noyer


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1. noyer

[ nwaje] v.t. [ du lat. necare, tuer, de nex, necis, mort, meurtre ]
1. Faire mourir par asphyxie dans un liquide : L'assassin noie ses victimes.
2. Recouvrir d'eau ; mouiller abondamment : Les débordements de la rivière ont noyé les installations engloutir, inonder, submerger baignés de larmes
3. Étendre d'une trop grande quantité d'eau : Ne noyez pas cette sauce.
4. Enfermer dans une masse solide : Des poutres noyées dans le ciment.
5. Fig. Faire disparaître dans une masse confuse ; plonger dans la confusion : Vous noyez vos arguments dans des descriptions inutiles occulter embrouiller
Noyer dans le sang,
réprimer très violemment : Noyer une émeute dans le sang.
Noyer le poisson,
fatiguer un poisson pris à la ligne, de manière à l'amener à la surface ; fig., fam., embrouiller une question, un problème pour tromper ou lasser : Le témoin a noyé le poisson.
Noyer son chagrin, sa peine dans l'alcool,
boire pour les oublier.
Noyer un moteur,
provoquer un afflux excessif d'essence au carburateur, ce qui l'empêche de fonctionner.

se noyer

v.pr.
1. Périr par immersion : Elle s'est noyée dans le lac.
2. Fig. Se laisser submerger : Se noyer dans les détails se perdre
3. Disparaître dans un tout : Les fuyards se sont noyés dans la foule se fondre
Se noyer dans un verre d'eau,
échouer à cause d'une très petite difficulté, d'un très petit obstacle.

2. noyer

[ nwaje] n.m. [ du lat. nux, noix ]
1. Grand arbre au bois dur produisant les noix.
2. Bois de cet arbre, utilisé en ébénisterie : Des meubles en noyer.

noyer


Participe passé: noyé
Gérondif: noyant

Indicatif présent
je noie
tu noies
il/elle noie
nous noyons
vous noyez
ils/elles noient
Passé simple
je noyai
tu noyas
il/elle noya
nous noyâmes
vous noyâtes
ils/elles noyèrent
Imparfait
je noyais
tu noyais
il/elle noyait
nous noyions
vous noyiez
ils/elles noyaient
Futur
je noierai
tu noieras
il/elle noiera
nous noierons
vous noierez
ils/elles noieront
Conditionnel présent
je noierais
tu noierais
il/elle noierait
nous noierions
vous noieriez
ils/elles noieraient
Subjonctif imparfait
je noyasse
tu noyasses
il/elle noyât
nous noyassions
vous noyassiez
ils/elles noyassent
Subjonctif présent
je noie
tu noies
il/elle noie
nous noyions
vous noyiez
ils/elles noient
Impératif
noie (tu)
noyons (nous)
noyez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais noyé
tu avais noyé
il/elle avait noyé
nous avions noyé
vous aviez noyé
ils/elles avaient noyé
Futur antérieur
j'aurai noyé
tu auras noyé
il/elle aura noyé
nous aurons noyé
vous aurez noyé
ils/elles auront noyé
Passé composé
j'ai noyé
tu as noyé
il/elle a noyé
nous avons noyé
vous avez noyé
ils/elles ont noyé
Conditionnel passé
j'aurais noyé
tu aurais noyé
il/elle aurait noyé
nous aurions noyé
vous auriez noyé
ils/elles auraient noyé
Passé antérieur
j'eus noyé
tu eus noyé
il/elle eut noyé
nous eûmes noyé
vous eûtes noyé
ils/elles eurent noyé
Subjonctif passé
j'aie noyé
tu aies noyé
il/elle ait noyé
nous ayons noyé
vous ayez noyé
ils/elles aient noyé
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse noyé
tu eusses noyé
il/elle eût noyé
nous eussions noyé
vous eussiez noyé
ils/elles eussent noyé

