noble

noble

adj. et n. [ du lat. nobilis, illustre ]
Qui appartient à la catégorie sociale qui, de par la naissance ou la décision des souverains, jouit de certains privilèges (par opp. à roturier) : Une famille noble
aristocratique : Une noble
adj.
1. Qui appartient à un noble, à la noblesse : Un nom noble.
2. Qui a de la dignité, qui manifeste de la grandeur : Un geste noble
sublime ; vil : Un noble caractère
3. Qui suscite l'admiration, le respect par sa distinction : Une noble allure
4. Qui se distingue par sa qualité : Un matériau noble

NOBLE

(no-bl') adj.
Qui appartient à une classe distinguée ou privilégiée dans l'État par droit de naissance. Il est noble par sa naissance, noble de naissance, noble d'extraction.
Des plus nobles d'entre eux et des plus grands courages N'avez-vous pas les fils dans Osca pour otages ? [CORN., Sertor. I, 2]
Je n'ai pas fait difficulté de rappeler son origine [de Voiture, fils d'un marchand de vin], parce que, suivant mon sentiment, si ceux qui naissent nobles sont plus heureux, ceux qui mériteraient d'être nobles sont plus louables [PELLISSON, Hist. Acad. IV, Voiture.]
Croyez-vous.... que ce nous soit une gloire d'être sortis d'un sang noble, lorsque nous vivons en infâmes ? [MOL., D. Juan, IV, 6]
Voulant dérober leur vie aux cruelles persécutions qui ont accompagné les désordres de Naples, et qui en firent exiler plusieurs nobles familles [ID., l'Avare, V, 5]
L'on a trouvé le moyen de distinguer les naissances illustres d'avec les naissances viles et vulgaires, et de mettre une différence infinie entre le sang noble et le roturier, comme s'il n'avait pas les mêmes qualités [BOSSUET, Gornay.]
La noble maison de Wignerod, originaire d'Angleterre, établie en France sous le règne de Charles VII [FLÉCH., Aiguill.]
Il y a des gens qui n'ont pas le moyen d'être nobles [LA BRUY., XIV]
Il n'y a rien à perdre à être noble : franchises, immunités, exemptions, priviléges, que manque-t-il à ceux qui ont un titre ? [ID., ib.]
Familièrement. Être noble comme le roi, être d'une extraction fort noble, que personne ne conteste.
D'après mon blason Je crois ma maison Plus noble, ma foi, Que celle du roi [BÉRANG., Carabas.]
Il est fou, ou le roi n'est pas noble, il est fou incontestablement. Se dit de ce qui appartient à un noble, à une famille noble. Un fief est une terre noble. Garde noble. Terme de jurisprudence féodale. Biens nobles, les biens qui étaient tenus en fief. Noble abbaye, abbaye où l'on ne pouvait être reçu sans être noble.
Noble homme, qualité que prenaient quelquefois, non-seulement ceux qui étaient nobles, mais aussi quelques bourgeois, dans les actes qu'ils passaient.
Veut-on d'ailleurs qu'il fasse de son père un noble homme, et peut-être un honorable homme, lui qui est messire ? [LA BRUY., VI]
Quoi ! parce que, dans nos temps modernes, quelques bourgeois ont pris la qualité de nobles hommes, un passage de la vie de Louis le Débonnaire s'appliquera à ces sortes de gens ? [MONTESQ., Esp. XXX, 25]
Ayant toujours pris et porté le titre de noble homme, c'est aux généalogistes à nous apprendre le sens précis de cette expression, surtout dans certaines provinces [D'ALEMB., Éloges, Fléchier.]
Noble, se dit d'un cheval qui a de la beauté dans les formes et surtout dans l'avant-main. Terme de fauconnerie. Se dit des oiseaux de proie susceptibles d'être dressés pour la chasse.
Terme de grammaire. La personne la plus noble, celle dont la relation est plus proche avec celui qui parle. La 1re personne est plus noble que la 2e, et la 2e plus noble que la 3e. Le genre le plus noble, se dit du masculin comparé au féminin, et du féminin comparé au neutre.
