la viande, ligament : Cette viande est pleine de nerfs.
3. Ce qui fait la force de qqch, l'énergie physique ou morale de qqn : La mise en scène manque de nerf force, puissance dynamisme, vigueur ; mollesse
4. Ce qui est la condition d'une action efficace : Le nerf de la victoire, c'est le travail moteur, ressort [litt.]
Le nerf de la guerre,
l'argent.
Nerf de bœuf,
matraque faite avec le ligament cervical postérieur du bœuf ou du cheval, desséché et traité.

nerfs

n.m. pl.
Cour. Système nerveux considéré comme le siège de la résistance psychologique, de l'équilibre mental : Avoir les nerfs fragiles.
Avoir les nerfs en boule ou en pelote,
Fam. se trouver dans un état de grand agacement.
Crise de nerfs
Être ou vivre sur les nerfs,
dans un état de tension nerveuse permanente.
Guerre des nerfs,
ensemble des procédés (intoxication, désinformation, etc.) visant à affaiblir, à déstabiliser l'adversaire.
Paquet ou boule de nerfs,
Fam. personne très nerveuse, irritable.
Passer ses nerfs sur qqn, sur qqch,
manifester contre eux une irritation dont la cause est ailleurs.
Taper ou porter sur les nerfs,
Fam. causer un vif agacement : Sa condescendance me tape sur les nerfs.