NOYER1

(no-ié ; plusieurs prononcent noi-ié ; J'r ne se lie jamais ; au pluriel, l's se lie : des no-ié-z en fleur) s. m.
Genre de la famille des juglandées. Le noyer commun, qui a plusieurs variétés, telles que le noyer à coque dure, le noyer à coque tendre ou noyer mésange, le noyer de jauge, le noyer à gros fruit long.
Encore que l'on dise que celles de son sexe soient de l'humeur des ânes et des noyers, de qui l'on ne tire point de profit qu'en les battant fort et ferme [, Francion, liv. VII, p. 265]
Tous ses bords sont couverts de saules non plantés Et de noyers souvent du passant insultés [BOILEAU, Épît. VI]
Par abréviation, une table de noyer, un lit de noyer, une table, un lit de bois de noyer.
Noyer à feuilles de frêne, ancien nom de la ptérocarpe fraxinifoliée, qui a fait partie du genre noyer. Noyer du Japon, nom vulgaire de la gingko bilobée (conifères). Noyer de Ceylan ou des Indes, nom vulgaire de la justicie adhatode (acanthacées) de Linné (Inde) ; c'est la carmentine en arbre de certains auteurs.
Noyer de la Jamaïque, un des noms vulgaires de la hure crépitante (euphorbiacées) de Linné, dite vulgairement sablier, [LEGOARANT, ]
Noyer vénéneux, le mancenillier (euphorbiacées).

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Peskiers, ne periers, ne noiers, Autre cier arbre qui fruit port [, Fl. et Bl. 2026]
  • XVIe s.
    Pour les chasteneraies et nojeraies, c'est à dire pour les lieux emplantés universellement de chastaniers et noiers [O. DE SERRES, 641]
    Un noyer en une vigne, un porceau en un blé, c'est assez pour tout gaster [LEROUX DE LINCY, Prov. t. II, p. 431]
    Le pouvre ressemble au noyer [il est en proie à chacun] [GÉNIN, Récréat. t. II, p. 244]

ÉTYMOLOGIE

  • Berry, nogier, nougier, nouère ; prov. noguier, nogier ; cat. noguer ; d'une forme fictive, nucarius, dérivée du latin nux, noix.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    1. NOYER.
    Ajoutez :
    La noix est, chez beaucoup de peuples, un des principaux symboles dans les cérémonies du mariage ; au siècle dernier, tout nouveau couple salinois devait planter un noyer aux environs de la ville [CH. TOUBIN, Du culte des arbres, Paris, 1862, p. 15]