Fig. Distingué, relevé au-dessus des autres.
L'Écriture sainte nous apprend qu'il [Dieu] a des soins particuliers de ceux qu'il porte sur le trône et qu'il met à la tête de son peuple ; ce sont ses créatures les plus nobles, revêtues de sa puissance et de sa grandeur, et faites proprement à sa ressemblance et à son image [FLÉCH., Mar.-Thér.]
L'étude qu'il fit de cette noble et savante antiquité qu'il regardait comme la source de la raison et de la politesse de nos siècles [ID., Duc de Mont.]
La plus noble conquête que l'homme ait jamais faite est celle de ce fier et fougueux animal qui partage avec lui les fatigues de la guerre et la gloire des combats [BUFF., Cheval.]
Auguste, grand.
Il appartenait au roi de garder une si noble partie de son sang [les princes de Condé et de Conti arrêtés] [BOSSUET, le Tellier.]
Une longue et paisible jouissance d'une des plus nobles couronnes de l'univers [ID., Reine d'Anglet.]
En bannissant ses rois, Rome à ce nom, si noble et si saint autrefois, Attache pour jamais une haine puissante [RAC., Bérén. II, 2]
Sait-il déjà son nom et son noble destin ? [ID., Athal. I, 2]
Je songe avec respect de combien je suis née Au-dessous des grandeurs d'un si noble hyménée [ID., Mithr. IV, 4]
Plein de gloire, plein de dignité.
Lorsqu'après un long et pénible travail, loin du bruit de la ville et du tumulte des affaires, il allait jouir d'un noble repos dans sa retraite de Bâville [FLÉCH., Lamoign.]
Mais par de vrais combats, par de nobles dangers [RAC., Bajaz. III, 4]
Une pauvreté noble est tout ce qui me reste [VOLT., Zaïre, I, 4]
Plein de grandeur morale, en parlant des affections, des sentiments.
Mais peut-être que les passions plus nobles et plus généreuses seront plus capables de la remplir [l'âme] [BOSSUET, la Vallière.]
Un cœur noble ne peut soupçonner en autrui La bassesse et la malice Qu'il ne sent point en lui [RAC., Esth. III, 9]
À l'aspect de ce front dont la noble fureur Tant de fois dans leurs rangs répandit la terreur [ID., Mithr. V, 4]
Ses superbes coursiers, qu'on voyait autrefois Pleins d'une ardeur si noble obéir à sa voix [ID., Phèdre, V, 6]
Une noble pudeur à tout ce que vous faites Donne un prix que n'ont point ni la pourpre ni l'or [ID., Esth. III, 4]
Que vous inspire une si noble audace ? [ID., Bajaz. IV, 7]
Son âme est noble au moins ; car elle est sans orgueil [VOLT., Scythes, I, 1]
Ironiquement.
Vous [Andromaque] me haïssez plus que tous les Grecs ensemble ; Jouissez à loisir d'un si noble courroux [RAC., Androm. III, 6]
Il se dit des personnes, dans le même sens que pour les choses.
Fontenelle et Lamotte, toujours mesurés, et par conséquent toujours nobles avec les grands, toujours sur leurs gardes avec eux sans jamais le paraître [D'ALEMB., Éloges, Lamotte.]
Libéral, généreux.
Quoiqu'il n'y ait jamais eu de roi plus noble, saint Louis ne sut-il pas régler ses dépenses ? [FLÉCH., Panég. St Louis.]
Terme de littérature. Qui est élevé au-dessus du langage vulgaire. Le genre noble.
Quelle est donc la marque infaillible pour savoir si, dans les anciens, un tour, une image, une comparaison, un mot est noble ou ne l'est pas ? [MARMONTEL, Élém. litt. Œuv. t. VIII, p. 506, dans POUGENS]
Il [un traducteur d'Hérodote] ne nommera pas le boulanger de Crésus, le palefrenier de Cyrus, le chaudronnier Macistos ; il dit grand panetier, écuyer, armurier, avertissant en note que cela est plus noble [P. L. COUR., Traduction d'Hérod. Préface]
Style noble, style qui choisit des expressions en parfait rapport avec le sujet qu'on traite, ou qui même s'élève au-dessus du sujet, si celui-ci descend trop bas pour que le langage le suive.
Le style le moins noble a pourtant sa noblesse [BOILEAU, Art p. I]
