nier

nier

v.t. [ lat. negare ]
Dire qu'une chose n'existe pas, n'est pas vraie ; rejeter comme faux : Il nie leurs accusations contester, réfuter ; reconnaître démentir ; affirmer, certifier

nier


Participe passé: nié
Gérondif: niant

Indicatif présent
je nie
tu nies
il/elle nie
nous nions
vous niez
ils/elles nient
Passé simple
je niai
tu nias
il/elle nia
nous niâmes
vous niâtes
ils/elles nièrent
Imparfait
je niais
tu niais
il/elle niait
nous niions
vous niiez
ils/elles niaient
Futur
je nierai
tu nieras
il/elle niera
nous nierons
vous nierez
ils/elles nieront
Conditionnel présent
je nierais
tu nierais
il/elle nierait
nous nierions
vous nieriez
ils/elles nieraient
Subjonctif imparfait
je niasse
tu niasses
il/elle niât
nous niassions
vous niassiez
ils/elles niassent
Subjonctif présent
je nie
tu nies
il/elle nie
nous niions
vous niiez
ils/elles nient
Impératif
nie (tu)
nions (nous)
niez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais nié
tu avais nié
il/elle avait nié
nous avions nié
vous aviez nié
ils/elles avaient nié
Futur antérieur
j'aurai nié
tu auras nié
il/elle aura nié
nous aurons nié
vous aurez nié
ils/elles auront nié
Passé composé
j'ai nié
tu as nié
il/elle a nié
nous avons nié
vous avez nié
ils/elles ont nié
Conditionnel passé
j'aurais nié
tu aurais nié
il/elle aurait nié
nous aurions nié
vous auriez nié
ils/elles auraient nié
Passé antérieur
j'eus nié
tu eus nié
il/elle eut nié
nous eûmes nié
vous eûtes nié
ils/elles eurent nié
Subjonctif passé
j'aie nié
tu aies nié
il/elle ait nié
nous ayons nié
vous ayez nié
ils/elles aient nié
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse nié
tu eusses nié
il/elle eût nié
nous eussions nié
vous eussiez nié
ils/elles eussent nié

