obligation

obligation

n.f.
1. Contrainte qu'imposent la loi, la morale, les circonstances : Respecter ses obligations professionnelles
impératif, responsabilité : Elle est dans l'obligation de s'absenterIl se fait une obligation de répondre à toutes les lettresJeu gratuit sans obligation d'achat
elle le doit, elle y est obligée : Il se fait une obligation de répondre à toutes les lettresJeu gratuit sans obligation d'achat
devoir : Jeu gratuit sans obligation d'achat
2. Dans la langue juridique, lien de droit par lequel une personne est tenue de faire ou de ne pas faire qqch : Obligation alimentaire
devoir de nourrir ses proches parents : Cet artisan est astreint à une obligation de résultat
son travail doit donner le résultat escompté
3. En Bourse, titre négociable, produisant des intérêts.

OBLIGATION

(o-bli-ga-sion ; en vers, de cinq syllabes) s. f.
Ce qui oblige. Obligation de conscience. Obligation d'honneur.
Vous témoigner que je ressens, comme je dois, les solides obligations que j'ai d'être votre serviteur [VOIT., Lett. 40]
L'obligation qu'il [Dieu] leur impose de faire l'aumône [PASC., Prov. XI]
Celui-là est un homme fait et un véritable sage, qui ne se fait pas une obligation du soin de contenter ses désirs, mais qui sait régler ses désirs suivant ses obligations [BOSSUET, 2e sermon, Purific. 2]
Les docteurs décident qu'il y a obligation de demander à Dieu toutes ces grâces [contenues dans le Pater] [ID., Ét. d'orais. IV, 1]
Il faut remarquer l'obligation si glorieuse que ce grand pape [saint Grégoire] impose aux princes d'élargir les voies du ciel [ID., Reine d'Anglet.]
Cette première obéissance est absolument nécessaire et d'une obligation indispensable [BOURDAL., Exhort. sur l'obéiss. relig. t. I, p. 260]
Je compte sur quelque part dans vos prières, à cette grande fête, et je n'oublierai pas mes obligations là-dessus [MAINTENON, Lett. au card. de Noailles, 23 déc. 1705]
D'obligation, imposé, nécessaire.
M. Jurieu aurait bien fait d'autres sermons [aux premiers chrétiens patients dans la persécution], et leur aurait enseigné que la modestie n'est d'obligation que lorsqu'on est le plus faible [BOSSUET, 5e avert. 19]
On voit par cette doctrine [de saint Augustin] que l'oraison dominicale est supposée être l'oraison d'obligation de tous les fidèles [ID., Ét. d'orais. VI, 7]
Les femmes [à la cour de Turin] avaient chacune un amant d'obligation [HAMILT., Gramm. 4]
La duchesse de Berry jeûnait très exactement les jours d'obligation [SAINT-SIMON, 435, 57]
L'Église adopta bientôt cette solennité [fête des Morts], et en fit une fête d'obligation [VOLT., Mœurs, 45]
Lien de reconnaissance pour quelque service, pour quelque plaisir.
Je t'en ai, je te l'avoue, toutes les obligations du monde [MOL., l'Avare, II, 6]
Je veux que vous m'ayez cette obligation [SÉV., 119]
Vous ne m'avez aucune obligation de cette société [de ce que je tiens société à M. de Rennes].... c'est un homme admirable.... sa conversation est légère.... [ID., 401]
Vous lui avez des obligations infinies [ID., 531]
L'obligation que je leur ai de m'accorder cette grâce [BOSSUET, Lett. 31]
Il a fait semblant de m'avoir obligation de l'avoir éclairé [FÉN., Tél. III]
Si les hommes savaient obliger, je crois qu'ils feraient tout ce qu'ils voudraient de ceux qui leur auraient obligation [MARIV., Marian. part. 1]
J'ai, dans toutes mes passions, détesté le vice de l'ingratitude ; et, si j'avais obligation au diable, je dirais du bien de ses cornes [VOLT., Lett. Richel. 3 juin 1771]
Il [le duc de Choiseul] m'accordait sur-le-champ ce que je lui demandais ; je ne lui ai jamais rien demandé que pour les autres ; c'est ce qui augmente les obligations que je lui ai [ID., Lett. Rochefort, 27 mars 1771]
Ce n'est que depuis un siècle environ qu'on a médité sur l'art de penser et de parler ; nous en avons l'obligation aux Grecs d'Italie et de Sicile [BARTHÉL., Anach. ch. 57]
Si l'on ne sent point du tout les petites obligations, l'on est incapable de ressentir fortement les grandes [GENLIS, Ad. et Théod. t. I, p. 136, dans POUGENS]
Fig. Avoir l'obligation de.... à une chose, devoir à cette chose ce dont il s'agit.
Si les financiers ne sont plus grossiers, si les gens de cour ne sont plus de vains petits-maîtres, si les médecins ont abjuré la robe, le bonnet et les consultations en latin, si quelques pédants sont devenus hommes, à qui en a-t-on l'obligation ? au théâtre, au seul théâtre [VOLT., Lett. Albergati, 23 déc. 1760]
