oblitérer

(Mot repris de oblitérant)

oblitérer

v.t. [ du lat. oblitterare, effacer, faire oublier, de littera, caractère d'écriture ]
1. Couvrir un timbre d'une marque pour le rendre impropre à un nouvel usage : L'appareil a mal oblitéré le timbre tamponner
2. Litt. Effacer progressivement : Les années oblitèrent le passé atténuer, estomper
3. En médecine, obstruer un canal organique, un orifice : Un caillot a oblitéré l'artère.

oblitérer

(ɔblitɛʀe)
verbe transitif
timbre mettre un cachet sur oblitérer un timbre

OBLITÉRER

(o-bli-té-ré. La syllabe té prend un accent grave, quand la syllabe qui suit est muette : j'oblitère, excepté au futur et au conditionnel : j'oblitérerai, j'oblitérerais) v. a.
Effacer les lettres, les traits. Le temps a oblitéré cette inscription.
Le frottement ainsi que la pression oblitèrent graduellement les traits de la gravure [CAMUS, Instit. Mém. litt. et beaux-arts, t. IV, p. 390]
À la poste, oblitérer un timbre, y opérer l'oblitération.
Par extension, faire oublier. Le temps a oblitéré cette opinion.
Plus ils avancent dans l'avenir, plus il leur est facile d'oblitérer le passé, ou de lui donner la tournure qui leur convient [J. J. ROUSS., 3e dial.]
Fermer la cavité d'un conduit. L'inflammation a oblitéré cette veine.
Par extension. Oblitérer un organe, le faire disparaître.
La nature n'a fait qu'allonger, raccourcir, transformer, multiplier, oblitérer certains organes [DIDEROT, Interprét. de la nat. n° 12]
S'oblitérer, v. réfl. Être effacé. Les lettres de cette inscription se sont oblitérées. Être obstrué. Le canal nasal s'est oblitéré, et il y a larmoiement.
Peu à peu ces fentes deviennent irrégulières, moins marquées, et s'oblitèrent enfin entièrement ; le rocher même change absolument de physionomie [SAUSSURE, Voy. Alpes, t. IV, p. 300, dans POUGENS]

SYNONYME

  • BIFFER, OBLITÉRER. Biffer un timbre, c'est l'annuler absolument, lui ôter toute valeur en le couvrant de l'empreinte de la biffe. Oblitérer un timbre mobile, c'est l'annuler avec l'empreinte d'une griffe spéciale, de telle sorte qu'il conserve sa valeur pour la feuille sur laquelle il est apposé, et ne peut servir pour une autre feuille de papier.

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Il est tellement obliteré qu'on ne le peult point lire [PALSGR., p. 740]

ÉTYMOLOGIE

  • Lat. oblitterare, de ob, sur, et littera, dans le sens de barre d'écriture.

oblitérer

OBLITÉRER. v. tr. Effacer, user. Il se dit principalement en parlant de Ce qui a souffert des injures du temps, ou de quelque autre cause naturelle. Le temps a oblitéré cette inscription, a oblitéré plusieurs caractères, plusieurs mots dans ce manuscrit. La circulation des monnaies oblitère insensiblement les figures et les lettres qui y sont empreintes. Ces caractères se sont oblitérés.

Oblitérer un timbre-poste, Lui imprimer une marque pour qu'il ne puisse plus servir.

Fig., Cette coutume s'est oblitérée avec le temps. Ses souvenirs s'oblitèrent, se sont oblitérés. Il est peu usité dans cette acception.

Il se dit, en termes d'Anatomie, d'un Canal, d'un conduit, d'un vaisseau qui se ferme peu à peu et dont les parois finissent par adhérer l'une à l'autre. Cette partie de l'intestin, cette veine s'est tout à fait oblitérée.

Traductions

oblitérer

cancel, obliterate

oblitérer

[ɔbliteʀe] vt
[+ timbre-poste] → to cancel
(MÉDECINE) [+ canal, vaisseau] → to obstruct