NERF

(nèrf, d'après l'Académie, qui dit qu'au singulier l'f se fait sentir ; cependant plusieurs disent nêr sans f ; et dans tous les cas l'f est toujours muette dans nerf de bœuf ; au pluriel, l'f ne se fait jamais sentir : des nêr ; l's ne se lie pas : des nêr affaiblis ; cependant quelques-uns lient l's : des nêr-z affaiblis) s. m.
Nom donné dans une très ancienne anatomie, et alors que l'on n'avait pas fait la distinction des nerfs proprement dits, aux ligaments et aux tendons ; acception qui s'est conservée dans le langage vulgaire. Un nerf foulé.
Quand l'âge dans mes nerfs a fait couler sa glace [CORN., Cid, I, 6]
C'est pour cette raison que jusqu'aujourd'hui les enfants d'Israël ne mangent point du nerf des bêtes, se souvenant de celui qui fut touché en la cuisse de Jacob [SACI, Bible, Genèse, XII, 32]
Ils ont été tellement frappés de la frayeur que leur a donnée notre canon, que les nerfs du dos qui servent à se tourner, et ceux qui font remuer les jambes pour s'enfuir, n'ont pu être arrêtés par la volonté d'acquérir de la gloire [SÉV., 5 août 1676]
Tous les nerfs tendus et les bras entrelacés [de deux lutteurs] comme des serpents, chacun s'efforçant d'enlever de terre son ennemi [FÉN., Tél. V]
Proprement. Petits filaments qui mettent en communication le cerveau et la moelle épinière avec la circonférence du corps, et qui transmettent les sensations au centre et les volontés à la circonférence (nerfs blancs, ou cérébro-rachidiens, ou de la vie animale), et aussi petits filaments qui partent des ganglions et qui se rendent aux organes de la vie végétative, présidant aux fonctions de ces organes (nerfs gris, ou mous, ou sympathiques, ou végétatifs, ou de la vie organique). Les nerfs de la sensibilité. Les nerfs du mouvement.
Les uns font des nerfs un canal par lequel passe un fluide invisible ; les autres en font un violon dont les cordes sont pincées par un archet qu'on ne voit pas davantage [VOLT., Dict. phil. Anatomie.]
S'il est un caractère qui paraisse propre à l'homme, c'est d'être pourvu de nerfs [BONNET, Contempl. nat. III, 6]
La découverte de l'origine des nerfs a conduit à placer l'âme dans le cerveau [ID., Ess. anal. Ame, ch. 5]
Mais comment de ces nerfs le mobile faisceau De notre âme à nos sens, de nos sens à notre âme Va-t-il du sentiment communiquer la flamme ? [DELILLE, Trois règnes, VII]
Nerf intercostal, voy. INTERCOSTAL. Nerf grand sympathique, voy. SYMPATHIQUE. Avoir mal aux nerfs, éprouver des sensations mal définies, pénibles, qui portent à la tristesse. Donner sur les nerfs, causer de l'impatience. Attaque de nerfs, voy. ATTAQUE. Avoir ses nerfs, avoir des nerfs, être agacé, facile à agacer.
Nerf de bœuf, nom vulgaire de la partie épaisse du bord supérieur libre du ligament jaune élastique cervical postérieur du bœuf ou du cheval, desséchée et disposée artificiellement en forme de cylindre ; c'est par suite d'une erreur populaire que cette partie est prise pour le membre génital du bœuf, arraché et desséché. Soutenir avec des nerfs de bœuf les panneaux d'une porte.
Je vais appeler quelqu'un, demander un nerf de bœuf, te faire tenir par trois ou quatre, et te rouer de mille coups [MOL., D. Juan, IV, 1]
Et, si dans la province Il se donnait en tout vingt coups de nerf de bœuf, Mon père pour sa part en emboursait dix-neuf [RAC., Plaid. I, 5]
Nerf de bœuf, instrument de supplice dont étaient armés les surveillants de la chiourme dans les galères.
Tout nu, las ! en chemise Me faut ramer Nuit et jour sans feintise Sur cette mer ; Du nerf de bœuf sans cesse Battu je suis ; Je n'ai plus de caresse De mes amis, [, Chanson de 1621, dans JAL]
Il ramera sous le nerf de bœuf dans les galères d'Alger [J. J. ROUSS., Em. IV]
Terme de relieur. Ficelle qui est sur le dos d'un livre qu'on relie, et qui est recouverte par la peau ou le parchemin. Presser, pincer les nerfs d'un livre.
Cousez sur quatre nerfs ou sur six tout au plus ; Les nerfs multipliés sont au moins superflus [LESNÉ, la Reliure, p. 52, 1820]
Couture à nerfs fendus ; cette couture est la plus ancienne et la meilleure de toutes ; les deux nerfs se touchent, les nerfs de droite reçoivent un cahier, les nerfs de gauche en reçoivent un autre, et ainsi de suite, et alternativement chaque cahier est cousu sur toute sa longueur et à point arrière, c'est-à-dire que le fil fait un tour sur chaque ficelle ou nerf [ID., ib. p.152]
Nerf postiche ou faux nerf, ce qui simule un nerf.
Quand vous aurez taillé, paré vos couvertures, Ajoutez vos faux dos et vos fausses nervures ; Les nerfs étaient cousus au livre anciennement ; Mais, depuis que l'on tient pour un grand agrément Que les livres communs, comme les livres riches, Soient faits à dos brisés, on met des nerfs postiches [ID., ib. p. 68]
Cordes de différents instruments.
Et bande de tes mains les nerfs de ton rebec [RÉGNIER, Sat X]
.... Les nerfs brisés de la lyre expirante Sont foulés sous les pieds de la jeune bacchante [LAMART., Mort de Socrate]
Fig. Force, vigueur, comparée à la force que donnent les nerfs ou tendons.
La visite des Églises, qui est le nerf du gouvernement ecclésiastique [BOSSUET, Méd. sur l'Év. la Cène, 70e jour.]
Le serment fut toujours le nerf de leur discipline militaire [aux Romains] [MONTESQ., Rom. 1]
Le tribun se vanta d'avoir coupé les nerfs de l'ordre des sénateurs [ID., Espr. II, 18]
Quand un gouvernement n'a plus d'autre nerf que l'argent [J. J. ROUSS., Contr. 5]
Son objet principal devait être d'intercepter le commerce de ses ennemis, de leur couper le double nerf qu'ils tiraient de leurs matelots, de leurs capitaux, et de saper ainsi les deux fondements de la grandeur anglaise [RAYNAL, Hist. phil. XVIII, 49]
Cicéron, à qui l'on reprochait d'être flatteur et de manquer de nerf, n'était que ce qu'il fallait être pour persuader les Romains [MARMONTEL, Élém. de litt. t. VI, p. 384, dans POUGENS]
Le nerf des affaires, de la guerre, etc., l'argent.
Un bâtiment [que l'on construisait].... manquant du nerf de la guerre [SÉV., 26 oct. 1688]
J'aurais pour le succès quelque bonne espérance, Si de quelque argent frais nous avions le secours ! C'est le nerf de la guerre ainsi que des amours [REGNARD, Fol. amour. I, 7]
Parce qu'on ne s'égorge qu'à prix d'argent, et que ce nerf de la guerre manque à tous ceux qui la font aujourd'hui [D'ALEMB., Lett. au roi de Pr. 11 oct. 1782]
De l'or, mon Dieu ! de l'or ; c'est le nerf de l'intrigue [BEAUMARCH., Barb. de Sév. I, 6]
Nerfs, au plur. Se dit quelquefois en architecture pour nervures. Nerfs d'ogives, corps saillants qui soutiennent les pendentifs.
Terme de pêche. Se dit des cordes qui sont attachées au bout de l'épervier, et qui servent à le serrer quand le poisson est pris.
Terme de métallurgie. Filaments allongés qui déterminent et annoncent la ténacité et la malléabilité d'un métal.
Le bon fer, c'est-à-dire le fer qui est presque tout nerf, est au moins cinq fois aussi tenace que le fer sans nerf et à gros chaînons [BUFF., Hist. min. Introd. Œuvr. t. VII, p. 66]