NOYER2

(no-ié ; plusieurs prononcent noi-ié ; quelques-uns prononcent neyer, dit Chifflet, Gramm. p. 200 ; cette prononciation s'entend encore quelquefois. L'y se change en i devant l'e muet : je noie, je noierai. Je noyais, nous noyions, vous noyiez ; que je noie, que nous noyions, que vous noyiez) v. a.
Faire mourir d'asphyxie par immersion.
Dieu, qui a tout fait et par qui tout subsiste, va noyer [par le déluge] tous les animaux avec tous les hommes [BOSSUET, Hist. II, 1]
À la noyer [ma femme] cent fois je m'étais attendu ; Mais je n'en ai rien fait de peur d'être pendu [REGNARD, Démocrite, IV, 7]
Carthage avait un singulier droit des gens : elle faisait noyer tous les étrangers qui trafiquaient en Sardaigne et vers les colonnes d'Hercule [MONTESQ., Esp. XXI, 10]
Fig.
L'intérêt de la tendresse est noyé dans celui de l'orgueil [SÉV., 368]
Il n'est bon qu'à noyer, se dit d'une méchante personne ou d'une personne, d'un animal qui n'est bon à rien.
Ah ! maudit animal qui n'est bon qu'à noyer [LA FONT., Fabl. XI, 3]
Fig. Causer la perte, la ruine d'une personne.
Tout ce qui me fâche, c'est de faire du mal ; mais, quand je joue à noyer, et que je me demande lequel je noie de M. de la Jarie ou de moi, je dis sans balancer que c'est M. de la Jarie, et cela me donne du courage [SÉV., 427]
Presque tous les hommes noient leurs parents et leurs amis, pour dire un mot de plus au roi et pour lui montrer qu'ils lui sacrifient tout [MAINTENON, Lett. au card. de Noailles, 15 nov. 1695]
Mme de Saint-Simon convint qu'un refus nous noierait en effet sans retour [SAINT-SIMON, 269, 139]
Pour couronner l'affaire, Achevons de brouiller et de noyer Valère [GRESSET, Méchant, IV, 9]
Il se dit, dans un sens analogue, de choses dont on veut détruire l'autorité.
Plutôt que de conserver les livres de la Sagesse et les autres, vous aimez mieux noyer sans ressource l'Épître aux Hébreux et l'Apocalypse [BOSSUET, Projet de réunion, 2e part. Lett. XLI, 25]
Perdre le souvenir de.... Noyer son chagrin dans le vin.
Et soient dans les coupes noyés Les soucis de tous ces orages [MALH., III, 1]
Et noyons dans l'oubli ces petits différends [CORN., Hor. I, 4]
Aux noces d'un tyran tout le peuple en liesse Noyait son souci dans les pots [LA FONT., Fabl. VI, 12]
Que fait un acteur lorsqu'il veut jouer naturellement une passion, que de rappeler autant qu'il peut celles qu'il a ressenties, et que, s'il était chrétien, il aurait tellement noyées dans les larmes de la pénitence, qu'elles ne reviendraient jamais à son esprit ? [BOSSUET, Coméd. 4]
Buvez un peu ; c'est dans le vin qu'on noie L'ennui, l'humeur et les chagrins [BÉRANG., Mes cheveux.]
Noyer sa raison dans le vin, perdre la raison à force de boire.
Inonder.
À Doesbourg, ils [les Hollandais] ont inondé et noyé une partie des environs [PELLISSON, Lett. histor. t. I, p. 159, dans POUGENS]
Il empêcha la perte d'un pays qu'il voulait noyer pour prévenir le siége de Dunkerque [FONTEN., Vauban.]
Noyer les poudres, introduire de l'eau dans une poudrière, ou dans la soute aux poudres d'un bâtiment, pour prévenir une explosion. On noie un bâtiment, lorsqu'on le coule à marée haute, à l'effet de faire périr les animaux nuisibles. Mouiller fortement, en parlant de la pluie.
Une pluie traîtresse, qui, sans se faire craindre, se met d'abord à nous noyer, mais noyer à faire couler l'eau de partout nos habits [SÉV., 23 août 1671]
Noyer son vin d'eau, mettre trop d'eau dans son vin.
Noyer de larmes, inonder de larmes.
Artémise de pleurs se noya le visage [MALH., VI, 17]
Il noya de pleurs l'une des mains de Psyché [LA FONT., Psyché, II, p. 206]
Que j'ai d'envie de me mettre tout de bon à ma tragédie, et de noyer dans les larmes du parterre le souvenir des crimes de Desfontaines ! [VOLT., Lett. d'Argental, 20 févr. 1739]
Fig. Inonder, en parlant de sentiments pénibles.
Il faut aimer pendant la vie, la rendre douce et agréable, ne point noyer d'amertume ni combler de douleurs ceux qui nous aiment [SÉV., 27 avr. 1672]
Fig. Exprimer avec une excessive diffusion. Noyer sa pensée dans un déluge de mots, de paroles.
M. de Félibien, Qui noie éloquemment un rien Dans un fatras de beau langage.... [VOLT., Temple du Goût.]
