obéir


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obéir

v.t. ind. [ du lat. oboedire, prêter l'oreille à, de audire, entendre, écouter ] (à)
1. Se soumettre à la volonté de qqn, à un règlement : Ils obéissent à leurs supérieurs écouter ; désobéir observer, respecter ; transgresser, violer
2. (Sans compl.) Exécuter les ordres : Ne discutez pas, obéissez obtempérer, s'incliner ; commander, ordonner
3. Céder à une incitation, à un sentiment : Elle obéit à son intuition suivre ; ignorer
4. Répondre au mouvement commandé : Les roues n'obéissent plus à la barre de direction répondre à
5. Être soumis à une force, à une nécessité naturelle : Les entreprises obéissent à la loi du marché subir

OBÉIR

(o-bé-ir) v. n.
Faire ce que veut un autre, faire ce qui est commandé.
Qui ne peut être aimé, se peut faire obéir [CORN., Héracl. I, 2]
Comme Phorbas avait mal obéi.... [ID., Œdipe, V, 6]
Il est meilleur d'obéir à Dieu qu'aux hommes [PASC., Pens. XXIV, 66 bis, édit. HAVET.]
Il serait bon qu'on obéît aux lois et coutumes, parce qu'elles sont lois.... qu'ainsi il faut seulement suivre les reçues : par ce moyen on ne les quitterait jamais [ID., ib. VI, 40]
Le prince obéit à la décision d'un sage religieux [BOSSUET, Louis de Bourbon.]
Madame la Dauphine, éloignée de toute curiosité et présomption, ne savait que deux choses : obéir et croire [FLÉCH., Dauphine.]
La rime est une esclave et ne doit qu'obéir [BOILEAU, Art poét. I]
Et, l'amour seul alors se faisant obéir, Vous m'aimeriez, madame, en me voulant haïr [RAC., Andr. II, 2]
La gloire d'obéir est tout ce qu'on nous laisse [ID., ib. III, 2]
Vous avez entendu ce que je vous demande, Madame : je le veux et je vous le commande, Obéissez [ID., Iph. III, 1]
Quoique je les [les femmes d'un sérail] garde pour un autre, le plaisir de me faire obéir me donne une joie secrète [MONTESQ., Lett. pers. 9]
Un peuple libre obéit, mais il ne sert pas ; il a des chefs, et non pas des maîtres ; il obéit aux lois, mais il n'obéit qu'aux lois ; et c'est par la force des lois qu'il n'obéit pas aux hommes [J. J. ROUSS., Lett. de la mont. 9]
Eh ! quel bien, dites-moi, vaut le charme suprême D'obéir à son âme et de plaire à soi-même ? [DELILLE, Imag. VI]
Être sujet d'un prince.
Sans lui j'obéirais où je donne la loi [CORN., Hor. V, 3]
Écoutez la suite de la prophétie : je veux que ces peuples lui obéissent, et qu'ils obéissent encore à son fils, jusqu'à ce que le temps des uns et des autres vienne [BOSSUET, Reine d'Anglet.]
Trézène m'obéit [RAC., Phèdre, II, 2]
Ainsi par le destin nos vœux sont traversés, J'obéissais alors, et vous obéissez [ID., Brit. III, 8]
Plus heureux d'obéir à une nation barbare qu'à un gouvernement corrompu [MONTESQ., Esp. XIII, 16]
Pour qu'on vous obéisse, obéissez aux lois [VOLT., Brutus, III, 6]
Il se dit des animaux. Le chien obéit à son maître. Le chat n'obéit pas.
Ces superbes coursiers qu'on voyait autrefois Pleins d'une ardeur si noble obéir à sa voix [RAC., Phèdre, V, 5]
Ce cheval obéit bien à l'éperon, à la main, aux aides, il se laisse gouverner, manier aisément.
Faire ce à quoi on est contraint par une certaine nécessité. Obéir à la force. Obéir à la nécessité. Il faut que les passions obéissent à la raison. S'obéir à soi-même, suivre les conseils qu'on reçoit de sa propre raison.
La volonté commande, et elle-même qui commande ne s'obéit pas ; éternel obstacle à ses désirs propres, elle est toujours aux mains avec ses propres désirs [BOSSUET, 2e serm. Jeudi de la sem. de la pass. 1]
Fig. En parlant des choses inanimées, céder, plier. L'osier obéit. Ce bois obéit sans se rompre.
Tel qu'un ruisseau docile Obéit à la main qui détourne son cours [RAC., Esth. II, 9]
Cette pierre n'est point schisteuse ; elle obéit très bien au ciseau [SAUSSURE, Voy. Alpes, t. V, p. 154, dans POUGENS]
Il se dit aussi des choses qui cèdent aux lois, aux forces naturelles. Les corps obéissent à la gravitation.
C'est ainsi qu'obéissant aux deux forces combinées, ce corps descendra comme il est monté, c'est-à-dire de diagonale en diagonale, jusqu'au point le plus bas [CONDIL., Art de rais. III, 1]
Ce levier obéissant à des contre-poids suspendus extérieurement au bras opposé [GIRARD, Instit. Mém. scienc. t. VII, p. 423]
Terme de marine. Obéir à la barre, au gouvernail, céder à l'effort que fait le gouvernail pour changer la direction de la route.
Se dit, à plusieurs jeux de cartes, de l'action de celui qui fournit la couleur demandée.
Obéir est un verbe neutre dont, par exception, le participe passé se prend au sens passif.
À quoi la force doit-elle servir qu'à défendre la raison ? et pourquoi commandent les hommes si ce n'est pour faire que Dieu soit obéi ? [BOSSUET, Reine d'Anglet.]
Il y a des hommes qui doivent être obéis par d'autres hommes et servis par d'autres hommes [BOURDAL., Purif. de la Vierge, Myst. t. II, p. 236]
Il est dangereux de l'habituer [Louis XV enfant] à obéir aveuglément : car ou il serait gouverné, ou il voudrait être obéi de même [MAINTENON, Lett. à Mme la duch. de Ventadour, 14 juin 1715]
Quand vous commanderez, vous serez obéi [RAC., Iph. IV, 4]
Lorsque vous aviez cette passion furieuse, votre volonté n'était plus obéie par vos sens [VOLT., Métaph. 7]
La nature a fait les enfants pour être aimés et secourus ; mais les a-t-elle faits pour être obéis et craints ? [J. J. ROUSS., Ém. II]