NIER

(ni-é) , je niais, nous niions, vous niiez ; que je nie, que nous niions, que vous niiez v. a.
Dire qu'une chose n'est pas vraie ou n'est pas.
Il me nia le fait, mais d'une manière qui me le fit croire, parce qu'il me conjura de ne le pas publier [RETZ, Mém. t. II, liv. III, p. 245, dans POUGENS]
Les sadducéens, qui nient la résurrection, le vinrent trouver, et ils lui proposèrent cette question... [SACI, Bible, Évang. St Marc, XII, 18]
Vous étiez aussi avec Jésus de Nazareth ? mais lui le nia, en disant : Je ne le connais point, et je ne sais ce que vous dites [ID., ib. XIV, 67]
C'est une maladie naturelle à l'homme de croire qu'il possède la vérité directement ; et de là vient qu'il est toujours disposé à nier tout ce qui lui est incompréhensible [PASC., Espr. géom. I]
Souvenez-vous que nous avons vu nier dans Paris les expériences de Newton sur la lumière, et lui faire des objections plus frivoles [VOLT., Pol. et législ. Fragm. hist. Inde. XXVI]
Vous laissez les taupes, enterrées sous vos gazons, nier, si elles l'osent, l'existence du soleil [VOLT., ib. Instr. pour le Pr. royal, II]
Des avantages qui ne puissent être ni disputés ni niés ; or c'est ce qu'on trouve dans la naissance et dans la fortune [D'ALEMB., Ess. sur la soc. des g. de lett. Œuvr. t. III, p. 62, dans POUGENS]
Quand on nierait au christianisme ses preuves surnaturelles, il resterait de quoi prouver qu'il est le culte le plus divin et le plus pur [CHATEAUBR., Génie, IV, VI, 13]
Absolument.
C'est un des abus de ce tribunal [l'inquisition], que, de deux personnes qui sont accusées du même crime, celle qui nie est condamnée à la mort, et celle qui avoue évite le supplice ; ceci est tiré des idées monastiques [MONTESQ., Esp. XXVI, 12]
Nier Dieu, prétendre que Dieu n'existe pas.
Dieu fait part, au besoin, de sa force infinie ; Qui craint de le nier, dans son âme le nie [CORN., Poly. II, 6]
Son désespoir à la mort de ses enfants, porté jusqu'à nier la Providence [ROLLIN, Hist. anc. Œuvr. t. XI, 2e part, p. 735, dans POUGENS.]
Vous craignez qu'en adorant Dieu on ne redevienne bientôt superstitieux et fanatique ; mais n'est-il pas à craindre qu'en le niant on ne s'abandonne aux passions les plus atroces et aux crimes les plus affreux ? [VOLT., Dict. phil. Dieu.]
Nier suivi d'un autre verbe, régit de et l'infinitif, lorsque le verbe régi se rapporte au sujet de la phrase.
Il nie d'avoir rien touché, pour se mettre dans le rang des créanciers [SÉV., 10 nov. 1675]
Il a nié d'avoir prétendu deux fois dans le consistoire.... [J. J. ROUSS., dans GIRAULT-DUVIVIER]
Si le verbe régi ne se rapporte pas au sujet de la phrase, on met que et le subjonctif.
Si cette vie est le champ fécond dans lequel nous devons semer pour la glorieuse immortalité.... l'on ne peut nier que la longue vie ne soit souhaitable [BOSSUET, Yol. de Monterby.]
On peut employer la même tournure quand les deux verbes ont le même sujet. Il nie qu'il se soit trouvé dans cette maison.
Nier un dépôt, une dette, nier qu'on ait une dette à payer, un dépôt à rendre.
Doutez-vous de ma probité, monsieur ? vos cent écus ! j'aimerais mieux vous les devoir toute ma vie, que de les nier un seul instant [BEAUMARCH., Barb. de Sév. III, 5]
En termes d'argumentation, ne pas demeurer d'accord d'une proposition. Nier un principe. Il a accordé la majeure et nié la mineure.
Il ne faut point imputer les conséquences à qui les nie [BOSSUET, 3e avert. 2]
Refuser, ne pas accorder.
Et je n'ai pu nier au tourment qui le tue Quelques moments secrets d'une si chère vue [MOL., D. Garc. III, 2]
Et tâcher par des soins d'une très longue suite D'obtenir ce qu'on nie à leur peu de mérite [ID., Mis. III, 1]
Il demeure libre d'octroyer la demande ou de la nier [PASC., Prov. VIII]
Se nier, v. réfl. Être nié. Ce sont là des choses qui se nient facilement.

REMARQUE

  • 1. Nier employé avec une négation est suivi ordinairement de la négative ne :
    Je ne puis pas nier qu'il n'y ait eu des Pères de l'Église qui ont condamné la comédie ; mais on ne peut pas me nier aussi qu'il n'y en ait eu quelques-uns qui l'ont traitée un peu plus doucement [MOL., Tart. Préface]
    Vous ne sauriez nier qu'un homme n'apprenne bien des choses quand il voyage [FÉN., Dial. des morts, n° 17]
    Je ne nie pas que je ne sois infiniment flatté.... [VOLT., Lett. Mme du Bocage, 19 sept. 1764]
  • 2. On peut aussi supprimer ce ne :
    Je ne nie pas qu'il ait fait cela [, Dict. de l'Académie]
    Je ne nie pas qu'il ait raison [J. J. ROUSS., dans GIRAULT-DUVIVIER]
  • 3. On met également ne quand le verbe paraît sous une forme interrogative : Peut-on nier qu'il n'ait avancé cette proposition ? Mais ici aussi le ne peut se supprimer : Niez-vous qu'il en soit ainsi ?