Les fausses idées qu'on donne de l'éloquence dans nos colléges en apprenant à nos jeunes gens à noyer une pensée commune dans un déluge de périodes insipides [D'ALEMB., Réfl. sur l'éloc. orat. Œuvr. t. I, p. 169, dans POUGENS.]
Terme de peinture. Mêler les extrémités des contours avec les contours voisins, de manière qu'ils se fondent insensiblement les uns dans les autres. On dit de même : noyer les couleurs. Par extension.
Quelquefois le souffle du midi noie la perspective dans une atmosphère de poudre [CHATEAUBR., Génie, III, V, 2]
Terme de marine. On dit qu'on noie une terre, un bâtiment, lorsqu'en s'en éloignant, la convexité du globe en fait successivement disparaître les parties à la vue.
10° Terme de jeu de boule. Noyer une boule, la pousser ou la chasser de manière qu'elle passe une certaine ligne qui est au delà du but.
11° Terme de maréchalerie. Noyer le rivet, l'enfoncer dans la corne.
12° Se noyer, v. réfl. Se donner la mort en se jetant dans une eau profonde. Le désespoir le prit, il se noya. Ne pas songer à une chose plus qu'à s'aller noyer, en être tout à fait éloigné.
Je ne songe non plus à l'amour qu'à m'aller noyer [MARIV., Surp. de l'amour, II, 5]
Mourir suffoqué dans l'eau ou dans quelque liquide.
Je ne suis pas de ceux qui disent : ce n'est rien ; C'est une femme qui se noie ; Je dis que c'est beaucoup [LA FONT., Fabl. III, 16]
Il y a eu bien des gens de noyés dans ce vaisseau du chevalier de Tourville, qui s'est sauvé à la nage ; je crois qu'un de nos chevaliers de Sévigné s'est noyé [SÉV., 8 nov. 1679]
On plongeait les hommes tout entiers et on les ensevelissait sous les eaux [du baptême] ; et, comme les fidèles les voyaient se noyer, pour ainsi dire, dans les ondes de ce bain salutaire.... [BOSSUET, 2e panég. St Franç. de Paule, 1]
Il est si malheureux qu'il se noierait dans un crachat, ou, simplement, il se noierait dans un crachat, se dit d'un homme à qui tout tourne mal, ou qui est malhabile. Fig. Se noyer dans une goutte d'eau, échouer devant le moindre obstacle, la moindre difficulté.
Vous voyez très bien le faible de celui [raisonnement] du pauvre M. de Cambrai, qui s'égare dans le grand chemin, et qui a voulu se noyer dans une goutte d'eau [BOSSUET, Lett. quiét. 270]
Malheureux comme un chien qui se noie, se dit d'un homme très malheureux. Il se prend à tout comme un homme qui se noie, se dit d'un homme qui se sert de toute sorte de moyens pour sortir d'une mauvaise affaire.
13° Être plongé dans un liquide trop abondant.
Des pois verts qui se noyaient dans l'eau [BOILEAU, Sat. III]
14° Fig. Se ruiner, se perdre.
On se noie en amour aussi bien qu'en une rivière [MALH., Lett. I, 30]
La raison pour marcher n'a souvent qu'une voie ; Pour peu qu'on s'en écarte, aussitôt on se noie [BOILEAU, Art p. I]
C'est un homme qui se noie, c'est-à-dire c'est un homme qui se ruine, qui se perd. Se noyer de dettes, contracter des dettes qui dépassent beaucoup l'avoir qu'on a.
Il s'est noyé de dettes [LA BRUY., VI]
15° Se noyer dans les larmes, pleurer excessivement.
Tandis que dans les pleurs moi seule je me noie [RAC., Bérén. V, 5]
Me nourrissant de fiel, de larmes abreuvée, Encor dans mon malheur de trop près observée, Je n'osais dans mes pleurs me noyer à loisir [ID., Phèdre, IV, 6]
Se noyer dans le sang, tuer, commettre des cruautés.
Dans leur sang, dans le mien il faut que je me noie [RAC., Andr. V, 5]
16° Fig. Se plonger, être plongé dans certaines jouissances ou dans certaines souffrances.
Ô vous, tristes plaisirs, où leur âme se noie, Vains et derniers efforts d'une imparfaite joie, Moments pour qui le sort rend leurs vœux superflus, Délicieux moments, vous ne reviendrez plus [LA FONT., Adonis.]
Parmi les déplaisirs où son âme se noie, Il s'élève en la mienne une secrète joie [RAC., Andr. I, 1]
Ah ! dans le désespoir où mon âme se noie [VOLT., Oreste, IV, 8]
Dans les bons vins que votre âme se noie [ID., Cant. des cantiques.]
Se noyer dans la débauche, dans les plaisirs, dans le vin, faire excès de débauche, de plaisirs, de vin.
17° Se noyer, au jeu de boules, pousser sa boule plus loin que la ligne qui est marquée au delà du but.