Ils croient que le style noble est celui du blason [P. L. COUR., Procès.]
Terme de beaux-arts. Se dit de tout ce qui se distingue par la sagesse de l'ordonnance, l'élégance des formes, la gravité tempérée et l'élévation du style. Architecture noble, celle qui impose par la justesse des proportions, la simplicité du plan, le choix sans profusion des ornements et une juste mesure entre des dimensions trop petites ou trop grandes. En termes de théâtre, père noble, se dit du rôle des pères et des hommes qui ont âge et autorité.
En physiologie, les parties nobles, le cœur, le foie, le cerveau, etc.
Je ne m'étonne pas, ma chère fille, si vos parties nobles ont été si culbutées [SÉV., 21]
Terme de minéralogie. Se dit des filons riches en minerai, et des métaux qui ne s'oxydent point au feu.
En général, c'est dans les montagnes de schiste ou d'ardoise que se trouvent en Hongrie les plus nobles veines de cuivre [BUFF., Min. t. V, p. 130]
10° S. m. Celui qui, par sa naissance ou par les lettres du prince, fait partie d'une classe privilégiée. En Angleterre on n'appelle proprement nobles que ceux qui ont le titre de duc, de marquis, de comte, de vicomte ou de baron.
Lui [Jésus] qui a méprisé toutes les grandeurs, qui n'a appelé ni beaucoup de sages, ni beaucoup de nobles [BOSSUET, Gornay.]
Un noble, s'il vit chez lui dans sa province, il vit libre, mais sans appui [LA BRUY., VIII]
Le noble de province, inutile à sa patrie, à sa famille et à soi-même, souvent sans toit, sans habits et sans aucun mérite, répète dix fois le jour qu'il est gentilhomme [ID., XI]
Il faut qu'il y ait, pour un temps ou pour toujours, un magistrat qui fasse trembler les nobles, comme les éphores à Lacédémone, et les inquisiteurs d'État à Venise [MONTESQ., Esp. V, 8]
À Venise, les lois forcent les nobles à la modestie [ID., ib. VII, 3]
Un noble vénitien avait plus d'or dans son coffre et plus de vaisselle d'argent sur sa table, que l'empereur Maximilien surnommé Pochi Danari [VOLT., Dict. philos. Argent.]
Tous ces nobles sans gloire ou connus par leurs vices [DUCIS, Othello, II, 1]
L'abandon total de Moscou ne coûta guère plus à obtenir que celui du moindre village ; là, comme à Vienne, Berlin et Madrid, les principaux nobles n'hésitèrent point à se retirer à notre approche ; car il semble que pour ceux-là rester serait trahir [SÉGUR, Hist. de Nap. VIII, 2]
En France, sous l'ancien régime, on appelle noble celui qui, étant anobli, commence la noblesse de sa famille ; ceux qui naissent de lui ont le titre de gentilhomme. Un ancien gentilhomme se nomme un homme de condition ; et un gentilhomme d'une famille illustrée, homme de qualité. Tout gentilhomme est noble, mais tout noble n'est pas gentilhomme ; le prince fait des nobles, mais le sang fait des gentilshommes, Dictionn. de l'Acad.
Combien de nobles, dont le père et les aînés sont roturiers ! [LA BRUY., XIV]
Dans l'ancienne Rome, noble se disait de ceux qui avaient une longue suite d'aïeux célèbres ou connus, qu'ils appartinssent ou non à l'ordre privilégié des patriciens. Il y avait des familles très nobles parmi les plébéiens.
11° S. m. Le noble, ce qui a un caractère élevé au-dessus du vulgaire. Le grand et le noble.
12° Nom d'une ancienne monnaie d'or d'Angleterre et de France ; la valeur en varie de 20 à 24 francs. Ce fut sous Édouard III que les nobles à la rose furent frappés en Angleterre, avec les roses des maisons d'York et de Lancastre.
[Le singe] Détachait du monceau, tantôt quelque doublon, Un jacobus, un ducaton, Et puis quelque noble à la rose [LA FONT., Fabl. XII, 3]
13° Noble épine, aubépine, et quelquefois épine-vinette.