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Ço que reis volt [veut] est leis, ço dient li alquant ; As terriens seignurs sunt tuit obeisant [, Th. le mart. 38]
    Clerc ne deivent, fait-il, à voz leiz obeir [, ib. 27]
  • XIIIe s.
    Cil a le cuer et felon et salvage, Ki vers amours ne se veut obeir [, Ms. de poés. franç. avant 1300, t. III, p. 1196, dans LACURNE]
    Et que en quelque lieu ou joustice que il se transporteront dedans la vicomté de Paris, oiberront aus mestres du mestier de Paris [, Liv. des mét. 365]
    Il doivent obeir à le [la] requeste de lor sougès [BEAUMANOIR, X, 1]
  • XIVe s.
    Lesquels [ligaments de la tête et du col] se ilz fussent fors, ilz n'obeisissent pas legierement à mouvement [LANFRANC, f° 28]
    Ce sang [épanché sur la dure-mère dans les plaies de tête] n'est pas englué en la substance de la mere si comme en appostumes ; pour quoy il obeit plus à l'expulsion de nature, et mieulx obeit à l'atraction de medecine [ID., f° 26]
    Il n'est nul si meschant mary qui ne veuille estre obei de sa femme [, Ménagier, I, 6]
    Icellui Thibaut respondi que il obeissoit [s'engageait] à paier le dit Chiviere, s'il lui estoit en aucune chose tenuz [DU CANGE, obedire.]
  • XVIe s.
    Comme un feutre ou balle de laine, qui obeit doucement aux choses qui l'attouchent [PARÉ, I, 10]
    Je suis fol, ma raison n'obeyt plus au frein [RONS., 239]