PROVERBE

    Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage, ou dit qu'il a la gale, c'est-à-dire on ne manque pas de prétexte pour perdre les gens.

HISTORIQUE

  • Xe s.
    Eus noieds [, Fragm de Valenc. p. 467]
  • XIe s.
    Tuit sunt neiez par merveilleus ahan [souffrance] [, Ch. de Rol. CLXXVI]
  • XIIe s.
    Chetive, lasse, malvenue, Que ma char et mon sanc demaine [propre] [je] Voil metre à dolor e à peine, Ne sai, à vivre ou à neier [, Grégoire le Grand, p. 24]
  • XIIIe s.
    Et en une nef s'en embla une fois bien cinq cens, qui tuit furent noié [VILLEH., LIV]
    Une feme fu trouvée noiée en un puis [BEAUMANOIR, LXIX, 11]
    Et puis reclost l'en la porte et l'en boucha l'en bien, aussi comme l'en naye un tonnel [JOINV., 210]
    Por riens qu'il doint ja point n'en ait, Miex s'arde, ou se pende ou se nait [, la Rose, 13250]
    Mut en ert [était] l'iave blanche et bele ; Fui, Graelent, n'i entre pas ; Se tu t'i mes, tu noieras [MARIE, Graelent.]
  • XIVe s.
    Les pugneses [punaises] dites cimices.... il sont naiés [tués] o [avec] fume de paille ou o estront de vache [H. DE MONDEV., f° 88]
    Salive d'omme jeun [à jeun] naie [tue] le basilique [ID., f° 88, verso.]
    N'ay que d'une mort à mourir ; Noyer ne peut cil qui doit pendre [J. BRUANT, dans Ménagier, t. II, p. 7]
    Prenez-moi ce glouton [ce misérable], il le nous faut noier [, Guesclin. 15132]
  • XVe s.
    Noyons nostre soulcy En ce doux dagorie [espèce de cidre] [BASSELIN, XLII]
  • XVIe s.
    La plaine, estant au dessoubs de plusieurs fonceaux, vallées et cavains, fut incontinent toute noyée et remplie de force ruisseaux et torrents [AMYOT, Timol. 38]
    Ce fut Icetes qui feit noyer dedans la mer la femme de Dion [ID., ib. 44]
    Je me naye, je me perdz, je m'esguare, quand j'entre on profond abyme de ce monde [RAB., Pant. III, 4]
    Si sommes nayez, ne nayera il pas comme nous ? [ID., IV, 21]
    Au milieu de la muraille posera on les tuiaux, et là, noiés dans le bon mortier bien gras, seront environnés de bonne maçonnerie [O. DE SERRES, 766]
    Et que tout le passé soit tenu pour perdu ; Noyons-en la memoire et l'amour tout ensemble [DESPORTES, Élégies, II, 2]
    Et si ledit seigneur noye les prez ou autres de ses sujets par ledit estang, il les peut contenter par eschange advenant [, Coust. génér. t. II, p. 121]
    Quand un chien se noye, chascun luy offre à boire [COTGRAVE, ]

ÉTYMOLOGIE

  • Wallon, nèi ; Hainaut, néier ; picard et Berry, neyer ; norm. neucher ; génev. nayer ; provenç. negar ; ital. negare ; du lat. necare, proprement tuer, sens qui se trouve dans quelques-uns de nos textes ; quant à faire mourir dans l'eau, ce sens se trouve dès les lois barbares ; et une inscription latine donne : Eufronia.... naufragio necta, Journ. des sav. fév. 1858, p. 91.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    2. NOYER. Ajoutez :
    18° Se noyer d'eau, boire de l'eau avec excès.
    Je ne me noie plus d'eau comme je faisais [RAC., Lexique, éd. P. Mesnard.]

noyer

NOYER. n. m. Arbre qui porte les noix. Planter des noyers. Une allée de noyers. Battre un noyer pour en faire tomber les noix. Bois, racine de noyer. Une commode en bois de noyer.