PROVERBE

    Un noble, s'il n'est à la rose, Vaut parfois bien peu de chose, dicton tiré du noble à la rose, et qui signifie que la noblesse sans la richesse a peu de valeur.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Noble vassal vous i seult hom clamer [on a coutume de vous nommer] [, Ch. de Rol. XXVI]
    Il veit gesir le nobile baron [, ib. CLXIII]
    Et Olivier son noble compaignon [, ib. CCLXIX]
  • XIIe s.
    Muillers out dous [il eut deux femmes] : la plus noble fud clamée Anna, et l'altre Phenenna [, Rois, p. 1]
  • XIIIe s.
    La roÿne qui puis porta le noble fruict [enfant] [, Berte, XXXVI]
    Je veuil qu'o vous s'en voist [aille] noble chevalerie [, ib. LXXII]
    Ô moi venrez [vous viendrez] en France la terre noble et gent [, ib. CXI]
    Tel se fait noble par tençon, Et veult menacier et parler, Qui moult petit est à douter [craindre] [MARIE, Fable 23]
    Noble [nom du roi des animaux, le lion, dans le roman du Renart] a crolé un poi la teste, Quant la parole a entendue [, Ren. 6098]
  • XIVe s.
    Fistule qui est en membre noble [H. DE MONDEVILLE, f° 90, verso.]
    Cy commence le premier livre d'ethiques, et traicte le premier chapitre de la fin et du fruict de ceste noble science [ORESME, Eth. II]
    Et acheta.... [plusieurs prisonniers], et en paya vingt mille nobles tous appareillés [FROISS., I, I, 272]
    Le bon doit amer et affecter le bon ; le noble, le noble ; le vertueux, le vertueux [E. CHASTELAIN, Exposition sur vérité mal prise.]
    Nobles chairs, c'est à sçavoir cerfs, biches, dains, sangliers, porcs et autre venayson [donnée aux gentilhommes, dames et damoiselles, par opposition aux bœufs et moutons donnés à tout le monde] [, Perceforest, t. I, f° 118]
    Ce fol langage court aujourd'hui entre les curiaulx [gens de cour], que le noble homme ne doit sçavoir les lettres, et tiennent à reprouche de gentillesse bien lire ou bien escrire [A. CHART., l'Esperance, p. 316]
  • XVIe s.
    Ceulx des plus nobles maisons avoient despendu tous leurs patrimoines en jeux et en festins [AMYOT, Cicér. 13]
    Il ostoit les biens à des nobles hommes et à des gens d'honneur, pour les bailler à des pendards [ID., Anton. 27]
    Neocles le pria, les larmes aux yeux, de vouloir pardonner à un si noble chef-d'œuvre [ID., Arat. 15]
    Et une si grande troupe de nobles, non seulement nobles de nom, mais qui par leur vertu honorent leur noblesse [MONT., I, 130]
    Rien de noble ne se faict sans hazard [ID., I, 134]
    Je crois sans doute qu'il sentit du plaisir en une si noble action [ID., II, 158]
    Noble est qui noblesse ne blesse et n'oublie [LEROUX DE LINCY, Prov. t. II, p. 89]
    Nul noble sans noblesse [ID., ib.]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. et esp. noble ; port. nobre ; ital. nobile ; du lat. nobilis, pour gnobilis (comparez i-gnobilis), digne d'être connu ; il vient du radical no, qui est dans novi, notum ; sanscr. Jna (a accent long), connaître.

noble

NOBLE. adj. des deux genres. Il se dit de Celui, celle qui, par droit de naissance ou par faveur spéciale, fait partie d'une classe privilégiée dans l'État ou distinguée dans la Société. Il est noble par sa naissance, noble de naissance, noble d'extraction. Être de noble sang, d'un sang noble, de race noble. Être noble de père et de mère, noble des deux côtés. Être noble en vertu de sa charge, noble par lettres du prince. Substantivement, Un noble, une noble. Faux noble. Petit noble.