ÉTYMOLOGIE

  • Bourguig. oboïtre ; provenç. obedir, obezir ; catal. obeir ; ital. ubbidire ; du lat. obedire ; l'orthographe archaïque en est oboedire, de ob, et audire, écouter ; oe se rattache à l'u de audire, comme dans moenia et munire, poena et punire.

obéir

OBÉIR. v. intr. Se soumettre à la volonté, aux ordres de quelqu'un, et les exécuter. Obéir à Dieu, aux lois. Commandez et j'obéirai. Il a obéi à vos ordres. Il sait bien se faire obéir. Il obéit aveuglément. Pour bien commander, il faut avoir obéi. Obéir de gré ou de force. Ce chien, ce cheval obéit docilement à la voix de son maître. Le participe passé s'emploie au sens passif. Être obéi. Vous serez obéi.

Il signifie aussi, figurément, Céder à. Obéir à la force, à la nécessité. Obéir à l'instinct, à sa nature.

Ce cheval obéit bien à l'éperon, à la main, aux aides, Il se laisse gouverner, manier aisément.

OBÉIR se dit aussi des Peuples, des provinces, des villes qui sont soumises à l'autorité d'un prince, d'un État. Les provinces qui obéissent au roi. Les peuples qui obéissaient à l'empire romain.

Il signifie encore, en parlant des Choses, Être soumis à, subir l'action de. Les corps obéissent à la loi de l'attraction, de la gravitation, etc., Ils suivent les mouvements qui leur sont imprimés par celles de leurs propriétés naturelles qu'on nomme Attraction, Gravitation, etc.

En termes de Marine, Obéir à la barre, au gouvernail, Prendre une direction nouvelle sous l'impulsion du gouvernail.

obeir

Obeir, Auscultare, Cedere alicui, In authoritate alicuius esse, Morem gerere, Morigerari, Obedire, Obsequi, Obtemperare, Parere, Sequi amicum, Secundare, Obsecundare, Imperata facere, Accipere imperium, Dicto audientem esse.

Obeir à la sentence du Juge, Iudicata re stare.

Obeir à l'ordonnance, Stare decreto Senatus.

Obeir aux loix, Legibus cedere.

J'obey trop à mes volontez et complexions, Nimis me indulgeo.

Ne vouloir obeir, Imperium respuere, Detrectare imperia, Abnuere imperium. B.

Faire obeir, Cogere ad obsequium, Ad obsequium redigere. Budaeus.

Volontairement obeir à la sentence, Iudicatum vltro facere. B.

Qui obeit au commandement, Audiens edicto.

Obeir aux commandemens, jugemens et ordonnances de justice, Cedere iustitiae fascibus, Esse in authoritate pro imperio ius dicentis, Legibus cedere, et iurisdictionis imperio audientem esse. Bud.

Refuser d'obeir à justice, Imperium iudicis detrectare et abnuere. B.

Il a respondu qu'il obeira à la Cour, In potestate se Curiae vel imperij iudicialis futurum respondit, vel Curiae dicto audientem futurum. B.

Qui veut estre obei estroictement, Imperiosus.

Obeissant, Obediens, Obsequens, Morigerus, Audiens dicto.

Obeissant à son pere, Perindulgens in patrem, Obediens patri, Morigerus.

Mal obeissant, Male morigerus.

Un coeur obeissant, Animus subiectus.

Estre obeissant à son pere, et à sa mere, Colere pietatem.

Rendre obeissant, Cogere ad obsequium. B.