Il désigne, par extension, le Bois de noyer. Une table de noyer, un lit de noyer ou en noyer.

noyer

NOYER. (Il se conjugue comme BROYER.) v. tr. Asphyxier par immersion. Noyer un homme, un chien. Il le jeta dans l'eau et le noya. Il s'est noyé dans la rivière. Les mouches se noient dans le lait.

SE NOYER peut signifier aussi Périr volontairement en se jetant à l'eau. Dans un accès de désespoir, il alla se noyer.

Le participe passé s'emploie comme nom. Un noyé qu'on vient de retirer de l'eau. Secours pour les noyés et les asphyxiés.

Prov. et fig., Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage, On trouve aisément un prétexte quand on veut quereller ou perdre quelqu'un.

Fig., Noyer sa pensée dans un déluge de mots, de paroles, L'exprimer avec diffusion, l'affaiblir en prodiguant inutilement les mots. On dit dans le même sens : Il y a dans cet ouvrage des traits ingénieux, des idées intéressantes; mais tout cela est noyé dans une mer, dans un déluge de phrases. Se noyer dans les explications, dans les détails.

Fig. et fam., Noyer son chagrin dans le vin, Boire pour oublier son chagrin. Noyer sa raison dans le vin, Perdre la raison à force de boire.

Fig., Se noyer dans le sang, Commettre d'horribles cruautés.

Prov. et par exagération, Il se noierait dans un verre d'eau, Il est embarrassé dans les plus petites choses, il n'arrive pas à sortir des moindres difficultés. On dit très familièrement dans le même sens Se noyer dans un crachat.

Prov. et fig., C'est un homme qui se noie se dit d'un Homme qui se ruine, qui se perd. Il se raccroche à tout comme un homme qui se noie.

Noyer le poisson, Fatiguer un poisson pris à la ligne, avant de le tirer de l'eau.

NOYER signifie aussi Inonder. Les pluies ont noyé la campagne. Le déluge noya toute la terre. Les écluses qu'on lâcha noyèrent deux lieues de pays.

Noyer les poudres, Introduire de l'eau dans une poudrière, dans la soute aux poudres, etc., pour mettre la poudre hors d'état de servir.

Noyer son vin d'eau, Mettre trop d'eau dans son vin.

Fig., Noyé d'ombre, Plongé dans l'ombre. Des yeux noyés de larmes, Des yeux pleins de larmes.

NOYER signifie, en termes d'Arts, Faire disparaître dans la masse. Noyer un clou, Enfoncer la tête d'un clou dans la masse du bois.

noyer

Noyer, dissyl. ac. Est tantost verbe act. Et signifie suffoquer en l'eauë, Mergere, Submergere. Tantost nom, et signifie l'arbre qui porte des noix, Nux, voyez Noier.

noyer


NOYER, s. m. [Noa-ié: 2eé fer.] Arbre qui porte des noix.