Il désignait quelquefois, plus particulièrement, Celui qui était noble par lettres, et non de race. Ainsi l'on disait : Tout gentilhomme est noble, mais tout noble n'est pas gentilhomme. Le prince fait des nobles, mais le sang fait des gentilshommes.

Être noble comme le roi, Être d'une extraction fort noble, que personne ne conteste.

En termes de Jurisprudence féodale, Biens nobles, Biens qui étaient tenus en fief. Il désignent aussi les Biens francs et exempts de charges que les gentilshommes pouvaient seuls posséder. On disait dans le même sens Terre noble.

NOBLE signifie aussi Qui est naturellement élevé au-dessus des autres. La plus noble conquête de l'homme.

Les parties nobles du corps, Le coeur, le cerveau, etc.

En termes de Grammaire, Le genre le plus noble, Le masculin par rapport au féminin, le féminin par rapport au neutre.

NOBLE signifie, au figuré, Qui a ou qui annonce de la grandeur, de l'élévation, de la supériorité. Une âme noble et généreuse. Un coeur noble. Il a l'air noble, la taille le geste noble, la démarche noble. Il a des sentiments nobles. Un style noble. Des pensées nobles. Expression noble. Noble simplicité. Des plaisirs nobles. Il n'y a rien que de noble dans ses discours, dans sa conduite, dans ses manières, dans ses procédés. Toutes les figures de ce tableau sont nobles. Substantivement, Son goût était pour le grand et pour le noble.

Noble homme, Qualification que prenaient des bourgeois dans les actes.

En termes de Théâtre, Père noble, Rôle d'un personnage d'âge et d'importance. Il joue les pères nobles.

NOBLE, substantif, est aussi le Nom d'une ancienne monnaie d'or anglaise qui eut cours en France au quatorzième et au quinzième siècle. Un noble à la rose, Un noble qui portait la rose d'York ou celle de Lancastre.

noble

Noble, Generosus, Nobilis.

Noble et excellent, Superbus.

Il se dit noble, Agit se pro nobili. B. ex Suet.

Noble de trois lignées, Qui auum ciere proauumque nobilem potest. B.

Noble de quatre degrez, ou de quatre generations, Nobilium abnepotes. B. ex Suet.

Noble et excellent en quelque chose que ce soit, soit bonne ou mauvaise, Nobilis.

Nobles et de grande reputation en leur païs, Domi nobiles.

Fort noble. Pernobilis.

Noble terre, Terra antiqua.

Un noble à la rose, Rosatus, Nobilis rosatus. B.

Un noble Edouard, Eduardus Nobilis, Eduardeus. B.