Rendre chacun obeissant à justice, Maiestatem iustitiae summae retinere. B.

obéïr


OBÉïR, v. n. OBÉïSSANCE, s. f. OBÉïSSANT, ANTE, adj. [Obé-i-, i-sance, san, sante: 2e é fer. 4e lon. aux 3 derniers.] Obéïr, c'est se soumettre aux ordres de... et les exécuter. Obéïssance, action de celui qui obéït. Obéïssant, qui obéït. "Obéïr à Dieu, aux Lois, au Prince. "Se faire obéïr. Fig. "Il faut que les passions obéïssent à la raison. "Promte, parfaite, entière obéïssance. Rendre obéïssance à, etc. "Fils obeïssant: fille obéïssante.
   I. Rem. 1°. Obéïr est le seul verbe qui, n'ayant pas de régime simple, (n'étant pas actif) est pourtant employé au passif. "Je veux être obéï, qu'on m'obéïsse. "Vous serez obéï; on vous obéïra. "Vous serez obéïe, Madame. Marm. = 2°. Obéïr signifie aussi être sujet de... En ce sens, il ne se dit point des persones mêmes, prises distributivement; mais seulement quand elles sont prises collectivement. "Les Provinces qui obéïssent au Roi. "Que de peuples obeïssaient à l'Empire romain! = 3°. Obéïr se dit figurément, des chôses. Céder, plier. "Ce fer obéït sous le marteau. "Il obéït sans se rompre, sans se câsser. = 4°. On dit aussi, d'un cheval, qu'il obéït bien à la main, à l'éperon.
   II. Obéïssance n'a point de pluriel. On doit dire, j'irai vous assurer de mon obéïssance, et non pas de mes obéïssances, comme disent encôre quelques persones. Vaugelas traite cette locution de gasconisme. — Le singulier même n'est guère usité en ce sens: on dit plutôt, de mon respect, et encore mieux, de mes respects. CORN. L. T. = Obéïssance a un sens actif, et non pas passif; il se dit de celui qui obéït, et non pas de celui à qui l'on obéït. Il ne faut excepter que cette phrâse, consacrée par l'usage, être, vivre, ou se ranger sous l'obéïssance d'un Prince, où obéïssance a le sens d'autorité.
   Le Proverbe dit: obéïssance vaut mieux que sacrifice; c'est une sentence de l'Écritûre: melior est obedientia quàm victim. — Voiture fait allusion à ce Proverbe. Il faut obéir et croire que ce qu'on nous commande est le meilleur. "On me doit savoir gré pourtant de cette soumission, laquelle, ce me semble, est, tout à la fois, obeïssance et sacrifice.
   III. Obéïssant serviteur est une formule de politesse. = Obéïssant, comme obéïr, se dit, figurément, des chôses inanimées. "Du cuir, du bois obéïssant. Voy. OBÉïR, Rem. I. n°. 3°.

Synonymes et Contraires

obéir

verbe obéir
3.  Fonctionner correctement.
4.  Être soumis à une force.
Traductions

obéir

befolgen, folgen, gehorchen, gehörchen, fügenobey, abide, abide by, complygehoorzamenהאזין (פיעל), הקשיב (הפעיל), סר לפקודתו של-, ציית (פיעל), שמע ל-, צִיֵּתgehoorsaamcreure, obeiradlydeυπακούωobeiobedecer, acatarubbidire, obbedireobedire, parereadlydebyć posłusznymobedecer, observarlyda, åtlyda, hörsammaitaat etmek, boyun eğmekيُطِيعُposlouchattotellapoštovati従う순종하다слушатьсяเชื่อฟังvâng lời服从服從 (ɔbeiʀ)
verbe transitif
faire ce qui est demandé obéir à qqn obéir aux ordres

obéir

[ɔbeiʀ] vi
[personne] → to obey
obéir à qn → to obey s.o.
Elle refuse d'obéir à ses parents → She refuses to obey her parents.
[moteur, véhicule] obéir à [+ conducteur, sollicitation] → to respond to