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Trestuit si nerf mult lui sont estendant [tous ses nerfs sont distendus par les chevaux qui le mettent en pièces] [, Ch. de Rol. CCXXI]
  • XIIIe s.
    Il en porroit venir apostumes, et porroit les niers ferir, dont maint peril aviennent [ALEBRANT, f° 41]
    Et sembloit bien langoreuse et malade vraiement ; car les ners de ladite jambe estoient contrez [, Miracles St Loys, p. 158]
  • XIVe s.
    Le nerf est de complecion froide et seiche, très sensible [H. DE MONDEVILLE, f° 9]
  • XVIe s.
    La poesie d'Antimachus et la peinture de Dionysius sont bien pleines de nerfs et vigueur, mais.... [AMYOT, Timol. 47]
    Puisque la defiance est un des principaux nerfs de la sagesse en temps si dangereux [LANOUE, 60]
    Le principal nerf en ceci est l'exemple et l'authorité du roi [ID., 93]
    Pour y attirer les nerfs [forces] des ennemis [D'AUB., Hist. II, 57]
    Ils ne purent trouver en ce courage nerf qui tendist à estre deserteur de ses amis [ID., ib. II, 233]
    Nerf est icy usurpé largement pour ligament, nerf et tendon [PARÉ, I, 8]

ÉTYMOLOGIE

  • Génev. nierfe, niarfe ; provenç. nervi ; espagn. nervio ; ital. nervo ; du lat. nervus ; en grec, le terme signifie proprement lien, corde, ligament, et, très tardivement, nerf. Comparez anc. haut all. snara, all. mod. Schnur, corde.

nerf

NERF. (L'F se prononce devant une voyelle et quelquefois quand il termine une phrase.) n. m. Chacun des petits filaments blanchâtres qui, distribués dans tout le corps, transmettent au cerveau les sensations provoquées par les objets extérieurs ou par l'organisme lui-même, et aux muscles les impulsions motrices. Les conjugaisons des nerfs. Nerf de la première, de la seconde conjugaison, etc., La racine antérieure, la racine postérieure des nerfs. Nerf de la première, de la seconde paire, etc., Les nerfs de la sensibilité. Les nerfs du mouvement, Le nerf intercostal. Le nerf caverneux. Le nerf optique. Le nerf sciatique. Le nerf grand sympathique, Les nerfs crâniens. Les nerfs spinaux. Maladie de nerfs. Attaque de nerfs. Avoir mal aux nerfs. Avoir les nerfs irritables, agacés. Cela fait mal aux nerfs. Cela donne, cela porte sur les nerfs. Cela calme les nerfs.

Fam., Avoir ses nerfs se dit d'une Personne qui se montre agacée, énervée.

Il se dit improprement, dans le langage vulgaire, des Ligaments des muscles. Un nerf foulé. La contraction des nerfs. Le nerf du jarret.

Nerf de boeuf, Partie épaisse du ligament cervical et postérieur du boeuf, qu'on a fait sécher et dont on se sert comme canne ou comme matraque. Donner des coups de nerf de boeuf.