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Puisqu'il le nie, sire, vez-ci mon gant [, Ronc. p. 181]
  • XIIIe s.
    Li plus sage paien en furent moult dolent : Volentiers s'en r'alassent ariere en orient, Mais plus en ot de fols qui en furent noiant [, Ch. d'Ant. VII, 556]
    Mais ce ne sui-je pas [ce n'est pas moi], sachiez, je vous le noi, Berte, cv. De ce qu'ele le noie, tous [j'] en sui trespensés [, ib. CXXI]
    L'ostel, dit-il, tel cum veés, Prenés, jà ne vous iert neés [refusé] [, la Rose, 12378]
  • XIVe s.
    La pensée qui afferme ou nie [ORESME, Eth. 183]
    Teles vertus selon lesqueles l'ame dit verité ou en affermant ou en noiant [ID., ib. 173]
  • XVIe s.
    Qui est-ce qui niera que cela n'ait esté fait par esprit prophetique ? [CALV., Instit. 40]
    Il faut qu'il nie quant et quant, que la transgression de la loy n'est point peché [ID., ib. 488]
    Il nie qu'il n'a point esté creé apostre ne des hommes, ne par hommes, mais par Jesus-Christ [ID., ib. 854]
    Il ne nioit point qu'il n'eust Cleopatre, mais aussi ne confessoit il point qu'il la tinst pour sa femme [AMYOT, Anton. 38]
    Il nia qu'il l'eust prise, mais il en fut trouvé saisy [ID., ib. 104]

ÉTYMOLOGIE

  • Wallon, noiî ; provenç. negar, neguar, nejar, neyar ; espagn. et portug. negar ; ital. negare ; du lat. negare, que les étymologistes latins dérivent de nec et du radical du verbe ajo, aio, je dis ; mais à tort : car c'est le dénominatif de la négation nec, où le c s'est changé en g, comme dans neg-otium. La régularité de la conjugaison exclut la composition avec aio.

nier

NIER. v. tr. Dire qu'une chose n'est pas vraie, soutenir qu'une chose n'est pas. Nier un fait. C'est une vérité qu'on ne peut nier. Nier cette vérité, c'est nier qu'il fasse jour en plein midi. Il demeure d'accord du droit, mais il nie le fait, il le nie formellement. Je ne nie pas qu'il ait fait cela. Il nie que cela soit. Absolument, Toute les fois que j'affirme, vous niez.

Nier une dette, un dépôt, Soutenir qu'on n'a pas à payer cette dette, qu'on n'a pas à rendre compte de ce dépôt.

NIER signifie aussi, en termes de Philosophie, Ne pas demeurer d'accord d'une proposition. Il ne faut pas disputer contre ceux qui nient les principes. Nier une conséquence. Il a accordé la majeure et nié la mineure.

nier

Nier, Negare, Abnuere, Diffiteri, Inficiari, Ire inficias, Recusare.

Aucunement nier ou presque, Subnegare.

Nier rondement quelque chose à aucun, Nier tout à trac, Luy couper la broche, Praecidere plane, Praecise negare.

Ils nient qu'il y ait un homme de bien, s'il n'est sage, Negant quenquam virum bonum esse nisi sapientem.

Je ne nie pas que, etc. Non recuso quin, etc.

Nul ne nie cela, mais chacun le confesse, Venit in confessum ea res.

Il n'y a personne qui le nie, In confesso est, Constat inter omnes.

Il ne pourra nier, Causam haud dicere poterit. B.

Nier un fait allegué par partie, Recusare. B.

Qui nie une debte, Inficiator.

Ceux qui nient tout ce qu'on leur demande, Inficiatores, B.

Qui nie, Negatiuus.

On ne le nie pas, Non abnuitur.