Il se dit aussi, par politesse, en des occasions de peu d'importance. Prêtez-moi ce livre pour quelques jours, Je vous en aurai bien de l'obligation.
Action d'obliger, de rendre service.
Puisque vous avez pris plaisir de m'obliger, je ne veux pas que vous ayez le regret d'avoir perdu votre obligation [BALZ., liv. V, lett. 25]
Terme de droit. Lien de droit qui astreint une personne envers une autre à donner, à faire ou à ne pas faire quelque chose. Les obligations du vendeur, de l'acheteur.
Le terme d'obligation a deux significations : dans une signification étendue, lato sensu, il est synonyme au terme de devoir, et il comprend les obligations imparfaites, aussi bien que les obligations parfaites ; on appelle obligations imparfaites les obligations dont nous ne sommes comptables qu'à Dieu, et qui ne donnent aucun droit à personne d'en exiger l'accomplissement : tels sont les devoirs de charité, de reconnaissance.... le terme d'obligation dans un sens plus propre et moins étendu ne comprend que les obligations parfaites, qu'on appelle aussi engagements personnels, qui donnent à celui envers qui nous les avons contractés le droit d'en exiger de nous l'accomplissement.... les jurisconsultes définissent ces obligations ou engagements personnels un lien de droit qui nous astreint envers un autre à lui donner quelque chose, ou à faire ou à ne pas faire quelque chose.... ces termes.... ne conviennent qu'à l'obligation civile : l'obligation naturelle.... est aussi, quoique dans un sens moins propre, une obligation parfaite, car elle donne, sinon dans le for extérieur, au moins dans le for de la conscience, à celui envers qui elle est contractée, le droit d'en exiger l'accomplissement ; au lieu que l'obligation imparfaite ne donne pas ce droit [POTHIER, Traité des obligations, 1re part. art. prélim.]
Obligation générale, celle qui donne lieu à des reprises sur tous les biens présents et à venir du débiteur. Obligation spéciale, celle dont le payement ne peut être poursuivi que sur certains biens. Obligation principale, celle qui forme le principal objet de l'engagement. Obligation naturelle, celle qui est fondée sur l'équité, mais qui ne produit point d'action, par opposition à l'obligation civile. Obligation pure et simple, celle qui n'est soumise ni à une condition ni à un terme.
Acte notarié par lequel on s'oblige à donner ou à faire telle chose dans un temps fixé. Il se dit aussi de toute espèce d'engagement de payer.
Le roi ne lui avait payé qu'une partie de cette somme, et pour le reste il lui avait donné une obligation [ROLLIN, Hist. anc. Œuv. t. X, p. 313, dans POUGENS]
Obligation causée, celle dont la cause est exprimée dans l'acte. Faire honneur à ses obligations, payer ses dettes, acquitter ses engagements.
Titre qui représente des capitaux prêtés, soit aux administrations publiques, soit à des compagnies de commerce, d'industrie, de chemins de fer : ils sont productifs d'intérêts et remboursables dans un temps limité. Obligation de la ville de Paris, des chemins de fer, etc.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    La seconde [espèce de preuves] si est par lettres, si comme quant aucuns s'est obligiés par letres, et cil qui s'obliga nie l'obligacion [BEAUMANOIR, XXXIX, 3]
  • XIVe s.
    À lui obligiez fu li bers Bertram gentilz En obligacions à sceaux et escriz [, Guesclin. v. 19676]
  • XVe s.
    Pour ce que le roi anglois, comme roi de France, les avoit quittés de la somme et de l'obligation, ce que nullement il ne pouvoit faire [FROISS., I, I, 106]
    Ils allerent environ en quarante maisons de juifs, pillerent et roberent vaisselle d'argent, joyaux, robbes et les obligations [JUVÉNAL DES URSINS, Charles VI, 1380]
    Vieille obligation deffait nouveau marché [, Perceforest, t. v, f° 77]
  • XVIe s.
    Nous sommes par naturelle obligation tenus d'obeir [CALV., Instit. 272]
    Obligations de bienfaits [AMYOT, Démosth. 25]
    À fin que sa mort l'affranchist de l'obligation qu'il avoit au dict comte [MONT., I, 30]
    Ennemi juré d'obligation, d'assiduité, de constance [ID., I, 103]
    Sans obligation de temps et de lieu [ID., I, 182]
    En recognoissance des obligations que je vous doibs [ID., IV, 311]