noyer


NOYER, v. act. [Noa-ié.] Devant l'e muet on ne met pas l'y grec, mais l'i: il noie, et non pas il noye: pron. noâ, et non pas noa-ie. Au futur, cet e muet ne se fait nullement sentir. Il noiera, noieroit; pron. noâra, noârè, etc. = Nous prononçons nayé, dit Ménage: ce n'est pas aujourd'hui le bel usage. Richelet écrit néïer, et soutient que c'est le mot d'usage, et qu'il n'y a que les Poètes qui se servent de noyer, y étant contraints par la rime.
   Pour peu qu'on s'en écarte, aussitôt on se noie:
   La raison, pour marcher, n'a souvent qu' une voie.
       Boileau.
Cet exemple parait apuyer l'assertion de {B751a~} Richelet. Mais quand La Fontaine dit:
   Aux noces d'un Tyran, tout le peuple en liesse
   Noyoit son souci dans les pots.
Ce n'est ni la rime, ni la mesûre qui lui fait écrire noyoit, puisque néyoit ou néioit aurait produit le même éfet. L'opinion de Richelet est donc faûsse, ainsi que la raison dont il l'apuye. Plusieurs pensent que néyer est de la conversation, et noyer du style soutenu. Voy. plus bas NOYON.
   NOYER, faire mourir dans l'eau ou dans quelque aûtre liqueur. "Noyer un chien, un homme. = Se noyer: Il s'est noyé dans la rivière. "Beaucoup de soldats se noyèrent en passant le fleuve. = Inonder: "Les pluies ont noyé la campagne. = On dit figurément, (st. famil.) d'un homme dont les afaires sont en mauvais état, que c'est un homme noyé. "Sans cet éfort de courage, j'étois une femme noyée.
   Pour couronner l'afaire,
   Achevons de brouiller et de noyer Valere.
       Le Méchant.
= Noyer sa raison dans le vin: Se noyer dans la débauche, dans les plaisirs. = On dit, en st. prov. d'un homme, ou mal-heureux, ou mal habile: qu'il se noierait dans un verre d'eau, ou dans un crachat; d'un méchant homme, qu' il n'est bon qu'à noyer. Et pour dire qu'on ne manque pas de prétexte pour perdre les gens, ou pour se brouiller avec eux: quand on veut noyer son chien, dit-on, on l'acuse d'avoir la rage.
   NOYÉ, ÉE, adj. Noyé de dettes, qui doit plus qu'il n'a de bien. "Des yeux noyés de larmes, pleins de larmes. — Dans ce discours le sens est noyé dans les paroles. "Examinons de plus près les raisonnemens de M. de V... quoiqu'ils soient noyés dans un déluge d'injures. L'Ab. Nonotte.

Synonymes et Contraires

noyer

verbe noyer
1.  Faire disparaître sous l'eau.
2.  Mouiller abondamment.
3.  Plonger dans la confusion.

noyer (se)

verbe pronominal noyer (se)
1.  Disparaître dans un tout.
3.  Mourir par immersion.
Traductions

noyer

(nwaje)
verbe transitif
1. tuer en plongeant et en laissant dans l'eau noyer des chiots
2. recouvrir d'eau pluie qui noie la pelouse

noyer

Nußbaum, ertrinken, ersaufendrown, walnut, walnut‐tree, sink, walnut-tree, floodverdrinken, walnotenboom, noteboom, vergaan, verlorengaan, walnoot, walnoteboom, (doen) verdrinken, (wal)notenboom, onder water zetten, verloren doen gaan, notenhout, notenboomהטביע (הפעיל), שיקע (פיעל), הִטְבִּיעַnoguerautopitκαρυδιάjuglandujo, nuksujonogal, ahogarse, hundirsebenam, membenamkannoce, affogare, annegare, ingolfarenogueira, afogarорехорах, утопитиОрех核桃Walnut호두 (nwaje)
nom masculin
arbre qui produit des noix

noyer

1 [nwaje] nm
(= arbre) → walnut tree, walnut
(= bois) → walnut

noyer

2 [nwaje] vt
(= tuer) [+ personne, animal] → to drown
(= inonder) [+ endroit] → to flood
(AUTOMOBILES) [+ moteur] → to flood
(= plonger) → to submerge
(autres locutions) noyer le poisson → to duck the issue
noyer son chagrin → to drown one's sorrows [nwaje]
vpr/vi → to be drowned, to drown
Il s'est noyé dans la rivière → He drowned in the river.
vpr/réfl [suicide] → to drown o.s.