noble


NOBLE, adj. et subst. NOBLEMENT, adv. NOBLESSE, s. f. [2e e muet aux deux premiers, è moyen au 3e: noble, bleman, blèce.] Noble, en parlant des persones, se dit de celui qui, par le droit de sa naissance ou les lettres du Prince, est d'un rang au-dessus du tiers-état. "Noble de naissance, d' extraction. "Il est devenu noble par lettres du Prince. = Subst. "Nouveau noble. "Les nobles et le peuple, etc. = On restreint quelquefois le nom de noble à ceux qui le sont par lettres, et non de race. "Le Prince peut faire des nobles; mais le sang seul fait des Gentilshommes. = En parlant des chôses qui ont raport à la persone, illustre, distingué, relevé au-dessus des aûtres chôses de ce genre: "Air noble: style noble. "Sentimens nobles; une âme noble. "Un noble orgueuil. = Dans le corps humain, on apèle parties nobles, le coeur, le cerveau, le foie, comme absolument nécessaires à la vie.
   Rem. Noble peut et doit même quelquefois précéder le substantif. "Nobles délassemens. Rouss. "Un noble loisir. Gress. Délassemens nobles, et loisir noble ne vaudraient rien du tout: mais, d'aûtre part, noble air, noble âme, noble style choqueraient l'oreille. Nobles parties la choquerait encôre davantage, parce que parties nobles est un terme consacré, et que ces sortes de termes et d'expressions ne veulent point être dérangés dans leur construction.
   NOBLEMENT, d'une manière noble; avec noblesse. "Faire les chôses noblement. = En Gentilhomme. "Ses Ancêtres ont toujours vécu noblement. Tenir noblement une terre; la tenir en fief.
   NOBLESSE, 1°. Qualité par laquelle on est noble. "Bone, anciène noblesse. "Noblesse d'épée ou de robe. Faire preûve de noblesse, etc. = Soutenir noblesse (fig. famil.) vivre noblement. = 2°. Tout le Corps des Nobles. "Le Corps de la Noblesse. "Assemblée de la Noblesse, et non pas de Noblesse, à moins qu' on ne parle d'une assemblée particulière de Gentils-hommes. = 3°. Figurément. "Noblesse d'âme, de coeur, de sentimens. "La noblesse des pensées. "Noblesse de style, d'expression. "Il y a beaucoup de noblesse dans sa conduite: il a montré beaucoup de noblesse dans ses procédés.
   Rem. 1°. Quand on veut parler de la qualité ou de la vertu, exprimée par ce mot, il n'a point de pluriel. On dit à plusieurs, comme à un seul, la noblesse de vos Ancêtres; la noblesse de vos sentimens, et non pas les noblesses. — Quand Fontenelle a dit, les grandes Noblesses, il voulait parler des grandes Maisons; encôre est-ce une locution de son invention, qui fait bien dans sa phrâse, et qui demande du goût, pour être bien placée. "S'il y a du fabuleux dans l'origine des grandes Noblesses, du moins il y a une sorte de fabuleux, qui n'apartient qu'à elles, et qui devient lui-même un titre. 2°. Noblesse, joint à un nom propre de Royaume, régit l'un ou l'aûtre article, selon le sens qu' il a. Quand on entend par ce mot le Corps des Nobles, il prend l' article indéfini de: La Noblesse de France, d' Italie, etc. Mais quand on entend par là les avantages, les prérogatives du pays, on met l'art. déf. de la: La noblesse de la France, de l'Italie. REGN. = 3°. Un Auteur anonyme traite noblesse comme un de ces termes collectifs qui exigent le pluriel dans le verbe qui les acompagne, quoiqu'ils soient eux-mêmes au singulier. "L' indépendance que la Noblesse s'efforçoit d'usurper à la faveur de leurs privilèges. Il falait, de ses privilèges. = L'usage n'admet point ce pluriel. = 4°. Entretenir noblesse est du style familier, et se dit au figuré, de toute autre chôse que la noblesse. "Et l'Italien, l'oublierez-vous? J'en lis toujours un peu pour entretenir noblesse. Sév.

Synonymes et Contraires

noble

adjectif noble
1.  Qui appartient à un noble.
3.  Qui suscite l'admiration.
beau, grand, haut, sublime, supérieur -familier: sélect -littéraire: relevé.

noble

nom noble
Personne de la noblesse.
aristocrate, gentilhomme, grand, hobereau, patricien, seigneur -littéraire: hidalgo.
Traductions

noble

(nɔbl)
adjectif
qui appartient à la haute classe de la société

noble

edel, Edelmann, edelmütig, erhaben, Adeligernoble, nobleman, lordly, high, noblewoman, sublime, supernaledel, nobel, edelman, adellijk, edelman/-vrouw, van adel, edeleאביר (ז), אציל (ז), אציל (ת), אצילי (ת), יפה נפש (ת), יקר רוח (ת), מיוחס (ת), נאצל (ת), שגיב (ת), תרומי (ת), אַבִּיר, אָצִיל, אֲצִילִי, יְפֵה נֶפֶשׁ, מְיֻחָסedelædelευγενήςnoblanoblejalobangsawan, muliaблагородныйädelnobrenobileблагородно
nom masculin-féminin

noble

[nɔbl]
adj
(= aristocrate) → noble
[métal] → precious
nm/f (= homme) → nobleman (= femme) → noblewoman