ÉTYMOLOGIE

  • Prov. obligatio ; espagn. obligacion ; ital. obligazione ; du lat. obligationem, de obligare, obliger.

obligation

OBLIGATION. n. f. Lien moral qui impose quelque devoir concernant la religion, la morale ou la vie civile. S'acquitter des obligations d'un bon citoyen, d'un bon chrétien. Satisfaire aux obligations de son état, à toutes ses obligations. Remplir ses obligations. Les obligations d'un père envers ses enfants, des enfants envers leur père. Obligation de conscience. Obligation d'honneur. Fête d'obligation. Cela est d'obligation stricte. Vous êtes dans l'obligation de lui répondre.

Obligation morale, Celle qui n'est imposée ni par la religion, ni par une décision légale, ni par une convention sociale, mais qui résulte du sentiment moral que l'homme porte en soi.

OBLIGATION se dit, en termes de Droit, d'un Lien de droit qui oblige à donner, à faire ou à ne pas faire une chose. Ce professeur explique le titre du code intitulé : Des contrats ou des obligations. Les obligations naissent des conventions ou contrats, ou des quasi-contrats, des délits ou des quasi-délits. Obligation solidaire. Les obligations du vendeur, de l'acheteur. Obligation exécutée, non exécutée, conditionnelle, divisible, indivisible. Obligation éteinte, prescrite.

Il se dit encore de l'Acte, fait par-devant notaire ou sous seing privé, par lequel on s'oblige à payer une certaine somme, à donner ou à faire telle chose dans un temps fixé. Une obligation de dix mille francs. Signer une obligation. Il lui en a passé obligation devant notaire. La minute, la grosse d'une obligation.

Faire honneur à ses obligations, Payer ses dettes, acquitter ses engagements.

OBLIGATION se dit, par extension, de Certains titres productifs d'intérêt et remboursables dans un temps limité, que le gouvernement, des compagnies, des villes émettent pour se procurer de l'argent. Une obligation du Crédit Foncier. Obligations de la Ville de Paris. Obligations du Chemin de fer du Nord. Obligations nominatives, au porteur. Rembourser une obligation.

Il désigne figurément un Lien de reconnaissance envers les personnes qui nous ont rendu des services plus ou moins importants. Il vous a obligation de la vie. Il prétend ne vous avoir aucune obligation. Contracter une obligation envers quelqu'un. Je lui en ai autant d'obligation que si la chose avait réussi. C'est un homme à qui j'ai bien des obligations.

obligation

Obligation, f. acut. Obligatio, Tabulae.

Obligation de comparoir en justice, Vadimonium.

Une solennité d'obligation, ou alienation où il failloit entre autres choses cinq tesmoins, Nexus, siue Nexum.

Avoir quelque obligation envers autruy sous serment presté, dont on n'est point encores acquitté, Teneri iureiurando.

Personne ne payera pour luy, et n'y aura nulle obligation, Pro eo nemo soluet, neque debebitur.

Obligation passée sous seel authentique, Nomen fide publica subnixum, B.

Obligation passée sous seel Royal et authentique, Nomen signo Regio insignitum, Nomen publicae vel Regiae authoritatis, B.

Prisonniers par obligation, Prisonniers pour debte, Custodiae ob nexum impactae in carcerem, B.

Prendre de quelqu'un obligation de corps et de biens, Capite et fortunis sibi ab aliquo cauere, aut satis accipere, Bud.