Niant, Negans.

nier


NIER, v. act. et neut. [Ni-é: 2eé fer. devant l'e muet, l'i est long: il nîe. Au futur, cet e muet ne se prononce pas: il niera, il nieroit; pron. nîra, nîrè.] Dire qu'une chôse n'est pas vraie. "Nier un fait: il nie le fait. = V. n. Il régit que et le subjonctif: il nîe que cela soit.
   Rem. 1°. Dans la phrâse négative, il est mieux de mettre la particule ne devant le verbe régi. Vaug. "Je ne nie pas que je ne l'aie dit, est mieux que je ne nie pas que je l'ai dit. Celui-ci est français, mais l'autre est bien meilleur. * Mallebranche, dans la même phrâse, retranche la négative à un membre et la met à l'autre. "Ils ne nient pas que la douleur soit un mal, et qu'il n' y ait de la peine dans la désunion des chôses auxquelles nous sommes unis par la Nature. = Le P. Bouchet a fait la même faûte. "Il n'est donc pas possible de nier que le Démon n'ait un véritable pouvoir sur les gentils, et que ce pouvoir cesse aussitôt qu'ils ont fait quelque démarche pour renoncer à l'Idolâtrie. — Il falait, dans le 2d membre, ne cesse, comme il y a n'ait dans le 1er. = J. J. Rousseau retranche aussi la négative. "Je ne nie pas qu'il ait raison. "Je ne nie pas qu'il y ait de Grands Hommes qui, etc. — Qu'il n'ait raison, et qu'il n'y ait de Grands Hommes, etc. irait mieux. = Il faut apliquer cette règle au sens interrogatif, qui a souvent le même éfet que le négatif. "Peut-on nier que cette partie du monde doive suffire à M. Simon. Boss.Ne doive sufire serait plus régulier. = Au contraire, quand nier est employé dans le sens afirmatif, il ne faut point de négation au verbe qu'il régit. Nier que la puissance divine ne s'étende pas à une telle production... me parait une des plus hardies témérités. Crouzas, Réflex. sur Pope. Il falait, nier qu'elles s'étende; ou bien, assurer qu'elle ne s'étend pas. — C'est comme ceux qui disent: je vous défends de ne pas faire; au lieu de dire: je vous défends de faire. = 2°. Nier régit que et le subjonctif, quand le verbe qui est régi ne se raporte pas au sujet de la phrâse (au nominatif) de nier: je ne nie pas que vous ne soyiez fondé, etc. * "Ils ont nié que Dieu veut (veuille) le péché en tant que péché. Leibnitz. Quand il s'y raporte, on met de et l'infinitif. "Il a nié d'avoir prétendu deux voix dans le consistoire. J. J. Rouss. = 3°. Nier n'a pas le sens de refuser; et Molière n'est pas à imiter, quand il dit:
   Et je n'ai pu nier au tourment qui le tue,
   Quelques momens secrets d'une si chère vue.
On dit, dans le Dict. de Trév. que dans ce sens, il n' est ni dans le Dict. de l'Acad. ni dans aucun Auteur qu'on ait pu consulter, (ces vers de Molière avaient échapés aux recherches) qu'il parait venir du pays latin, et qu'il n'est pas du bel usage.

Synonymes et Contraires
Traductions

nier

verneinen, leugnen, negieren, bestreitendeny, drown, gainsayontkennen, loochenen, betwisten, niet erkennenאיין (פיעל), הזים (הפעיל), הכחיש (הפעיל), כיחד (פיעל), כפר (פ'), אִיֵּן, כָּפַר, כִּחֵד, הֵזִים, הִכְחִישׁانكر نفي, يُنْكِرُnegarnegare, disdirenegarотнекиваться, отрицатьpopřítnægteδιαψεύδωkieltäänijekati否定する부정하다nektezaprzeczyćförnekaปฏิเสธinkar etmekphủ nhận否认拒絕 (nje)
verbe transitif
dire qu'une chose est fausse, ne pasadmettre nier un fait

nier

[nje] vt → to deny