NERF signifie figurément Force, vigueur. Cet homme a du nerf, on ne le fait pas fléchir aisément. Il n'a pas de nerf, la moindre résistance le fait céder. Ce style manque de nerf.

Prov., L'argent est le nerf de la guerre, On ne soutient la guerre qu'avec beaucoup d'argent.

NERF se dit, par analogie, en termes de Reliure, des Cordelettes qui sont placées au dos du livre à relier et sur lesquelles on coud les cahiers. Livre cousu sur nerfs. Faux nerfs, Petites bandes de carton souple collées sous le dos d'un livre qu'on relie, pour imiter les nerfs.

nerf

Nerf, Neruus.

Les nerfs ausquels pendent les genitoires, Cremasteres.

Petit nerf, Neruulus.

Nerfs retirez, Conuulsi nerui.

Qui a les nerfs retirez, Spaticus.

Retirement de nerfs, Spasmus, siue Spasma spasmatis.

Plein de nerfs, Neruosus.

Qui a mal aux nerfs, Neuricus.

nerf


NERF, s. m. NERVER, v. act. NERVEUX, EûSE, adj. NERVûRE, s. f. [Nêrf, nêrvé, veû, veû-ze, vû-re: 1re ê ouv. 2 é fermé au 1er, lon. aux trois aûtres.] Nerf, 1°. se dit proprement de cordons blanchâtres du corps humain, de diférente grôsseur, qui tirent leur origine du cerveau. "Les nerfs sont regardés comme les organes des sensations. = 2°. Moins proprement, on le dit des tendons des muscules. "Il s' est foulé le nerf. = 3°. On dit, figurément, que l'argent est le nerf de la guerre; et plus élégamment, d'un discours faible, d'un style languissant, qu'il est sans nerf, qu'il n'y a point de nerf; et dans le sens contraire, qu'il est plein de nerf. On le dit aussi du gouvernement, mais on dit du nerf, et non pas un nerf. * "Tant de coups d'autorité, qu'on auroit jugé anoncer un (du) nerf dans le Ministère. Anon. = 4°. Les Relieurs apèlent nerfs les cordelettes qui sont au dôs du livre, et sur lesquelles les caïers sont cousus.
   Rem. On ne prononce point l'f dans le pluriel. Souvent même, au singulier, on le suprime dans la conversation. "Un nerf de beuf.
   NERVER, c'est garnir du bois avec des nerfs que l'on colle dessus. "Nerver un batoir, les arçons d'une selle. "Batoir bien nervé.
   NERVEUX, qui a de bons nerfs, fort, vigoureux. "Le pied est la partie du corps la plus nerveûse. = Figurément, plein de force et de solidité; style, discours nerveux. = En Médecine, genre nerveux, les nerfs du corps humain, pris collectivement. "Le genre nerveux est ataqué chez lui.
   NERVûRES, nerfs. (n°. 4°.) Cette partie d'un livre qui est formée par les cordes qui servent à relier. = En Architectûre, moulûres des consoles, des arcs doubleaux et des croisées d'ogives.

Synonymes et Contraires

nerf

nom masculin nerf
Ce qui fait la force de.
dynamisme, énergie, puissance, tonus, vigueur -familier: muscle -littéraire: ressort.
Traductions

nerf

Nervnerve, gutszenuw, kracht, rib [gewelf], pitעצב (ז), עָצָבnervinervenervonerviotaugnervonervusnervonervnevaasap, sinirνεύροнервعَصَبٌnervhermoživac神経신경nervenerwเส้นประสาทdây thần kinh神经神經 (nɛʀ)
nom masculin
anatomie ensemble de fibres reliant les organes avec lecerveau

nerf

[nɛʀ]
nm
(ANATOMIE)nerve
(= vigueur) → spirit
avoir du nerf [personne] → to have spirit
manquer de nerf → to lack spirit
du nerf! → buck up! nerfs
nmplnerves
taper sur les nerfs de qn → to get on sb's nerves
Il me tape sur les nerfs → He gets on my nerves.
être sur les nerfs → to be on edge
être à bout de nerfs → to be at the end of one's tether
passer ses nerfs sur qn → to take it out on sb