obligation


OBLIGATION, s. f. OBLIGER, v. act. [Obliga-cion, obligé.] Obligation, est 1°. l'engagement qu'impôse le devoir. "Satisfaire aux obligations de son état. "Remplir ses obligations. = 2°. Celui qui fait naitre la reconnaissance. "Il vous a obligation de la vie. "Après tout ce que j'ai fait pour lui, il prétend ne m' avoir aucune obligation. = 3°. Acte public, par lequel on s'oblige de payer une certaine somme dans un tel tems. "Faire une obligation de mille écus, etc.
   Rem. Quand il signifie devoir, il n'a de pluriel que quand il est employé sans régime. "Aprenez vos obligations. Avec le régime de la prép. de et de l'infinitif, il ne s'emploie qu'au singulier. "Je ressens comme je dois, dit Voiture, les solides obligations que j' ai d'être, etc. On dirait aujourd'hui, la solide obligation. Aûtrefois on aimait beaucoup les pluriels. = * Être dans l'obligation de faire est une façon de parler qui ne vaut rien, dit La Touche: on doit dire, être obligé de faire. M. Marin pense qu'elle est reçue, et très-en usage. = D'Avrigny dit, avoir obligation à, sans article. "La République (de Venise) céda aux prières d'Alexandre VII, à qui elle avoit obligation, pour les secours qu'il lui avoit donnés contre les Turcs. Je douterais de la bonté de cette expression. On dit, lorsque obligation s'emploie sans régime, avoir de grandes obligations. Quand il régit la prépos. de, on dit avoir obligation sans article. "Il vous a obligation de la vie. "Je vous en aurai obligation. "Selon M. Marin, on dit, avoir obligation sans article, même quand obligation est sans régime.
   OBLIGER, c'est 1°. Engager par un acte. "Son contrat l'oblige à cela: Il s'est obligé pardevant Notaire, solidairement, par corps, etc. Il a obligé tous ses biens. = 2°. Imposer obligation. "Votre devoir vous oblige à cela. Obliger à restitution, à restituer. = 3°. Rendre service. "Il oblige de bone grâce. Vous m'obligerez infiniment. "Je vous serai extrêmement obligé. "Il n'est point de vertus qui soient étrangères à un galant homme; mais parmi les vertus, il y en a qui lui conviennent particulièrement. De ce nombre est le penchant à obliger. Marin, l'Homme Aimable. = 4°. Obliger un aprenti, l' engager chez un maître.
   REM. Obliger a deux régimes des verbes, de et à. "La nécessité nous oblige à bien faire. "Les Princes sont obligés de révérer la Religion. L'un et l'aûtre est bon, et il faut consulter l'oreille pour le choix. Avec le passif, de est le meilleur: avec le pronom personel, à est préférable: "Il est obligé de le faire: il s'oblige à le faire. — Mais quel que soit le régime qu'on préfère, il faut s'y tenir: les employer tous deux dans la même phrâse, ne fait pas un bon éfet. "Il les assure qu'il ne faut pas craindre que ce second mariage l'oblige à maltraiter sa première femme, ou même de se retirer de sa compagnie. Bossuet. Il falait, de maltraiter et de se retirer; ou bien, à maltraiter et à se retirer. "Ils avoient obligé les Médecins à ne s'atacher qu'à une espèce de maladie, et d'en faire l'unique objet de leur étude. Orig. des Lois. Il falait, à en faire, etc. ou, comme à en forme une cacophonie et un hiatus désagréable, il valait mieux dire: ils avaient obligé les Médecins de ne s'attacher, etc. et d'en faire, etc. = Se sentir obligé, se dit avec la seule préposition de pour régime de la chôse. "Je me sens infiniment obligé de vos bontés: être obligé régit le datif pour 2d régime de la persone, ou de ce qui en tient lieu. "Il ne fut obligé de son salut qu'à la fuite. "Je vous suis obligé de vos soins.

Synonymes et Contraires

obligation

nom féminin obligation
2.  Littéraire. Sentiment de reconnaissance.
Traductions

obligation

obligation, duty, commitment, bondאיגרת חוב (נ), אילוץ (ז), היאלצות (נ), הכרח (ז), הכרחה (נ), חבות (נ), חובה (נ), חיוב (ז), מחויבות (נ), צריכה (נ), מְחֻיָּבוּת, הֶכְרֵחַ, חָבוּת, חוֹבָה, חִיּוּב, אִגֶּרֶת חוֹבverplichting, obligatie, verbandPflichtομόλογοobbligazione, obbligo義務povinnostforpligtelse의무облигация (ɔbligasjɔ̃)
nom féminin
ce que l'on doit faire sans obligation d'achat
devoir faire qqch

obligation

[ɔbligasjɔ̃] nf
(= contrainte) → obligation
avoir l'obligation de faire → to be under an obligation to do
être dans l'obligation de faire → to be obliged to do
sans obligation d'achat → with no obligation to buy
obligation de résultat → obligation to get results
(généralement pluriel) (= devoir) → duty
obligations familiales → family obligations, family responsibilities
obligations militaires → military duties
(COMMERCE)bond, debenture
les obligations assimilables du Trésor French government bonds
voir OAT
obligations convertibles nfplconvertible bonds